Connect with us

Actualités locales

la camerounaise Rosine Flore Mboule, au cœur des actions humanitaires de la Monusco

Published

on

la camerounaise Rosine Flore Mboule, au cœur des actions humanitaires de la Monusco
Spread the love

Dans un établissement où plus de 2 200 détenus vivent pour une capacité de 500 places, la sécurité pénitentiaire ne peut être dissociée de la santé publique ni du respect de la dignité humaine. À Bunia, en Ituri, Rosine Flore MBOULE, officier pénitentiaire et cheffe d’équipe, raconte un travail quotidien fondé sur l’écoute, la coordination et la recherche de solutions concrètes.

À première vue, une prison pourrait être réduite à sa fonction première : garder les personnes privées de liberté. Sur le terrain, la réalité est autrement plus complexe. À la Prison centrale de Bunia, en Ituri, les enjeux de sécurité, de santé, d’hygiène, de prévention des violences et de respect des droits fondamentaux se croisent chaque jour.

C’est dans cet environnement que travaille Rosine Flore MBOULE, officier pénitentiaire et cheffe d’équipe à Bunia. Son quotidien est rythmé par les visites de terrain, la coordination avec les autorités, la formation du personnel et la recherche de réponses adaptées aux difficultés rencontrées dans l’établissement.

« Chaque journée est différente », explique-t-elle, mais toutes poursuivent un même objectif : contribuer à un système pénitentiaire « plus sûr, plus humain et plus efficace ».

ÊTRE AU PLUS PRÈS DES RÉALITÉS DU TERRAIN

Son travail consiste notamment à planifier et coordonner les activités de l’équipe au niveau provincial, effectuer des visites régulières à la Prison centrale de Bunia, identifier les difficultés et travailler avec les autorités compétentes à la recherche de solutions.

L’accompagnement ne se limite pas à l’administration pénitentiaire. Il comprend également des formations destinées au personnel, des séances de sensibilisation auprès des personnes détenues ainsi qu’un appui technique dans plusieurs domaines : sécurité pénitentiaire, gestion des détenus, prévention des violences, hygiène et assainissement.

Cette présence sur le terrain permet également d’assurer le suivi des projets mis en œuvre avec différents partenaires. Mais au-delà des activités techniques, Rosine Flore MBOULE insiste sur une dimension essentielle de son métier : le dialogue. « Une part importante de notre travail repose sur le dialogue, la coordination et la recherche de solutions concrètes répondant aux réalités du terrain », souligne-t-elle.

Une approche qui prend tout son sens dans un contexte où la prison fait face à des défis considérables.

LA SURPOPULATION, UN RISQUE POUR LA SÉCURITÉ ET LA SANTÉ

La Prison centrale de Bunia accueille actuellement plus de 2 200 détenus pour une capacité théorique de 500 places. Cette situation de surpopulation constitue un défi majeur pour l’administration pénitentiaire.

Elle complique la gestion quotidienne de l’établissement, mais augmente également la vulnérabilité face aux épidémies. Promiscuité, infrastructures sanitaires insuffisantes et difficulté à appliquer certaines mesures de prévention peuvent favoriser la propagation rapide d’une maladie contagieuse.

Dans le contexte de l’épidémie d’Ebola en Ituri, ces contraintes ont pris une dimension particulièrement préoccupante.

Pour Rosine Flore MBOULE, la prévention passe d’abord par la sensibilisation et l’application rigoureuse des mesures d’hygiène. Le dépistage précoce, notamment par la prise systématique de la température, la prévention et le contrôle des infections (PCI), ainsi que la disponibilité des équipements de protection individuelle sont également essentiels.

LA RÉPONSE EXIGE SURTOUT UNE MOBILISATION COLLECTIVE

L’équipe de terrain de l’UAAP à Bunia travaille ainsi avec les autorités pénitentiaires, les autorités sanitaires et plusieurs partenaires techniques, parmi lesquels l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et la Zone de santé de Bunia.

Des formations sur la prévention et le contrôle des infections ont notamment été organisées au bénéfice d’une quinzaine de membres du personnel pénitentiaire et d’une cinquantaine de détenus. Des campagnes de sensibilisation et des actions de plaidoyer ont également été menées afin de faciliter l’accès aux équipements de protection individuelle et au matériel d’hygiène.

Un centre de transit destiné à la prise en charge des cas suspects d’Ebola a par ailleurs été mis en place au sein de la Prison centrale de Bunia avec l’appui de l’OMS.

QUAND l’urgence SANITAIRE DEVIENT AUSSI UN ENJEU SÉCURITAIRE

L’un des épisodes qui a le plus marqué Rosine Flore MBOULE est précisément lié aux premiers cas suspects d’Ebola signalés dans la prison. Cinq détenus avaient été identifiés comme suspects. Dans un établissement déjà confronté à une forte surpopulation, l’annonce a immédiatement suscité des inquiétudes.

Le risque n’était pas uniquement médical. Une épidémie dans un milieu carcéral peut également provoquer des tensions, alimenter les rumeurs et fragiliser l’équilibre sécuritaire de l’établissement. Dans cette situation, l’UAAP-Bunia a joué un rôle de facilitation et de coordination entre l’administration pénitentiaire, les autorités sanitaires et les acteurs engagés dans la riposte contre Ebola.

L’alerte rapide des acteurs compétents a permis l’évaluation des cas suspects, leur transfert vers les structures appropriées et la mise en œuvre des mesures de prévention nécessaires au sein de la prison. Cette expérience a surtout montré qu’une crise sanitaire en milieu carcéral ne peut être traitée sous le seul angle médical.

« La prise en charge des personnes privées de liberté dans un contexte d’épidémie ne peut se limiter aux aspects médicaux », observe Rosine Flore MBOULE. Elle doit également intégrer les risques sécuritaires, la prévention des rumeurs et le maintien de la stabilité de l’établissement.

LA DIGNITÉ, UNE COMPOSANTE DE LA SÉCURITÉ

Cette expérience a renforcé chez elle une conviction : la sécurité pénitentiaire et la dignité humaine ne sont pas deux objectifs contradictoires. Au contraire, elles sont étroitement liées. Pour Rosine Flore MBOULE, les prisons ne sont pas des espaces coupés de la société. Elles constituent un maillon essentiel de la chaîne pénale et de l’État de droit. La justice ne s’arrête donc pas au moment où une personne est condamnée. La manière dont les personnes privées de liberté sont prises en charge peut avoir des conséquences bien au-delà des murs de la prison.

Une détention respectueuse des droits fondamentaux, associée à des programmes d’accompagnement et de réinsertion, peut favoriser le retour à la vie sociale. À l’inverse, des conditions de détention inadéquates peuvent contribuer à la marginalisation et augmenter les risques de récidive. La prison doit ainsi être pensée à la fois comme un espace de garde, de protection, mais aussi de transformation et de préparation à la réinsertion.

INVESTIR DANS LES PRISONS POUR RENFORCER LA SOCIÉTÉ

L’expérience de Bunia met en lumière une réalité souvent moins visible : améliorer les conditions de détention n’est pas seulement une question humanitaire. C’est également une question de sécurité publique et de santé collective.

Une prison surpeuplée et insuffisamment équipée est davantage exposée aux crises sanitaires, aux tensions et aux difficultés de gestion. À l’inverse, une administration soutenue, un personnel formé, des infrastructures adaptées et une meilleure coordination entre les différents acteurs contribuent à renforcer la stabilité de l’établissement et, au-delà, celle de la communauté.

C’est pourquoi Rosine Flore MBOULE plaide pour que le travail pénitentiaire soit mieux compris et davantage soutenu. « Les prisons ne sont pas uniquement des lieux de garde. Elles sont aussi des espaces de transformation et de réinsertion », rappelle-t-elle.

Son expérience à Bunia illustre ainsi une approche de la sécurité pénitentiaire qui dépasse les murs et les dispositifs de surveillance. Elle repose aussi sur la prévention, la santé, la formation, le dialogue, la dignité et la capacité à agir collectivement lorsqu’une crise survient.

Dans un contexte marqué par la surpopulation carcérale et les risques sanitaires, le message est clair : investir dans les prisons, c’est aussi investir dans une justice plus efficace, dans les droits humains et dans une société plus sûre.

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Actualités locales

Alex Nguépi quitte le SDF, après le MRC

Published

on

Alex Nguépi quitte le SDF, après le MRC
Spread the love

L’homme politique Alex Nguepi affirme que son retrait des rangs du SDF est purement un choix personnel et politique.

Alex Nguépi n’est plus militant du Social Democratic Front (SDF). L’homme politique a informé les Camerounais ce mercredi 28 octobre 2026. Dans son communiqué, il indique qu’il s’agit d’un choix mûrement pensé et réfléchi.

Retrouvez le communiqué d’Alex Nguépi.

COMMUNIQUÉ À L’ATTENTION DE L’OPINION PUBLIQUE

Objet : Annonce de ma démission du Social Democratic Front (SDF)

Camerounaises, Camerounais,
Chers compatriotes,
Chers militants et sympathisants,

Par la présente, je porte à la connaissance de l’opinion publique nationale et internationale ma décision de démissionner du Social Democratic Front (SDF), parti politique au sein duquel j’ai milité et assumé des responsabilités, notamment en qualité de responsable régional chargé de la communication pour le Littoral.

Cette décision, mûrement réfléchie, relève d’un choix personnel et politique que j’assume pleinement, en toute responsabilité et avec sérénité.
Mon engagement au sein du SDF m’a permis de vivre des expériences politiques importantes, de défendre des convictions et de participer, à mon niveau, au combat pour la démocratie, la justice sociale, l’État de droit et l’alternance politique au Cameroun.

