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Actualité en zone CEMAC – News du Cameroun

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Développement des infrastructures : Plus de 130 milliards FCFA levés par la BDEAC

La Banque de développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC) a mobilisé, le 13 octobre 2026, un peu plus de 130 milliards FCFA, à travers sa première émission obligataire internationale. Cette somme représente près de 15% de la surface bilantielle de la banque à fin 2025, illustrant l’importance de l’opération pour l’institution régionale. Les ressources mobilisées doivent permettre d’accélérer les décaissements en faveur des projets structurants dans les six États membres de la CEMAC, notamment dans les infrastructures, l’agriculture, l’agro-industrie et l’industrie.

2ème trimestre 2026 : L’activité économique progresse

Selon un constat fait par la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), l’activité économique des pays de la CEMAC a progressé au 2ème trimestre 2026. Dans sa note sur l’évolution de l’indice composite des activités économiques de la CEMAC publiée le 13 octobre 2026, la BEAC indique que les pays de la CEMAC ont enregistré une croissance de 5 ;9% contre 5,1% au premier trimestre 2026 et 4,9% au quatrième trimestre 2025. Selon la banque centrale, cette croissance devrait s’accélérer au 3ème trimestre 2026.

Marché des assurances : Le Cameroun classé dans le top 10 en Afrique

L’Organisation des assurances africaines (OAA) a publié le 13 octobre 2026, le rapport annuel sur la pénétration de l’assurance en Afrique. Selon l’OAA, la pénétration de l’assurance, désigne le rapport entre le montant total des primes d’assurance brutes et le produit intérieur brut (PIB). Le Cameroun occupe la 10ème place africaine dans ce classement africain avec un taux de 0,88%. L’étude explique que hormis deux marchés matures, les taux de pénétration de l’assurance restent très modestes sur le continent, en raison du poids important de l’économie informelle, de la faiblesse des revenus des populations et de la persistance de plusieurs freins culturels.

Jean Luc Mastaki : « La CEA et ses partenaires doivent accompagner l’observatoire du climat des affaires »

«Il y a beaucoup de réformes auxquelles nos Etats ont souscrit mais qui ne sont pas mises en œuvre. La première chose à faire, c’est renforcer les mécanismes de suivi-évaluation de la mise en œuvre des réformes. Vous avez entendu toutes les discussions sur l’observatoire du climat des affaires dans la zone CEMAC et qui a besoin d’être revigoré. Les capacités doivent être renforcées et l’engagement de la CEA et ses partenaires, c’est de pouvoir accompagner cet observatoire afin qu’il joue le rôle de suivi des mesures que nos Etats ont adoptées qui doivent être mises en œuvre» propos du Directeur du Bureau sous-régional de la Commission économique des Nations-Unies pour l’Afrique Centrale.

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Chine-Afrique : le yuan gagne du terrain dans les échanges, des avantages pour le Cameroun

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Chine-Afrique : le yuan gagne du terrain dans les échanges, des avantages pour le Cameroun
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Pour les importateurs camerounais, l’enjeu est de réduire, à terme, les conversions de devises, les frais bancaires et les délais de paiement. Mais ces avantages dépendront des modalités de mise en œuvre : le dollar ne disparaît pas des échanges.

L’on s’achemine donc vers des paiements commerciaux sans passer systématiquement par le dollar. Le 10 octobre 2026, Ecobank a signé à Pékin un protocole d’accord avec CIPS, le système chinois de paiements interbancaires transfrontaliers, avec pour objectif de faciliter les règlements en yuans entre la Chine et les entreprises des 34 marchés africains couverts par son réseau.

Cette initiative, explique-t-on, prolonge l’autorisation accordée en juin dernier à Standard Bank et ICBC de compenser des transactions en yuans dans 19 pays africains.

Pour les importateurs camerounais, l’enjeu est de réduire, à terme, les conversions de devises, les frais bancaires et les délais de paiement. Mais ces avantages dépendront des modalités de mise en œuvre : le dollar ne disparaît pas des échanges.

Pour les entreprises camerounaises, l’adoption du yuan chinois (RMB) dans les transactions commerciales avec la Chine présente des avantages stratégiques majeurs, notamment dans un contexte où les banques panafricaines comme Ecobank et la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) accélèrent l’intégration de la monnaie chinoise pour contourner le dollar américain.

Parmi les principaux bénéfices pour les opérateurs économiques du Cameroun figure, par exemple, l’élimination des frais de double conversion. Traditionnellement, un importateur camerounais doit convertir ses francs CFA (XAF) en dollars (USD), puis ces dollars sont convertis en yuans (CNY) par le fournisseur chinois.

Passer donc directement du FCFA au yuan supprime une étape de change, réduisant drastiquement les commissions bancaires et préservant les marges bénéficiaires des PME.

RÉDUCTION DES DÉLAIS DE PAIEMENT

L’on évoque également la réduction des délais de paiement. Les circuits financiers basés sur le dollar impliquent souvent des banques correspondantes américaines, ce qui allonge les processus de vérification. L’utilisation de plateformes comme le CIPS (Cross-Border Interbank Payment System), le système de paiement transfrontalier chinois, apprend-on, fluidifie les transferts directs et accélère la réception des marchandises.

L’on évoque également l’atténuation du risque de change. Le dollar, précise-t-on, est soumis à une forte volatilité qui peut renchérir subitement le coût des importations entre le moment de la commande et celui du règlement. Facturer directement en yuans permet de figer les prix avec les partenaires chinois et de se prémunir contre les fluctuations imprévisibles du billet vert.

FACILITATION DE L’ACCÈS AUX DEVISES

Comme autre avantage, l’adoption du yuan chinois dans les transactions commerciales avec la Chine peut induire un meilleur pouvoir de négociation avec les fournisseurs chinois. De nombreuses usines en Chine, indique-t-on, préfèrent être payées dans leur monnaie nationale pour simplifier leur propre comptabilité et éviter les taxes liées aux devises étrangères.

Les acheteurs camerounais qui proposent un règlement direct en yuans peuvent donc obtenir des remises commerciales, des tarifs plus compétitifs ou de meilleures conditions de crédit auprès de leurs fournisseurs.

Il y a également la facilitation de l’accès aux devises. La zone de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) fait parfois face à des tensions sur les réserves en dollars, ce qui rationne ou retarde l’accès des entreprises aux devises pour l’importation.

Alors que la BEAC intègre progressivement le yuan dans ses réserves de change, les entreprises camerounaises disposeront de canaux officiels plus liquides pour régler leurs flux avec la Chine, premier fournisseur du Cameroun.

En 2025, la Chine, faut-il le rappeler, s’est affirmée comme le premier fournisseur et le deuxième client du Cameroun, consolidant des échanges commerciaux globaux inscrits dans la continuité des records historiques établis récemment, qui dépassaient déjà les 1 600 milliards de FCFA.

19 PAYS AFRICAINS CONCERNÉS

Passée presque inaperçue en juin dernier, l’ouverture par la Chine d’une chambre de compensation en Afrique du Sud, précise-t-on, a marqué une étape importante dans la yuanisation de l’Afrique. Ce dispositif permet de régler directement en yuans les transactions entre la Chine et 19 pays africains, sans passer par le dollar.

Un gain de temps et d’argent pour les entreprises et les États qui commercent avec la Chine : convertir une monnaie en dollars, puis les dollars en yuans, et inversement, représente un important manque à gagner.

Pour XN Iraki, économiste et enseignant à l’université de Nairobi, il était urgent de s’en affranchir grâce à la Renminbi Clearing Bank of Africa. Cette chambre de compensation est opérée par la banque sud-africaine Standard Bank et la banque chinoise ICBC.

« Avec ce mécanisme de compensation, les pertes sont réduites et les transactions commerciales deviennent plus fluides, souligne l’économiste. Il était temps de mettre en place un tel système pour faciliter les échanges entre la Chine et l’Afrique. C’est plus facile de payer les exportations, les importations, et l’ensemble du système bancaire devient également plus simple. Les opérations de compensation prennent moins de temps et, surtout, vous êtes moins exposé aux fluctuations et aux coûts de change », explique-t-il.

