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SCB Cameroun : 489 milliards FCFA de concours à la clientèle, soit 68 % des dépôts à fin juillet 2026

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SCB Cameroun : 489 milliards FCFA de concours à la clientèle, soit 68 % des dépôts à fin juillet 2026
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(Investir au Cameroun) – Les concours bruts de SCB Cameroun à la clientèle atteignaient 489,3 milliards FCFA au 31 juillet 2026, selon les calculs effectués à partir de la situation mensuelle publiable de la banque. Ils équivalaient à 68,2 % des 717,2 milliards FCFA de dépôts à vue, à terme et d’épargne recensés à la même date. Le total du bilan s’établissait à 912,44 milliards FCFA.

L’agrégat des concours rassemble 395,9 milliards FCFA de crédits directs, 16,9 milliards de crédit-bail et 76,5 milliards de comptes débiteurs de la clientèle. En ajoutant 3 milliards de créances rattachées, l’encours comptable atteint 492,2 milliards FCFA.

Le calcul des dépôts additionne les comptes à vue, les comptes d’épargne et les comptes à terme. Il exclut 9 milliards FCFA de bons de caisse et 675 millions de dettes rattachées. Le ratio de 68,2 % est donc un indicateur arithmétique construit à partir du bilan, et non un ratio prudentiel publié par la banque.

Cette situation mensuelle mesure des encours. Elle ne donne ni les créances en souffrance, ni les provisions, ni le coût du risque. Elle ne permet donc pas de juger la qualité du portefeuille de crédits.

Près de 87 % de la hausse vient des comptes débiteurs

La comparaison avec fin mai montre une progression limitée des concours, mais une évolution différente selon les postes. D’après la situation de mai, les crédits directs, le crédit-bail et les comptes débiteurs totalisaient alors 477,46 milliards FCFA. Deux mois plus tard, l’ensemble atteint 489,26 milliards, soit 11,80 milliards supplémentaires ou une hausse de 2,5 %.

Les crédits directs augmentent de 2,27 milliards FCFA, soit 0,6 %, tandis que le crédit-bail recule de 715 millions, ou 4,1 %. Les comptes débiteurs passent de 66,24 milliards à 76,49 milliards FCFA. Leur hausse de 10,25 milliards, soit 15,5 %, explique près de 87 % de l’augmentation nette des concours entre mai et juillet.

Dans le même temps, les dépôts retenus dans le calcul diminuent de 736,35 milliards à 717,20 milliards FCFA, soit un repli de 19,15 milliards ou 2,6 %. La baisse provient surtout des comptes à vue, en recul de 17,88 milliards, et des comptes à terme, qui perdent 1,69 milliard. Les comptes d’épargne progressent de 428 millions.

Le ratio concours bruts/dépôts passe ainsi de 64,8 % à 68,2 %, une hausse de 3,4 points de pourcentage. Les chiffres de mai sont toutefois arrondis et proviennent d’une source secondaire. La comparaison décrit donc une tendance, dans l’attente de la situation mensuelle originale. L’augmentation du ratio ne suffit pas à établir une tension de liquidité.

Les dépôts à vue concentrent 74 % de la collecte retenue

Au 31 juillet, les dépôts à vue atteignent 533,4 milliards FCFA et représentent 74,4 % des dépôts retenus dans le calcul. Les comptes d’épargne totalisent 163,9 milliards, soit 22,9 %, et les comptes à terme 19,9 milliards, ou 2,8 %.

À l’actif, 331,6 milliards FCFA de crédits sont classés à moyen terme, soit 83,8 % des crédits directs. Le court terme représente 61,8 milliards et le long terme 2,5 milliards.

Cette photographie fait apparaître des ressources clientèle majoritairement à vue face à des crédits surtout classés à moyen terme. Elle ne permet toutefois pas de mesurer un décalage de maturité : il faudrait connaître les échéances contractuelles, la stabilité observée des dépôts et les indicateurs réglementaires de liquidité.

