Actualités locales
Marchés publics : 43 entreprises sous la menace de résiliation de contrats dans l’Adamaoua, l’Extrême Nord et l’Ouest

(Investir au Cameroun) – Le ministre délégué à la Présidence chargé des Marchés publics, Ibrahim Talba Malla, a donné 21 jours à 43 entreprises pour reprendre ou achever des marchés publics abandonnés dans l’Adamaoua, l’Extrême-Nord et l’Ouest. Les contrats concernés représentent un montant calculé cumulé de plus de 1,5 milliard de FCFA, selon la liste annexée du communiqué du MINMAP signé le 6 août 2026.
Les entreprises visées ont été identifiées pour avoir «abandonné l’exécution d’au moins un marché» au cours des exercices budgétaires 2023, 2024 et 2025. Le ministre leur demande soit de reprendre les prestations, soit de fournir les éléments permettant de justifier leur situation. «aux prestataires concernés l’effet de reprendre ou d’achever les travaux en question et de lui informer, ou alors de produire les justificatifs nécessaires à même de sous-tendre leur retrait de la liste établie», indique le communiqué.
Le MINMAP ne s’arrête toutefois pas à cette mise en demeure. À l’issue du délai accordé, les contrats concernés pourraient être résiliés. «Passé ce délai de 21 jours, il sera procédé purement et simplement à leur résiliation», avertit Ibrahim Talba Malla.
Cette nouvelle opération intervient alors que l’abandon des chantiers reste un problème récurrent dans l’exécution de la commande publique au Cameroun. Le rapport de l’Agence de régulation des marchés publics (ARMP) sur l’exercice 2023 recense 217 chantiers abandonnés. Les collectivités territoriales décentralisées représentaient à elles seules 197 cas en 2023, soit 91% du total.
Le phénomène touche particulièrement les projets d’infrastructures. Sur les 217 chantiers abandonnés recensés en 2023, 186 relevaient des infrastructures, soit 86% du total. Le rapport fait également état de 128 projets de bâtiments et équipements collectifs et de 26 projets d’infrastructures routières.
Le ministère veut par ailleurs élargir le recensement. Ibrahim Talba Malla demande aux maîtres d’ouvrage et maîtres d’ouvrage délégués de lui transmettre « sans délai » les informations relatives aux autres marchés abandonnés. Les ministères, gouverneurs, préfets, chefs de projets, collectivités territoriales décentralisées et établissements publics administratifs sont notamment concernés.
Amina Malloum
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Actualités locales
Paris sportifs au Cameroun : flou sur les opérateurs agréés, mystère sur les recettes fiscales collectées

(Investir au Cameroun) – Le Cameroun dispose d’un dispositif fiscal encadrant les paris sportifs, mais les données publiques recensées dans une étude publiée en octobre 2026 ne permettent pas de déterminer combien cette activité rapporte effectivement aux finances publiques. Dans sonBaromètre des paris sportifs en Afrique francophone, AfriBallon indique n’avoir retrouvé ni chiffre d’affaires consolidé du secteur, ni montant officiel vérifiable des recettes fiscales collectées auprès des opérateurs. Le nombre exact d’entreprises disposant d’une autorisation valide reste également difficile à établir.
AfriBallon est un site d’information consacré au football et aux paris sportifs, qui publie également des comparateurs d’offres de bookmakers. Édité par LLAO LLAO LTD, une société établie à Maurice, il indique percevoir des commissions d’affiliation de certains opérateurs. Son baromètre compare les dispositifs de régulation et les données économiques disponibles au Cameroun, en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Il s’agit d’une étude documentaire, fondée sur des sources consultées le 9 octobre 2026, et non d’une enquête de terrain.
Au Cameroun, les entreprises exploitant des jeux de divertissement, d’argent et de hasard sous les régimes de la concession ou de l’autorisation sont soumises à une redevance annuelle de 2 % de leur chiffre d’affaires hors taxes. Depuis la réforme de la fiscalité locale de décembre 2024, son recouvrement relève de la Direction générale des impôts (DGI).
La loi de finances 2026 a clarifié cette compétence en confiant exclusivement aux services fiscaux de l’État le recouvrement de la redevance. L’article C 132 du Code général des impôts prévoit désormais une déclaration et un paiement trimestriels, dans les quinze jours suivant la fin de chaque trimestre, sur la base du chiffre d’affaires réalisé. Une partie du produit de cette redevance est affectée aux Régions, par l’intermédiaire du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (FEICOM).
Des droits d’autorisation pouvant atteindre 300 millions de FCFA
La fiscalité du secteur comprend également des droits d’entrée et de renouvellement des titres d’exploitation. La loi de finances 2025 a fixé ces droits à 300 millions de FCFA pour les jeux en ligne. Le tarif est différent pour les paris relevant des concessions de types A et B, dont les droits sont respectivement fixés à 10 millions et 5 millions de FCFA.
Les transactions financières associées aux jeux sont également taxées. Depuis 2025, les transferts et retraits d’argent réalisés via les plateformes électroniques de jeux de hasard et de divertissement sont soumis à une taxe de 1 %, contre 0,2 % pour les opérations relevant du taux de droit commun. Un droit spécifique de 4 FCFA par transaction s’ajoute au prélèvement proportionnel. Son champ d’application dépasse toutefois les seuls jeux d’argent.
Ces dispositions identifient plusieurs sources de recettes publiques, sans permettre d’en mesurer le rendement. Les documents recensés par AfriBallon ne précisent ni les montants effectivement recouvrés auprès des opérateurs de paris sportifs, ni le nombre d’entreprises ayant acquitté les droits d’autorisation. La redevance annuelle de 2 % couvre en outre plusieurs catégories de jeux. Même si son produit global était publié, une ventilation serait nécessaire pour isoler la contribution des paris sportifs.
L’absence de données consolidées dans les documents examinés ne signifie pas que l’administration fiscale ne possède pas ces informations. Elle empêche cependant de mesurer, à partir de ces seules sources publiques, le poids économique de l’activité et sa contribution effective aux recettes publiques.
Aucun registre public des opérateurs retrouvé au Cameroun
La comparaison avec la Côte d’Ivoire et le Sénégal fait apparaître une autre différence : la disponibilité des informations sur les entreprises autorisées à exercer.
En Côte d’Ivoire, l’Autorité de régulation des jeux de hasard (ARJH) recensait 17 opérateurs privés agréés sur une liste consultée par AfriBallon le 9 octobre 2026. Au Sénégal, la Loterie nationale sénégalaise (LONASE) a rendu publique, le 30 juin 2026, une liste de 17 plateformes de jeux en ligne autorisées. Ces décomptes ne couvrent toutefois pas exactement le même périmètre : le premier concerne des opérateurs privés, le second des plateformes.
Au Cameroun, les autorisations d’exploitation sont délivrées par le ministère de l’Administration territoriale (MINAT). Pourtant, AfriBallon indique n’avoir retrouvé aucun registre public équivalent sur le site de cette administration. Les chiffres relayés dans la presse sur le nombre de bookmakers actifs ne permettent pas de déterminer combien disposent effectivement d’une autorisation en cours de validité.
L’existence d’autorisations individuelles est néanmoins documentée par certains opérateurs. Dans ses conditions générales actualisées le 14 octobre 2026, Betclic Cameroun déclare avoir obtenu, le 28 avril 2026, l’autorisation ministérielle n°000059/A/MINAT/SG/DAP/SDLP/SJ/ pour proposer des jeux en ligne sur le territoire camerounais.
Cette référence publiée par l’entreprise ne constitue toutefois pas une confirmation administrative indépendante et ne permet pas de reconstituer la liste complète des opérateurs agréés. Pour établir les recettes fiscales effectivement générées par les paris sportifs, deux informations restent notamment nécessaires : le nombre d’autorisations en cours de validité, détenu par le MINAT, et la ventilation des prélèvements effectivement recouvrés, relevant des administrations fiscales et financières compétentes.
Baudouin Enama
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