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DIPLOMATIE FINANCIÈRE : Louis Paul Motaze mobilise les partenaires financiers à Bangkok

En marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Bangkok, en Thaïlande, le ministre des Finances a multiplié les rencontres avec les banques internationales, les investisseurs et les partenaires multilatéraux, afin de préparer de nouvelles opérations de financement et de mobiliser des ressources pour les projets de développement du Cameroun.
La participation de la délégation camerounaise aux Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale n’est donc pas de tout repos. En marge de ces assises monétaires internationales, la délégation camerounaise y a mené une diplomatie financière offensive, en vue d’attirer de nouveaux financements au Cameroun. Dans cette optique, en vue d’échanger avec les investisseurs sur les perspectives de financement du Cameroun, le ministre des Finances, Louis Paul MOTAZE, a organisé, le 15 octobre 2026, un forum des investisseurs consacré à la situation économique et financière du Cameroun et à ses perspectives. Avec pour objectif de préparer la mobilisation de financements dès 2027.
Cette rencontre, informe-t-on, a permis au ministre des Finances de présenter aux investisseurs les perspectives économiques et financières du pays et de solliciter leur accompagnement pour les prochaines opérations de financement. À travers cet échange, Louis Paul MOTAZE a voulu entretenir le dialogue avec les partenaires financiers et susciter leur intérêt pour les besoins de financement du Cameroun. La démarche visait à préparer, en amont, la mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre des priorités de développement du pays. Ce forum prolongeait ainsi les rencontres menées par le ministre des Finances à Bangkok et traduisait la volonté du gouvernement de consolider ses relations avec les investisseurs et d’élargir les possibilités de financement de l’économie camerounaise.
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MOTAZE PREND LANGUE AVEC SOCIÉTÉ GÉNÉRALE ET AFRICA FINANCE CORPORATION (AFC)
Toujours dans la journée du 15 octobre 2026, le MINFI a reçu à Bangkok des représentants de Société Générale et d’Africa Finance Corporation (AFC). Ces audiences, tenues en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, ont porté sur la mobilisation de ressources et le financement des infrastructures énergétiques.
Avec Aymeric ARNAUD, directeur régional du Groupe Société Générale pour le Moyen-Orient, la Turquie et l’Afrique, les échanges ont permis de réaffirmer la continuité du partenariat avec le Cameroun. Le Groupe a récemment accompagné l’État dans une opération de mobilisation d’environ 196,8 milliards de FCFA. Il s’est engagé à soutenir les prochaines opérations du gouvernement, notamment dans le domaine de la banque de financement et d’investissement. Son représentant a également précisé que le retrait de Société Générale de sa filiale camerounaise relève exclusivement d’un recentrage stratégique de ses activités.
Louis Paul MOTAZE a ensuite échangé avec une délégation d’Africa Finance Corporation. Déjà impliquée dans le financement du projet hydroélectrique de Nachtigal, l’institution a exprimé son souhait de participer au financement du projet de Kikot. Ces rencontres, précise-t-on, illustrent la poursuite du dialogue avec les partenaires financiers pour accompagner les priorités de développement du Cameroun, notamment le renforcement de l’offre énergétique et le financement de l’économie.
LE MINFI ÉCHANGE AVEC SES INTERLOCUTEURS LUXEMBOURGEOIS ET FRANÇAIS
Toujours dans le cadre des rencontres bilatérales organisées en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Bangkok, le MINFI a tenu deux séances de travail consacrées à la coopération financière et à la situation économique sous-régionale.
Louis Paul MOTAZE a rencontré la délégation du Luxembourg, conduite par Gilles ROTH, ministre des Finances du Grand-Duché. Les échanges ont porté sur les axes de coopération entre les deux pays dans le domaine financier, ouvrant un espace de dialogue sur les perspectives de collaboration.
Louis Paul MOTAZE s’est également entretenu avec Bertrand DUMONT, directeur général du Trésor français. Cette rencontre a été consacrée à la conjoncture économique et financière dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Ces échanges participent à la poursuite du dialogue avec les partenaires du Cameroun autour des enjeux de coopération financière et de stabilité économique régionale.
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LOUIS PAUL MOTAZE REÇOIT VERA SONGWE
Le MINFI, Louis Paul MOTAZE, a reçu Vera SONGWE à Bangkok, en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale. Cette audience s’ajoute aux rencontres menées par le MINFI dans la capitale thaïlandaise avec des acteurs de la finance internationale.
Fondatrice et présidente de la Liquidity and Sustainability Facility (LSF), Vera SONGWE œuvre à l’amélioration des conditions de financement des économies africaines. Ancienne secrétaire exécutive de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, elle apporte une expérience reconnue des enjeux de développement, de mobilisation des capitaux et de financement climatique.
La structure qu’elle préside ambitionne notamment d’améliorer la liquidité des obligations émises par les États et les entreprises africains et de contribuer à réduire le coût de leur financement. Son action rejoint ainsi une préoccupation majeure pour les économies du continent : accéder à des ressources adaptées aux besoins d’investissement et aux exigences de soutenabilité de la dette.
Sans préjuger du détail des échanges, cette rencontre a pris place dans un contexte où le Cameroun cherche à élargir ses partenariats financiers et à mobiliser les ressources nécessaires à la poursuite de ses projets de développement. À Bangkok, les audiences du ministre des Finances ont ainsi offert des occasions de dialogue avec des interlocuteurs dont l’expertise et les réseaux peuvent éclairer les options de financement du pays.
LE MINFI S’ENTRETIENT AVEC UNE DÉLÉGATION DE MATHA CAPITAL
Dans le cadre de ses activités à Bangkok, Louis Paul MOTAZE a reçu une délégation du groupe Matha Capital, un acteur panafricain du conseil financier qui compte déjà des références dans l’accompagnement du Cameroun sur les marchés internationaux.
Fondée en 2017 et disposant de bureaux à Abidjan et à Kigali, Matha Capital accompagne les États, les institutions et les entreprises dans la structuration de financements et l’accès aux marchés de capitaux. Selon sa présentation officielle, la société revendique plus de 15 milliards de dollars de transactions exécutées depuis sa création. Ses interventions couvrent également la gestion des risques de change, de taux d’intérêt et de liquidité.
Le groupe a été fondé par Jean Paul Ndjemba Abessolo, qui en assure la direction générale. Il réunit notamment Matha Capital et Matha Securities, avec des activités de conseil financier, d’intermédiation boursière et de solutions d’investissement sur les marchés africains.
Matha Capital figurait, aux côtés de Rothschild & Co, parmi les conseils financiers ayant accompagné le retour du Cameroun sur le marché international des euro-obligations en 2021. Cette référence est mentionnée dans une intervention du ministre des Finances consacrée à cette opération.
L’audience de Bangkok constituait ainsi un nouveau contact entre le MINFI et un groupe disposant d’une expérience de l’accompagnement financier du pays. Elle intervient dans un contexte où la mobilisation des ressources et la diversification des partenaires occupent une place importante dans les démarches de la délégation camerounaise. Les sujets précis abordés et les éventuelles suites opérationnelles de cette rencontre restent à préciser, prévient-on.
UNE NOUVELLE OPÉRATION DE FINANCEMENT EN COURS DE PRÉPARATION AVEC STANDARD CHARTERED BANK
La journée fort chargée du 15 octobre dernier du MINFI à Bangkok, en marge des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international et du Groupe de la Banque mondiale, s’est poursuivie par des rencontres avec les partenaires financiers du Cameroun, notamment une délégation de Standard Chartered Bank.
Cette rencontre, apprend-on, s’est tenue dans un contexte marqué par les préparatifs d’une nouvelle opération de financement de l’État camerounais, pour laquelle le groupe bancaire intervient comme arrangeur. Selon les informations disponibles, le Cameroun envisage une émission complémentaire de 300 millions de dollars américains sur sa souche obligataire internationale arrivant à échéance en janvier 2033. Standard Chartered Bank assure l’arrangement de cette opération, avec Blend Finance et Horus Investment Group comme conseils financiers de l’État.
Les ressources recherchées doivent contribuer au financement des priorités budgétaires de l’exercice 2026, ainsi qu’à la poursuite de l’apurement des arriérés de paiement. Le mécanisme retenu consiste à émettre des titres supplémentaires sur une ligne obligataire existante, déjà connue des investisseurs.
L’audience de Bangkok avec Standard Chartered Bank s’inscrit ainsi dans une série de contacts avec les acteurs de la finance internationale. Elle offre un cadre de dialogue avec un établissement impliqué dans la structuration des opérations financières du Cameroun. Si le détail des échanges et les éventuelles suites de cette rencontre restent à préciser, le rôle documenté de Standard Chartered Bank dans le programme de financement de l’État souligne l’importance de cet interlocuteur pour l’accès du Cameroun aux marchés internationaux.
LOUIS PAUL MOTAZE DÉFEND LE FINANCEMENT DES INFRASTRUCTURES
Le ministre des Finances s’est entretenu, le vendredi 16 octobre 2026, avec Zeine ZEIDANE, directeur du département Afrique du FMI. Au centre des échanges, les perspectives économiques du Cameroun et l’accompagnement des investissements dans l’énergie et les transports. Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre des Assemblées annuelles du FMI et du Groupe de la Banque mondiale, qui se sont tenues du 12 au 18 octobre dans la capitale thaïlandaise.
Au cours de l’entretien, Louis Paul MOTAZE a présenté les perspectives du Cameroun et plaidé pour un accompagnement favorisant la mobilisation des financements nécessaires aux infrastructures énergétiques et de transport. L’objectif est de renforcer les capacités productives du pays et d’accélérer la croissance.
Ces deux secteurs occupent une place déterminante dans la transformation économique. Une fourniture d’électricité plus fiable soutient l’activité industrielle et le développement des entreprises. L’amélioration des infrastructures de transport facilite les échanges, rapproche les bassins de production des marchés et contribue à réduire les coûts logistiques.
L’entretien de Bangkok prolonge un dialogue déjà engagé entre les deux responsables. Le 25 juin 2026, à Paris, en France, leurs échanges avaient porté sur les priorités de développement du Cameroun, la gouvernance et la transparence dans la gestion des ressources publiques. Le responsable du FMI avait alors exprimé la disponibilité de l’institution à accompagner le pays dans la mise en œuvre de ses priorités.
À Bangkok, le plaidoyer du ministre des Finances a ainsi remis l’investissement au centre des échanges avec le partenaire multilatéral. L’enjeu est de soutenir des projets capables de renforcer la compétitivité de l’économie, de stimuler l’investissement privé et de favoriser la création d’emplois.
Par Blaise NNANG
Défis Actuels du 19/10/2026
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Fonctions électives : Les personnes handicapées toujours marginalisées

Selon la plateforme inclusive Society for Persons With Disabilities, aucun siège parmi les 180 députés à l’Assemblée nationale n’est occupé par une personne handicapée.
D’après les statistiques de la plateforme inclusive «Society for Persons With Disabilities», environ 32 000 personnes handicapées sont inscrites sur les listes électorales. Pourtant, aucune ne siège parmi les 180 députés à l’Assemblée nationale ni les 100 sénateurs. Selon Society for Persons With Disabilities, sur les 100 sénateurs suppléants, un seul est handicapé. Il a d’ailleurs été nommé.
Au niveau local, seules 14 personnes handicapées figurent parmi les 10 569 conseillers municipaux, un seul est maire et dans les conseils régionaux, un seul est maire et dans les conseils régionaux on ne compte que deux personnes handicapées.
Tous ces chiffres ont été publiés le 9 octobre 2026 à Yaoundé. C’était au cours d’un point de presse organisé par la plateforme Society for Persons With Disabilities, avec l’appui de Sightsavers. C’était en présence des représentants des partis politiques et des acteurs de la société civile.
La plateforme demande aux partis politiques de revoir leurs règles de choix des candidats en recommandant qu’au moins une personne handicapée figure parmi les 5 premiers noms des listes aux élections locales. Society for Persons With Disabilities demande aussi que les partis tiennent compte du handicap dans leurs circulaires et directives internes.
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Cameroun : e-Gov’A 2026 place l’interopérabilité au cœur de la modernisation de l’administration

La transformation numérique ne consiste pas seulement à mettre des formulaires en ligne. Elle suppose que les systèmes des administrations échangent leurs données pour éviter les demandes répétées de documents et réduire les délais de traitement. Au Salon E-Gov’A, organisé à Yaoundé du 14 au 17 octobre 2026, la visite d’une délégation gabonaise au ministère de la Fonction publique autour du programme AIGLES illustre ce chantier.
Lorsqu’un dossier passe d’un service public à un autre, l’usager ne devrait pas fournir une nouvelle fois une information que l’administration détient déjà. L’interopérabilité désigne la capacité des systèmes informatiques à échanger et à exploiter des données selon des règles compatibles. Sans cette connexion, la numérisation risque de reproduire à l’écran les lenteurs des procédures sur papier.
Les organisateurs d’E-Gov’A ont inscrit cet enjeu parmi les priorités du salon. La première édition de l’E-Gov Africa Summit, Expo & Awards a été officiellement lancée le jeudi 15 octobre au Palais des Congrès de Yaoundé par Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications, en présence de Joseph Le, ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative.
Organisée par Digital Business Africa et Smart Click Africa dans le cadre du Cameroon International Tech Summit, la rencontre réunit des responsables publics, des entreprises technologiques, des universitaires, des startups et des partenaires au développement. Elle est placée sous le thème de l’intelligence artificielle et de l’e-gouvernance, avec l’ambition de bâtir des services publics efficaces dans une Afrique sans cash et sans papier.
Les échanges portent notamment sur l’identité numérique, la cybersécurité, la gouvernance des données, les paiements numériques et la dématérialisation des services publics. Les conférences, démonstrations et rencontres professionnelles doivent rapprocher les administrations des entreprises du secteur et favoriser les partenariats public-privé dans les technologies destinées à l’État.
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Beaugas Orain Djoyum, l’un des co-organisateurs, présente E-Gov’A comme « une réponse africaine concrète aux défis de modernisation de l’action publique ». Le salon doit, selon lui, mettre en lumière les solutions déjà utilisées par les administrations africaines, mais aussi les obstacles et les décisions nécessaires à la construction de services publics numériques.
AIGLES, UNE EXPÉRIENCE À EXAMINER
Dans le cadre des visites techniques du mercredi 14 octobre, Beaugas Orain Djoyum et une délégation venue du Gabon se sont rendus au ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative pour découvrir le fonctionnement d’AIGLES. Cette visite confronte l’ambition d’interopérabilité à une application camerounaise déjà en service.
AIGLES signifie Application informatique de gestion logique des effectifs et de la solde. Mise en service le 1er janvier 2025, la plateforme a remplacé les anciens systèmes SIGIPES et ANTILOPE. Elle regroupe les informations relatives à la carrière et à la rémunération des agents publics, du recrutement à la retraite. Elle couvre notamment les actes de carrière, les avancements, les dossiers administratifs, la solde et les pensions.
Le ministère présente un système organisé en quatorze modules intégrés. Son portail officiel recense plus de 400 processus, 9 250 règles de gestion et 3 500 types d’actes automatisés. Il fait également état de plus de 900 utilisateurs administratifs formés. Ces données donnent une mesure du travail engagé pour formaliser les procédures. Elles ne permettent toutefois pas, à elles seules, de quantifier les délais gagnés par les usagers ou les économies réalisées par l’État.
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AIGLES vise aussi une meilleure maîtrise des effectifs et de la masse salariale, deux enjeux importants pour les finances publiques. Le rapprochement des données de carrière et de solde peut limiter les incohérences et faciliter les contrôles. Le portail permet par ailleurs aux agents de consulter certaines informations en ligne, notamment leurs fiches de paie et l’évolution de leurs dossiers de carrière.
PARTAGER LES DONNÉES SANS EXPOSER LES USAGERS
L’interconnexion ne se limite pas à installer un logiciel. Les administrations doivent s’accorder sur les formats de données, les identifiants, les responsabilités de mise à jour et les droits d’accès. Elles doivent également déterminer quelle entité fait autorité sur chaque information et comment corriger une erreur. Sans règles communes, les systèmes risquent de transmettre plus rapidement des données incompatibles ou inexactes.
La sécurité constitue une autre condition du partage. Les bases administratives contiennent des informations personnelles et professionnelles qui ne doivent pas être accessibles à tous. Selon le ministère, AIGLES repose notamment sur le chiffrement des données, des contrôles d’accès, une authentification renforcée et la surveillance des activités suspectes. Le dispositif bénéficie de l’appui de l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (ANTIC). L’accès aux informations doit rester réservé aux agents qui en ont besoin dans le cadre de leurs fonctions.
Le 16 octobre, Minette Libom Li Likeng a insisté sur les résultats attendus de la digitalisation. « Les projets technologiques doivent être appréciés au regard de leur contribution effective à la simplification des démarches administratives, à la réduction des délais de traitement, à la maîtrise des coûts et à l’amélioration de la qualité des prestations », a déclaré la ministre.
Elle a également présenté les technologies de l’information et de la communication comme « un levier essentiel de la transformation structurelle de nos économies ». Leur contribution concerne, selon elle, la modernisation de l’État, l’amélioration de la gouvernance publique, la compétitivité et l’attractivité économique. La ministre a défendu une vision de long terme et une action cohérente des administrations. Elle a rappelé la déclaration du président Paul Biya du 31 décembre 2018, selon laquelle « la société digitale qui s’annonce n’attendra pas les retardataires ».
Le coût du cloisonnement se traduit par du temps perdu, des justificatifs produits plusieurs fois et des dossiers qui circulent difficilement. Pour les entreprises, ces frictions peuvent retarder une formalité et immobiliser des ressources. Pour l’État, elles mobilisent des agents dans la collecte et la vérification de documents plutôt que dans le contrôle et l’amélioration du service rendu.
La présence de la délégation gabonaise témoigne de l’intérêt porté aux expériences de modernisation administrative dans la sous-région. Mais la performance des systèmes se mesurera moins au nombre de plateformes déployées qu’à leur capacité à communiquer, à protéger les données et à réduire effectivement les démarches. Une information fournie une seule fois doit pouvoir être utilisée, dans un cadre sécurisé, par les administrations autorisées qui en ont besoin.
Par Fabrice BELOKO
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ZLECAf : l’Afrique centrale veut lever les obstacles à l’accès des entreprises aux marchés régionaux

Réunis à Yaoundé du 13 au 15 octobre 2026, les experts d’Afrique centrale ont placé les réformes du secteur privé au cœur de leurs échanges. La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) offre des débouchés aux entreprises de la sous-région. Encore faut-il lever les obstacles qui freinent leur développement et leur accès aux marchés voisins.
Une entreprise camerounaise peut-elle trouver ses débouchés au Gabon, s’approvisionner en matières premières en République démocratique du Congo et vendre ses produits dans plusieurs pays de la sous-région ? Cette perspective résume l’enjeu des chaînes de valeur régionales. Elle suppose que les économies d’Afrique centrale cessent de fonctionner en marchés isolés et rapprochent leurs capacités de production. La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ouvre cette possibilité en favorisant les échanges entre pays africains. Pour les entreprises, l’accès à de nouveaux marchés peut élargir la clientèle, soutenir les volumes de production et améliorer la rentabilité des investissements. Il peut aussi encourager la spécialisation des économies et la circulation des produits transformés. L’agro-industrie, les matériaux de construction et la transformation des ressources naturelles figurent parmi les secteurs où cette complémentarité pourrait prendre forme. Mais l’existence de ressources dans un pays et de débouchés dans un autre ne suffit pas. Les entreprises doivent pouvoir produire à des coûts compétitifs, acheminer leurs marchandises et satisfaire aux exigences des marchés.
LES RÉFORMES ATTENDUES PAR LES ENTREPRISES
C’est l’un des enjeux de la 42e session du Comité intergouvernemental des hauts fonctionnaires et experts (CIE) de l’Afrique centrale, organisée par la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA). Du 13 au 15 octobre, à Yaoundé, représentants des gouvernements, opérateurs privés, scientifiques, société civile et partenaires techniques et financiers ont examiné les réformes susceptibles de dynamiser le secteur privé. Les discussions s’inscrivent dans la Décennie de la diversification économique 2021-2030. À mi-parcours, les pays de la sous-région cherchent à réduire leur dépendance aux produits de base, à développer la transformation locale et à élargir les sources de croissance.
Lors d’une conférence de presse le 8 octobre, Jean-Luc Mastaki, directeur du Bureau sous-régional de la CEA pour l’Afrique centrale, a insisté sur la nécessité de traduire les engagements politiques en résultats concrets. L’accès au financement, l’amélioration du climat des affaires, la transformation locale des matières premières et la création d’emplois figurent parmi les priorités. Ces enjeux conditionnent aussi la participation des entreprises à la ZLECAf. Sans financements adaptés, les petites et moyennes entreprises risquent de manquer de moyens pour accroître leurs capacités, moderniser leurs équipements et accéder aux marchés régionaux.
FAIRE TOMBER LES OBSTACLES À LA PRODUCTION RÉGIONALE
L’intégration commerciale ne se résume pas à la suppression des barrières tarifaires. Les procédures douanières, les règles applicables aux produits et les contraintes logistiques peuvent également compliquer les échanges. Les entreprises ont besoin de règles lisibles, de formalités simplifiées et de circuits d’approvisionnement fiables pour organiser leur production à l’échelle régionale. Le développement des chaînes de valeur suppose aussi une meilleure coordination entre les politiques économiques des États. Une matière première transformée dans un pays doit pouvoir alimenter une industrie voisine sans que les coûts de transport et les difficultés administratives annulent son avantage.
L’accès au financement des micro, petites et moyennes entreprises, la mobilisation des investissements privés et la recherche de nouvelles perspectives de financement ont ainsi occupé une place dans les travaux du CIE. Les participants ont également abordé l’inclusion économique, l’autonomisation des femmes, l’emploi des jeunes et le développement durable. Le bureau de la session sera présidé par le Cameroun, pays hôte, tandis que la République centrafricaine en assurera la vice-présidence. Une représentante de la République démocratique du Congo exercera les fonctions de rapporteure, notamment pour consigner les délibérations et contribuer au suivi des orientations adoptées.
AUX RÉSULTATS
La dernière journée, jeudi 15 octobre, a été consacrée à l’examen du rapport d’activités du Bureau de la CEA pour l’Afrique centrale, aux initiatives et perspectives de financement, puis à l’adoption du relevé des conclusions et recommandations. L’enjeu dépasse la concertation institutionnelle. Pour tirer parti de la ZLECAf, les économies d’Afrique centrale doivent transformer leurs complémentarités en échanges réguliers et en capacités industrielles partagées. Les recommandations issues de Yaoundé devront donc se traduire par des réformes applicables, des investissements mobilisés et des conditions de production plus favorables. C’est à cette aune que se mesurera leur contribution à la diversification économique et à la compétitivité des entreprises régionales.
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JEAN-LUC MASTAKI, directeur du Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la CEA
« Le secteur privé doit mieux s’organiser pour réduire l’informalité »
Recueillie par F.B.
« L’une des recommandations de cette session est que nous avons déjà beaucoup de réformes et que plusieurs pays les ont adoptées. Maintenant, nous devons nous concentrer sur leur mise en œuvre. Cette mise en œuvre nécessite des structures solides, chargées d’assurer le suivi et l’évaluation des réformes.
Un engagement important de cette session consiste à renforcer l’Observatoire du climat des affaires en Afrique centrale, mais aussi les observatoires nationaux, afin de disposer de structures capables de suivre l’application des recommandations.
Deuxièmement, il faut identifier les ressources nécessaires pour soutenir les structures chargées de mettre en œuvre les réformes, afin qu’elles puissent gagner en efficacité et poursuivre leurs efforts.
Une autre recommandation forte consiste à renforcer le dialogue entre les secteurs public et privé. Au-delà de cela, il faut améliorer la coordination et l’alignement au sein du secteur public, pour que nos ministères parlent d’une seule voix tout en soutenant le secteur privé.
Nous n’avons pas seulement échangé avec le secteur public. Nous avons également dialogué avec le secteur privé afin de l’aider à mieux s’organiser et à s’attaquer au problème de l’informalité massive. L’objectif est que, notamment lors de la mise en œuvre d’un accord commercial, le secteur formel puisse en tirer profit et contribuer à la transformation de notre région.
Pour nous, dans le secteur public, le secteur privé doit être le moteur d’une économie diversifiée.
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Par Fabrice BELOKO
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