Connect with us

Dernières actualités

BVMAC : pourquoi plusieurs sociétés de Bourse agréées restent sans activité

Published

on

BVMAC : pourquoi plusieurs sociétés de Bourse agréées restent sans activité
Spread the love

Alors que le marché financier de la CEMAC comptait 26 sociétés de Bourse agréées à fin 2025, plusieurs d’entre elles n’ont exécuté aucune transaction durant l’exercice. À l’inverse, cinq intermédiaires ont concentré 71,24 % de l’activité, selon le classement multicritère de la BVMAC. Derrière cette disparité se dessinent les faiblesses structurelles d’un marché encore peu liquide, où les investisseurs conservent longtemps leurs titres et où les opportunités de négociation demeurent limitées.

Vingt-six sociétés de Bourse agréées, mais une activité largement concentrée entre quelques intermédiaires. C’est l’un des principaux enseignements du rapport annuel 2025 de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC). Le document révèle que plusieurs sociétés habilitées à intervenir sur le marché financier régional n’ont exécuté aucune transaction au cours de l’exercice, tandis que cinq établissements se sont partagé 71,24 % de l’activité mesurée par la Bourse.

Le constat soulève une question fondamentale : pourquoi des sociétés ayant obtenu les autorisations nécessaires pour exercer des activités d’intermédiation financière restent-elles absentes des transactions, alors que quelques concurrents parviennent à concentrer l’essentiel des opérations ?

La BVMAC ne fournit pas, dans son rapport, d’explication individualisée sur l’inactivité de ces établissements. Elle relève néanmoins une forte disparité dans la participation des intermédiaires à l’animation du marché. Les caractéristiques du marché régional permettent d’identifier plusieurs facteurs susceptibles de contribuer à cette situation.

CINQ INTERMÉDIAIRES CAPTENT 71,24 % DE L’ACTIVITÉ

Le classement 2025 établi par la BVMAC place SG Capital CEMAC en tête des sociétés de Bourse, avec une part de marché de 19,50 %. L’établissement a exécuté 216 opérations d’achat et de vente et négocié 423 778 titres.

Building Emerging Markets Securities (BEM Securities) occupe la deuxième position avec 18,25 %. Son activité présente une particularité : seulement dix opérations ont été enregistrées, mais elles ont porté sur 403 759 titres, pour une valeur supérieure à 3,78 milliards de FCFA. La société apparaît ainsi davantage positionnée sur des transactions importantes que sur une multiplication de petites opérations.

Attijari Securities Central Africa (ASCA) arrive en troisième position avec 13,85 % de part de marché. Elle se distingue par la valeur de ses transactions, qui atteint 4,379 milliards de FCFA, le montant le plus élevé parmi les intermédiaires mentionnés dans le classement.

L’Archer Securities occupe le quatrième rang avec 12,41 %, devant Africa Bright Securities, créditée de 7,23 %. Ces deux établissements ont respectivement exécuté 208 et 195 opérations d’achat et de vente.

Au total, les cinq premiers intermédiaires cumulent 71,24 % des parts de marché calculées selon la méthodologie multicritère de la BVMAC, laquelle combine le nombre d’opérations, les volumes de titres et les valeurs négociées.

Cette concentration traduit une inégalité importante dans la capacité des sociétés de Bourse à participer effectivement aux transactions. Elle ne signifie toutefois pas que les établissements moins actifs sur le marché secondaire sont nécessairement dépourvus de clientèle ou d’autres activités financières.

UNE BOURSE QUI MANQUE ENCORE DE TRANSACTIONS

La première explication structurelle réside dans l’étroitesse du marché secondaire. En 2025, le compartiment des actions de la BVMAC ne comptait que six entreprises cotées. La valeur totale des échanges s’est établie à 739,84 millions de FCFA sur l’ensemble de l’année, malgré une progression de 18,92 % par rapport à 2024.

La Bourse a organisé 249 séances de cotation durant l’exercice, pour seulement 594 transactions sur actions. Cela représente une moyenne d’environ 2,4 transactions par séance.

