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Carburants : Motaze chiffre à 57 milliards de FCFA le soutien aux prix en septembre 2026

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Carburants : Motaze chiffre à 57 milliards de FCFA le soutien aux prix en septembre 2026
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(Investir au Cameroun) – Le maintien des prix des carburants à la pompe a coûté 57 milliards de FCFA à l’État camerounais en septembre 2026, selon le ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Dans un entretien accordé à Investir au Cameroun, en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Bangkok, le membre du gouvernement a précisé l’ampleur de cette charge budgétaire. « Savez-vous que le soutien des prix du carburant à la pompe a coûté 57 milliards de FCFA le mois dernier ? Je parle d’un seul mois, pas de l’année », a-t-il déclaré.

Le ministre évalue par ailleurs le soutien mensuel moyen à environ 48 milliards de FCFA, sans préciser la période de référence. « Ce n’est pas 57 milliards chaque mois, mais si l’on prend une moyenne de 48 milliards par mois, cela représente beaucoup », explique-t-il. Il ne communique toutefois ni le cumul des compensations depuis janvier 2026 ni les montants effectivement décaissés par le Trésor. Le chiffre de septembre ne permet donc pas, à lui seul, de déterminer la dépense budgétaire exécutée.

Cette charge pourrait-elle conduire à une nouvelle augmentation des prix à la pompe ? Louis Paul Motaze n’écarte pas cette possibilité, tout en assurant qu’aucune décision n’a été prise. « Je ne peux pas jurer que nous ne le ferons jamais. Si la situation atteint un niveau insoutenable, nous pourrions peut-être envisager cette hypothèse », affirme-t-il. Le ministre ne précise cependant pas à partir de quel niveau de dépenses le gouvernement pourrait réexaminer sa politique de maintien des prix.

Une facture mensuelle face à une provision annuelle de 310 milliards

Les chiffres avancés par le ministre peuvent être rapprochés du Document de programmation économique et budgétaire 2027-2029, présenté au Parlement en juillet 2026. Le gouvernement y retient une provision de 310 milliards de FCFA pour les subventions à l’énergie en 2026, couvrant les carburants et l’électricité. Cette enveloppe devrait atteindre 340 milliards en 2027, soit 30 milliards supplémentaires.

À lui seul, le montant de 57 milliards annoncé pour septembre équivaut à 18,4 % de la provision annuelle de 2026. Cette comparaison donne un ordre de grandeur de la charge, mais ne permet pas de conclure à un dépassement budgétaire : les deux montants ne couvrent pas le même périmètre et le ministre ne précise pas le statut comptable des compensations annoncées.

Les structures de prix de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH) montrent néanmoins une augmentation du soutien calculé sur les carburants. Pour le gasoil, la ligne « soutien/remboursement État » est passée de 109,22 FCFA par litre en juillet à 315,47 FCFA en septembre, puis à 430,30 FCFA en octobre 2026. En trois mois, elle a ainsi progressé de 321,08 FCFA par litre, alors que le prix réglementé à la pompe à Douala est resté fixé à 828 FCFA pour le gasoil et à 840 FCFA pour le super.

Ces montants unitaires, déjà documentés par Investir au Cameroun le 1er octobre, ne permettent cependant pas de reconstituer les 57 milliards de FCFA annoncés par Motaze. Un tel rapprochement nécessiterait notamment de connaître les volumes concernés, les compensations reconnues pour chaque produit et les modalités de règlement aux opérateurs.

La dégradation du coût des subventions avait déjà été intégrée au cadrage budgétaire de juillet. Dans le même document, le gouvernement chiffrait à 0,7 % du PIB les dépenses supplémentaires à prendre en charge en 2026, constituées principalement du soutien aux prix des carburants. À cette charge s’ajoutait une baisse anticipée des recettes internes non pétrolières de 0,8 point de PIB. Le besoin de financement supplémentaire résultant de ces deux évolutions était alors évalué à 1,5 % du PIB.

Le Fonds monétaire international a confirmé ces tensions dans son communiqué du 1er octobre 2026, publié au terme d’une mission d’évaluation post-financement au Cameroun. L’institution anticipe une nouvelle dégradation des finances publiques en 2026, notamment sous l’effet des subventions aux carburants, après un creusement du déficit budgétaire global de 1,5 % du PIB en 2024 à 2,1 % en 2025.

Amina Malloum, à Bangkok

Lire aussi :

02-10-2026 – Déficit budgétaire : les subventions aux carburants éloignent Louis-Paul Motaze de sa cible 2026

01-10-2026 – Carburants : le coût d’importation du gasoil atteint 975 FCFA/l, en hausse de 49 % en trois mois

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Aboubakar Nagida dans le viseur de l’Inter Milan et du FC Porto

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son compagnon meurt, elle attend un pasteur pour le ressusciter

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son compagnon meurt, elle attend un pasteur pour le ressusciter
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Philomène, couturière, a quitté son domicile dimanche, abandonnant le corps d’Aurélien mort vendredi dernier, et dont elle espérait la résurrection par son leader religieux qui n’est jamais venu. Lire le récit de Cameroon Tribune.

Le corps sans vie d’un homme a été découvert dimanche dernier par la police (une patrouille des Esir) dans un domicile au quartier Bonabassem (arrondissement de Douala 1er). Selon une voisine prénommée Séraphine, le défunt se prénommait Aurélien, avait la quarantaine et vivait en concubinage avec une certaine Philomène. La concernée, présentée comme couturière au Marché central de Douala, a quitté le logement, contigu à celui de Séraphine. C’est donc la proche voisine qui a tout expliqué aux policiers.

Philomène et Aurélien (un charpentier occasionnellement conducteur de mototaxi) vivaient sous le même toit depuis 2024. Il y a quelques jours, Aurélien tombe malade. Par un de ces hasards de construction dont certains quartiers ont seuls le secret, les chambres des deux femmes se jouxtent. La proximité se fond dans la promiscuité. Séraphine peut donc entendre Philomène prier. Et prier notamment pour la guérison de son compagnon, qui ne prendra pas le chemin de l’hôpital.

Vendredi dernier, la situation se dégrade. Et si Séraphine doit en croire ses « écoutes », Aurélien rend l’âme ce jour-là. C’est en tout cas ce que Philomène laisse entendre à un certain « Papa » au téléphone. « J’ai l’impression que mon mari ne vit plus. Qu’est-ce que je fais ? », aurait-elle dit à ce correspondant, en fait son pasteur. Manifestement, l’homme était en campagne d’évangélisation hors de la ville et a promis de venir aussi vite que possible prier sur le corps d’Aurélien, afin de le ressusciter.

Après cet appel, Philomène s’est mise à chanter, à louanger le Seigneur de manière sporadique. Mais dans la journée de samedi, Séraphine l’a entendue monologuer et se plaindre : « Papa fait quoi comme ça ?! ». Puis elle appellera une « sœur Dorothée », pour un échange dont la voisine, de plus en plus intriguée, va capter l’essentiel : « J’ai l’impression qu’Aurélien n’est plus. J’ai appelé papa depuis hier [vendredi, Ndlr], il m’a dit qu’il arrivait mais il n’est toujours pas là », geint la couturière. La correspondante ne peut que lui dire de garder foi et courage.

Le lendemain matin, comme si elle sortait enfin de la période de déni, Philomène éclate en sanglots. Séraphine se résout à appeler son époux, employé des eaux et forêts en déplacement, et lui narre toutes les bizarreries du week-end. L’homme alertera les forces de l’ordre. Quand la police arrive, la couturière a filé. Le corps d’Aurélien a été déposé à la morgue d’un hôpital de la place.

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Poulet camerounais : derrière l’alerte aux métaux lourds, une filière qui redoute le retour aux importations

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Poulet camerounais : derrière l’alerte aux métaux lourds, une filière qui redoute le retour aux importations
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(Investir au Cameroun) – La controverse sur les métaux lourds détectés dans des poulets et des œufs produits au Cameroun prend désormais une dimension économique. L’Interprofession avicole du Cameroun (Ipavic) redoute que les résultats d’une étude publiée en septembre dégradent la confiance des consommateurs et alimentent les arguments en faveur d’un retour plus large des importations de volailles. Dans un communiqué signé le 6 octobre, son président François Djonou demande notamment qui aurait intérêt à ce que le Cameroun« renoue avec les importations de poulets et d’œufs ».

L’organisation ne fournit cependant aucun élément établissant que les chercheurs seraient liés à des importateurs ou qu’une procédure gouvernementale de réouverture du marché serait engagée. Les auteurs de l’étude déclarent avoir autofinancé leurs travaux.

Des limites à l’extrapolation

L’étude à l’origine de la polémique a été menée par des chercheurs de l’Université de Yaoundé I et de l’Institut de recherches médicales et d’études des plantes médicinales dans le Centre, le Littoral et l’Ouest. Ils ont travaillé sur six élevages de poulets de chair et six élevages de pondeuses. Les 48 poulets et 180 œufs prélevés ont ensuite été regroupés en 18 échantillons composites : six de muscle, six de foie et six d’œufs.

L’Ipavic oppose notamment les 48 poulets prélevés à une production nationale qu’elle estime à près de 102 millions de poulets en 2026. Mais la principale limite tient au périmètre de l’étude : ses résultats renseignent sur les élevages étudiés dans trois régions, sans permettre de déterminer quelle proportion de la production camerounaise présenterait les mêmes concentrations. Investir au Cameroun l’avait déjà relevé dans un premier traitement publié le 1er octobre.

Des références toxicologiques qui posent question

Un nouvel examen de la publication fait apparaître une autre difficulté : certaines valeurs utilisées pour apprécier l’exposition alimentaire ne correspondent plus aux références actuelles du Comité mixte FAO-OMS d’experts des additifs alimentaires (JECFA), critiquent des acteurs de la filière.

Pour le plomb, l’étude utilise 3,57 microgrammes par kilogramme de poids corporel et par jour comme valeur de comparaison. Ce chiffre correspond à l’ancienne dose hebdomadaire provisoirement tolérable de 25 µg/kg, divisée par sept. Or le JECFA a retiré cette valeur en 2010, estimant qu’elle ne pouvait plus être considérée comme protectrice de la santé, sans fixer de nouvelle dose tolérable.

Cela ne signifie pas que les teneurs mesurées sont nécessairement dangereuses. « Le maximum relevé dans le muscle atteint 7,5 µg/kg, contre notamment une limite de 100 µg/kg applicable à la viande de volaille dans la réglementation européenne. Mais la conclusion selon laquelle les apports seraient inférieurs à une « dose tolérable » repose, pour le plomb, sur une référence que le JECFA ne reconnaît plus », déplore-t-on.

Pour le mercure, l’étude utilise une référence de 30 µg/kg de poids corporel par jour. Le JECFA retient pour le mercure inorganique une dose hebdomadaire provisoirement tolérable de 4 µg/kg par semaine, applicable également au mercure total provenant d’aliments autres que les poissons et fruits de mer. Rapportée arithmétiquement à une journée, cette valeur représente environ 0,57 µg/kg/jour, soit plus de 50 fois moins.

Cet écart ne permet pas de recalculer directement le risque, les chercheurs ayant mesuré le mercure total sans préciser sa forme chimique. Il pose néanmoins la question du choix du seuil de 30 µg/kg/jour.

Le foie concentre le signal sur le mercure

Les concentrations les plus élevées de mercure se trouvent dans le foie : entre 798,3 et 845,5 µg/kg, contre un maximum de 2,3 µg/kg dans le muscle.

Pour l’Ipavic, les conclusions de l’étude méritent d’être plus nuancées sur ce point. Car l’étude utilise une concentration moyenne construite à partir du muscle et du foie pour estimer l’exposition liée à la consommation de poulet, sans publier de quantité quotidienne distincte de foie consommée. Si la consommation déclarée correspond surtout à de la chair, le poids accordé au foie peut fortement influer sur le résultat.

Les fortes concentrations observées dans les foies demeurent. Mais l’évaluation gagnerait à distinguer la consommation de chair de celle des abats.

Une crainte ancienne autour des importations

La réaction de l’Ipavic s’inscrit aussi dans l’histoire de la filière. Le Cameroun a fortement limité les importations de poulets congelés à partir de 2005. Selon l’interprofession, la production annuelle est passée de 68 millions de poulets en 2011 à près de 102 millions en 2026, soit une hausse de 50 %. Celle des œufs aurait progressé de 2,5 milliards à 2,9 milliards d’unités. L’organisation revendique plus de 320 000 emplois directs et près de 250 000 emplois indirects.

En 2016 déjà, lors de la crise de grippe aviaire, les producteurs avaient redouté que la contraction de l’offre nationale ne conduise le gouvernement à autoriser de nouveau des importations. Le ministre de l’Élevage avait alors exclu cette possibilité.

La situation de 2026 est différente : l’offre n’est pas affectée par une épizootie comparable. C’est la confiance dans la qualité sanitaire des produits locaux que l’Ipavic estime menacée.

L’étude établit la présence des six métaux recherchés dans les prélèvements analysés et fait notamment apparaître de fortes concentrations de mercure dans les foies. Elle ne permet toutefois pas de déterminer l’ampleur du phénomène à l’échelle de la filière. Une campagne de surveillance plus large permettrait de le mesurer et de clarifier les références toxicologiques utilisées.

Ludovic Amara

Lire aussi:

01-10-2026 – Filière avicole : six métaux lourds détectés dans du poulet et des œufs issus d’élevages camerounais

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