Je tiens à exprimer ma reconnaissance à toutes celles et à tous ceux avec lesquels j’ai partagé ce parcours militant, ainsi qu’aux camarades qui m’ont accordé leur confiance et m’ont accompagné dans l’exercice de mes responsabilités.

Quitter un parti politique ne signifie pas renoncer à ses convictions, encore moins abandonner le combat pour le changement. Les formations politiques sont des cadres d’engagement, mais les idéaux de démocratie, de justice sociale, de liberté et de progrès appartiennent à tous les citoyens.

Je demeure convaincu que le Cameroun a besoin d’une classe politique responsable, d’une opposition capable de dépasser ses divisions et d’un engagement citoyen déterminé pour construire une véritable alternative au bénéfice de nos populations.

Ma démission du SDF marque donc la fin d’une étape de mon parcours politique. Elle ne saurait être interprétée comme un renoncement à mes convictions ni comme une rupture avec les citoyens qui aspirent à un Cameroun plus juste, plus démocratique et plus prospère.

Je remercie sincèrement tous ceux qui m’ont accompagné durant cette étape de mon engagement et invite chacun à respecter cette décision personnelle.

Pour ma part, je poursuis ma réflexion sur la suite de mon parcours politique, avec la même volonté de contribuer au débat public et à la construction d’un Cameroun où la dignité humaine, l’égalité des chances et l’intérêt général occupent une place centrale.
Je reste fidèle à une conviction fondamentale : la politique n’a de sens que lorsqu’elle est mise au service du peuple.

CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com

Continue Reading

Actualités locales

Pr Jean Gatsi : « la suspension du parti de Tchiroma est une victoire sur l’insurrection »

Published

on

Spread the love

« Les accusations formulées à l’encontre du FSNC ne relèvent pas de la simple critique politique, mais de la qualification pénale la plus grave. Le gouvernement […]

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

« Il n’est pas encore prêt », Steven Gerrard sur Carlos Baleba à Manchester United

Published

on

« Il n’est pas encore prêt », Steven Gerrard sur Carlos Baleba à Manchester United
Spread the love

Steven Gerrard pense que Carlos Baleba ne peut pas encore aider les Diables rouges à venir à bout d’équipes adversaires.

Steven Gerrard, l’ancienne légende de Liverpool, s’est exprimé sur Manchester United et sur ses nouvelles recrures. Le club anglais a du mal à venir à bout de ses adversaires et à gagner les matchs. Pour Steven, s’agissant de Carlos Baleba, imalgré son potentiel, il ne peut encore aider les Diables rouges.

« Regardez le milieu de terrain : ils ont recruté un joueur de Chelsea, [Andrey Santos], pour 50 millions de livres. Pourquoi recruter des joueurs qui ne sont pas assez bons pour jouer à Manchester United ? Tout simplement parce que ce sont les seuls joueurs que vous pouvez attirer actuellement. Carlos Baleba, 70 millions de livres. Il a du potentiel, mais il n’est pas encore prêt à aider Manchester United à rivaliser avec les meilleures équipes du championnat », a-t-il affirmé.

La semaine dernière, le journaliste de renom Martin Camus Mimb a fait une analyse sur Manchester United. En montrant que le problème de Manchester n’était pas André Onana, notre confrère a indiqué qu’il faut regarder ailleurs.

« Quand un club s’appelle « Diables rouges », il faut déjà commencer sa délivrance. Parce qu’il y a toujours un jour où la puissance des ténèbres devient inefficace face à la puissance de la lumière. Ça peut paraître anecdotique, mais il est difficile d’expliquer pourquoi ce club piétine depuis la retraite de Sir Alex Ferguson. Beaucoup de joueurs talentueux y sont passés. Méconnaissables lors de leur séjour là-bas et transformés dès qu’ils déménagent. Beaucoup d’entraîneurs de référence y ont fait un tour et le sort s’est acharné sur leur expertise pourtant éprouvée. Depuis deux ou trois ans, les recrutements qui y sont faits devraient produire des résultats. Qu’est-ce qui peut expliquer ces multiples déroutes ? Les heures de Carrick sont comptées, si son départ n’est pas déjà acté au moment où vous allez lire ceci. La question est donc désormais simple : C’est qui le prochain coach admis à faire valoir des droits au cimetière ? Puisque les épitaphes sont préparées dès le recrutement avec la mention : « Ici repose un homme, qui a accepté de sacrifier sa compétence au festin des diables en rouge. » Comment arrêter cette saignée ? Mbeumo, Baleba, Ahmad Diallo peuvent-ils bouger les choses ? Et si on faisait revenir André ONANA ? Aujourd’hui en tout cas, il leur serait plus utile », a-t-il déclaré.

CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici