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Loi de finances 2024: Les principaux ajustements apportés par le président de la République


Le Cameroun va recourir pour la 7efois d’affilée à un collectif budgétaire, dont le but est de modifier certaines dispositions de la loi de finances 2024 votée au parlement en novembre 2023. Concrètement, d’après l’ordonnance signée le 20 juin 2024 par le président de la République, Paul Biya, le budget de l’Etat va passer de 6 740,1 milliards de FCFA à 7 278,1 milliards de FCFA, soit une augmentation de 538 milliards de FCFA (8%), dont 533 milliards de FCFA pour le budget général et cinq milliards de FCFA pour les comptes d’affectation spéciale. Pour capter ce surplus de financement le gouvernement compte procéder à une augmentation des taxes existantes et au relèvement de son plafond d’endettement pour l’exercice 2024.
Relèvement des impôts
Premièrement, Yaoundé compte engranger des recettes supplémentaires issues du processus d’établissement des titres identitaires, tels que la carte nationale d’identité (CNI), les cartes de séjour et de résident délivrées aux personnes de nationalité étrangère. Les timbres qui seront apposés sur ces documents vont désormais coûter 10 000 FCFA, au lieu de 2 800 FCFA (pour la carte d’identité nationale) dans la loi de finances initiale. Au sein de l’opinion nationale, on crie d’ores et déjà au scandale. Toutefois, cette mesure qui sera adoptée par le parlement, obéit à un impératif contractuel. En effet, les recettes générées par cette niche fiscale vont servir à payer le consortium germano-portugais INCM-Augentic qui va investir 45,8 milliards de FCFA dans le cadre d’un partenariat public-privé signé avec la Délégation générale de la Sureté nationale (Dgsn) pour le financement, la conception, le développement et l’exploitation d’un système d’identification qui va permettre de produire des titres identitaires en 48 heures. L’ordonnance signée par le président de la République stipule que 90% des recettes issues du droit de timbre pour l’établissement des CNI serviront à rémunérer le partenaire privé, tandis que les 10% restants iront à la Dgsn. Ce qui signifie que sur les 10 000 FCFA payés pour la délivrance d’une CNI, le consortium germano-portugais empochera 9 000 FCFA et la Dgsn 1 000 FCFA.
En dehors des nouvelles dispositions fiscales susmentionnées, le gouvernement a également procédé à d’autres ajustements fiscaux dans cette loi de finances rectificative. Il s’agit notamment des droits de timbre pour les visas supérieurs à 6 mois qui passe de 150 000 FCFA à 200 000 FCFA, la délivrance des laissez-passer au niveau des représentations diplomatiques désormais conditionnée par le paiement d’une somme de 200 000 FCFA, au lieu de 25 000 dans la loi de finances initiale. L’ordonnance présidentielle prévoit également une augmentation des «impôts sur le commerce extérieur et les transactions internationales» de l’ordre de 14 milliards de FCFA, une hausse des recettes issues de la rubrique«autres recettes fiscales»fixée à 13,7 milliards de FCFA, et un accroissement des «impôts et taxes intérieurs sur les biens et services» qui devrait culminer à 2,6 milliards de FCFA. Le gouvernement compte également capter 4,5 milliards de FCFA de plus sur «les impôts sur les revenus, les bénéfices et les gains en capital».Ces aménagements devraient améliorer les recettes globales internes qui selon le texte présidentiel évoqué supra, devraient passer de 5 190,1 milliards de FCFA à 5 235,1 milliards de FCFA.
Nouveaux emprunts
En consultant avec minutie l’ordonnance susmentionnée, on se rend compte que le supplément de 538 milliards de FCFA que le gouvernement espère capter est essentiellement composé de la dette extérieure. A la page 45 de ce projet de loi, le gouvernement suggère une augmentation de ses«emprunts et autres financements». Ces derniers devraient passer de 1 489,4 milliards dans la loi de finances initiale, à 1 977,4 milliards de FCFA dans la loi de finances rectificative, soit une augmentation de 488 milliards de FCFA. Les emprunts multilatéraux vont également connaître un ajustement de 240 milliards de FCFA, passant de 125,9 milliards de FCFA, à 365,9 milliards de FCFA. Alors qu’aucun emprunt n’était prévu auprès des organismes privés extérieurs dans la première loi de finances 2024, votée au parlement en novembre 2023, l’ordonnance présidentielle prescrit un emprunt de 467 milliards de FCFA auprès de ces bailleurs de fonds.
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MRC : Maurice Kamto démissionne de la présidence du parti

Maurice Kamto n’est plus président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) depuis ce mardi 8 septembre 2026.
L’information fait le tour des réseaux sociaux. Le professeur a quitté ce jour, la présidence du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). « Je vous informe par la présente que dans l’intérêt supérieur de notre parti, de ses nombreux militants et sympathisants, et du Peuple du changement en général, j’ai décidé de démissionner des fonctions de président national du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) » , peut-on lire dans la note.
À en croire l’universitaire, cette décision prend effet à compter de ce jour. Quelques mois après son retour à la tête du MRC, Maurice Kamto rend à nouveau sa démission. L’opposant au régime de Paul Biya dit avoir pris sa décision dans l’intérêt supérieur de son parti, dont il restera un simple membre.
Son premier vice-président, Mamadou Mota, a aussi démissionné. Maurice Kamto, qui avait quitté la tête du MRC en 2025 et présenté en vain sa candidature pour le scrutin du 12 octobre dernier sous l’étiquette du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), avait ensuite été réélu à la tête du MRC en décembre à l’issue d’une convention contestée par certains militants.
Une audience judiciaire entre le directoire de la formation d’opposition et les contestataires était prévue le 24 septembre. Le ministre de l’Administration territoriale avait par ailleurs écrit dans un courrier adressé à l’un des cadres exclus du MRC « ne pas juger opportun de prendre acte de la convention » ayant ramené Maurice Kamto à la tête du parti.
Déjà appelée à assurer l’intérim à la tête du MRC en 2019, alors que Maurice Kamto et plusieurs cadres du parti étaient détenus, Tiriane Noah retrouve ainsi les premiers rangs de la direction dans une nouvelle période de turbulences.
Affaire à suivre…
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MRC : Maurice Kamto et Mamadou Mota démissionnent de la présidence

Dans un courrier adressé au directoire du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto annonce sa démission de la présidence du parti. Ce « dans l’intérêt supérieur de notre parti, de ses militants et sympathisants, et du Peuple du changement en général». Cette décision survient dans un contexte marqué par une guerre juridique que mène Okala Ebode, membre du Directoire du parti exclu et qui a attaqué le parti en justice, contestant la légitimité de Maurice Kamto à la tête du parti. Un épisode au cours duquel Paul Atanga Nji le ministre de l’Administration territoriale (Minat), particulièrement engagé contre un certain nombre de parti politiques d’opposition, a clairement apporté son soutien au membre déchu, en déniant à Maurice Kamto sa qualité de président du MRC.
L’homme qui a fait trembler Yaoundé lors de l’élection présidentielle de 2018, a fini par jeter l’éponge. Lui qui, après avoir annoncé sa démission de la tête du MRC en 2025, avait rejoint le Manidem, pour se faire investir à la présidentielle par ce parti. Le Minat avait joué sa partition pour faire invalider la candidature de Maurice Kamto, au motif que Dieudonné Yebga, ancien président de ce parti, et qui avait également annoncé sa candidature à la présidentielle, pour le compte du même parti après que son nom se soit retrouvé sur le site internet du Minat comme président du Manidem. Plus tard, l’homme avouera avoir lui-même « piraté » le site internet du Manidem pour y effectuer des modifications. Rien n’y a fait. Elecam et le Conseil constitutionnel s’étaient appuyé sur le le Minat pour invalider la candidature de Maurice Kamto.
C’est après cet épisode que le retour de Maurice Kamto à la tête du parti, après l’intérim de Mamadou Mota, sera contesté par Okala Ebode. Cette fois-ci, Mamadou Mota n’assurera plus l’intérim. Peu après la démission de Maurice Kamto, le premier vice-président a lui aussi jeté l’éponge. «Cette décision murement réfléchie est dictée exclusivement par l’intérêt supérieur de notre parti face à l’acharnement et à l’oppression qu’exerce le régime à mon endroit ». Et d’ajouter que « Si ma modeste personne doit servir de prétexte ou de cible pour fragiliser nos activités ou bloquer la marche du parti, je refuse d’en être l’instrument ».
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Lutte contre le blanchiment : le GAFI pointe 7 failles à corriger au Cameroun

Le Cameroun veut franchir une nouvelle étape dans son processus de sortie de la liste grise du GAFI. Depuis son inscription, le pays a engagé plusieurs réformes pour renforcer son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération. Yaoundé estime avoir réalisé une grande partie du travail. Sur les 24 actions initialement demandées par le GAFI, sept restent encore à satisfaire. « Sur 24 actions recommandées au départ, nous sommes à ce jour à sept actions résiduelles à satisfaire », a déclaré Jean Bertin Meba, directeur par intérim de l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF). Le responsable assure que le Cameroun est « suffisamment avancé » dans la mise en œuvre de son plan d’action. Le processus se déroule sous la supervision du Premier ministre, chef du gouvernement, et avec la coordination du ministre des Finances.