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UNE YUANISATION QUI PROFITE À LA CHINE

Le mouvement dépasse les seuls paiements commerciaux. Le Kenya, par exemple, a récemment converti en yuans trois prêts initialement libellés en dollars, contractés auprès de la banque publique chinoise Exim Bank pour financer la ligne ferroviaire reliant Mombasa à Nairobi.

Selon XN Iraki, la Chine reste la grande gagnante de ce dispositif. « Si l’on regarde les échanges commerciaux entre la Chine et les pays africains, la Chine est toujours excédentaire. Elle exporte davantage vers l’Afrique qu’elle n’importe depuis l’Afrique, regrette-t-il. Donc, à long terme, oui, c’est avantageux pour la Chine. Mais j’espère qu’avec le temps, l’Afrique pourra davantage en bénéficier en augmentant ses exportations vers la Chine, notamment grâce à la réduction des droits de douane. »

Également, le Ghana a récemment mis en place son propre mécanisme pour accéder au système chinois de paiements transfrontaliers en yuans. Cette infrastructure bancaire doit permettre aux importateurs ghanéens et aux autres clients éligibles de régler certaines transactions directement en monnaie chinoise.

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Par Par Blaise NNANG
Défis Actuels du 20/10/2026

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BVMAC : pourquoi plusieurs sociétés de Bourse agréées restent sans activité

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BVMAC : pourquoi plusieurs sociétés de Bourse agréées restent sans activité
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Alors que le marché financier de la CEMAC comptait 26 sociétés de Bourse agréées à fin 2025, plusieurs d’entre elles n’ont exécuté aucune transaction durant l’exercice. À l’inverse, cinq intermédiaires ont concentré 71,24 % de l’activité, selon le classement multicritère de la BVMAC. Derrière cette disparité se dessinent les faiblesses structurelles d’un marché encore peu liquide, où les investisseurs conservent longtemps leurs titres et où les opportunités de négociation demeurent limitées.

Vingt-six sociétés de Bourse agréées, mais une activité largement concentrée entre quelques intermédiaires. C’est l’un des principaux enseignements du rapport annuel 2025 de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC). Le document révèle que plusieurs sociétés habilitées à intervenir sur le marché financier régional n’ont exécuté aucune transaction au cours de l’exercice, tandis que cinq établissements se sont partagé 71,24 % de l’activité mesurée par la Bourse.

Le constat soulève une question fondamentale : pourquoi des sociétés ayant obtenu les autorisations nécessaires pour exercer des activités d’intermédiation financière restent-elles absentes des transactions, alors que quelques concurrents parviennent à concentrer l’essentiel des opérations ?

La BVMAC ne fournit pas, dans son rapport, d’explication individualisée sur l’inactivité de ces établissements. Elle relève néanmoins une forte disparité dans la participation des intermédiaires à l’animation du marché. Les caractéristiques du marché régional permettent d’identifier plusieurs facteurs susceptibles de contribuer à cette situation.

CINQ INTERMÉDIAIRES CAPTENT 71,24 % DE L’ACTIVITÉ

Le classement 2025 établi par la BVMAC place SG Capital CEMAC en tête des sociétés de Bourse, avec une part de marché de 19,50 %. L’établissement a exécuté 216 opérations d’achat et de vente et négocié 423 778 titres.

Building Emerging Markets Securities (BEM Securities) occupe la deuxième position avec 18,25 %. Son activité présente une particularité : seulement dix opérations ont été enregistrées, mais elles ont porté sur 403 759 titres, pour une valeur supérieure à 3,78 milliards de FCFA. La société apparaît ainsi davantage positionnée sur des transactions importantes que sur une multiplication de petites opérations.

Attijari Securities Central Africa (ASCA) arrive en troisième position avec 13,85 % de part de marché. Elle se distingue par la valeur de ses transactions, qui atteint 4,379 milliards de FCFA, le montant le plus élevé parmi les intermédiaires mentionnés dans le classement.

L’Archer Securities occupe le quatrième rang avec 12,41 %, devant Africa Bright Securities, créditée de 7,23 %. Ces deux établissements ont respectivement exécuté 208 et 195 opérations d’achat et de vente.

Au total, les cinq premiers intermédiaires cumulent 71,24 % des parts de marché calculées selon la méthodologie multicritère de la BVMAC, laquelle combine le nombre d’opérations, les volumes de titres et les valeurs négociées.

Cette concentration traduit une inégalité importante dans la capacité des sociétés de Bourse à participer effectivement aux transactions. Elle ne signifie toutefois pas que les établissements moins actifs sur le marché secondaire sont nécessairement dépourvus de clientèle ou d’autres activités financières.

UNE BOURSE QUI MANQUE ENCORE DE TRANSACTIONS

La première explication structurelle réside dans l’étroitesse du marché secondaire. En 2025, le compartiment des actions de la BVMAC ne comptait que six entreprises cotées. La valeur totale des échanges s’est établie à 739,84 millions de FCFA sur l’ensemble de l’année, malgré une progression de 18,92 % par rapport à 2024.

La Bourse a organisé 249 séances de cotation durant l’exercice, pour seulement 594 transactions sur actions. Cela représente une moyenne d’environ 2,4 transactions par séance.

Autrement dit, le nombre d’intermédiaires autorisés à négocier des titres est relativement important au regard du volume effectif des opérations. Même si toutes les sociétés de Bourse agréées disposaient d’une clientèle active, le nombre limité de transactions réduirait mécaniquement les possibilités d’intervention de chacune.

La situation s’explique également par la faible liquidité des titres cotés. Le ratio de liquidité du compartiment actions est passé de 1,05 % en 2024 à 1,59 % en 2025. Malgré cette amélioration, les échanges restent modestes au regard de la capitalisation boursière globale, qui atteignait 477,7 milliards de FCFA à fin décembre 2025.

Le problème n’est donc pas uniquement celui du nombre de sociétés de Bourse. Il concerne aussi la quantité de titres disponibles, la fréquence des ordres d’achat et de vente et la capacité des investisseurs à trouver des contreparties.

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DES INVESTISSEURS QUI CONSERVENT LEURS TITRES

Une autre difficulté tient au comportement des détenteurs de valeurs mobilières. Sur un marché où les titres sont relativement peu nombreux et les possibilités de diversification limitées, certains investisseurs peuvent privilégier leur conservation sur une longue période plutôt que des opérations régulières d’achat et de vente.

Cette stratégie, connue sous l’expression anglaise buy and hold, contribue à réduire la circulation des titres sur le marché secondaire.

Le phénomène est particulièrement important sur le compartiment obligataire, où les investisseurs institutionnels peuvent choisir de conserver leurs obligations jusqu’à leur échéance afin de percevoir les intérêts contractuels.

La Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF) a d’ailleurs relevé cette difficulté dans une publication consacrée à l’activité du marché secondaire. Elle souligne que la conservation des obligations jusqu’à leur maturité contribue à limiter les échanges.

Les chiffres de 2025 confirment la prédominance des obligations dans l’activité de la BVMAC. Malgré une baisse de 24,16 %, leur valeur négociée a atteint 12,815 milliards de FCFA, contre 739,84 millions pour les actions.

Cette prédominance ne garantit cependant pas une activité régulière pour tous les intermédiaires. Une part importante des transactions peut être concentrée sur quelques opérations de grande taille, exécutées par des sociétés disposant déjà de relations commerciales avec les principaux investisseurs.

LA BATAILLE POUR LES INVESTISSEURS INSTITUTIONNELS

La concentration des transactions pose également la question de l’accès à la clientèle institutionnelle. Banques, compagnies d’assurances, caisses de retraite, organismes de placement collectif et gestionnaires d’actifs constituent des catégories d’investisseurs susceptibles de mobiliser des montants importants sur les marchés financiers.

Dans un environnement caractérisé par un faible nombre d’opérations, la capacité à entretenir des relations commerciales avec ces investisseurs peut représenter un avantage concurrentiel déterminant.

Les résultats de BEM Securities illustrent l’importance que peuvent prendre les transactions de grande taille. Avec seulement dix opérations d’achat et de vente, l’établissement s’est hissé à la deuxième place du classement général en 2025.

Ce constat ne permet pas d’identifier la nature de sa clientèle ni l’origine précise de ses ordres. Il montre néanmoins qu’un intermédiaire peut occuper une position importante sur le marché sans multiplier les transactions.

À l’inverse, les sociétés dont la clientèle est composée principalement de petits investisseurs peuvent rencontrer davantage de difficultés à générer des volumes significatifs, particulièrement lorsque la culture boursière demeure peu développée.

La BVMAC elle-même reconnaît la nécessité d’intensifier l’éducation financière et de mobiliser davantage l’épargne nationale et régionale.

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L’AGRÉMENT NE GARANTIT PAS LES AFFAIRES

L’inactivité constatée chez certains intermédiaires appelle toutefois une distinction essentielle. L’agrément délivré par la COSUMAF autorise une société à exercer des activités réglementées sur le marché financier régional. Il ne garantit ni l’obtention d’ordres de Bourse, ni la constitution d’un portefeuille de clients, ni la rentabilité commerciale.

Les sociétés de Bourse peuvent notamment intervenir dans le placement de titres, la réception et la transmission d’ordres, la tenue de comptes, la gestion de portefeuille sous mandat et le conseil financier, selon les activités pour lesquelles elles sont habilitées.

Une société n’ayant exécuté aucune transaction sur le marché secondaire pendant une année peut donc avoir développé d’autres prestations. L’absence de transactions ne saurait, à elle seule, être assimilée à une absence totale d’activité ou à une défaillance de l’établissement.

Il reste néanmoins nécessaire de s’interroger sur les conséquences économiques d’une présence prolongée sans opérations de négociation. Le maintien des infrastructures techniques, des équipes spécialisées et des dispositifs de conformité représente des charges que les revenus tirés de l’activité doivent normalement contribuer à couvrir.

Dans un marché étroit, les établissements qui ne parviennent pas à développer suffisamment leurs activités peuvent être confrontés à des difficultés de rentabilisation de leurs investissements.

Cette hypothèse mérite cependant d’être vérifiée auprès des sociétés concernées, dont les modèles économiques, les revenus et les stratégies commerciales ne sont pas détaillés dans le classement annuel de la BVMAC.

UNE CONCENTRATION QUI SE DESSERRE, MAIS UN MARCHÉ TOUJOURS ÉTROIT

L’évolution du classement entre 2024 et 2025 apporte néanmoins une nuance importante. Selon une analyse publiée par la COSUMAF, trois intermédiaires concentraient 98,29 % des volumes du marché secondaire en 2024, avec une domination particulièrement marquée de SG Capital CEMAC.

En 2025, le classement général de la BVMAC fait apparaître une répartition plus équilibrée entre plusieurs sociétés de Bourse. SG Capital CEMAC conserve la première place, mais BEM Securities, ASCA, L’Archer Securities et Africa Bright Securities occupent désormais des positions significatives.

Les deux classements ne reposant pas exactement sur les mêmes indicateurs, leurs pourcentages ne peuvent être directement assimilés. Ils témoignent néanmoins d’une évolution de la répartition de l’activité entre les principaux intervenants.

Cette diversification relative ne résout pas le problème fondamental du marché : le volume global des transactions demeure faible et plusieurs sociétés agréées restent à l’écart de l’activité de négociation.

Pour la BVMAC, le défi consiste donc moins à multiplier les intermédiaires qu’à développer les conditions économiques permettant à davantage d’entre eux d’exercer effectivement leurs activités.

Cela suppose notamment d’élargir le nombre d’entreprises cotées, d’augmenter la proportion d’actions accessibles aux investisseurs, de renforcer la diffusion de l’information financière et de favoriser une meilleure rencontre entre les ordres d’achat et de vente.

La Bourse régionale a engagé plusieurs réformes dans cette perspective, notamment le fractionnement des actions, la simplification des conditions d’admission à la cote et la digitalisation des opérations.

Reste une interrogation que les prochaines publications statistiques et les responsables des sociétés de Bourse devront contribuer à éclairer : les établissements qui ne réalisent aucune transaction sont-ils principalement confrontés à un manque de clientèle, à une insuffisance d’opportunités de marché ou à des choix commerciaux qui privilégient d’autres activités ?

Sans données individualisées sur leurs revenus et leurs stratégies, il serait prématuré de trancher. Mais le constat dressé par la BVMAC est suffisamment révélateur : l’augmentation du nombre d’intermédiaires agréés ne suffit pas à garantir le dynamisme d’un marché financier. Encore faut-il que les entreprises proposent davantage de titres et que les investisseurs trouvent des raisons et des possibilités de les négocier.

Par Yves TCHENANG
Défis Actuels du 20/10/2026

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Safacam prévoit une activité moins favorable au second semestre 2026

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Safacam prévoit une activité moins favorable au second semestre 2026
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La direction de la Société africaine forestière et agricole du Cameroun (Safacam) justifie ces prévisions par le recul saisonnier de la production d’huile de palme et l’incertitude entourant les cours internationaux du caoutchouc.

Les résultats de la Société africaine forestière et agricole du Cameroun (Safacam) au cours de cet exercice 2026 sont donc peu reluisants. Ses comptes semestriels confirment la dégradation de sa rentabilité. Son résultat des activités ordinaires est passé de 4,88 milliards de FCFA au premier semestre 2025 à 2,91 milliards de FCFA à fin juin 2026, soit une diminution de 40,4 %.

Dans le même temps, le chiffre d’affaires a reculé de 10,6 %, à 15,76 milliards de FCFA, contre 17,62 milliards un an auparavant. Rapporté aux ventes, le résultat ordinaire est ainsi tombé de 27,7 % à 18,5 %.

L’examen des données par activité montre que la baisse du chiffre d’affaires provient essentiellement de la branche palmier. Ses revenus ont diminué de 13,5 %, passant de 12,86 milliards à 11,13 milliards de FCFA. Cette activité représente ainsi environ 93 % du recul global des ventes de Safacam, tandis que le chiffre d’affaires du caoutchouc a fléchi de 2,7 %.

Plus inquiétant encore, la direction de Safacam prévoit une activité moins favorable au second semestre, en raison notamment du recul saisonnier de la production d’huile de palme et de l’incertitude entourant les cours internationaux du caoutchouc.

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Les projections de Socfinaf, qui contrôle indirectement l’entreprise à travers la société française SAFA, donnent une mesure de cette saisonnalité : sur les 17 840 tonnes d’huile de palme attendues pour l’ensemble de 2026, Safacam en avait déjà produit 14 135 à fin juin. La production prévue pour le second semestre ressort donc à 3 705 tonnes.

LE BÉNÉFICE POURRAIT CHUTER DE 3,2 À 1,3 MILLIARD DE FCFA EN 2026

Safacam pourrait donc terminer l’exercice 2026 avec un bénéfice net de 1,34 milliard de FCFA, contre 3,22 milliards de FCFA en 2025, soit une baisse de 58,3 %. Cette prévision figure dans le rapport semestriel de Socfinaf.

Ce document prévoit pourtant une progression de 3,6 % du chiffre d’affaires annuel, à 29,37 milliards de FCFA. Cette projection laisse entrevoir un second semestre déficitaire.

Selon les données de Socfinaf, Safacam avait déjà dégagé un bénéfice net de 2,03 milliards de FCFA à fin juin 2026, contre 3,47 milliards de FCFA un an plus tôt, soit un recul de 41,5 %.

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Or, le résultat prévu sur l’ensemble de l’année n’atteint que 1,34 milliard de FCFA. La différence fait ressortir une perte nette implicite d’environ 687 millions de FCFA pour les six derniers mois de l’exercice.

Ce montant découle des prévisions de Socfinaf, qui combinent six mois réalisés et six mois estimés. Il ne constitue pas une perte déjà constatée.

LA PRODUCTION PLUTÔT EN HAUSSE

Cette évolution contraste avec celle de la production. Selon Socfinaf, Safacam a produit 14 135 tonnes d’huile de palme au premier semestre 2026, contre 12 184 tonnes un an plus tôt, soit une hausse de 16 %.

L’entreprise a donc produit davantage d’huile de palme sans parvenir à maintenir les revenus de l’ensemble de ses activités liées au palmier.

Pour expliquer le recul du chiffre d’affaires, la direction invoque un report de ventes d’huile de palmiste vers le second semestre. Le rapport semestriel de Safacam ne chiffre toutefois pas ces ventes différées. Il ne permet pas non plus d’identifier précisément les postes de charges ayant contribué à la diminution du résultat ordinaire.

Par Blaise NNANG
Défis Actuels du 20/10/2026

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