Actualités locales
Téléphones portables : les recettes douanières dépassent 1,8 milliard FCFA en cinq mois, contre 400 millions un an plus tôt

(Investir au Cameroun) – Du 1er avril au début du mois de septembre 2026, la douane camerounaise a collecté plus de 1,8 milliard de FCFA de droits et taxes sur les téléphones portables importés, selon des données de la Direction générale des douanes (DGD) rapportées le 7 septembre par Cameroon Tribune. Sur la période comparable un an plus tôt, les recettes atteignaient environ 400 millions de FCFA. Elles ont ainsi été multipliées par environ 4,5.
Ces encaissements interviennent depuis l’entrée en vigueur, le 1er avril 2026, du nouveau mécanisme de dédouanement des téléphones, tablettes et autres terminaux numériques. Sur les cinq premiers mois d’application du dispositif, les recettes représentent une moyenne d’environ 360 millions de FCFA par mois. Avant la réforme, la DGD estimait à environ 1,3 milliard de FCFA par an les recettes tirées de ces équipements.
Selon Cameroon Tribune, environ 386 000 téléphones ont par ailleurs été déclarés depuis le 1er avril. Le dispositif impose notamment aux importateurs d’enregistrer les numéros IMEI des appareils dans le système douanier CAMCIS. Cet identifiant permet de déterminer si un terminal connecté à un réseau mobile camerounais a été régulièrement dédouané.
Depuis le 1er septembre, la réforme est entrée dans sa phase de blocage des appareils non régularisés. Plus de 1 000 téléphones avaient déjà été bloqués à la fin de la première semaine de septembre, selon la source citée par Cameroon Tribune. Sont notamment concernés les appareils non dédouanés qui se connectent pour la première fois à un réseau local ainsi que ceux qui, connectés après le 1er avril, ont reçu des messages d’alerte sans que leur situation soit régularisée.
Le mécanisme repose sur la coopération entre la douane et les opérateurs de télécommunications. Lorsqu’un IMEI n’est pas répertorié dans la base des équipements dédouanés, l’appareil peut être privé d’accès aux réseaux mobiles jusqu’à sa régularisation. Les téléphones déjà connectés aux réseaux camerounais avant le 1er avril 2026 bénéficient, eux, d’une amnistie fiscale.
La réforme vise notamment à récupérer une partie des recettes perdues avec le développement des importations non déclarées. Selon les estimations officielles, environ 4 millions de téléphones sont écoulés chaque année sur le marché camerounais. Les données historiques du ministère des Finances montrent que les droits et taxes de douane sur ces appareils rapportaient environ 25 milliards de FCFA par an entre 2001 et 2005, avant de tomber à moins de 500 millions en 2017.
Lors du lancement du nouveau mécanisme en mars 2026, la DGD indiquait vouloir porter les recettes à au moins 25 milliards de FCFA par an, contre environ 1,3 milliard de FCFA auparavant. Les plus de 1,8 milliard encaissés au cours des cinq premiers mois marquent donc une hausse sensible, sans permettre encore de conclure que cet objectif annuel pourra être atteint.
À rythme inchangé, une moyenne mensuelle de 360 millions de FCFA correspondrait à environ 4,3 milliards de FCFA sur douze mois. Mais cette extrapolation ne tient pas compte des effets éventuels du blocage des appareils non dédouanés, devenu effectif le 1er septembre et sur lequel la douane compte pour pousser importateurs et détenteurs de terminaux à régulariser leur situation.
BRM
Lire aussi:
26-08-2026 – Téléphonie mobile : blocage annoncé des téléphones non dédouanés au Cameroun, 3 mois après l’échec d’un premier ultimatum
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un commissaire tué et six enseignants enlevés à Wum

Les faits se sont déroulés le 08 septembre 2026 à Wum, chef-lieu du département de la Menctchum, dans le cadre des activités de la rentrée scolaire comptant pour l’année scolaire 2026-2027.
Un commissaire de police a été tué et six enseignants enlevés mardi lors d’une embuscade dans la région anglophone du Nord-Ouest du Cameroun, ont indiqué des sources sécuritaires. La victime, Mbah Tobie Damase, commissaire de police, se trouvait dans un convoi de responsables administratifs, dont le préfet du département, Abdoullahi Aliou, et de membres des forces de sécurité, lorsque celui-ci a été pris pour cible par des hommes armés soupçonnés d’appartenir à des groupes séparatistes, selon les mêmes sources.
Le convoi effectuait une tournée dans des établissements scolaires afin de s’assurer de la reprise des cours après la rentrée scolaire, fixée au 7 septembre.
Six enseignants ont été enlevés lors de l’attaque et les forces de sécurité poursuivent les assaillants, a indiqué un responsable sous couvert d’anonymat. D’après les sources, le commissaire tué, originaire de la région de l’Est du pays, était sur le point de prendre sa retraite. Ouvrant le convoi en direction de l’École normale des instituteurs de l’enseignement technique de Wum, il tombe en pleine exécution de ses missions en zone de crise sécuritaire.
Les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont en proie à un conflit armé depuis 2017, opposant les forces gouvernementales à des groupes séparatistes qui réclament l’indépendance de ces territoires. Les établissements scolaires et les enseignants ont régulièrement été pris pour cible depuis le début du conflit.
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des choix qui posent plus de questions qu’ils n’apportent de réponses
À force de voir des choix qui interpellent, une question s’installe dans le débat autour des Lions Indomptables : David Pagou est-il réellement maître de ses choix ou se contente-t-il d’appliquer une liste déjà établie ?
Le rôle d’un sélectionneur ne se limite pourtant pas à annoncer des noms. Il consiste à observer les joueurs, suivre leur forme du moment, comparer les profils et surtout expliquer les choix opérés. Une convocation doit normalement répondre à une logique sportive : l’état de forme, les performances en club, les besoins de l’équipe et la complémentarité entre les joueurs.
Or, certaines décisions de David Pagou donnent le sentiment que cette logique peine à être lisible. Des absences difficiles à comprendre, des convocations qui suscitent des interrogations et des choix qui ne semblent pas toujours correspondre aux performances récentes alimentent le malaise. À ce stade, le problème n’est même plus de savoir si tel ou tel joueur mérite sa place. C’est la cohérence d’ensemble qui est questionnée.
Un sélectionneur peut évidemment faire des choix discutables. C’est même inhérent à sa fonction. Mais encore faut-il pouvoir les assumer et les défendre avec des arguments sportifs. Lorsque les explications manquent, le doute s’installe naturellement.
David Pagou dispose-t-il donc d’une véritable marge de manœuvre dans la constitution de son groupe ? Décide-t-il seul des joueurs appelés chez les Lions Indomptables ? Ou doit-il composer avec des choix qui lui sont imposés en amont ?
Ces questions sont lourdes de sens, car si le sélectionneur est réellement aux commandes, il doit alors assumer pleinement ses listes et leurs conséquences. Si, en revanche, il n’est qu’un relais chargé de lire des noms qu’il n’a pas choisis, alors le problème est encore plus profond : à quoi sert réellement le poste de sélectionneur ?
Pour les Lions Indomptables, l’enjeu dépasse donc une simple liste de convocations. Il s’agit de savoir qui décide, sur quels critères et avec quelle vision sportive. Car une équipe nationale ne peut pas avancer dans le flou. Et lorsqu’une sélection devient difficile à comprendre, le premier responsable à qui les regards se tournent reste, naturellement, celui qui en porte le titre.
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Okala Ebode remet en cause la légalité des décisions prises sous Maurice Kamto et Mamadou Mota

La démission de Maurice Kamto de la présidence du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) continue de susciter des réactions au sein de la formation politique. Dans une tribune publiée mardi, Okala Ebode estime que cette décision ne règle pas les questions juridiques qui, selon lui, entourent le fonctionnement du parti.
Okala Ebode s’attarde notamment sur le communiqué signé par Roger Justin Noah annonçant la convocation d’une Convention nationale extraordinaire le 10 octobre 2026. Il s’interroge sur les textes qui serviront de base à cette rencontre, alors que la légitimité des différentes versions des statuts et du règlement intérieur fait débat.
Selon lui, si les textes adoptés en décembre 2023 constituent la référence, leurs dispositions doivent être appliquées dans leur intégralité. Il cite notamment l’article 68 du règlement intérieur, qui prévoit, affirme-t-il, que la démission du président national doit être constatée par le Directoire à la majorité des quatre cinquièmes de ses membres.
Lire la tribune d’Okala Ebodé :
« LE DROIT NE SE PRATIQUE PAS À LA CARTE
Ce que redoutaient ceux qui avaient encore la tête froide s’est produit. Le professeur Maurice Kamto a déposé son tablier. La règle de droit, aussi gênante et impopulaire soit-elle, a fini par s’imposer.
Se voiler la face ou se réfugier derrière des contorsions partisanes ne changera rien à la réalité. Il faut revenir à la racine du mal : la violation des textes du MRC et le sacrifice de la raison au profit d’intérêts personnels.
Le communiqué signé par Roger Justin Noah, censé clarifier la situation, accumule pourtant les contradictions.
Il affirme que la Convention nationale extraordinaire du 10 octobre 2026 est convoquée « conformément à nos textes », sans préciser de quels textes il s’agit. S’agit-il des statuts et du règlement intérieur adoptés en décembre 2023 ou des textes issus de la Convention en ligne de décembre 2025, dont la reconnaissance est précisément contestée ?
Si les textes de 2023 sont appliqués, ils doivent l’être intégralement.
L’article 68 du règlement intérieur ne demande pas au Directoire de simplement « prendre acte » de la démission du président national. Il lui impose de la constater à la majorité des quatre cinquièmes de ses membres. Le communiqué ne donne ni la composition du Directoire ayant siégé, ni le quorum atteint, ni le résultat du vote permettant d’établir que cette exigence a été respectée.
Plus grave encore, l’article 32 des statuts impose le dépôt des listes de candidatures au moins trente jours avant la Convention. Pour une Convention fixée au 10 octobre 2026, les listes devaient donc être déposées au plus tard le 10 septembre. Fixer la clôture des candidatures au 9 octobre à 10 heures, soit la veille de la Convention, constitue une violation frontale de cette disposition.
Les articles 28 et 30 organisent par ailleurs l’élection du président national, des vice-présidents, du secrétaire général et du trésorier national au scrutin de liste. Le communiqué parle pourtant d’un simple « appel à candidatures », sans rappeler qu’il ne s’agit pas de candidatures individuelles, mais de listes complètes.
Autre contradiction : le communiqué annonce que le secrétaire général lance l’appel à candidatures, mais il est signé par le secrétaire général adjoint numéro un, par ailleurs secrétaire national à la communication par intérim, sans qu’aucune délégation du secrétaire général soit mentionnée.
La situation de Tiriane Noah doit également être clarifiée. Son arrivée à la tête du parti constitue, dans les faits, un retour au statu quo ante, Mamadou Mota ayant décidé de quitter la première vice-présidence et de retrouver sa place de simple militant. Mais le communiqué ne désigne Tiriane Noah ni comme présidente nationale, ni comme présidente nationale par intérim. Or, les textes de 2023 ne prévoient aucune accession automatique d’un vice-président à la présidence nationale. Le parti ne peut donc pas présenter Tiriane Noah comme l’expression du retour à la légalité de 2023 tout en lui attribuant une fonction que ces mêmes textes ne prévoient pas.
On ne peut pas invoquer les instances de 2023 pour obtenir une reconnaissance administrative, puis emprunter aux textes de 2025 les procédures qui arrangent. Soit les textes de 2023 s’appliquent, et ils doivent être respectés dans toutes leurs dispositions ; soit les textes de 2025 sont invoqués, et leurs auteurs doivent alors assumer leur fondement et leur opposabilité. Le droit à géométrie variable n’est pas le droit.
Hans Kelsen, l’un des plus grands théoriciens du droit du XXᵉ siècle, l’a formulé sans détour :
« C’est seulement si l’acte a été accompli conformément à une norme supérieure qu’il présente la signification objective de norme.*»
La conséquence est donc claire : les démissions du professeur Maurice Kamto et de Mamadou Mota ne régularisent rien rétroactivement. Tout ce qui procède d’une autorité dépourvue de fondement statutaire est frappé de nullité.
Sont donc nulles et de nul effet les décisions prises par Mamadou Mota en qualité de président national par intérim, cette fonction n’existant pas dans les textes de 2023. Sont également nulles et de nul effet toutes les décisions prises par l’exécutif installé à la suite du retour irrégulier du professeur Maurice Kamto à la présidence du parti : réaménagements des instances, nominations, décisions du CNMA et exclusions qui en ont découlé.
Ce qui est nul à l’origine ne peut être sauvé par une démission intervenue après coup. Les contentieux pendants devant les juridictions ne disparaissent pas davantage par la seule volonté des démissionnaires.
Il y aura des grincements de dents. Les invectives et les insultes feront encore florès. Elles ne modifieront ni les textes, ni les faits, ni l’ordre des choses.
Le MRC doit désormais procéder, avec froideur et rigueur, à une remise en cause générale de son fonctionnement. La recherche permanente de prétendus traîtres et les opérations de repérage au « traîtromètre » ont trop longtemps détourné le parti des questions essentielles.
L’avenir du MRC doit s’écrire dès aujourd’hui dans l’humilité, la vérité, le courage et le respect intégral de ses textes. Il existe un abcès. Il sera crevé.
Alea jacta est. Les dés sont jetés.
Nkol’Ossan, le 08 spetembre 2026″
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