Les sept actions restantes concernent des secteurs qui jouent un rôle direct dans la sécurisation des circuits financiers. Le GAFI demande notamment un renforcement de la supervision des entités assujetties dans les secteurs financier et non financier. Le contrôle des organismes à but non lucratif figure également parmi les chantiers ouverts. Le Cameroun doit aussi améliorer la gestion des avoirs criminels gelés, saisis ou confisqués. Il doit enfin assurer l’application effective des sanctions financières ciblées contre le financement du terrorisme et de la prolifération.
LE GAFI VEUT VOIR LES EFFETS SUR LE TERRAIN
Le principal enjeu ne réside désormais plus uniquement dans l’adoption de textes. Le GAFI attend des preuves d’application. Cette exigence place les banques, les établissements financiers et les professions non financières au cœur du dispositif. Ces acteurs doivent identifier les opérations suspectes, transmettre les informations utiles et appliquer les obligations qui leur sont imposées.
Le GAFI demande notamment au Cameroun de renforcer la supervision fondée sur les risques des banques. Il veut aussi voir un meilleur contrôle des institutions financières non bancaires et des professions non financières désignées. Les échanges entre la cellule de renseignement financier et les entités déclarantes constituent un autre point de vigilance. Le GAFI demande que ces échanges soient davantage sécurisés et efficaces.
La question des avoirs criminels reste également déterminante. L’organisation veut que le Cameroun consolide les mécanismes permettant de saisir et de confisquer les biens issus d’activités criminelles. Cette dimension revêt une importance économique directe. Une lutte efficace contre les flux financiers illicites doit permettre de mieux identifier les capitaux d’origine criminelle et d’empêcher leur réintégration dans l’économie formelle.
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LES SANCTIONS DOIVENT DEVENIR EFFECTIVES
Le financement du terrorisme et de la prolifération constitue un autre test pour le dispositif camerounais. Le GAFI réclame une application effective des sanctions financières ciblées. Il ne s’agit donc plus seulement de disposer d’un cadre juridique. Les mesures doivent produire des effets dans les opérations financières.
Les organisations à but non lucratif font également l’objet d’une attention particulière. Le GAFI demande au Cameroun d’adopter une approche fondée sur les risques. Cette surveillance ne doit toutefois pas entraver les activités légitimes de ces organisations.
Ces exigences placent les administrations face à un double impératif. Elles doivent renforcer les contrôles tout en démontrant leur efficacité. Elles doivent également produire des données permettant de mesurer les résultats obtenus.
ABIDJAN SERA UN TEST DÉCISIF
C’est dans ce contexte que le Cameroun s’apprête à défendre son huitième rapport devant les experts du GAFI. Une réunion en présentiel est prévue la semaine prochaine à Abidjan. Le Premier ministre a autorisé le déplacement d’une délégation camerounaise pour cette rencontre.
« Nous espérons, au terme de cette réunion, la levée de la majorité des actions encore résiduelles et sous monitoring », a indiqué Jean Bertin Meba.
Cette réunion intervient alors que la dernière évaluation du GAFI reste prudente. Dans son état des lieux publié le 19 juin, l’organisation a reconnu les progrès accomplis par le Cameroun depuis l’engagement politique pris en juin 2023. Elle a notamment relevé une augmentation de la diffusion de renseignements financiers aux autorités compétentes. Elle a aussi constaté une priorité accrue accordée à la saisie des avoirs aux frontières. Mais ces avancées n’ont pas encore suffi à permettre au pays de sortir de la surveillance renforcée.
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LA PREUVE PAR LES RÉSULTATS
Le décalage entre l’appréciation de Yaoundé et celle du GAFI constitue le principal enjeu de la rencontre d’Abidjan. Le Cameroun compte désormais sept actions résiduelles contre 24 au début du processus. Cette progression traduit les efforts engagés depuis trois ans. Mais le GAFI regarde désormais la mise en œuvre concrète.
L’organisation souligne d’ailleurs que les délais initialement fixés au Cameroun sont dépassés. La délégation camerounaise devra donc démontrer que les sept actions restantes ne figurent plus seulement dans des textes ou dans des plans de réforme. Elle devra présenter des résultats mesurables.
Pour les acteurs économiques, l’enjeu dépasse le seul classement du pays. Le dispositif de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme participe à la sécurisation des transactions et à la crédibilité du système financier. La sortie de la liste grise dépendra ainsi de la capacité du Cameroun à transformer les réformes adoptées en pratiques réellement appliquées.
À Abidjan, les experts du GAFI chercheront moins à mesurer le nombre de textes produits que les résultats obtenus sur le terrain.
Par Fabrice BELOKO
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