Actualités locales
pourquoi le Cameroun ne peut plus échapper au paiement
Dans l’affaire qui oppose l’homme d’affaires italien Franck Piccini à l’État du Cameroun, la question n’est désormais plus de savoir si une décision peut encore être contestée sur le fond. Le cadre juridique du CIRDI ne laisse pratiquement aucune place à un nouvel appel. Si la sentence est définitive, le Cameroun est juridiquement tenu de l’exécuter.
Le point central de cette affaire se trouve dans le fonctionnement même du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI). Créé par la Convention de Washington de 1965, le mécanisme repose sur un principe fondamental : les sentences rendues par un tribunal arbitral CIRDI sont définitives et obligatoires pour les parties.
Autrement dit, une fois la procédure arbitrale arrivée à son terme, l’une des parties ne peut pas saisir une juridiction nationale pour demander un nouvel examen de l’affaire. Il n’existe pas de cour d’appel du CIRDI permettant de rejuger le dossier, de revoir les arguments des parties ou de modifier l’appréciation des arbitres sur le fond.
Pas d’appel, mais des recours strictement encadrés
La Convention de Washington prévoit certes plusieurs mécanismes permettant d’intervenir après une sentence. Mais il faut bien distinguer ces procédures d’un véritable appel.
La rectification, prévue à l’article 49, permet de corriger certaines erreurs matérielles. L’interprétation, prévue à l’article 50, intervient lorsqu’un désaccord porte sur le sens ou la portée de la sentence. La révision, prévue à l’article 51, peut être sollicitée lorsqu’un fait nouveau, décisif et inconnu au moment du jugement est découvert.
Reste la procédure la plus importante : l’annulation prévue à l’article 52.
C’est souvent sur ce terrain que naît la confusion. Une demande d’annulation ne permet pas au Cameroun de faire rejuger l’affaire. Le comité ad hoc chargé de l’examiner n’est pas une cour d’appel. Il ne peut pas substituer sa propre appréciation à celle du tribunal arbitral ni revenir librement sur les éléments de fond du litige.
Son contrôle est limité à des motifs précis : mauvaise constitution du tribunal, excès de pouvoir manifeste, corruption d’un arbitre, violation grave d’une règle fondamentale de procédure ou absence de motifs dans la sentence.
L’annulation est donc un contrôle exceptionnel de la régularité de la procédure, et non un second procès.
Pourquoi le paiement devient incontournable
C’est précisément cette architecture qui place aujourd’hui l’État du Cameroun face à une obligation difficilement contournable.
Si la sentence rendue dans l’affaire Piccini n’a pas été annulée dans les conditions prévues par la Convention de Washington, elle conserve toute sa force obligatoire. Le Cameroun ne peut pas simplement décider de ne pas l’exécuter au motif qu’il conteste l’appréciation du tribunal arbitral.
L’article 53 de la Convention est particulièrement clair sur ce point : la sentence CIRDI est obligatoire pour les parties et chacune doit s’y conformer conformément à ses termes.
Le principe est donc simple : une défaite devant le CIRDI ne peut pas être transformée en interminable bataille judiciaire devant les tribunaux nationaux.
Le Cameroun peut-il encore gagner du temps ?
Il peut exister des procédures et des discussions autour de l’exécution, notamment selon les circonstances concrètes du dossier. Mais cela ne signifie pas que l’État dispose d’un droit général de suspendre indéfiniment l’exécution de la sentence.
La Convention de Washington prévoit d’ailleurs un régime particulier de reconnaissance et d’exécution des sentences CIRDI dans les États contractants. Celles-ci doivent être reconnues comme obligatoires et exécutées comme un jugement définitif d’une juridiction de l’État concerné.
La nuance est importante : le CIRDI ne dispose pas d’un huissier international chargé de saisir automatiquement les biens d’un État, et les règles relatives à l’immunité d’exécution des États peuvent encore jouer un rôle dans certaines procédures. Mais cette question est différente de celle de l’obligation de payer.
Sur le principe, lorsque la sentence est définitive et obligatoire, la dette arbitrale demeure.
Une éventuelle annulation ne ferait d’ailleurs pas disparaître définitivement le dossier
Même dans l’hypothèse où un comité ad hoc prononcerait l’annulation d’une sentence, cela ne constituerait pas une victoire automatique et définitive pour l’État concerné. L’annulation peut conduire à la soumission du différend à un nouveau tribunal arbitral CIRDI.
Là encore, le système ne prévoit donc pas une juridiction supérieure qui pourrait finalement déclarer : « le premier tribunal avait tort sur le fond ».
C’est toute la particularité du mécanisme CIRDI : son autonomie vise précisément à éviter que les sentences internationales soient soumises aux multiples niveaux de recours des systèmes judiciaires nationaux.
Dans l’affaire Piccini, l’enjeu est donc désormais celui de l’exécution
Pour le Cameroun, la bataille juridique ne peut plus être menée comme un appel classique contre une décision défavorable. Si les voies de recours prévues par la Convention ont été épuisées ou ne permettent plus de remettre en cause la sentence, l’État se retrouve devant une obligation : exécuter la décision et s’acquitter des sommes mises à sa charge, sous réserve des modalités et des éventuelles questions d’immunité d’exécution.
