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Télécoms : le Canadien NuRAN voit sa trésorerie chuter de 80 % au T2 malgré ses déploiements au Cameroun

(Investir au Cameroun) – La société canadienne NuRAN Wireless, qui déploie des infrastructures de téléphonie mobile rurale pour Orange et MTN au Cameroun, a terminé le deuxième trimestre 2026 avec seulement 388 724 dollars canadiens de trésorerie, soit environ 159 millions de FCFA. Trois mois plus tôt, elle disposait de 1,934 million de dollars canadiens, près de 791 millions de FCFA. La baisse atteint 79,9 %.
La trésorerie reste supérieure aux quelque 46 millions de FCFA détenus un an auparavant. Mais cette chute intervient alors que NuRAN poursuit en Afrique son modèle Network as a Service (NaaS), qui consiste à construire et exploiter des sites télécoms puis à facturer leur utilisation aux opérateurs.
Le Cameroun figure parmi ses principaux marchés. NuRAN indique avoir achevé une première phase de 122 sites avec Orange et poursuivre les installations destinées à MTN. Elle affirme aussi que la majorité des sites déjà en service, « particulièrement au Cameroun », enregistrent des niveaux de trafic conformes à ses objectifs. L’achèvement des 122 sites Orange était toutefois déjà mentionné dans ses comptes du deuxième trimestre 2025.
Au deuxième trimestre 2026, le groupe a réalisé environ 355 millions de FCFA de chiffre d’affaires, en hausse de 38,3 % sur un an. Sur l’ensemble du premier semestre, les revenus reculent en revanche de 40,1 %, à environ 713 millions de FCFA.
Les comptes ne permettent pas d’isoler la contribution du Cameroun. L’ensemble des activités africaines a généré environ 712 millions de FCFA, contre 1,08 milliard un an plus tôt. L’Afrique représente 99,8 % du chiffre d’affaires du groupe.
Plus de 1,2 milliard FCFA de trésorerie consommé en six mois
La marge brute s’est améliorée, passant de 57,7 % à 65 %, et la perte nette du semestre a diminué d’environ 13 %, à près de 1,89 milliard de FCFA.
Mais les activités du groupe ont consommé l’équivalent de 1,24 milliard de FCFA de trésorerie au premier semestre. À fin juin, ses dettes et obligations à court terme dépassaient ses ressources disponibles à court terme d’environ 4,43 milliards de FCFA, contre 2,05 milliards six mois plus tôt.
Les états financiers reconnaissent que cette situation crée une incertitude importante sur la capacité de NuRAN à poursuivre normalement ses activités. L’entreprise estime néanmoins pouvoir continuer à fonctionner, à condition notamment de lever de nouveaux financements, de conserver son accès au crédit et de poursuivre l’exécution de ses contrats africains.
Seulement 1,23 milliard FCFA d’argent frais en août
L’opération financière de 7,6 millions de dollars canadiens réalisée le 14 août, soit environ 3,11 milliards de FCFA, ne correspond pas entièrement à de nouvelles liquidités. Seuls 3 millions de dollars canadiens, soit environ 1,23 milliard de FCFA, ont réellement été apportés en numéraire.
Le reste a principalement servi à effacer une dette convertible d’environ 1,58 milliard de FCFA, ainsi que des salaires accumulés et d’autres dettes. L’opération a donc apporté de l’argent frais tout en réduisant des engagements déjà existants.
NuRAN cherche parallèlement à obtenir auprès d’Afrigreen Debt Impact Fund jusqu’à 12 millions de dollars américains, soit environ 6,8 milliards de FCFA, pour financer des infrastructures au Cameroun, en RDC, en Côte d’Ivoire et au Bénin.
Ce financement n’est pas encore acquis. Il reste soumis à des vérifications, aux approbations internes et à la signature des accords définitifs.
NuRAN reconnaît enfin que ses revenus actuels ne suffisent pas à couvrir simultanément ses charges et les investissements nécessaires pour construire les milliers de sites prévus par ses contrats. La poursuite des déploiements au Cameroun et dans ses autres marchés africains reste donc dépendante de nouvelles ressources financières.
Baudouin Enama
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30-04-2021 – Fin 2021, le Canadien NuRAN Wireless aura livré à Orange Cameroun 122 sites télécoms à installer dans les zones rurales
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« Et s’il appartenait au RDPC, aurait-on le même discours ? »

La controverse autour de l’affaire impliquant le député Pierre Kwemo et un fonctionnaire relance le débat sur l’immunité parlementaire, l’égalité devant la loi et le traitement des accusations d’abus de pouvoir au Cameroun.
Dans une tribune, Alex Nguepi critique ce qu’il considère comme une indignation sélective de certains acteurs du débat public, tout en affirmant que les faits reprochés doivent être établis conformément à la loi.
L’auteur réagit aux appels à la levée de l’immunité parlementaire de Pierre Kwemo, visé par des accusations d’agression contre un fonctionnaire. Il estime que les demandes de sanctions doivent s’inscrire dans une exigence constante de justice, indépendamment de l’appartenance politique des personnes concernées.
« La loi ne peut pas être un fouet pour l’opposition et un parapluie pour les puissants », écrit-il, résumant ainsi le principal argument de sa tribune.
Lire la tribune d’Alex Nguepi :
AFFAIRE KWEMO : QUAND LES DONNEURS DE LEÇONS ONT LA MÉMOIRE COURTE !
J’ai suivi avec un étonnement difficile à dissimuler certains individus réclamer la levée de l’immunité parlementaire du président Kwemo, au motif qu’il aurait agressé un fonctionnaire.
Mais dites-moi, depuis quand certains Camerounais sont-ils devenus les gardiens exclusifs de la morale et de l’État de droit ? Et surtout, depuis quand la défense des institutions est-elle devenue une affaire d’indignation à géométrie variable ?
Avez-vous réellement oublié les autres affaires, ou faites-vous simplement semblant de ne pas vous en souvenir ?
Devrais-je vous rappeler le cas de l’honorable Nourane Foster, députée du PCRN, qui avait été agressée par des hommes en tenue ? Quelles suites ont été données à cette affaire ?
Devrais-je vous rappeler les citoyens ordinaires, humiliés, brutalisés et malmenés au quotidien par certains fonctionnaires qui abusent de leur autorité, sans que l’on assiste à la même mobilisation pour réclamer des sanctions ?
Devrais-je vous rappeler ces élus qui subissent les abus de certains hommes en tenue se comportant comme si leur uniforme leur conférait un pouvoir absolu ?
Pourquoi votre indignation se réveille-t-elle avec autant de vigueur aujourd’hui, mais semble-t-elle dormir profondément lorsqu’il s’agit d’autres victimes ?
Vous brandissez les textes qui protègent les fonctionnaires. Très bien ! Mais avez-vous également le courage de rappeler que ces fonctionnaires sont soumis à la loi et que leur statut ne leur donne aucun droit de maltraiter les citoyens ?
L’État de droit ne peut pas être un principe que l’on invoque contre ses adversaires et que l’on oublie lorsqu’il faut demander des comptes à ceux qui détiennent le pouvoir.
Soyons sérieux !
Je ne cautionne pas ce qui s’est passé dans l’affaire Kwemo. Si des faits répréhensibles ont été commis, ils doivent être établis et traités conformément à la loi. Mais je refuse que certains transforment cette affaire en tribunal politique, où la sévérité des jugements dépend de la couleur politique de la personne mise en cause.
Et si l’honorable Kwemo appartenait au RDPC, aurions-nous assisté au même spectacle ?
Voilà la question que les donneurs de leçons devraient avoir le courage de se poser !
Ce qui me dérange, ce n’est pas que l’on exige le respect de la loi. C’est que certains semblent découvrir l’existence de cette loi uniquement lorsqu’un responsable de l’opposition se retrouve au centre d’une controverse.
Quand un opposant est mis en cause, certains réclament immédiatement des sanctions exemplaires. Mais lorsque des citoyens dénoncent des abus commis par des agents de l’État, où sont ces mêmes voix ? Où sont ces défenseurs autoproclamés de la République ?
La loi ne peut pas être un fouet pour l’opposition et un parapluie pour les puissants !
Il est temps que nous sortions de cette hypocrisie politique qui consiste à défendre les principes uniquement lorsqu’ils servent nos intérêts.
Le Cameroun n’a pas besoin de défenseurs sélectifs de la justice. Il a besoin de citoyens capables de condamner les abus, quel que soit leur auteur, et de défendre les droits de chacun, quelle que soit son appartenance politique.
Quant à ceux qui veulent aujourd’hui faire de l’affaire Kwemo un exemple, qu’ils commencent par appliquer leurs propres exigences à toutes les situations comparables.
La justice n’est pas une affaire de camp. L’État de droit n’est pas une arme contre l’opposition. Et l’immunité parlementaire ne doit être ni un bouclier contre la justice ni un prétexte pour régler des comptes politiques.
Au Cameroun, nous devons apprendre à défendre les principes plutôt que les personnes, et à condamner les abus plutôt qu’à choisir les coupables en fonction de nos affinités politiques.
CAR LE VÉRITABLE PROBLÈME DE NOTRE PAYS N’EST PAS SEULEMENT L’INJUSTICE : C’EST AUSSI LE SILENCE COMPLICE DE CEUX QUI NE LA DÉNONCENT QUE LORSQU’ELLE FRAPPE LEURS ADVERSAIRES !
Alex Nguepi
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