Autrement dit, le nombre d’intermédiaires autorisés à négocier des titres est relativement important au regard du volume effectif des opérations. Même si toutes les sociétés de Bourse agréées disposaient d’une clientèle active, le nombre limité de transactions réduirait mécaniquement les possibilités d’intervention de chacune.

La situation s’explique également par la faible liquidité des titres cotés. Le ratio de liquidité du compartiment actions est passé de 1,05 % en 2024 à 1,59 % en 2025. Malgré cette amélioration, les échanges restent modestes au regard de la capitalisation boursière globale, qui atteignait 477,7 milliards de FCFA à fin décembre 2025.

Le problème n’est donc pas uniquement celui du nombre de sociétés de Bourse. Il concerne aussi la quantité de titres disponibles, la fréquence des ordres d’achat et de vente et la capacité des investisseurs à trouver des contreparties.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

DES INVESTISSEURS QUI CONSERVENT LEURS TITRES

Une autre difficulté tient au comportement des détenteurs de valeurs mobilières. Sur un marché où les titres sont relativement peu nombreux et les possibilités de diversification limitées, certains investisseurs peuvent privilégier leur conservation sur une longue période plutôt que des opérations régulières d’achat et de vente.

Cette stratégie, connue sous l’expression anglaise buy and hold, contribue à réduire la circulation des titres sur le marché secondaire.

Le phénomène est particulièrement important sur le compartiment obligataire, où les investisseurs institutionnels peuvent choisir de conserver leurs obligations jusqu’à leur échéance afin de percevoir les intérêts contractuels.

La Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF) a d’ailleurs relevé cette difficulté dans une publication consacrée à l’activité du marché secondaire. Elle souligne que la conservation des obligations jusqu’à leur maturité contribue à limiter les échanges.

Les chiffres de 2025 confirment la prédominance des obligations dans l’activité de la BVMAC. Malgré une baisse de 24,16 %, leur valeur négociée a atteint 12,815 milliards de FCFA, contre 739,84 millions pour les actions.

Cette prédominance ne garantit cependant pas une activité régulière pour tous les intermédiaires. Une part importante des transactions peut être concentrée sur quelques opérations de grande taille, exécutées par des sociétés disposant déjà de relations commerciales avec les principaux investisseurs.

LA BATAILLE POUR LES INVESTISSEURS INSTITUTIONNELS

La concentration des transactions pose également la question de l’accès à la clientèle institutionnelle. Banques, compagnies d’assurances, caisses de retraite, organismes de placement collectif et gestionnaires d’actifs constituent des catégories d’investisseurs susceptibles de mobiliser des montants importants sur les marchés financiers.

Dans un environnement caractérisé par un faible nombre d’opérations, la capacité à entretenir des relations commerciales avec ces investisseurs peut représenter un avantage concurrentiel déterminant.

Les résultats de BEM Securities illustrent l’importance que peuvent prendre les transactions de grande taille. Avec seulement dix opérations d’achat et de vente, l’établissement s’est hissé à la deuxième place du classement général en 2025.

Ce constat ne permet pas d’identifier la nature de sa clientèle ni l’origine précise de ses ordres. Il montre néanmoins qu’un intermédiaire peut occuper une position importante sur le marché sans multiplier les transactions.

À l’inverse, les sociétés dont la clientèle est composée principalement de petits investisseurs peuvent rencontrer davantage de difficultés à générer des volumes significatifs, particulièrement lorsque la culture boursière demeure peu développée.

La BVMAC elle-même reconnaît la nécessité d’intensifier l’éducation financière et de mobiliser davantage l’épargne nationale et régionale.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

L’AGRÉMENT NE GARANTIT PAS LES AFFAIRES

L’inactivité constatée chez certains intermédiaires appelle toutefois une distinction essentielle. L’agrément délivré par la COSUMAF autorise une société à exercer des activités réglementées sur le marché financier régional. Il ne garantit ni l’obtention d’ordres de Bourse, ni la constitution d’un portefeuille de clients, ni la rentabilité commerciale.

Les sociétés de Bourse peuvent notamment intervenir dans le placement de titres, la réception et la transmission d’ordres, la tenue de comptes, la gestion de portefeuille sous mandat et le conseil financier, selon les activités pour lesquelles elles sont habilitées.

Une société n’ayant exécuté aucune transaction sur le marché secondaire pendant une année peut donc avoir développé d’autres prestations. L’absence de transactions ne saurait, à elle seule, être assimilée à une absence totale d’activité ou à une défaillance de l’établissement.

Il reste néanmoins nécessaire de s’interroger sur les conséquences économiques d’une présence prolongée sans opérations de négociation. Le maintien des infrastructures techniques, des équipes spécialisées et des dispositifs de conformité représente des charges que les revenus tirés de l’activité doivent normalement contribuer à couvrir.

Dans un marché étroit, les établissements qui ne parviennent pas à développer suffisamment leurs activités peuvent être confrontés à des difficultés de rentabilisation de leurs investissements.

Cette hypothèse mérite cependant d’être vérifiée auprès des sociétés concernées, dont les modèles économiques, les revenus et les stratégies commerciales ne sont pas détaillés dans le classement annuel de la BVMAC.

UNE CONCENTRATION QUI SE DESSERRE, MAIS UN MARCHÉ TOUJOURS ÉTROIT

L’évolution du classement entre 2024 et 2025 apporte néanmoins une nuance importante. Selon une analyse publiée par la COSUMAF, trois intermédiaires concentraient 98,29 % des volumes du marché secondaire en 2024, avec une domination particulièrement marquée de SG Capital CEMAC.

En 2025, le classement général de la BVMAC fait apparaître une répartition plus équilibrée entre plusieurs sociétés de Bourse. SG Capital CEMAC conserve la première place, mais BEM Securities, ASCA, L’Archer Securities et Africa Bright Securities occupent désormais des positions significatives.

Les deux classements ne reposant pas exactement sur les mêmes indicateurs, leurs pourcentages ne peuvent être directement assimilés. Ils témoignent néanmoins d’une évolution de la répartition de l’activité entre les principaux intervenants.

Cette diversification relative ne résout pas le problème fondamental du marché : le volume global des transactions demeure faible et plusieurs sociétés agréées restent à l’écart de l’activité de négociation.

Pour la BVMAC, le défi consiste donc moins à multiplier les intermédiaires qu’à développer les conditions économiques permettant à davantage d’entre eux d’exercer effectivement leurs activités.

Cela suppose notamment d’élargir le nombre d’entreprises cotées, d’augmenter la proportion d’actions accessibles aux investisseurs, de renforcer la diffusion de l’information financière et de favoriser une meilleure rencontre entre les ordres d’achat et de vente.

La Bourse régionale a engagé plusieurs réformes dans cette perspective, notamment le fractionnement des actions, la simplification des conditions d’admission à la cote et la digitalisation des opérations.

Reste une interrogation que les prochaines publications statistiques et les responsables des sociétés de Bourse devront contribuer à éclairer : les établissements qui ne réalisent aucune transaction sont-ils principalement confrontés à un manque de clientèle, à une insuffisance d’opportunités de marché ou à des choix commerciaux qui privilégient d’autres activités ?

Sans données individualisées sur leurs revenus et leurs stratégies, il serait prématuré de trancher. Mais le constat dressé par la BVMAC est suffisamment révélateur : l’augmentation du nombre d’intermédiaires agréés ne suffit pas à garantir le dynamisme d’un marché financier. Encore faut-il que les entreprises proposent davantage de titres et que les investisseurs trouvent des raisons et des possibilités de les négocier.

Par Yves TCHENANG
Défis Actuels du 20/10/2026

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Dernières actualités

Safacam prévoit une activité moins favorable au second semestre 2026

Published

on

Safacam prévoit une activité moins favorable au second semestre 2026
Spread the love

La direction de la Société africaine forestière et agricole du Cameroun (Safacam) justifie ces prévisions par le recul saisonnier de la production d’huile de palme et l’incertitude entourant les cours internationaux du caoutchouc.

Les résultats de la Société africaine forestière et agricole du Cameroun (Safacam) au cours de cet exercice 2026 sont donc peu reluisants. Ses comptes semestriels confirment la dégradation de sa rentabilité. Son résultat des activités ordinaires est passé de 4,88 milliards de FCFA au premier semestre 2025 à 2,91 milliards de FCFA à fin juin 2026, soit une diminution de 40,4 %.

Dans le même temps, le chiffre d’affaires a reculé de 10,6 %, à 15,76 milliards de FCFA, contre 17,62 milliards un an auparavant. Rapporté aux ventes, le résultat ordinaire est ainsi tombé de 27,7 % à 18,5 %.

L’examen des données par activité montre que la baisse du chiffre d’affaires provient essentiellement de la branche palmier. Ses revenus ont diminué de 13,5 %, passant de 12,86 milliards à 11,13 milliards de FCFA. Cette activité représente ainsi environ 93 % du recul global des ventes de Safacam, tandis que le chiffre d’affaires du caoutchouc a fléchi de 2,7 %.

Plus inquiétant encore, la direction de Safacam prévoit une activité moins favorable au second semestre, en raison notamment du recul saisonnier de la production d’huile de palme et de l’incertitude entourant les cours internationaux du caoutchouc.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

Les projections de Socfinaf, qui contrôle indirectement l’entreprise à travers la société française SAFA, donnent une mesure de cette saisonnalité : sur les 17 840 tonnes d’huile de palme attendues pour l’ensemble de 2026, Safacam en avait déjà produit 14 135 à fin juin. La production prévue pour le second semestre ressort donc à 3 705 tonnes.

LE BÉNÉFICE POURRAIT CHUTER DE 3,2 À 1,3 MILLIARD DE FCFA EN 2026

Safacam pourrait donc terminer l’exercice 2026 avec un bénéfice net de 1,34 milliard de FCFA, contre 3,22 milliards de FCFA en 2025, soit une baisse de 58,3 %. Cette prévision figure dans le rapport semestriel de Socfinaf.

Ce document prévoit pourtant une progression de 3,6 % du chiffre d’affaires annuel, à 29,37 milliards de FCFA. Cette projection laisse entrevoir un second semestre déficitaire.

Selon les données de Socfinaf, Safacam avait déjà dégagé un bénéfice net de 2,03 milliards de FCFA à fin juin 2026, contre 3,47 milliards de FCFA un an plus tôt, soit un recul de 41,5 %.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

Or, le résultat prévu sur l’ensemble de l’année n’atteint que 1,34 milliard de FCFA. La différence fait ressortir une perte nette implicite d’environ 687 millions de FCFA pour les six derniers mois de l’exercice.

Ce montant découle des prévisions de Socfinaf, qui combinent six mois réalisés et six mois estimés. Il ne constitue pas une perte déjà constatée.

LA PRODUCTION PLUTÔT EN HAUSSE

Cette évolution contraste avec celle de la production. Selon Socfinaf, Safacam a produit 14 135 tonnes d’huile de palme au premier semestre 2026, contre 12 184 tonnes un an plus tôt, soit une hausse de 16 %.

L’entreprise a donc produit davantage d’huile de palme sans parvenir à maintenir les revenus de l’ensemble de ses activités liées au palmier.

Pour expliquer le recul du chiffre d’affaires, la direction invoque un report de ventes d’huile de palmiste vers le second semestre. Le rapport semestriel de Safacam ne chiffre toutefois pas ces ventes différées. Il ne permet pas non plus d’identifier précisément les postes de charges ayant contribué à la diminution du résultat ordinaire.

Par Blaise NNANG
Défis Actuels du 20/10/2026

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

Pronostic PSG vs Barcelone : Sur quoi parier dans ce choc de Ligue des champions

Published

on

Pronostic PSG vs Barcelone : Sur quoi parier dans ce choc de Ligue des champions
Spread the love

Le Paris Saint-Germain affronte le FC Barcelone lors de la troisième journée de la Ligue des champions. Ce choc très attendu se déroulera le mardi 20 octobre 2026 à 19h00 GMT, au Parc des Princes.

Actuellement à égalité parfaite avec 6 points chacun après leurs deux premiers matchs, les deux clubs dominent la phase de ligue et espèrent prendre l’avantage dans la course pour la première place.

