Actualités locales
le barreau dénonce les gardes à vue « illégales et arbitraires » des journalistes

La Commission des droits de l’homme du barreau camerounais a dénoncé lundi le caractère « illégal et arbitraire » des arrestations et gardes à vue de quatre journalistes interpellés à Yaoundé dans le cadre d’une affaire de disparition présumée des lunettes du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey.
Pour Me Dorcas Nkongme, vice-présidente de la commission des droits de l’homme du barreau camerounais, « ces arrestations et gardes à vue illégales et arbitraires sont manifestes dans la mesure où les autorités qui ont posé ces actes ne disposaient d’aucun élément leur permettant d’établir que François Essomba, Igor Gwet Bibey, Solange Djuikam et Pierre Mouchili étaient, de près ou de loin, liés à la prétendue disparition des lunettes ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) ». Cet organe du barreau a rendu publique cette position ce lundi, 28 septembre 2026.
La commission des droits de l’homme du barreau camerounais noté, d’emblée, que les quatre journalistes ont passé, pour la femme, une semaine et, pour les trois, cinq jours de garde à vue pour des lunettes qui ont été retrouvées 24h après leur prétendue disparition.
Cet organe tient à rappeler aux autorités camerounaises en charge de l’enquête préliminaire que « la présomption d’innocence est un droit fondamental reconnu à chaque individu et que les conditions d’arrestation et de détention des personnes font l’objet d’un encadrement méticuleux non seulement par la constitution, mais aussi par le code de procédure pénale camerounais, ainsi que les instruments internationaux de protection des droits humains.
À cet effet, le préambule de la constitution du Cameroun dispose que « nul ne peut être poursuivi, arrêté ou détenu que dans les cas et selon les formes déterminées par la loi ».
L’article 118(2) du code de procédure pénale précise que « toute personne ayant une résidence connue ne peut, sauf cas de crime ou de délit flagrant et s’il existe, contre elle, des indices graves et concordants, faire l’objet d’une mesure de garde à vue ». La commission condamne donc l’excès de zèle des autorités chargées de l’enquête préliminaire dans cette affaire, couronnées de ces agissements illégaux qui bafouent les droits les plus élémentaires et les plus sacrés reconnus à la personne humaine.
De plus, le barreau camerounais exige que les autorités chargées de l’enquête préliminaire se conforment à la loi, notamment en veillant à ce que les arrestations et les détentions soient faites dans le respect des textes en vigueur et que toute violation de ces derniers soit sévèrement sanctionnée. Aussi regrette-t-il « amèrement la multiplication de ces gardes à vue qui violent, de manière ostentatoire, les prescriptions du code de procédure pénale et exige formellement que les autorités s’en imprègnent encore mieux pour application stricte et non biaisée ».
En rappel, quatre journalistes de la presse écrite et en ligne ont été libérés le 21 septembre après une semaine de garde à vue pour la femme et cinq jours pour les trois hommes dans les cellules du commissariat central no1 à Yaoundé. Interpellés, pour la dame, le 14 septembre et, les autres, le 16 septembre, au palais des congrès de Yaoundé lors des activités du groupe de la Banque islamique de développement (Bid), F. Essomba, I.G. Bibey, S. Djuikam et P. Mouchili étaient soupçonnés de « vol des lunettes du Minepat ».
Cette affaire a entraîné une levée de boucliers des confrères, du Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication (Spic), du Réseau des patrons de presse du Cameroun (Repac), des organisations internationales de défense des droits humains, dont le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac), la Fédération internationale des journalistes (Fij) et le Comité de protection des journalistes (Cpj).
Jusqu’ici, le membre du gouvernement concerné n’a toujours pas présenté ses excuses officielles aux quatre journalistes, qui attendent, par la même occasion, réparation. En ce moment, les responsables du Spic cherchent à obtenir une attestation de classement sans suite de cette affaire étant donné que les quatre journalistes avaient libérés sous garant.
Serge Aimé BIKOI
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Citibank Cameroon : 474,6 milliards de FCFA, soit 84 % du bilan, dans l’interbancaire et les disponibilités

(Investir au Cameroun) – Citibank Cameroon comptabilisait 474,58 milliards de FCFA dans ses opérations interbancaires et ses disponibilités au 31 août 2026. Cette rubrique représente 84,3 % de son total de bilan, établi à 563,10 milliards de FCFA, selon la situation comptable mensuelle non auditée de la banque.
Sur ce montant, 375,41 milliards de FCFA figurent dans les opérations à vue et 99,17 milliards dans les opérations à terme. Le document regroupe les opérations interbancaires et les espèces en caisse dans une même rubrique, sans en détailler la répartition. Les investissements en titres et obligations s’élèvent, eux, à 106,2 millions de FCFA.
82,5 milliards de FCFA de crédits et comptes débiteurs
Les prêts inscrits à l’actif atteignent 50,02 milliards de FCFA à court terme et 3,35 milliards à moyen terme. Aucun prêt à long terme n’est renseigné. En ajoutant 29,13 milliards de FCFA de comptes débiteurs, les crédits et soldes débiteurs totalisent 82,50 milliards de FCFA, soit 14,7 % du bilan.
Les intérêts courus non encaissés sur les prêts représentent 452 millions de FCFA et ceux sur les découverts 25,3 millions. Ces intérêts sont présentés séparément des encours de crédits et de comptes débiteurs dans la situation comptable.
Les dépôts à vue concentrent 86,6 % du passif
Citibank Cameroon déclare 487,89 milliards de FCFA de dépôts à vue de la clientèle, soit 86,6 % du total de bilan. Les crédits et comptes débiteurs représentent, par simple comparaison arithmétique, 16,9 % de ces dépôts. Ce pourcentage n’est pas un ratio réglementaire de liquidité ou de transformation. Le document n’inscrit aucun montant dans les lignes des dépôts à terme et des comptes d’épargne. Les ressources auprès des banques et correspondants atteignent 12,91 milliards de FCFA.
Sur son site, Citi indique servir au Cameroun les entreprises et le secteur public, notamment par la gestion de trésorerie, le financement du commerce, les opérations de marché, le crédit et le conseil financier. Présente dans le pays depuis 1997, elle dispose de bureaux à Douala et à Yaoundé.
La situation mentionne aussi, en dehors du total de bilan, 81,58 milliards de FCFA de garanties, avals et autres sûretés reçues, ainsi que 47,94 milliards de FCFA de garanties, avals et autres sûretés données. Elle ne comporte pas de compte de résultat : le bénéfice et les ratios prudentiels de la banque ne peuvent pas en être déduits.
Baudouin Enama
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Lions Indomptables : Le XI probable face au Congo
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Quinze ans après, le port de Kribi construit par une entreprise chinoise stimule la croissance du Cameroun et améliore les conditions de vie (REPORTAGE)

Il y a quinze ans, Mboro, à la périphérie de Kribi, ville dans le sud du Cameroun, n’était qu’un petit village de pêcheurs isolé, avec quelques maisons reliées par d’étroites pistes sinueuses en terre.
Aujourd’hui, cette même portion du littoral abrite l’un des ports en eau profonde les plus modernes d’Afrique centrale, tandis que les environs se transforment sous l’impulsion d’une économie industrielle et logistique en plein essor.
Depuis les années 1970, le Cameroun envisageait la construction d’un port en eau profonde pour compléter le port de Douala, principal port du pays, situé dans un estuaire peu profond ne permettant pas d’accueillir de grands navires. Ce projet envisagé depuis plusieurs décennies s’est concrétisé avec l’achèvement des première et deuxième phases du port en eau profonde de Kribi.
UNE VILLE TOURNEE VERS L’AVENIR
Gu Gaobai faisait partie des premiers Chinois arrivés en 2011 avec la China Harbour Engineering Company (CHEC), entreprise chargée de la construction du port en eau profonde de Kribi.
« Lorsque nous nous sommes dirigés vers le site du projet, nous avancions péniblement sur d’étroites pistes en terre. A l’endroit choisi, nous ne voyions qu’une petite plage de sable et quelques récifs. A l’époque, ces récifs étaient les seuls repères permettant de situer l’emplacement du futur port », se souvenait Gu Gaobai, aujourd’hui directeur général des projets de la CHEC au Cameroun.
La transformation est visible le long des routes menant au port. Une piste étroite a laissé place à une route à chaussées séparées, avec un passage pour piétons au milieu. De nouveaux bâtiments, commerces et équipements publics sont apparus avec l’essor de l’activité économique. Pour Jean-Kalvin Assembe, habitant local de 50 ans, ces changements se ressentent jusque dans la vie quotidienne. « Je suis heureux et épanoui dans cette ville », a-t-il déclaré.
L’arrivée de travailleurs et d’entreprises a créé davantage de possibilités pour les habitants et contribué à soutenir les revenus des ménages. « Même les petits commerces de quartier ont désormais des clients. Cela apporte vraiment des changements positifs », a-t-il souligné.
Des immeubles, des hôpitaux, des universités et des centres commerciaux jalonnent désormais Kribi. Des lampadaires éclairent les routes autrefois plongées dans l’obscurité, tandis que la zone portuaire reste fortement éclairée après la tombée de la nuit.
Les chauffeurs de poids lourds comptent également parmi les bénéficiaires du développement du port. De longues files de camions se forment quotidiennement dans la zone portuaire.
« Le port nous a donné l’occasion de découvrir la région », a raconté Yaya Aboubakar, 68 ans, chauffeur chevronné ayant sillonné quatre pays d’Afrique centrale. « Kribi nous a facilité les choses. Le service est également rapide ».
