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Cemac : le Cameroun concentre 72 % des produits admis en franchise de droits de douane, soit 1 328 références

(Investir au Cameroun) – Le Cameroun compte désormais 1 328 des 1 834 produits agréés au régime préférentiel de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), soit 72,4 % du total sous-régional. Calculée à partir des données présentées le 10 septembre 2026 par le ministère du Commerce, cette proportion place le pays loin devant les cinq autres membres de la Communauté.
Ce décompte intègre 120 produits fabriqués par 14 entreprises installées au Cameroun, dont les agréments ont été remis à Yaoundé lors d’une cérémonie présidée par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana. L’opération porte à 91 le nombre d’entreprises camerounaises bénéficiaires du dispositif depuis 2014.
En mai 2025, le pays comptait 1 208 produits agréés, selon la Commission de la Cemac. Le nombre de références éligibles a ainsi augmenté de 9,9 % en seize mois.
Les nouveaux agréments font suite à la session du Comité régional de l’origine organisée en mai 2026 à Douala. Ils concernent notamment l’agroalimentaire, la métallurgie, la brasserie, le ciment, le caoutchouc, l’aluminium, les produits d’hygiène et la fabrication de mousses.
Plus des deux tiers des entreprises agréées sont au Cameroun
Sur les 133 entreprises recensées dans les six pays, 91 sont installées au Cameroun, soit 68,4 %. Le Gabon arrive en deuxième position avec 14 entreprises et 249 produits agréés. Suivent la Guinée équatoriale, avec 11 entreprises et 109 produits, puis le Congo, qui compte également 11 entreprises, pour 103 produits.
Le Tchad totalise quatre entreprises et 31 produits, contre deux entreprises et 14 produits pour la République centrafricaine. Le Cameroun dispose ainsi de plus de cinq fois le nombre de références agréées du Gabon, selon les chiffres repris parBusiness & Finance Internationalle 11 septembre 2026.
Luc Magloire Mbarga Atangana voit dans cette avance« la preuve évidente de la vitalité du tissu économique national ». Il estime également qu’elle traduit une intégration régionale devenue, pour l’économie camerounaise,« une réalité vivante ».
Ces chiffres mesurent toutefois des agréments, et non des exportations. Aucun bilan des ventes réalisées grâce au dispositif n’a été communiqué lors de la cérémonie : ni leur valeur, ni leur volume, ni leurs principales destinations. La part de 72,4 % ne peut donc pas être interprétée comme celle du Cameroun dans le commerce entre les pays de la Cemac.
Un avantage douanier qui ne garantit pas les ventes
L’agrément est accordé produit par produit aux entreprises industrielles implantées dans la Cemac, sous réserve du respect des règles communautaires d’origine. Il permet aux marchandises concernées d’accéder aux marchés des autres États membres sans droits de douane ni restrictions quantitatives.
Le règlement adopté en octobre 2024 et publié par la Cemac en janvier 2025 prévoit une autorisation sans limitation de durée. Celle-ci peut néanmoins être suspendue ou retirée si les conditions ayant justifié la reconnaissance de l’origine communautaire ne sont plus respectées.
L’exonération douanière réduit le coût d’accès au marché régional. Elle ne supprime cependant ni les frais de transport, ni les contrôles sanitaires et techniques, ni les difficultés de circulation aux frontières. L’obtention d’un agrément ne garantit pas non plus que les produits trouveront des acheteurs dans les cinq autres pays.
Une priorité annoncée pour la Zlecaf, sans reconnaissance automatique
Le ministre du Commerce présente aussi les agréments Cemac comme une première étape vers la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Selon lui, les entreprises déjà admises au régime préférentiel communautaire bénéficieront d’un accès prioritaire au statut d’exportateur agréé dans le cadre du dispositif continental.
Cette priorité annoncée ne dispense toutefois pas les produits de satisfaire aux règles d’origine propres à la Zlecaf. Un agrément Cemac ne vaut pas automatiquement reconnaissance de l’origine au niveau continental, comme le précise le manuel des règles d’origine publié par l’Union africaine.
