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Budget des CTD en 2027 : Ces secteurs qui vont tirer l’économie vers le haut

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Budget des CTD en 2027 : Ces secteurs qui vont tirer l’économie vers le haut
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Une planification a été faite dans une lettre-circulaire conjointe du ministère des Finances et celui du Développement local.

Selon les prévisions de la lettre-circulaire conjointe du ministère en charge des Finances et celui du Développement local du 29 octobre 2026, en 2027, la croissance économique au Cameroun devrait être portée par les entreprises relevant de toutes les branches socio-économiques mais principalement celles du secteur primaire.

En ce qui concerne les entreprises des secteurs secondaires et tertiaires, elles favorisent généralement dans les Collectivités territoriales décentralisées (CTD) où elles sont impliquées, le développement d’activités économiques induites où elles sont implantées. Par secteur d’activités, les estimations et prévisions de croissance dans les différentes ranches concernées se présentent comme suit :

Secteur primaire

Dans le secteur sylviculture et exploitation forestière, le taux de croissance devrait passer de 2,5% en 2026 à 2,4% en 2027. Pour ce qui est de la pêche et de la pisciculture, l’on devrait passer de 3,4% à 3,6% sur la même période. Elevage et chasse (4,4% et 4,5%), agriculture des produits vivriers (3,7% et 4,0%) et agriculture industrielle et exportation (0,3% et 2,3%).

Secteur secondaire

Bâtiment et travaux publics (4,7% et 5,3%). Autres industries manufacturières (3,7% et 5,0%), production et distribution d’électricité (5,7% et 6,2%), industrie agro-alimentaires (4,2% et 4,5%), production et distribution d’eau et assainissement (3,2% et 4,6%).

Secteur tertiaire

Commerce et réparation de véhicules (2,8% et 3,2%), transport entrepôts et communications (4,9% et 4,9%), restauration et hôtels (6,3% et 5,4%), éducation (5,3% et 5,5%) et santé et action sociale (3,0% et 3,2%).

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Cameroun / fiscalité : le gouvernement veut généraliser la taxation en temps réel

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Budget des CTD en 2027 : Ces secteurs qui vont tirer l’économie vers le haut
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Le ministère des Finances prépare la généralisation d’un dispositif de collecte automatique de certains impôts au moment des transactions. Évalué à 39 milliards de FCFA par les services de programmation budgétaire, ce projet vise à sécuriser les recettes fiscales, à réduire les possibilités de fraude et à démultiplier le rendement de l’impôt.

Le Cameroun envisage de consacrer environ 39 milliards de FCFA à la mise en œuvre de son système de taxation en temps réel. Ce montant figure dans le recueil des recommandations issues des conférences élargies de programmation budgétaire, publié le 27 octobre 2026 par la Direction générale du Budget (DGB). Les services de programmation recommandent au ministère des Finances de réaffecter prioritairement à ce projet une partie des ressources supplémentaires prévues au budget d’investissement public. L’opération doit permettre à l’administration fiscale de prélever certains impôts directement lors des transactions, au lieu d’attendre leur déclaration et leur paiement périodiques par les contribuables.

Dans le document consulté par Défis Actuels, la DGB recommande au ministère des Finances de « revoir à la hausse le BIP par rapport à l’exercice précédent », en privilégiant le projet de taxation en temps réel, « dont l’enveloppe globale est estimée à environ 39 milliards de FCFA ». Cette recommandation intervient dans le cadre de la préparation du budget 2027 et du Cadre de dépenses à moyen terme 2027-2029. Le projet est également rattaché aux programmes de financement axés sur les résultats, désignés par l’acronyme PforR.

L’enveloppe annoncée donne une dimension financière à une réforme fiscale engagée dès 2026. Son coût prévisionnel représente près de quatre fois les 10 milliards de FCFA initialement inscrits dans le budget 2026 pour la poursuite de la modernisation du système d’information fiscale, selon les documents budgétaires. Le financement du nouveau dispositif devra notamment accompagner l’automatisation de la collecte, la transmission des données et l’adaptation des systèmes informatiques utilisés par l’administration et les contribuables.

PRÉLEVER L’IMPÔT AU MOMENT DE LA TRANSACTION

La taxation en temps réel a été introduite par l’article L8 sexies du Livre des procédures fiscales, dans le cadre de la loi de finances 2026. Elle concerne les impôts, droits et taxes dont l’assiette et le recouvrement peuvent être automatisés. Son principe consiste à déclencher la perception de l’impôt au moment où intervient l’opération taxable, grâce à des dispositifs électroniques agréés ou homologués par l’administration.

Dans l’exposé des motifs de la loi de finances 2026, le gouvernement explique que le régime déclaratif traditionnel entraîne « un décalage temporel entre le fait générateur de l’impôt et sa perception effective par le Trésor public ». Ce délai, parfois supérieur à un mois, expose les recettes fiscales aux risques de sous-déclaration, de dissimulation des transactions et de manipulation des crédits d’impôt. Le nouveau mécanisme doit permettre de réduire cet intervalle entre l’activité économique et l’encaissement des ressources publiques.

Le dispositif repose notamment sur l’émission de factures normalisées et leur transmission immédiate à l’administration fiscale. Les opérations enregistrées pourront être rapprochées automatiquement des obligations fiscales correspondantes. Le gouvernement prévoit ainsi de renforcer les contrôles électroniques et de réduire les possibilités de modification des données après la réalisation des transactions. Selon l’exposé des motifs, « le régime de taxation en temps réel repose sur la collecte instantanée et automatisée de l’impôt au moment de la transaction ». Cette évolution pourrait transformer les procédures de déclaration et de paiement des entreprises, particulièrement dans les secteurs où les transactions sont nombreuses et où les risques de sous-déclaration sont élevés.

DE NOUVELLES OBLIGATIONS POUR LES ENTREPRISES

Pour les entreprises, la réforme implique une adaptation des systèmes de facturation, de comptabilité et de paiement. Les équipements et logiciels utilisés devront permettre l’enregistrement des opérations taxables et la transmission sécurisée des informations à l’administration. Les entreprises disposant de systèmes informatiques intégrés pourraient être amenées à développer des interfaces avec la plateforme fiscale, tandis que les plus petites structures devront accéder à des solutions compatibles avec leurs moyens.

Les modalités techniques seront déterminantes pour les commerçants, les prestataires de services et les entreprises industrielles. Le fonctionnement du dispositif devra notamment tenir compte des annulations de transactions, des avoirs, des remboursements et des opérations donnant droit à déduction ou à crédit d’impôt. La loi prévoit déjà que les crédits d’impôt et les excédents de versement pourront faire l’objet d’une imputation, d’une restitution ou d’un remboursement selon les règles fiscales applicables.

Le gouvernement a retenu une mise en œuvre progressive. L’exposé des motifs précise que « les modalités techniques, les secteurs concernés et les spécifications des dispositifs seront déterminés par arrêté du Ministre chargé des Finances ». Cette approche doit permettre d’adapter les obligations aux caractéristiques des activités économiques et aux capacités des entreprises.

La réforme pourrait également modifier les relations entre les contribuables et les services fiscaux. La disponibilité immédiate des données de transaction faciliterait les rapprochements comptables et les contrôles ciblés. Elle pourrait aussi réduire certaines interventions manuelles dans la liquidation et le recouvrement des impôts, à condition que les plateformes informatiques fonctionnent de manière fiable et que les procédures de rectification soient accessibles.

UNE RÉFORME INSCRITE DANS LA STRATÉGIE DE MOBILISATION DES RECETTES

La taxation en temps réel figure parmi les mesures retenues pour renforcer les recettes fiscales non pétrolières. Dans son rapport de mars 2026, le Fonds monétaire international indique que les autorités camerounaises prévoient de porter ces recettes de 3 895 milliards de FCFA en 2025 à 4 331 milliards en 2026. Cette progression repose sur plusieurs facteurs, dont l’évolution de l’activité économique, les mesures fiscales nouvelles et l’amélioration du recouvrement.

Le FMI inclut la taxation en temps réel et la facturation électronique parmi les réformes destinées à élargir l’assiette et à améliorer le rendement des prélèvements. Ces mesures participent à un ensemble d’actions dont les effets positifs sont évalués à 61,4 milliards de FCFA pour 2026. Ce montant regroupe plusieurs dispositions fiscales et administratives, et non les recettes attendues du seul système de taxation instantanée.

Dans sa circulaire du 12 octobre 2026 relative à la préparation du budget 2027, le président de la République a demandé « la poursuite de l’implémentation de la réforme de la taxation en temps réel et sa généralisation progressive ». Le texte prescrit également la poursuite de la facturation électronique et le renforcement des dispositifs de suivi électronique de la production dans les secteurs présentant un potentiel fiscal important ou des risques élevés de sous-déclaration.

Ces orientations placent la numérisation du recouvrement au cœur de la stratégie budgétaire. Pour l’administration fiscale, l’enjeu est d’améliorer la traçabilité des opérations et de sécuriser les encaissements. Le dispositif pourrait notamment réduire les écarts entre les ventes effectivement réalisées par les entreprises et les montants déclarés à l’administration.

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LE FINANCEMENT LIÉ AUX RÉSULTATS

Le rattachement du projet aux mécanismes PforR introduit une dimension supplémentaire dans son financement. Ces programmes, utilisés notamment par la Banque mondiale, associent les décaissements à l’atteinte de résultats préalablement définis et vérifiés. Dans le domaine des finances publiques, les indicateurs peuvent porter sur la modernisation des systèmes, l’amélioration du recouvrement ou la réduction des délais de traitement.

Le Cameroun utilise déjà ce type de financement pour certaines réformes de gestion publique. Dans le cadre du programme IMPACT, l’interconnexion entre la Direction générale des impôts et le Trésor a notamment permis, depuis avril 2026, le transfert quasi instantané aux communes de leur quote-part de l’impôt général synthétique. Cette opération montre les possibilités offertes par l’interopérabilité des systèmes administratifs dans la circulation et la répartition des recettes publiques.

La généralisation de la taxation en temps réel représente un chantier plus vaste, puisqu’elle doit intervenir directement au niveau des transactions économiques. Elle nécessitera des investissements dans les infrastructures numériques, la sécurisation des données, l’accompagnement des contribuables et la formation des agents fiscaux. Les coûts de maintenance et d’exploitation devront également être intégrés dans la gestion du système.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

Le projet de 39 milliards de FCFA pourrait ainsi devenir l’un des principaux investissements de modernisation de l’administration fiscale camerounaise. Sa mise en œuvre devra concilier l’objectif d’accélération des encaissements avec la continuité des activités des entreprises. Pour le ministère des Finances, les résultats se mesureront à l’augmentation des recettes effectivement recouvrées, à la réduction des pertes fiscales et à la capacité du dispositif à fonctionner durablement.

Par Yves TCHENANG
Défis Actuels du 03/11/2026

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BVMAC : 173,5 milliards de FCFA d’obligations gabonaises admises à la cote le 3 novembre

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BVMAC : 173,5 milliards de FCFA d’obligations gabonaises admises à la cote le 3 novembre
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La Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale a annoncé l’admission, le 3 novembre 2026, de 17 352 382 obligations émises par l’État gabonais, représentant 173,52 milliards de FCFA. Les titres sont répartis entre deux tranches rémunérées à 6 % et 6,5 % net par an, avec remboursement du capital à l’échéance. Cette nouvelle cotation renforce le poids de la dette souveraine sur le marché financier régional.

L’État gabonais s’apprête à faire entrer 173,52 milliards de FCFA de dette obligataire à la cote de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC). Dans son avis n° 063/2026 du 27 octobre, la Bourse annonce la première cotation, le mardi 3 novembre 2026, de l’emprunt « EOG 2026 à tranches multiples ». L’opération concerne 17 352 382 obligations d’une valeur nominale de 10 000 FCFA chacune, soit un montant total de 173 523 820 000 FCFA. Ces titres seront inscrits sur le compartiment obligataire permanent de la BVMAC.

Leur admission permettra aux détenteurs de les proposer à la vente et à d’autres investisseurs de les acquérir sur le marché secondaire. L’opération ne constitue pas une nouvelle émission destinée à collecter 173,5 milliards de FCFA supplémentaires : elle concerne la mise en négociation de titres déjà souscrits. La distinction est importante pour apprécier les ressources effectivement mobilisées par l’État gabonais.

La BVMAC précise que les obligations ont pour date de jouissance le 10 mars 2026. Cette date sert de référence au calcul des intérêts attachés aux titres, selon les modalités contractuelles. Le premier cours de référence a été fixé à 100 % du nominal, soit 10 000 FCFA par obligation. Les échanges ultérieurs dépendront des ordres d’achat et de vente présentés par les investisseurs et des conditions de liquidité du marché.

DEUX TRANCHES À 6 % ET 6,5 %

L’emprunt comporte deux catégories de titres. La tranche A est assortie d’un taux d’intérêt annuel net de 6 % et d’une maturité de trois ans. La tranche B offre une rémunération nette de 6,5 % pour une durée de quatre ans. Dans les deux cas, le capital sera remboursé in fine, c’est-à-dire en une seule fois à l’échéance, plutôt que progressivement pendant la durée de vie de l’emprunt.

Pour une obligation conservée jusqu’à son terme et remboursée intégralement, le coupon annuel correspond à 600 FCFA sur la tranche A et à 650 FCFA sur la tranche B, sur la base d’une valeur nominale de 10 000 FCFA. Le rendement obtenu par un investisseur qui achète le titre après son introduction dépendra toutefois du prix effectivement payé et des intérêts courus. Un titre acheté au-dessus du pair offre, toutes choses égales par ailleurs, un rendement à l’échéance inférieur à son coupon.

Le remboursement in fine présente une particularité pour l’émetteur. Il lui permet de conserver le principal emprunté pendant la durée du financement, mais concentre l’obligation de remboursement à la date finale. La gestion de cette échéance nécessite une programmation de trésorerie adaptée. Pour les investisseurs, le risque de crédit porte notamment sur la capacité de l’État à honorer les coupons successifs puis à rembourser le capital à la maturité de chaque tranche.

La procédure retenue pour la première séance est celle de l’offre à prix ouvert. La BVMAC indique que le cours de référence sera établi à « 100 % du nominal ». Ce prix initial sert de base aux négociations, sans garantir que des transactions auront lieu à ce niveau. Le marché devra rapprocher les ordres des vendeurs et ceux des acheteurs pour déterminer les échanges effectivement réalisés.

UNE NOUVELLE LIGNE DE DETTE SOUVERAINE

L’arrivée de cet emprunt renforce la place des obligations d’État dans la structure du marché financier régional. Les États de la CEMAC recourent régulièrement aux émissions obligataires pour financer leurs besoins budgétaires et leurs investissements. Ces titres attirent notamment les banques, les compagnies d’assurance, les caisses de retraite et les autres investisseurs institutionnels qui recherchent des placements rémunérés sur plusieurs années.

Pour les banques camerounaises, les obligations gabonaises constituent une possibilité de diversification de leurs portefeuilles de titres publics. Leur acquisition permet de répartir les placements entre plusieurs émetteurs souverains de la région. Elle suppose cependant une appréciation des risques propres à chaque État, des conditions de remboursement et de la capacité à revendre les titres avant l’échéance. L’appartenance à une même union monétaire n’efface pas les différences de situation financière entre emprunteurs.

Le marché secondaire joue ici un rôle essentiel. Un investisseur qui détient une obligation peut souhaiter la céder pour récupérer de la trésorerie, réduire son exposition à un émetteur ou modifier la durée moyenne de ses placements. Lorsque les échanges sont peu nombreux, la vente peut être difficile ou nécessiter une concession sur le prix. La cotation constitue donc une condition de négociabilité organisée, mais ne garantit pas à elle seule une liquidité abondante.

La nouvelle ligne sera intégrée au compartiment « C-Obligataire » de la BVMAC. Les investisseurs intéressés pourront se rapprocher de l’arrangeur chef de file ESS Bourse, des coarrangeurs et des agents placeurs de l’opération. Ces intermédiaires assurent notamment les relations avec les investisseurs et l’accompagnement des opérations sur le marché. Les négociations s’effectueront selon les règles applicables aux valeurs inscrites à la cote permanente.

LE DÉFI DES ÉCHANGES EFFECTIFS

L’admission de nouveaux emprunts contribue à élargir la profondeur du marché obligataire, mais son impact sur l’activité boursière dépend des volumes échangés. La BVMAC reste caractérisée par une faible rotation de nombreux titres, souvent conservés dans les portefeuilles institutionnels jusqu’à leur échéance. Cette pratique réduit le nombre d’ordres disponibles et limite la formation régulière de prix de marché.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

Les réformes engagées dans la CEMAC pour développer les opérations de pension livrée et améliorer les infrastructures de règlement-livraison pourraient contribuer à faciliter la circulation de ces titres. Les investisseurs disposant de mécanismes de refinancement garantis sont moins contraints de vendre leurs obligations lorsqu’ils rencontrent un besoin temporaire de liquidité. Ces instruments peuvent ainsi renforcer l’attractivité des émissions souveraines.

Avec 173,52 milliards de FCFA d’obligations gabonaises supplémentaires à la cote, la BVMAC augmente le volume des instruments négociables sur son marché obligataire. La première séance du 3 novembre permettra d’observer les conditions de leur entrée en négociation. Au-delà de cette date, l’activité de la ligne dépendra de l’intérêt des investisseurs, des prix proposés et de la capacité du marché régional à développer des transactions régulières sur les titres de dette publique.

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Par Yves TCHENANG
Défis Actuels du 03/11/2026

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Cacao : vers la mise en place d’un guichet unique des producteurs Camerounais

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Cacao : vers la mise en place d’un guichet unique des producteurs Camerounais
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Réunis le 30 octobre 2026 à Yaoundé pour la première Assemblée générale de Geo-Cacao, un Groupement d’intérêt économique (GIE) de droit privé, producteurs, responsables de coopératives et de GIC, experts et acteurs de la filière ont posé les bases d’une nouvelle organisation destinée à renforcer le poids des cacaoculteurs dans la chaîne de valeur. Au centre des résolutions : la mise en place d’un guichet unique des producteurs, appelé à fédérer les bassins de production et à mieux défendre leurs intérêts.

C’est un appel à l’unisson. « Travailleurs du monde rural, unissons-nous. » Derrière cet appel lancé par Philémon Ntyam Ntyam, administrateur-directeur général de Geo-Cacao, se dessine une ambition : redonner aux producteurs une place déterminante dans une filière dont ils constituent le premier maillon, sans toujours peser suffisamment sur les mécanismes de commercialisation et de fixation des prix.

La première Assemblée générale de Geo-Cacao, tenue le 30 octobre à Yaoundé, a réuni producteurs, experts, responsables de coopératives et de Groupes d’initiative commune (GIC), afin de confronter les difficultés rencontrées sur le terrain aux solutions susceptibles d’améliorer durablement les revenus des cacaoculteurs. Pour Philémon Ntyam Ntyam, la dispersion des producteurs fragilise leur capacité à défendre leurs intérêts face aux autres acteurs économiques de la chaîne. « Il n’est pas normal que le producteur reste l’enfant pauvre de sa propre ressource », martèle-t-il.

Son objectif est de bâtir une organisation capable de fédérer les différents bassins de production, afin de donner davantage de poids aux cacaoculteurs dans les négociations. C’est dans cette logique que Geo-Cacao entend mettre en place un guichet unique des producteurs. La structure devra servir de cadre de concertation et permettre aux producteurs de mieux s’organiser autour de la commercialisation de leur cacao. « Nous voulons que désormais les producteurs soient au centre de la vente de leurs produits, que ce ne soit plus uniquement une affaire de gré à gré, mais qu’il y ait une concertation au niveau de l’ensemble des producteurs », explique Philémon Ntyam Ntyam.

SEULEMENT 6 % DE LA VALEUR RÉELLE DU CACAO AU PRODUCTEUR

Selon l’ADG de Geo-Cacao, le cacaoculteur ne capterait aujourd’hui que « 6 %, moins de 7 % » de la valeur réelle du cacao. Une estimation présentée au cours des échanges pour illustrer la nécessité de rééquilibrer le partage de la valeur. L’organisation veut ainsi renforcer la capacité de négociation des producteurs, plutôt que les maintenir isolés face aux opérateurs disposant d’une puissance financière supérieure.

Invité à cette première Assemblée générale, le capitaine d’industrie James Onobiono a insisté sur le poids stratégique du cacao dans l’économie camerounaise et sur la nécessité de structurer davantage ceux qui le produisent. « Ma première réaction, c’est de féliciter les initiateurs de ce projet », a-t-il déclaré. Pour lui, la libéralisation de la filière a également laissé apparaître des faiblesses dans l’organisation collective des producteurs privés. D’où son intérêt pour l’initiative portée par Geo-Cacao. « Les producteurs devaient être organisés. Bien sûr, l’État est là, il y a une administration, mais les producteurs privés étaient un peu désorganisés après la libéralisation », relève-t-il, avant d’expliquer que cette volonté de structuration justifie son soutien au projet.

Dans les bassins de production, l’initiative trouve également un écho. Christian Bissé, producteur et fils de Mbangassina, dans le département du Mbam-et-Kim, souhaite voir les cacaoculteurs de cette partie de la région du Centre prendre toute leur place dans la dynamique. Après des échanges avec les responsables du projet et une descente à Mbangassina, il dit avoir entrepris de mobiliser d’autres acteurs locaux de la filière. « J’invite les frères du Mbam-et-Kim, notamment de l’arrondissement de Mbangassina, à venir rejoindre Geo-Cacao, parce que c’est un organisme qui va défendre les intérêts des cacaoculteurs à toutes les échelles », lance-t-il.

Son plaidoyer dépasse la seule commercialisation. Il évoque également les besoins de formation, de recyclage et d’amélioration des techniques culturales. Pour lui, un bassin aussi important que le Mbam-et-Kim doit faire entendre sa voix dans les débats nationaux sur l’avenir de la filière. « Dans la République, on ne saurait parler cacao sans qu’il y ait les représentants de Mbangassina, du Mbam-et-Kim, Ngoro, Yoko, Ntui et autres », insiste Christian Bissé.

UNE INITIATIVE QUI INSPIRE DÉJÀ LE CONGO

La délégation congolaise présente aux travaux entend tirer les enseignements des décisions prises à Yaoundé et maintenir les échanges avec les acteurs camerounais. « Nous voudrons nous imprégner de ce qui se décidera ici pour qu’on soit en synergie avec le Cameroun », a indiqué Congo » style= »color:#cc0000;text-decoration:none;border-bottom:1px solid #cc0000; » title= »cacaoculteurs du Congo »>Singha Judicael, représentant des cacaoculteurs du Congo.

La délégation envisage déjà la poursuite de cette dynamique, avec la perspective d’une deuxième édition en 2027 ou 2028. Une ouverture qui pourrait favoriser le partage d’expériences entre producteurs et organisations de plusieurs pays africains.

Au terme des échanges, l’ambition affichée par Geo-Cacao tient en une idée : transformer la force numérique des producteurs en véritable pouvoir économique. La création du guichet unique constitue la principale résolution de cette première Assemblée générale. Et Geo-Cacao devra désormais faire ses preuves sur le terrain : fédérer les bassins, faciliter la concertation, renforcer l’accès à l’information et à la formation et, surtout, donner aux producteurs une voix plus forte au moment de négocier la vente de leur cacao.

À Yaoundé, Geo-Cacao a posé la première pierre. La prochaine bataille se jouera désormais dans les plantations, les coopératives et les grands bassins cacaoyers : convaincre les producteurs de s’organiser pour peser davantage sur une richesse qu’ils font naître chaque jour de la terre.

Par Blaise NNANG
Défis Actuels du 03/11/2026

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