« Beaucoup de clients et d’experts qui connaissent la Chine disent souvent que Kribi est le Shenzhen du Cameroun, une ‘ville du futur’ », a affirmé Gu Gaobai.
UN POLE D’INDUSTRIALISATION ET D’INTEGRATION REGIONALE
A mesure que le port s’est développé, sa zone industrielle s’est étendue.
Patrick Mpila Ayissi, responsable des infrastructures de la Zone industrielle du port de Kribi, a indiqué que les investissements dans cette zone se sont accélérés depuis le début de ses activités en 2018. « Depuis 2018, les opérateurs industriels ont investi près de 400 milliards de francs CFA (environ 700 millions de dollars), et 93 autorisations d’occupation ont été délivrées, tandis que 18 entreprises sont déjà opérationnelles », a-t-il précisé.
L’ambition est passée d’une zone logistique initiale de 455 hectares à une zone industrielle intégrée de 4.000 hectares, a-t-il ajouté.
Selon M. Ayissi, la zone devrait attirer près de 900 millions de dollars d’investissements et créer 50.000 emplois directs, avec jusqu’à 150.000 emplois directs et indirects au total au cours des 15 prochaines années. Le port est également devenu une plateforme stratégique pour l’Afrique centrale, desservant les marchés des pays voisins.
« Le trafic de conteneurs a quadruplé depuis 2018, dépassant 555.000 EVP en 2025, tandis que le volume global des marchandises a dépassé 12,7 millions de tonnes en 2024 », a indiqué M. Ayissi.
Les échanges commerciaux transitent déjà de Kribi vers le Gabon, la République centrafricaine, le Tchad, le Congo et la Guinée équatoriale, a-t-il précisé, ajoutant que les connexions régionales du port ont été renforcées par des compagnies maritimes telles que MSC.
Pour accompagner l’essor du réseau logistique, la CHEC a également construit la route Kribi-Lolabé. « Cette route relie le port en eau profonde de Kribi aux principales villes du pays, facilitant les déplacements des personnes et le transport des marchandises, et contribuant ainsi à l’industrialisation du Cameroun« , a expliqué Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre camerounais des Travaux publics.
DES COMPETENCES QUI CHANGENT DES VIES
Les transformations liées au port se reflètent également dans les parcours professionnels des travailleurs locaux. En 2013, Ngatugirius Ndenya a quitté son emploi de soudeur à Yaoundé pour rejoindre la CHEC à Kribi. « Lorsque je suis arrivé ici en 2013, les débuts ont été très difficiles pour moi », a raconté cet homme de 53 ans. La CHEC a adopté une méthode consistant à associer des travailleurs camerounais à des collègues chinois expérimentés, leur permettant d’acquérir une expérience pratique avant d’assumer eux-mêmes certaines tâches.
« Avant de venir ici, j’étais simplement soudeur sur plateforme. Mais maintenant, je peux tout faire dans le domaine de la soudure », a expliqué M. Ndenya. « Les jeunes qui sont arrivés ici n’étaient pas des techniciens, mais aujourd’hui, ils le sont ».
Pour certains travailleurs, le port transformé les conditions de vie. « Lorsque je suis arrivé ici, je n’avais absolument rien. J’avais quitté un emploi où je gagnais peut-être 100.000 francs CFA par mois », a raconté Armand Guehoada, aujourd’hui chargé des affaires commerciales à la CHEC. « Au bout d’un certain temps, j’ai pu acheter un véhicule. Aujourd’hui, j’en suis à mon troisième. Je peux facilement subvenir aux besoins de ma famille », a-t-il ajouté.
« Au cours des 15 dernières années, nous avons formé un grand nombre de professionnels locaux dans les domaines de la construction portuaire et de l’ingénierie des grands projets. Beaucoup de ceux qui ont travaillé sur le port contribuent aujourd’hui au développement de la zone industrielle voisine », a souligné Gu Gaobai.
Cette année marque le 55e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et le Cameroun, tandis que le port en eau profonde de Kribi célèbre les 15 ans du début de sa construction.
« Kribi reste un symbole visible de la coopération entre le Cameroun et la Chine. Son développement repose depuis le départ sur des financements concessionnels accordés par des institutions chinoises, ce qui témoigne d’un partenariat véritablement inscrit dans la durée », a estimé Patrick Mpila Ayissi.
Pour Patrice Melom, directeur général de l’Autorité portuaire de Kribi, le développement du port a ouvert de nouvelles perspectives pour la ville et le pays.
« L’avenir du port de Kribi est prometteur, avec des résultats concrets et des perspectives extrêmement positives. Il nous appartient désormais de mobiliser toutes nos énergies pour faire de cette infrastructure un véritable moteur d’une croissance durable, au service de la prospérité nationale et de l’intégration sous-régionale », a-t-il affirmé.
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