Le statut d’exportateur agréé permet principalement à une entreprise d’établir elle-même ses déclarations d’origine, quelle que soit la valeur de l’expédition. Elle doit, en contrepartie, fournir les garanties exigées et reste soumise aux contrôles des autorités compétentes.
Brice R. Mbodiam
Lire aussi:
23-09-2020 – 15 entreprises camerounaises autorisées à exporter 210 produits dans l’espace Cemac, en franchise de douane
11-11-2022 - Exportations : au Cameroun, 11 nouvelles entreprises et 232 produits admis au régime préférentiel de la Cemac
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Barrage de Kikot (500 MW): plus de 50 financiers manifestent leur intérêt, son coût final toujours en suspens

(Investir au Cameroun) – Plus de 50 institutions financières ont manifesté leur intérêt pour le financement du barrage hydroélectrique de Kikot-Mbebe, d’une puissance projetée de 500 MW, selon Ahmat Tom, président du conseil d’administration de Kikot-Mbebe Hydro Power Company (KHPC). Le dirigeant a dévoilé ce chiffre le 15 septembre 2026 à Yaoundé, lors d’une réunion consacrée à la présentation du projet aux potentiels partenaires financiers.
Ces institutions ont été identifiées à l’issue d’unmarket sounding, une consultation menée auprès de prêteurs potentiels pour tester leur intérêt et recueillir leurs premières observations avant la structuration définitive de l’opération. Ces manifestations d’intérêt ne constituent toutefois pas encore des engagements fermes de financement.
KHPC n’a pas publié la liste des institutions concernées. Mais selon des informations recueillies auprès de l’entreprise, plusieurs bailleurs internationaux et banques figurent parmi les interlocuteurs intéressés par le financement du projet : la Société financière internationale (SFI), Proparco, la Banque africaine de développement (BAD), la Banque islamique de développement (BID), Afreximbank, la banque publique allemande KfW et BNP Paribas. Plusieurs banques camerounaises sont également en lice, apprend-on.
Des discussions bilatérales avant une conférence des bailleurs
La réunion du 15 septembre ouvre désormais une phase de discussions plus ciblées entre KHPC et les potentiels partenaires financiers. La société de projet, détenue à parts égales par l’État du Cameroun et Electricité de France (EDF), a confirmé que des rencontres bilatérales doivent suivre cette première
« La présente assise ouvre une nouvelle phase d’une série de concertations dédiée aux perspectives de financement du projet Kikot, et qui aura pour couronnement une grande conférence des bailleurs de fonds envisagée par le gouvernement. (…) Nous envisageons des discussions bilatérales avec chaque potentiel prêteur pour adresser de façon approfondie certaines préoccupations qui pourraient émerger », a indiqué Ahmat Tom.
Cette séquence doit notamment permettre aux institutions intéressées d’examiner le projet avant de prendre une éventuelle décision de financement. Les prêteurs procèdent généralement, à ce stade, à leurs propres diligences sur les aspects techniques, financiers, environnementaux, contractuels et réglementaires.
La mobilisation des bailleurs intervient cependant alors que le montant définitif nécessaire à la réalisation de Kikot reste à arrêter. Deux évaluations circulent actuellement pour ce projet de 500 MW.
Le Document de programmation économique et budgétaire 2027-2029, publié le 6 juillet 2026 par la Direction générale du Budget, inscrit 872 milliards de FCFA comme coût total de « l’aménagement hydroélectrique de Kikot et lignes associées ». Le gouvernement classe le projet parmi les partenariats public-privé et programme sa réalisation entre 2028 et 2032.
Une correspondance adressée en septembre 2025 au ministre de l’Eau et de l’Énergie par le PCA de KHPC après la 14e session du conseil d’administration tenue à Paris faisait, elle, état de 1 620 milliards de FCFA. Entre les deux montants, l’écart atteint 748 milliards de FCFA.
L’estimation de l’APD encore soumise à optimisation
Une source proche du dossier attribue les 1620 milliards de FCFA à l’évaluation établie à l’issue de l’avant-projet détaillé (APD). Elle estime en revanche que les 872 milliards inscrits dans la programmation gouvernementale pourraient correspondre à une provison budgétaire retenue par l’État, sans pouvoir en préciser le mode de calcul.
« Nous ne savons pas à quoi correspond le chiffre de 872 milliards de FCFA contenu dans le document du ministère des Finances. Mais nous présumons qu’il s’agit de la provision projetée par le gouvernement pour ce projet. En revanche, nous pouvons affirmer que les 1 620 milliards de FCFA découlent de l’évaluation sortie APD, qui permet d’obtenir des coûts bruts », explique cette source.
Selon elle, des discussions doivent encore permettre de réduire certains postes, notamment à travers le régime fiscal applicable au projet et les conditions des futurs prêts.
Cette explication apporte un élément nouveau, mais ne permet pas encore de réconcilier précisément les deux estimations. Ni le détail des composantes intégrées aux 1 620 milliards de FCFA ni les hypothèses ayant conduit le ministère des Finances à retenir 872 milliards n’ont été rendus publics. Il n’est donc pas possible, à ce stade, de déterminer quelle part de l’écart provient du périmètre technique, de la fiscalité, des contingences, des conditions de financement ou d’autres hypothèses de calcul.
Cette incertitude n’empêche pas KHPC d’avancer parallèlement sur le choix des constructeurs. La société a déjà présélectionné des entreprises et groupements pour les trois principaux lots : génie civil, électromécanique, ainsi que lignes et poste électrique. Dans son avis de novembre 2025, KHPC précisait que ces candidats seraient invités à soumettre leurs propositions après la publication des dossiers d’appel d’offres.
Les offres des entreprises pourront à leur tour fournir des références de prix plus précises.« Tous les postulants ne présenteront pas le même coût pour ce projet », souligne une source proche du dossier, qui estime que la mise en concurrence peut ainsi participer à l’optimisation du coût de l’investissement.
Le calendrier officiel laisse encore plusieurs mois pour achever ce montage. KHPC indiquait en novembre 2025 que la clôture financière, qui doit permettre le démarrage des principaux travaux de construction, était envisagée au plus tôt au second semestre 2027.
Brice R. Mbodiam
Lire aussi:
15-09-2026 – Barrage de Kikot : KHPC sollicite les bailleurs avec un écart de 748 milliards FCFA à clarifier sur le coût
07-09-2026 – Électricité : la capacité installée progresse de 50 % en cinq ans, mais reste à 1 220 MW de la cible
20-11-2025 – Kikot-Mbebe : KHPC présélectionne les candidats pour la centrale hydroélectrique de 500 MW
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CAFI confie 14 milliards FCFA à IDH pour faciliter l’accès au financement des PME et coopératives agricoles camerounaises

(Investir au Cameroun) – IDH, organisation spécialisée dans le développement des chaînes de valeur agricoles, a annoncé le 15 septembre 2026 la mise en place au Cameroun de son « Investment & Payment for Environmental Services Hub ». Ce dispositif est destiné à préparer des entreprises agricoles au financement et à attirer des capitaux privés vers des chaînes de valeur sans déforestation. Le projet bénéficie d’un financement de 24,57 millions de dollars de la Central African Forest Initiative (CAFI), soit près de 14 milliards de FCFA. D’ici 2030, IDH vise parallèlement la mobilisation de 29 millions de dollars supplémentaires, environ 16,5 milliards de FCFA, auprès de financeurs privés, climatiques et liés aux paiements pour services environnementaux.
Le mécanisme cible notamment les PME, grandes coopératives et entreprises agricoles qui éprouvent des difficultés à accéder aux financements. Le dispositif ne constitue pas une garantie destinée à rembourser les banques en cas de défaut d’un emprunteur. Il intervient en amont : assistance technique, préparation des entreprises à l’investissement, apport de capital catalytique remboursable et mise en relation avec des banques, institutions de microfinance, investisseurs et acheteurs.
L’enjeu consiste à réduire certains des risques qui maintiennent une partie des entreprises agricoles entre la microfinance et le crédit bancaire classique. IDH doit notamment travailler sur leurs modèles économiques, leur préparation financière et leurs projets d’investissement avant de les présenter à des financeurs. Les banques et investisseurs conserveront toutefois leur propre appréciation du risque et leur décision de financer ou non chaque entreprise.
Près de 14 milliards de FCFA soumis à un décaissement par étapes
CAFI avait approuvé le projet le 21 janvier 2026 pour un montant exact de 24,573 millions de dollars. Sur cette enveloppe, 24,149 millions de dollars doivent être administrés par IDH, tandis que 425 000 dollars resteront gérés directement par CAFI pour effectuer des paiements ex post aux bénéficiaires des services environnementaux.
Le financement est organisé en trois tranches. La première, de 4,481 millions de dollars, soit environ 2,5 milliards de FCFA, est liée à la signature du document de projet. La deuxième attaint 12,190 millions de dollars, environ 6,9 milliards de FCFA, et doit intervenir au premier trimestre de la deuxième année de mise en œuvre, sous réserve du respect de plusieurs conditions.
IDH devra notamment avoir rendu opérationnels les mécanismes d’assistance technique et de capital d’amorçage, fait valider par un organisme indépendant une méthodologie de vérification des résultats et adapté le système de suivi des paiements pour services environnementaux de CAFI.
Le projet devra également avoir commencé à intéresser le secteur privé. Au moins une entreprise de cacao devra avoir signé un contrat de soutien financier au programme de paiements pour services environnementaux et une autre une lettre d’intention. Au moins quatre investisseurs devront avoir rejoint le réseau d’affaires et d’investissement du Hub et dix entreprises potentielles avoir été évaluées pour accéder au mécanisme de capital d’amorçage.
Jusqu’à 4,5 milliards de FCFA liés aux résultats
La troisième tranche peut atteindre 7,904 millions de dollars, soit environ 4,5 milliards de FCFA. Elle est prévue au deuxième trimestre de la quatrième année de mise en œuvre et dépendra des résultats obtenus pendant les trois premières années.
Avant ce décaissement, les engagements financiers matérialisés par des contrats ou des lettres d’intention avec des entreprises privées devront atteindre au moins 6,701 millions de dollars, soit environ 3,8 milliards de FCFA. Ce seuil correspond au montant demandé à CAFI pour financer le volet consacré aux paiements pour services environnementaux.
Le reste dépendra directement des performances vérifiées. La décision de CAFI prévoit que le montant de la troisième tranche soit calculé notamment à partir du nombre d’unités de résultats validées — par exemple les hectares d’agriculture sans déforestation, d’agroforesterie, de reboisement, de régénération ou de conservation forestière — et du montant attribué à chaque unité. Si la vérification indépendante conclut à une performance « faible », aucun versement de cette troisième tranche à IDH ne sera effectué.
IDH doit encore attirer 16,5 milliards de FCFA
À ces ressources publiques doit s’ajouter un objectif de 29 millions de dollars, environ 16,5 milliards de FCFA, de financements commerciaux privés, climatiques et liés aux paiements pour services environnementaux d’ici 2030. Ce montant constitue un objectif de mobilisation et non des ressources déjà acquises.
Le programme prévoit également l’application de pratiques agricoles vérifiées comme sans déforestation et résilientes au changement climatique sur 9 950 hectares d’ici 2030. Des opérations de boisement, reboisement, régénération naturelle assistée ou protection des forêts doivent couvrir 7 000 hectares supplémentaires.
Le volet consacré aux paiements pour services environnementaux doit commencer dans le Grand Mbam. Agriculteurs et communautés pourront être rémunérés en fonction de résultats environnementaux vérifiés, notamment en matière d’agroforesterie, de reboisement ou de protection des forêts. CAFI et IDH prévoient que les enseignements de cette expérimentation puissent ensuite servir à une éventuelle extension du mécanisme à d’autres zones du Cameroun et du bassin du Congo.
Baudouin Enama
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