  • Le PSG a trouvé le chemin des filets lors de chacune de ses 7 dernières confrontations contre Ba
  • Lors de 10 des 11 derniers affrontements entre les deux équipes, le total n’a jamais excédé 5 buts, selon lefootenbref.
  • Les Parisiens ont inscrit un but en seconde période dans 6 de leurs 7 derniers matchs face aux Catalans.
  • Barcelone a marqué lors de 10 de ses 11 dernières rencontres face au PSG en Ligue des champions.
  • Au moins un but a été inscrit par chaque équipe lors de leurs 6 dernières confrontations directes.
  • Lors des 5 derniers affrontements, il y a eu au minimum 11 corners par match.

Découvrez les meilleures cotes sur ce choc de Champions League sur le site du bookmaker renommé, 1xBet (telecharger-betapp.com).

Pronostic corners pour le PSG-Barcelone – Total moins de 11,5 – Cote : 1,3

Les précédents face-à-face entre ces deux cadors ont généré beaucoup d’action aux abords des buts, souvent favorables à de nombreux corners. Toutefois, il est intéressant de noter que lors de 8 des 9 derniers matchs du FC Barcelone en Ligue des champions, ce total n’a pas dépassé 11.

Pronostic buteurs pour le PSG-Barcelone

  • Ousmane Dembélé – Cote : 2,15
  • Lamine Yamal – Cote : 2,15

Les deux attaquants sont dans une forme éblouissante et apparaissent comme des choix prometteurs. Parier sur un but de Dembélé ou du jeune prodige Lamine Yamal pourrait s’avérer payant.

Pronostic score exact à la mi-temps pour le PSG-Barcelone – 1-1 – Cote : 6,5

Fort d’un début de saison impressionnant avec 11 victoires consécutives, Barcelone a les armes pour percer la défense du PSG au moins une fois. Cependant, soutenus par leur public et bien ancrés dans leur jeu sous les ordres de Luis Enrique, les Parisiens devraient marquer plus. Un score de parité 1-1 à la fin de la première mi-temps semble un scénario plausible avant une deuxième période plus disputée.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

CEMAC : la prolongation du conflit au Moyen-Orient pourrait freiner la croissance en 2026

Published

on

CEMAC : la prolongation du conflit au Moyen-Orient pourrait freiner la croissance en 2026
Spread the love

Le rapport sur la politique monétaire de septembre 2026 de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) évoque, parmi les risques internes et externes qui pourraient freiner la croissance en 2026 dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), l’escalade ou la prolongation des conflits au Moyen-Orient et en Europe de l’Est, la vulnérabilité climatique, le maintien de conditions financières internationales restrictives, la fragmentation géoéconomique, les tensions commerciales, le protectionnisme, les dérapages budgétaires, etc.

Selon le rapport sur la politique monétaire de septembre 2026 de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), la dynamique de croissance de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) resterait exposée à plusieurs risques externes majeurs, exacerbés par la conjoncture récente. Il s’agit notamment de l’escalade ou de la prolongation des conflits au Moyen-Orient et en Europe de l’Est. Une perturbation durable des routes énergétiques et maritimes, prévient la BEAC, pèserait sur la demande mondiale, les coûts logistiques et les chaînes d’approvisionnement. Pour les pays de la CEMAC exportateurs de pétrole, l’effet prix favorable pourrait être neutralisé par la baisse des volumes, la hausse des coûts d’importation et l’incertitude sur les investissements.

La BEAC évoque également le maintien de conditions financières internationales restrictives. Une persistance de l’inflation mondiale, notamment sous l’effet de l’énergie, estime la BEAC, retarderait l’assouplissement monétaire et maintiendrait des coûts de refinancement élevés pour les États et les entreprises de la sous-région.

Il y a également la fragmentation géoéconomique, les tensions commerciales et le protectionnisme. Pour la BEAC, la multiplication des droits de douane, des restrictions technologiques et des politiques de relocalisation pourrait ralentir les échanges, contracter les flux d’investissements directs étrangers (IDE) vers les économies de la CEMAC et restreindre l’accès aux équipements et aux financements nécessaires aux projets miniers, énergétiques et industriels.

DES FRAGILITÉS AU NIVEAU INTERNE

Au niveau interne, les perspectives de croissance resteraient également exposées à plusieurs fragilités propres à la sous-région, notamment les dérapages budgétaires, les accumulations d’arriérés et les besoins élevés de financement de certains États, dans un contexte de liquidité bancaire encore contrainte et de vulnérabilité accrue liée au poids du service de la dette ; les retards dans la mise en œuvre des réformes structurelles et de gouvernance, notamment celles visant à améliorer la mobilisation des recettes non pétrolières, l’efficacité de la dépense publique, la gouvernance des entreprises publiques, le climat des affaires et l’efficacité de l’investissement public.

L’on évoque également les contraintes énergétiques et logistiques persistantes, relevées dans plusieurs pays de la sous-région, qui pourraient limiter la montée en puissance des projets industriels, miniers, portuaires et agricoles ; la vulnérabilité climatique, dont les effets (sécheresses, inondations, etc.) pourraient affecter les campagnes agricoles, la sécurité alimentaire, les infrastructures et les flux migratoires internes.

Dans ce contexte, la BEAC indique que la gestion proactive de la dette, la poursuite des réformes budgétaires et structurelles, l’application rigoureuse de la réglementation des changes et la préservation de la stabilité monétaire et financière devraient demeurer des priorités pour consolider la trajectoire de croissance à moyen terme dans la CEMAC.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

DES RISQUES SUR LA TRAJECTOIRE DES PRIX

Au plan externe, la BEAC estime que la trajectoire des prix resterait principalement exposée à la volatilité des cours internationaux de l’énergie, des engrais et des produits alimentaires. Une prolongation des tensions au Moyen-Orient pourrait maintenir les prix du pétrole, du gaz, du fret maritime et des intrants agricoles à des niveaux élevés, avec des effets de second tour sur les coûts de transport, de production et de distribution dans la CEMAC.

Sur le plan interne, la remontée de l’inflation pourrait résulter de la dégradation de certaines infrastructures routières et logistiques, qui renchérirait les coûts d’acheminement des produits vers les marchés ; des tensions persistantes sur les prix de l’énergie et de certains services de transport, qui pèseraient sur les coûts de production et de transport dans plusieurs pays ; de l’insécurité sur certains corridors et des aléas climatiques, affectant l’offre agricole, avec des effets de second tour sur les transports, les services et les anticipations d’inflation ; des ajustements fiscaux et tarifaires destinés à renforcer la mobilisation des recettes publiques, mais susceptibles d’avoir des effets temporaires sur les prix.

Toutefois, fait remarquer la BEAC, les tensions sur les prix pourraient être contenues à moyen terme par l’amélioration de l’offre agricole locale, sous réserve d’un climat favorable, le développement de l’agro-industrie, le fonctionnement plus fluide des corridors, la diversification progressive des sources d’approvisionnement, l’accroissement des capacités de stockage et une politique monétaire prudente.

DES RISQUES SUR LA TRAJECTOIRE DES RÉSERVES DE CHANGE

Pour la BEAC, la trajectoire des réserves de change resterait globalement favorable à moyen terme, mais demeurerait exposée à plusieurs risques externes et internes.

Au plan externe, les principaux risques concernent une prolongation des tensions géopolitiques qui, bien qu’elles puissent soutenir temporairement les prix des hydrocarbures, pourrait renchérir le coût des importations de biens d’équipement et peser sur le solde de la balance des paiements ; et un durcissement des conditions financières internationales, qui pourrait limiter l’accès des États aux financements extérieurs et renchérir les opérations de refinancement de la dette.

Au plan interne, la consolidation des avoirs extérieurs de la Banque centrale pourrait être freinée par une exécution insuffisante des mesures de rapatriement et de centralisation des recettes d’exportation, notamment de la part du secteur extractif ; un alourdissement du service de la dette extérieure, captant une part importante des devises disponibles ; et des retards dans la réalisation des projets pétroliers, gaziers et miniers structurants, susceptibles de ralentir la progression des exportations et des recettes en devises.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

Par Blaise NNANG
Défis Actuels du 20/10/2026

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici