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le policier, le gendarme ou le soldat qui brutalise un citoyen aux mains nues s’est trompé de métier

Dans une déclaration consacrée au rôle des forces de défense et de sécurité, l’opposant Maurice Kamto dénonce les violences exercées contre des citoyens sans défense. Il rappelle que policiers, gendarmes et militaires appartiennent à la population qu’ils ont pour mission de protéger et les invite à ne pas perdre de vue leur responsabilité envers elle.
Maurice Kamto adresse un message aux personnels des forces de défense et de sécurité au Cameroun. Dans sa traditionnelle sortie du lundi baptisée La Pensée de MK, l’opposant met en garde contre les brutalités commises par des policiers, des gendarmes ou des soldats à l’encontre de citoyens sans armes.
« Le policier, le gendarme ou le soldat qui brutalise un citoyen aux mains nues s’est trompé de métier », affirme-t-il. Selon lui, la mission des forces de sécurité consiste avant tout à rassurer la population et à gagner sa confiance, plutôt qu’à transformer les citoyens en adversaires potentiels.
L’ancien candidat à l’élection présidentielle insiste sur la dimension humaine de l’action des forces de l’ordre. Il rappelle que les citoyens sont des personnes concrètes, susceptibles d’être blessées ou tuées lors d’interventions violentes.
Lire la déclaration de Maurice Kamto :
« Le policier, le gendarme ou le soldat qui brutalise un citoyen aux mains nues s’est trompé de métier. Il doit rassurer le citoyen afin d’en faire un allié pour l’accomplissement de sa mission, au lieu d’en faire un ennemi potentiel. L’État est une abstraction. Seuls les citoyens sont des êtres concrets, vivants. Quand vous tirez sur eux, ils saignent, souffrent, meurent. Ce n’est pas le cas de l’État.
Ce dernier est un bouclier pour les usurpateurs, un monstre dont ils se servent pour semer la terreur afin de confisquer ce qui appartient à l’ensemble des citoyens et de la collectivité, en faisant croire aux agents des forces de sécurité qu’ils sont le rempart qui protège le bien commun. Les personnels de sécurité et de défense nationale font partie intégrante du peuple. L’écrasante majorité d’entre eux sont d’extraction populaire. Malheur à eux s’ils l’oublient », écrit Maurice Kamto.
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Monnaie : la BEAC veut faire passer le nombre de pièces par habitant de 23 à 30 dans la Cemac d’ici 2030

(Investir au Cameroun) – Le nombre moyen de pièces de monnaie par habitant dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) est passé de 16, avant l’introduction de la gamme 2024, à 23 au 31 mai 2026. Soit une progression de près de 44 %, selon les chiffres présentés le 28 octobre 2026 à Yaoundé par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). L’institut d’émission prévoit de porter ce ratio à 30 pièces par habitant d’ici 2030, ce qui représente une hausse supplémentaire d’environ 30 % par rapport au niveau enregistré fin mai.
Cette progression intervient après la mise en circulation, le 2 avril 2025, de la nouvelle gamme de pièces de monnaie de type 2024. Selon Emmanuel Asafor Cho, premier adjoint au directeur national de la BEAC pour le Cameroun, 265 millions de pièces de cette gamme ont été injectées dans l’économie sous-régionale depuis son lancement.
La banque centrale présente cette augmentation de l’approvisionnement en monnaie métallique comme l’une des conditions ayant permis d’engager le retrait des anciennes pièces. Celles-ci avaient été maintenues en circulation pendant plusieurs décennies, notamment en raison des difficultés d’approvisionnement en petite monnaie. Elles avaient ainsi continué à être utilisées après l’introduction de la gamme 2006, puis de celle de 2024.
Le 7 octobre 2026, le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC), réuni à N’Djaména, a décidé de démonétiser les pièces des gammes 1958, 1959, 1971, 1976 et 1985. Cette décision est entrée en vigueur le 1er novembre 2026 dans les six pays de la Cemac : Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine et Tchad.
Depuis cette date, les pièces concernées ont perdu leur cours légal et ne peuvent plus être utilisées pour régler des achats ou des dettes. La BEAC justifie également leur retrait par la nécessité de limiter les risques de contrefaçon et de mettre fin à la coexistence de plusieurs générations de pièces présentant des dimensions, des graphismes et des alliages différents.
Les détenteurs disposent cependant d’un délai d’un an pour échanger gratuitement ces anciennes pièces contre celles des gammes 2006 ou 2024. Du 1er novembre 2026 au 31 juillet 2027, les échanges sont possibles auprès des guichets de la BEAC, des banques et des établissements de microfinance (EMF). Entre le 1er août et le 31 octobre 2027, ils seront exclusivement assurés par la banque centrale. À compter du 1er novembre 2027, les anciennes pièces ne pourront plus être échangées.
Selon les précisions apportées par la BEAC lors de sa conférence de presse du 28 octobre, les banques et les EMF doivent accueillir les détenteurs, même lorsqu’ils ne sont pas leurs clients, sans exiger l’ouverture d’un compte. Une identification reste néanmoins nécessaire pour assurer la traçabilité des opérations.
Les pièces des gammes 2006 et 2024 conservent leur cours légal. Elles doivent continuer à être acceptées pour les paiements dans les six pays de la Cemac.
Ludovic Amara
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Célestin Bedzigui dénonce une atteinte grave à la démocratie au Cameroun

Le président du Parti de l’Alliance libérale (PAL), Célestin Bedzigui, critique vivement la suspension pour trois mois du Front du salut national du Cameroun (FSNC). Dans une tribune, le maire de Monatélé y voit un recul démocratique et conteste la légalité de la mesure prise par le ministère de l’Administration territoriale (MINAT). Il appelle le président Paul Biya à faire rapporter la décision.
La suspension des activités du Front du salut national du Cameroun (FSNC) continue de susciter des réactions dans la classe politique. Dans une tribune intitulée « L’interdiction du FSNC : un crime grave contre la démocratie qui pèsera lourd dans le jugement de l’Histoire », Célestin Bedzigui, président du Parti de l’Alliance libérale (PAL) et maire de Monatélé, condamne la mesure annoncée par le ministère de l’Administration territoriale.
Le responsable politique considère cette suspension de trois mois comme une atteinte majeure au pluralisme politique. Selon lui, la décision dépasse le cadre d’une simple mesure administrative et constitue un signal préoccupant pour l’avenir de la démocratie camerounaise.
Célestin Bedzigui estime notamment que la suspension d’un parti ayant participé à l’élection présidentielle et disposant de représentants et de militants dans le pays revient à restreindre l’expression politique de ses sympathisants.
Lire la tribune de Célestin Bedzigui :
L’interdiction du FSNC : un crime grave contre la démocratie qui pèsera lourd dans le jugement de l’Histoire
L’interdiction pendant 3 mois du parti politique Front du Salut National du Cameroun (FSNC) est un crime grave contre la démocratie et pèsera lourdement en négatif dans le jugement que l’histoire rendra sur le bilan des années du Renouveau dans le domaine de la démocratie.
Ce n’est pas une simple décision administrative. Ce n’est pas un incident de parcours. C’est un acte fondateur d’une régression autoritaire assumée, un aveu d’échec et un tournant historique dont les conséquences dépasseront de loin les trois mois de suspension annoncés.
Sur le plan politique : le retour honteux à l’ère coloniale et le naufrage moral
Il faut mesurer la gravité symbolique de ce qui vient de se passer. Sur le plan politique, cet acte nous ramène au temps le plus sombre de notre histoire, au temps où le pouvoir colonial interdisait l’UPC.
En 1955, l’administration française, par arrêté, dissout l’Union des Populations du Cameroun. Pourquoi ? Parce que l’UPC portait la parole du peuple camerounais en quête de son indépendance véritable. Parce qu’elle demandait la réunification et l’indépendance immédiate. Le pouvoir colonial ne pouvait tolérer une opinion adverse qui contestait sa légitimité. Il a donc interdit.
L’histoire a jugé. Aujourd’hui, qui se souvient des noms de l’ administrateur colonial qui a signé l’interdiction de l’UPC ? Personne. En revanche, le peuple camerounais a fait de Ruben Um Nyobé un héros national. L’UPC, interdite, est devenue immortelle.
Qu’aujourd’hui, en 2026, sous un régime qui se prétend républicain, le Ministère de l’Administration Territoriale prenne une mesure identique contre le FSNC, c’est un pur naufrage de la morale républicaine. Que le Président de la République laisse que se dise, que se chuchote, que se crie dans les chaumières et sur les réseaux sociaux une similitude entre ce que faisait le colon et ce qui est fait aujourd’hui, dans le dessein identique de brider une opinion adverse, est une faute historique impardonnable.
C’est le reniement de tout ce que le 6 novembre 1982 était censé incarner. Le Président Biya est arrivé au pouvoir en promettant la rigueur et la moralisation, puis en 1990, en ouvrant le multipartisme. Il a suscité une espérance immense. Des millions de Camerounais ont cru que la page de l’autoritarisme à parti unique était tournée. Cette interdiction du FSNC est la preuve administrée que nous sommes revenus à la case départ, mais en pire. Car même le parti unique de 1966 à 1990 n’interdisait pas formellement l’opposition puisqu’elle n’existait pas légalement. Aujourd’hui, on crée une opposition légale pour mieux l’interdire légalement. C’est le cynisme à son paroxysme.
Le FSNC n’est pas un parti anodin. C’est un parti qui a participé à la dernière élection présidentielle, qui a des élus, des maires, des militants sur tout le territoire. L’interdire, c’est dire à ses 300 000 électeurs : votre vote ne compte pas, votre opinion est illégale pendant trois mois. C’est une privation collective des droits civiques. C’est un crime contre la démocratie, car la démocratie n’est pas seulement le droit de voter pour le parti au pouvoir, c’est le droit d’exister politiquement contre le pouvoir.
Sur le plan du droit : l’ensauvagement et l’ignorance des fondamentaux
Sur le plan du droit, cette décision est une monstruosité juridique qui constitue un recul intolérable de la gouvernance.
Rappelons les principes élémentaires que tout étudiant en première année de droit apprend. Au Cameroun, la liberté de création et d’activité des partis politiques est garantie par la Constitution et encadrée par la loi n°90/056 du 19 décembre 1990. L’article 4 de cette loi est clair : un parti politique ne peut être dissous ou suspendu que par décision de justice.
Pourquoi le législateur a-t-il voulu cela ? Précisément pour éviter l’arbitraire administratif. Pour éviter qu’un ministre, qui est un militant du RDPC, ne puisse interdire un parti adverse à la veille d’échéances cruciales. Le législateur a voulu que seule une autorité impartiale, le juge, puisse porter une atteinte aussi grave à une liberté fondamentale.
Les arguments évoqués dans le communiqué du MINAT pour justifier la suspension du FSNC sont de nature judiciaire : « atteinte à la sûreté de l’État », « discours haineux », « incitation à la rébellion ». Fort bien. Si ces faits sont avérés, qu’on saisisse le procureur de la République, qu’on ouvre une information judiciaire, qu’on présente des preuves devant un tribunal contradictoire où le FSNC pourra se défendre avec ses avocats.
C’est le B.A.-BA de l’État de droit.
Le seul cas où une intervention de l’autorité administrative pourrait s’en prévaloir sans jugement préalable serait un cas de flagrant délit, de trouble grave et immédiat à l’ordre public nécessitant une mesure conservatoire de quelques heures, le temps que le juge se prononce.
La jurisprudence administrative est constante là-dessus.
Or, nous sommes à une année après l’élection présidentielle d’octobre 2025. Le Président du FSNC Issa Tchiroma Bakary n’est pas en garde à vue. Autant que le sait l’opinion publique, il n’est pas pris dans les entraves de poursuites judiciaires. Il n’y a pas de flagrant délit.
Que le Ministère de l’Administration Territoriale prenne une mesure de suspension de 3 mois des activités politiques d’un parti, sans jugement, sans débat contradictoire, relève donc d’un ensauvagement et d’une ignorance des fondamentaux du droit. C’est le retour de l’administrateur colonial qui gouvernait par arrêté. C’est la négation de la séparation des pouvoirs.
Un ministre de l’Administration, par définition, administre le territoire, il n’administre pas les opinions. Il n’a pas compétence pour juger si une opinion est bonne ou mauvaise, dangereuse ou non. Seul le juge en a la compétence.
En agissant ainsi, le MINAT crée un précédent mortel pour tous les partis, y compris ceux du pouvoir. Car demain, un autre ministre pourra interdire le RDPC pour les mêmes motifs fallacieux. Quand on ouvre la boîte de Pandore de l’arbitraire, on ne sait jamais qui y entrera ensuite.
Le jugement de l’Histoire : Jusqu’à quand ?
Et comme hier Cicéron interpellant Catilina, le conspirateur qui voulait détruire la République romaine, dans sa célèbre première Catilinaire : « Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ? » – Jusqu’à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience ? – je me résous à demander au Président de la République : Jusqu’à quand laisserez-vous notre pays sombrer dans les abysses de l’inacceptable ?
Jusqu’où l’iniquité et l’incompétence détruiront-elles le visage de l’espérance que votre parole a suscité il y a 35 ans, en 1990, quand vous avez semblé ouvrir la porte de la démocratie au Cameroun ? J’ en étais. Des millions de jeunes vous ont cru. Ils ont cru que la liberté était irréversible.
Pensez-vous au jugement de l’Histoire, Monsieur le Président ?
L’Histoire ne retiendra pas le nombre de kilomètres de route bitumée, ni le nombre de stades construits. L’Histoire jugera un bilan à une seule aune : avez-vous laissé un Cameroun plus libre ou plus asservi que celui que vous avez trouvé en 1982 ?
L’interdiction de l’UPC a sali à jamais le bilan de la colonisation française au Cameroun. L’interdiction du FSNC pourra salira à jamais le bilan des années Biya.
Il est encore temps de reculer. Il est encore temps pour le Chef de l’État de demander au MINAT de rapporter son arrêté illégal. Ce serait un acte de grandeur. Ce serait la preuve que la République est plus forte que les réflexes autoritaires d’une administration aux abois.
Trois mois d’interdiction, c’est trois mois de trop. Mais dans la mémoire collective, ce sera une éternité. Car le peuple camerounais n’oublie jamais quand on lui interdit de penser. Il a pardonné beaucoup, mais il n’a jamais pardonné qu’on lui interdise d’espérer.
Un parti politique interdit aujourd’hui, c’est la démocratie camerounaise tout entière qui est mise en détention préventive. Et une démocratie en détention, c’est un peuple en prison.
Par Célestin Bedzigui
Maire A1 de Monatélé
Président du Parti de l’Alliance Libérale (PAL)
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