322 milliards FCFA en titres de placement et interbancaire

SCB Cameroun comptabilise par ailleurs 107,2 milliards FCFA de titres de placement et 215,1 milliards d’opérations interbancaires et de trésorerie. Ces deux postes totalisent 322,3 milliards FCFA, soit 35,3 % du bilan. Après déduction de 29,5 milliards de dettes interbancaires et rattachées, la position interbancaire nette reste positive à l’actif de 185,6 milliards FCFA.

Le capital de 10,54 milliards FCFA et le poste agrégé de 80,65 milliards réunissant réserves, report à nouveau et provisions pour risques généraux totalisent 91,19 milliards, l’équivalent de 10 % du bilan. Ce montant ne correspond ni à la situation nette, ni aux fonds propres prudentiels, puisque le second poste regroupe des éléments de nature différente.

Au 31 décembre 2025, le rapport financier d’Attijariwafa bank faisait état de 86,07 milliards FCFA de fonds propres réglementaires pour 543,92 milliards de risques pondérés chez SCB Cameroun. Le ratio global de solvabilité ressortait à 15,82 %, contre un minimum requis de 11,50 %, soit une marge de 4,32 points. Ces données sont antérieures de sept mois à la situation examinée ici.

Attijariwafa bank détient 51 % de SCB Cameroun. L’annexe publiée avec ses résultats au 30 juin 2026 reprend, pour la filiale camerounaise, un résultat net de 18,028 milliards FCFA et une situation nette de 105,395 milliards. Ces deux chiffres sont cependant arrêtés au 31 décembre 2025.

La publication de juillet ne contient ni produit net bancaire, ni charges, ni résultat, ni ratios prudentiels actualisés. Elle documente le volume et la structure du bilan, pas la rentabilité de SCB Cameroun en 2026.

Baudouin Enama

Lire aussi :

25-06-2026 – Banques : le top 5 des plus grands financiers de l’économie camerounaise au premier trimestre 2026

09-12-2025 – SCB Cameroun : les défis qui attendent le Marocain Nabil Kadiri à la direction générale

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une Camerounaise de 24 ans tuée, son ex-compagnon placé en détention

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une Camerounaise de 24 ans tuée, son ex-compagnon placé en détention
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Une Camerounaise de 24 ans, Yomi Mbakob Virginie Sonya, a été tuée en Allemagne. Le parquet accuse son ancien compagnon, un Congolais de 29 ans et père de son enfant, d’être l’auteur de l’agression.

Virginie a été attaquée lundi 31 août 2026 vers 6 h 30, rue Leo-Hendrik-Baekeland à Erkner, dans le Brandebourg, près de Berlin. Selon la police du Brandebourg, elle a succombé à ses blessures malgré l’intervention des secours. Les autorités allemandes privilégient la thèse de l’arme blanche.

Le parquet de Francfort-sur-l’Oder indique que le suspect est un Congolais de 29 ans qui avait entretenu une relation avec Virginie. Le couple avait un enfant mineur.

Le parquet indique qu’un différend relatif à la garde de leur enfant est examiné comme mobile possible du meurtre. L’identité du suspect n’a pas été divulguée publiquement par les autorités allemandes.

Un suspect a été arrêté après avoir prétendument pris la fuite. La police a déclaré que l’homme avait initialement quitté les lieux après l’agression, mais qu’il avait été localisé et arrêté peu après grâce aux informations fournies par des témoins.

Un juge a ensuite émis un mandat d’arrêt et le suspect est actuellement en détention provisoire, tandis que les enquêteurs poursuivent leur enquête sur les circonstances du décès de Virginie.

Le parquet de Francfort-sur-l’Oder instruit l’affaire pour meurtre. Le parquet indique qu’il existe des soupçons sérieux que le meurtre ait été commis pour des « motifs vils », selon la définition du droit pénal allemand, bien que les circonstances et le mobile exacts fassent encore l’objet d’une enquête.

L’accusé n’a pas été condamné et reste présumé innocent jusqu’à ce que l’affaire soit jugée. Le ministre de l’Intérieur du Brandebourg, Jan Redmann, a confirmé le 2 septembre que le suspect avait été placé en détention provisoire.

Les autorités allemandes ont également indiqué que l’accusé n’avait pas d’antécédents judiciaires en Allemagne. Il résidait en Allemagne sous un statut de séjour temporaire toléré, appelé Duldung, qui devait expirer le 10 septembre 2026.

Virginie laisse derrière elle une jeune fille

La famille de Virginie annonce qu’elle laisse derrière elle une fille de trois ans. Ses proches ont lancé une cagnotte en ligne afin de rapatrier son corps au Cameroun pour ses funérailles.

L’appel aux dons, lancé par Francine Ngaha Mbakob et Johann Mbakob, précise que la famille sollicite un soutien financier pour couvrir les frais de rapatriement et d’obsèques. Vendredi 4 septembre au matin, la cagnotte avait déjà permis de récolter plus de 8 000 € auprès de plus de 400 donateurs.

La famille a qualifié le décès de Virginie de perte dévastatrice et a lancé un appel à la solidarité auprès de ses amis, de ses proches et de la communauté camerounaise.

L’ambassade du Cameroun confirme le décès

L’ambassade du Cameroun en Allemagne a officiellement confirmé l’identité et le décès de Virginie. Dans un communiqué, l’ambassade a indiqué avoir contacté les autorités allemandes afin d’obtenir des informations complémentaires sur le meurtre et l’enquête en cours. Elle a présenté ses condoléances à la famille de Virginie et à la communauté camerounaise en Allemagne.

L’ambassade a également appelé au calme tandis que les autorités allemandes poursuivent leur enquête.

Ce meurtre ravive les inquiétudes concernant les violences faites aux femmes. Le décès de Virginie a également attiré l’attention en Allemagne sur les violences faites aux femmes par leur conjoint ou ex-conjoint.

La chaîne de télévision régionale allemande rbb a présenté le meurtre d’Erkner comme un féminicide présumé, tandis que les associations de protection des femmes du district d’Oder-Spree ont également réagi à l’affaire.

Ce meurtre survient quelques jours seulement après le meurtre d’une autre femme dans le même district allemand, dans une affaire distincte impliquant un ancien partenaire.

Pour la famille de Virginie, la priorité immédiate est de rapatrier son corps au Cameroun et de prendre soin de sa jeune fille. Les enquêteurs allemands poursuivent leurs efforts pour établir le déroulement exact des événements ayant conduit à l’agression et en déterminer le mobile.

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Fabrice Mayebi claque la porte du directoire du Synafoc

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Ma sortie du Comité Directeur du SYNAFOC : dix (10) années d’engagement et la nécessité de dire les choses.

PARIS, le 02/SEPTEMBRE/2026

Après près de dix années de présence et d’engagement au sein du Comité directeur du SYNAFOC, j’ai appris avec regret ma sortie de la liste du COMITÉ DIRECTEUR, par « ÉJECTION » d’un groupe WHATSAPP.

Cette décision, qui pour moi est réellement une bonne nouvelle, ne saurait, à mes yeux, être dissociée du contexte qui l’entoure et des prises de position que j’ai assumées ces dernières semaines.

Je souhaite aujourd’hui faire savoir que je n’ai jamais accepté de céder aux PRESSIONS, aux CHANTAGES ou aux

ARRANGEMENTS qui ne correspondent ni à mes VALEURS ni à la CONCEPTION que je me fais d’un engagement

SYNDICAL.

FABRICE MAYEBI, J’ai également choisi de prendre la PAROLE face à des propos, des COMMÉRAGES et des informations qui auraient

été colportés à mon sujet par le président GEREMI NJITAP, le secrétaire Général ainsi que certains membres du Comité directeur. Face à ces faits, j’ai, à deux reprises, demandé des explications claires et précises.

Des actions commises lâchement, via un autre groupe WHATSAPP, créé en CATIMINI, quelques jours avant les

ÉLECTIONS « douteuses » de ce jour 02 SEPTEMBRE 2026.

J’ai notamment demandé que toute la lumière soit faite sur les circonstances entourant une CONVOCATION dont j’ai naïvement accusé la réception et dont L’AUTHENTICITÉ et les conditions d’établissement m’interpellent particulièrement.

À ce jour, je n’ai obtenu aucune réponse à ces demandes.

Je REGRETTE profondément cette absence de DIALOGUE et de TRANSPARENCE. Lorsqu’un SYNDICAT prétend

défendre les INTÉRÊTS de ses MEMBRES et des ACTEURS qu’il représente, il devrait être le PREMIER lieu où la VÉRITÉ,

la CONTRADICTION et la responsabilité peuvent s’exprimer LIBREMENT.

Dix années d’engagement, un constat AMER

Durant près de dix ans, j’ai été un acteur engagé de l’intérieur. J’ai observé, participé (même quand mon avis n’a jamais été entendu) et accompagné la vie de cette ORGANISATION.

C’est précisément cette expérience qui me permet aujourd’hui de porter un constat que je ne peux plus taire : le SYNAFOC s’est progressivement éloigné de ses OBJECTIFS et de sa mission première. 01 / 03

Ce récit clair émane de mon apprentissage auprès du plus grand, du Père FONDATEUR, je l’ai vu MARCHER, bouger, combattre, à en perdre le SOMMEIL, à en perdre sa VIE pour le SYNDICAT.

En effet, Mr DAVID MAYEBI, entouré de sa joyeuse bande de VISIONNAIRES, son excellence ROGER MILLA, Le

Ministre AMBA SALA, MAMA PIERROT, Mr BEP SOLO, Docteur NGALLE… ont laissé un SYNDICAT vaillant et

DEBOUT, peuvent constater les DÉGÂTS glaçants :

→ Trop peu D’ACTIONS concrètes.

→ Trop peu d’initiatives STRUCTURANTS.

→ Trop peu de présence auprès de ceux qui devraient pourtant être au CŒUR de notre engagement : Les

JOUEURS.

→ Le combat et l’interruption du dialogue avec L’INSTANCE FAÎTIÈRE du FOOTBALL au CAMEROUN : la FÉDÉRATION

CAMEROUNAISE de FOOTBALL

→ Les ASSEMBLÉES GÉNÉRALES programmées en fonction des HUMEURS du SECRÉTAIRE GÉNÉRALE et de son

PRÉSIDENTGEREMI NJITAP.

→ Les RÉUNIONS du comité directeur ayant lieu tous les deux ANS, par voie numérique avec des contenus FADES (en réalité qu’est-ce qu’il y avait à présenter ?).

→ Des MEMBRES du comité directeur, qui, guidés par les besoins du VENTRE, s’extasient devant les « réussites »

personnelles de leur PRÉSIDENT.

Et j’en passe…

Lentement mais sûrement, j’ai vu L’ORGANISATION perdre de sa DYNAMIQUE, de sa CRÉDIBILITÉ et de sa CAPACITÉ d’action.

Un SYNDICAT de JOUEURS ne peut durablement fonctionner sans un contact réel, régulier et constructif avec les

JOUEURS eux-mêmes. Il ne peut se contenter d’exister à travers des RÉUNIONS, des positions de principe ou des

QUERELLES internes.

Notre responsabilité première devrait être de DÉFENDRE, d’accompagner, de PROTÉGER et de représenter efficacement les ACTEURS du FOOTBALL.

Je constate malheureusement que cette priorité semble avoir été progressivement reléguée au second plan.

Je REFUSE de me taire

Ma SORTIE du Comité directeur ne changera donc rien à mes CONVICTIONS.

Je refuse que mon engagement de près de dix années soit réduit au SILENCE par des DÉCISIONS dont je CONTESTE les motivations et les MÉTHODES.02 / 03

Je refuse également de CAUTIONNER ce que je considère comme une dérive préoccupante d’une organisation qui, à mes yeux, devrait être au-dessus des intérêts personnels, des calculs individuels et des considérations particulières.

Je continuerai à DÉFENDRE mes convictions avec la même DÉTERMINATION, que je sois ou non membre d’une liste ou d’un Comité directeur.

Préjudice moral : Des suites qui pourraient être JUDICIAIRES

Face aux éléments dont je dispose et à l’absence de réponses apportées à mes demandes d’explications, je me réserve désormais le droit de saisir les JURIDICTIONS et autorités compétentes afin de faire valoir mes droits et de préserver mes intérêts.

Cette démarche ne serait pas motivée par une volonté de régler des comptes, mais par la nécessité de faire établir les faits et les responsabilités lorsque le dialogue interne ne permet plus d’obtenir les réponses attendues.

Au-delà de ma situation personnelle, c’est également l’avenir et la CRÉDIBILITÉ du SYNAFOC qui sont en jeu. Après près de dix années passées au sein de cette organisation, je considère avoir le devoir de parler.

Je le fais aujourd’hui avec GRAVITÉ, mais aussi avec la CONVICTION que le SYNDICALISME ne peut avoir de sens que lorsqu’il repose sur la transparence, l’intégrité, le courage, la responsabilité et la défense réelle des intérêts

des joueurs.

Le SYNAFOC mérite mieux que des personnes qui pensent EXCLUSIVEMENT à se (re)faire une SANTÉ FINANCIÈRE. Il mérite de retrouver son essence, et surtout sa raison d’être : LES JOUEURS

FABRICE MAYEBI

Ancien membre du Comité directeur du SYNAFOC

Propos retranscrit par SOULEYMANOU Abdou

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Affaire Trafigura : bataille autour de 4,2 milliards FCFA pour une cargaison d’essence jugée non conforme par la Sonara

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Affaire Trafigura : bataille autour de 4,2 milliards FCFA pour une cargaison d’essence jugée non conforme par la Sonara
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(Investir au Cameroun) – Une cargaison d’essence livrée à la Société nationale de raffinage (Sonara) fin novembre 2025 est à l’origine d’un contentieux avec Trafigura. Le raffineur camerounais estime que le produit ne respectait pas les caractéristiques prévues au contrat. Le négociant international conteste cette conclusion. Entre plusieurs analyses contradictoires, une procédure judiciaire engagée à Limbé puis un recours devant la justice britannique, le différend a déjà conduit au paiement de 6,49 millions d’euros, soit environ 4,26 milliards FCFA, à Trafigura. Mais la question centrale reste entière : l’essence livrée était-elle conforme au contrat ?

L’affaire remonte au 6 octobre 2025. Ce jour-là, la Sonara conclut avec Trafigura Pte Limited, société de négoce de matières premières basée à Singapour, un contrat portant sur 35 000 tonnes de gasoil et 20 000 tonnes d’essence, avec une marge de plus ou moins 5 % laissée au vendeur. Le gasoil est livré et payé sans difficulté. C’est la cargaison d’essence qui déclenche le différend.

Le navire MT Seavictory arrive au large du Cap Limboh le 28 novembre 2025. Dès le lendemain, des échantillons sont prélevés pour vérifier si l’essence répond aux caractéristiques prévues dans le contrat. Les premiers résultats signalent des anomalies sur deux paramètres : l’indice d’octane, l’un des principaux critères de qualité de l’essence, et la teneur en gommes, c’est-à-dire en résidus susceptibles de se former dans le carburant.

Trafigura conteste ces résultats et demande de nouveaux prélèvements. Une deuxième analyse conclut que l’indice d’octane respecte finalement la norme prévue, mais maintient une anomalie sur les gommes. Un troisième échantillonnage, réalisé le 6 décembre, aboutit cette fois à la conclusion inverse : le produit est déclaré conforme et Hydrac délivre un certificat de qualité le lendemain.

Les contrôles ne s’arrêtent pourtant pas là. De nouveaux prélèvements sont effectués à la mi-décembre, notamment à la demande de la Sonara. Le raffineur signale alors un problème de couleur du carburant et affirme que le produit forme des résidus avec le temps. Trafigura rejette ces conclusions. Le 24 décembre 2025, la Sonara notifie finalement le rejet de la cargaison pour non-conformité.

Une lettre de crédit de 4,26 milliards FCFA

Le différend ne porte pas seulement sur la possibilité pour la Sonara de refuser l’essence. Il concerne également son paiement.

Pour régler une partie de l’opération, la Sonara avait fait ouvrir le 28 novembre 2025 une lettre de crédit d’un montant maximal de 6,49 millions d’euros, soit environ 4,26 milliards FCFA. Dans ce type de transaction internationale, une lettre de crédit constitue un engagement pris par une banque de payer le vendeur lorsque les documents prévus sont présentés conformément aux conditions convenues. Elle vise notamment à éviter que le paiement d’une cargaison internationale dépende uniquement d’un conflit ultérieur entre l’acheteur et le vendeur.

La lettre avait été émise par BGFI Bank Cameroun et confirmée par Afreximbank. Après avoir rejeté l’essence, la Sonara tente d’empêcher son paiement. Le 6 janvier 2026, elle demande à BGFI Bank Cameroun de suspendre la lettre de crédit. La banque accepte de prolonger sa durée de validité, mais refuse de bloquer le paiement de sa propre initiative.

La Sonara se tourne alors vers la justice camerounaise. Le 4 février 2026, elle saisit le Tribunal de première instance de Limbé afin d’obtenir la suspension du paiement jusqu’à ce qu’un laboratoire international permette de trancher le différend sur la qualité du carburant.

Trafigura conteste cette procédure. Le négociant s’appuie sur le contrat de vente et sur la lettre de crédit, qui prévoient l’application du droit anglais et attribuent à la High Court de Londres la compétence pour régler les litiges entre les parties.

Malgré la procédure engagée à Limbé, Afreximbank verse finalement 6,49 millions d’euros à Trafigura le 9 avril 2026. Ce paiement ne signifie toutefois pas que la qualité de l’essence a été reconnue par la justice. Il résulte du mécanisme de la lettre de crédit.

Londres tranche sur la juridiction, pas sur la qualité de l’essence

C’est sur cette distinction que repose la décision rendue le 30 juillet 2026 par la High Court de Londres. Saisie par Trafigura, la juridiction britannique a ordonné à la Sonara de mettre fin à la procédure engagée devant le tribunal de Limbé.

Le juge Michael Green a considéré que cette procédure camerounaise contrevenait à la clause du contrat attribuant compétence aux juridictions anglaises. La décision porte donc sur le lieu où le différend doit être jugé et sur le respect du mécanisme de paiement convenu entre les parties. Elle ne détermine pas si l’essence livrée par Trafigura était effectivement conforme ou non.

La Sonara a d’ailleurs indiqué devant la High Court qu’elle envisageait d’engager une procédure à Londres pour récupérer les sommes versées et réclamer des dommages sur la base du différend relatif à la qualité du carburant. Trafigura, de son côté, maintient que la cargaison respectait les spécifications contractuelles.

Après plusieurs analyses contradictoires et le versement de 4,26 milliards FCFA au négociant, le fond du dossier reste donc à juger. La prochaine bataille judiciaire devra établir si le rejet de la cargaison par la Sonara était justifié au regard des caractéristiques de qualité prévues dans le contrat.

Amina Malloum

Lire aussi :

29-06-2026 – Sonara : les nouveaux contours du projet de réhabilitation des infrastructures, finalement porté à 700 milliards de FCFA

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