L’affaire Piccini illustre ainsi une réalité souvent mal comprise dans les contentieux d’investissement : l’arbitrage international n’est pas une première étape avant une longue série d’appels.
Lorsqu’une sentence CIRDI devient définitive, le débat change de nature. Il ne s’agit plus de savoir quel tribunal pourrait encore réexaminer le fond du dossier, mais de déterminer comment et dans quelles conditions la sentence sera exécutée.
Pour Yaoundé, l’enjeu n’est donc plus seulement juridique. Il est désormais également financier, diplomatique et politique. Car tant qu’une sentence CIRDI demeure en vigueur, la contestation ne fait pas disparaître l’obligation qu’elle impose à l’État.
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12 000 policiers déployés dans les zones en crise sécuritaire entre 2016 et 2026

L’État du Cameroun déclare avoir recyclé dans le cadre de la lutte antiterroriste avant de déployer 12 000 fonctionnaires de police dans les zones connaissant des crises sécuritaires sur le territoire national.
D’après le rapport du comité des droits de l’homme des Nations Unies sur l’examen périodique du Cameroun des 23 et 24 octobre 2026, l’État du Cameroun a recyclé et déployé 12 000 policiers dans les régions en crise sécuritaire entre 2016 et 2026. Aussi, entre 2024 et 2025, au moins 250 personnels de la gendarmerie nationale ont bénéficié de sept sessions de formation sur le droit humanitaire. Sessions organisées dans le cadre du dialogue avec le Comité international de la Croix-Rouge.
Ainsi a déclaré la délégation camerounaise lors de l’examen périodique à Genève face au comité des Nations Unies chargé de veiller à l’application du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Par cette délégation, l’État du Cameroun assure qu’il forme et recycle les forces de défense et de sécurité avant de les déployer. Les éléments desdites forces disposent d’une formation initiale leur permettant d’éviter de commettre des violations des droits humains dans le cadre de la lutte antiterroriste.
Ladite délégation répondait aux préoccupations du comité. En l’occurrence celles de Mme Bassim sur certaines mesures prises par l’État du Cameroun dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ainsi que sur la définition large et ambiguë des actes de terrorisme. Celle de Mme Tidjougra sur le « caractère très vague » de l’infraction liée au terrorisme au Cameroun.
La délégation camerounaise, concernant la définition et les actes terroristes, donne des précisions. Selon elle, la définition légale du terrorisme exclut des inculpations basées sur le profil ethnique, racial, politique ou religieux. Ladite définition est alignée sur la définition de plusieurs instruments internationaux et régionaux et sur plusieurs résolutions du Conseil de sécurité, précise-t-elle.
Par ailleurs, l’État du Cameroun souligne que la loi de 2014 sur la répression du terrorisme est de portée générale et ne vise pas à réprimer les discours critiques à l’encontre du gouvernement. Elle rejette les allégations non fondées selon lesquelles cette loi a été utilisée en violation du Pacte contre les journalistes et les avocats.
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Ntimbane Bomo appelle à ignorer les « distractions médiatiques » pour se concentrer sur la vérité des urnes
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un présumé kidnappeur d’enfants échappe à la vindicte populaire

Tension extrême et soulagement partagé ce lundi 26 octobre 2026 au cœur de la ville de Sangmélima, la capitale du Dja-et-Lobo.
Un coup de filet décisif des forces de l’ordre a permis de mettre la main sur le nommé « Charly », un cultivateur de piment soupçonné d’être le cerveau d’un ténébreux réseau de kidnapping local. Bilan express de cette opération éclair : trois enfants sains et saufs, tirés à temps des mains de leur bourreau présumé.
Une foule survoltée, les forces de l’ordre sous pression
Très vite, la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre au marché central de Sangmélima, où le suspect a été dans un premier temps exfiltré et placé sous très haute protection policière. Sur place, une foule furieuse et survoltée s’est rapidement massée, bien décidée à en découdre et à rendre une justice expéditive.
Face à cette menace imminente de vindicte populaire, le sous-préfet de l’arrondissement de Sangmélima et les commandants des forces de maintien de l’ordre (FMO) se sont déployés d’urgence sur les lieux. Grâce à un dialogue ferme et stratégique avec les populations en colère, les autorités sont parvenues à calmer les esprits et à exfiltrer le suspect en toute sécurité vers une cellule hautement sécurisée.
Le calme est désormais revenu, mais l’affaire ne fait que commencer. Une enquête minutieuse a été immédiatement ouverte sous la supervision des autorités administratives et judiciaires pour faire toute la lumière sur ce réseau, établir d’éventuelles complicités et déterminer le mobile exact du suspect.
Les trois enfants remis en sécurité, dont l’origine n’est pas encore déterminée, font actuellement l’objet d’une prise en charge.
Dossier à suivre. Plus de détails dans nos prochaines éditions.
Source : 237 Elites
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