Actualités locales
Martin Camus Mimb appelle l’Afrique à profiter de la guerre contre Infantino

La contestation autour de la gouvernance de la FIFA prend une nouvelle dimension avec la mobilisation d’anciens grands noms du football contre Gianni Infantino. Dans une analyse publiée sur les réseaux sociaux, le journaliste camerounais Martin Camus Mimb estime que cette bataille ne doit toutefois pas détourner l’Afrique de ses propres intérêts.
Pour Martin Camus Mimb, l’enjeu dépasse cependant la personne de Gianni Infantino. « Aucun des voleurs ne se bat pour l’Afrique », estime-t-il, appelant le continent à ne pas se contenter de choisir un camp dans une bataille dont les motivations seraient d’abord liées aux intérêts des différentes puissances du football mondial.
Le journaliste propose ainsi aux acteurs africains de profiter de la prochaine élection à la présidence de la FIFA, prévue en 2027, pour présenter leurs propres exigences.
Lire l’analyse de Martin Camus Mimb :
« UNE INFANTERIE CONTRE INFANTINO…
Le Collectif s’appelle « TROP CEST TROP! ». Pour le moment et en attendant les ralliements annoncés, il est constitué essentiellement d’anciens footballeurs : Emmanuel Petit : champion du monde 1998, initiateur du communiqué, Mikaël Silvestre : ancien défenseur de Manchester United, engagé dans des panels FIFA contre le racisme, Olivier Dacourt : ex-international français, co-signataire du texte, Bixente Lizarazu et Robert Pirès : autres champions du monde français, Didier Drogba : figure africaine majeure, ancien capitaine de la Côte d’Ivoire, Emmanuel Adebayor : ex-capitaine du Togo, Juan Sebastián Verón : légende argentine, Claudio Pizarro : ancien attaquant péruvien, Lucy Bronze : internationale anglaise, double championne d’Europe, Briana Scurry : gardienne américaine, championne du monde 1999.
On annonce d’autres footballeurs en activité comme Mbappé, Kane ou Yamal. Que reprochent-ils à l’actuel Président de la FIFA ? Mieux, quelles sont leurs critiques ? Réforme immédiate de la gouvernance de la FIFA : ils dénoncent une dérive vers les intérêts privés au détriment du football.
– Voix directe pour les joueurs et les supporters : exigence d’un droit de regard réel sur les décisions.
– Critique du projet FIFA Forward Enterprise : tentative de céder une part des droits commerciaux à des investisseurs privés, abandonnée sous pression des confédérations. C’est une tempête de plus, ajoutée à celle menée depuis quelque temps par l’UEFA, la Concacaf et l’AFC.
Infantino peut pour le moment compter sur la CAF et aussi sur des anciens footballeurs comme Samuel Eto’o, l’ancienne star du Barça qui est montée au filet dans une interview à CNN, pour apprécier la gouvernance d’Infantino. Il en a besoin, l’oxygène des soutiens commence à se faire rare, plus on va en altitude des prochaines élections. Mon avis sur tout cela ?
Je ne suis ni pour, ni contre le départ d’Infantino. Cela ne changera pas grand-chose au sort de l’Afrique, toujours en périphérie des grandes décisions. Même ses adversaires se battent pour conforter les positions qui leur échappent, mais jamais à l’avantage de l’Afrique. Qu’est-ce qu’il y a lieu de faire ? Réunir les forces de proposition africaines pour rédiger un mémorandum de proposition pour le développement du football africain.
Ce document, qui devra réparer toutes les frustrations africaines sur la représentativité dans les compétitions, le financement des fédérations et la représentativité africaine au sein du comité exécutif de la FIFA, devrait permettre de commercer sur le plus offrant. Ce qui se passe sous nos yeux est la caricature de la fable des voleurs et de l’âne. Aucun des « voleurs » ne se bat pour l’Afrique. C’est là que le Continent doit devenir le troisième larron, pour saisir Maître Aliboron.
Le moment n’a jamais été aussi propice pour négocier. Cette « guerre » n’est connue de nous que parce que les positions d’intérêts se sont éloignées, avec les amitiés américaines d’Infantino. Personne ne s’est levé pour défendre les supporters africains interdits de visa pour la Coupe du monde. Personne ne s’est levé pour revendiquer pour l’Iran délocalisé manu militari.
Personne n’a porté le combat de l’arbitre somalien refoulé comme un malpropre. Personne ne s’est insurgée contre la Can tous les quatre ans. Parce que l’Europe qui chiale n’y trouvait pas son intérêt. C’est son droit. L’Afrique doit donc le savoir, il ne s’agit pas de ses intérêts ici. Mais des querelles d’intérêts sur son dos. Cette élection est une occasion de rabattre les cartes.
Martin Camus MIMB »
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Actualités locales
Le journaliste Ananie Rabier Bindji inhumé immédiatement après sa mort
Il repose désormais près de sa mère au cimetière de Bonaberi c’est dans le quatrième arrondissement de la capitale économique du Cameroun.
Pleures et lamentations au domicile du journaliste éditorialiste Ananie Rabier Bindji à l’ancienne route Bonaberi, c’est dans le quatrième arrondissement de la capitale économique du Cameroun. Ce mardi 24 août 2026.
Au lendemain de son décès, son épouse encore sous le choc de la disparition ne cache pas son désarroi. «Nous avons fait un an deux mois en France à l’hôpital où il était hospitalisé. Il avait le cancer comme tout le monde le savait. Je l’ai promis une seule chose : Il m’a demandé de le ramener pour venir se reposer chez lui», explique son épouse Catherine Bindji.
Rite musulman
Une semaine après son retour au Cameroun, le journaliste est décédé dans sa chambre et sera par la suite inhumé au cimetière de Bonaberi. «Il avait dit vouloir être enterré selon le rite musulman. Que s’il meurt, on emballé son corps, on met dans la voiture on l’amène et on l’enterre directement », explique J. King un voisin.
«Nous l’avons enterré hier (lundi 24 août 2026). Il a dit s’il meurt on l’enterre immédiatement» ajoute son épouse. Il repose désormais auprès de sa mère. Le programme de ses obsèques Officiel sera communiqué ultérieurement.
École militaire à Brazzaville
Ananie Rabier Bindji était un éminent journaliste, éditorialiste et historien camerounais, décédé le 24 août 2026 à l’âge de 80 ans à Douala (Bonabéri) des suites d’une longue maladie. Figure incontournable du paysage médiatique, il était particulièrement célèbre pour avoir conçu et présenté l’émission culte La Tribune de l’histoire sur la chaîne de télévision Canal 2 International.
Né à Douala, il grandit dans le quartier du marché des chèvres avant de fréquenter le prestigieux collège Libermann. Il passe par une école militaire à Brazzaville, puis étudie la communication. Il collabore au cours de sa carrière avec le célèbre magazine panafricain Jeune Afrique.
L’histoire orale et contemporaine
Au-delà de ses émissions à succès (La Tribune de l’Histoire, Toute une histoire), il occupe le poste de Directeur de l’information puis de Directeur de la Coopération Internationale pour la chaîne. Reconnu pour son immense culture, son éloquence et sa rigueur, il était considéré comme l’un des plus grands archivistes de l’histoire orale et contemporaine du Cameroun.
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la camerounaise Rosine Flore Mboule, au cœur des actions humanitaires de la Monusco

Dans un établissement où plus de 2 200 détenus vivent pour une capacité de 500 places, la sécurité pénitentiaire ne peut être dissociée de la santé publique ni du respect de la dignité humaine. À Bunia, en Ituri, Rosine Flore MBOULE, officier pénitentiaire et cheffe d’équipe, raconte un travail quotidien fondé sur l’écoute, la coordination et la recherche de solutions concrètes.
À première vue, une prison pourrait être réduite à sa fonction première : garder les personnes privées de liberté. Sur le terrain, la réalité est autrement plus complexe. À la Prison centrale de Bunia, en Ituri, les enjeux de sécurité, de santé, d’hygiène, de prévention des violences et de respect des droits fondamentaux se croisent chaque jour.
C’est dans cet environnement que travaille Rosine Flore MBOULE, officier pénitentiaire et cheffe d’équipe à Bunia. Son quotidien est rythmé par les visites de terrain, la coordination avec les autorités, la formation du personnel et la recherche de réponses adaptées aux difficultés rencontrées dans l’établissement.
« Chaque journée est différente », explique-t-elle, mais toutes poursuivent un même objectif : contribuer à un système pénitentiaire « plus sûr, plus humain et plus efficace ».
ÊTRE AU PLUS PRÈS DES RÉALITÉS DU TERRAIN
Son travail consiste notamment à planifier et coordonner les activités de l’équipe au niveau provincial, effectuer des visites régulières à la Prison centrale de Bunia, identifier les difficultés et travailler avec les autorités compétentes à la recherche de solutions.
L’accompagnement ne se limite pas à l’administration pénitentiaire. Il comprend également des formations destinées au personnel, des séances de sensibilisation auprès des personnes détenues ainsi qu’un appui technique dans plusieurs domaines : sécurité pénitentiaire, gestion des détenus, prévention des violences, hygiène et assainissement.
Cette présence sur le terrain permet également d’assurer le suivi des projets mis en œuvre avec différents partenaires. Mais au-delà des activités techniques, Rosine Flore MBOULE insiste sur une dimension essentielle de son métier : le dialogue. « Une part importante de notre travail repose sur le dialogue, la coordination et la recherche de solutions concrètes répondant aux réalités du terrain », souligne-t-elle.
Une approche qui prend tout son sens dans un contexte où la prison fait face à des défis considérables.
LA SURPOPULATION, UN RISQUE POUR LA SÉCURITÉ ET LA SANTÉ
La Prison centrale de Bunia accueille actuellement plus de 2 200 détenus pour une capacité théorique de 500 places. Cette situation de surpopulation constitue un défi majeur pour l’administration pénitentiaire.
Elle complique la gestion quotidienne de l’établissement, mais augmente également la vulnérabilité face aux épidémies. Promiscuité, infrastructures sanitaires insuffisantes et difficulté à appliquer certaines mesures de prévention peuvent favoriser la propagation rapide d’une maladie contagieuse.
Dans le contexte de l’épidémie d’Ebola en Ituri, ces contraintes ont pris une dimension particulièrement préoccupante.
Pour Rosine Flore MBOULE, la prévention passe d’abord par la sensibilisation et l’application rigoureuse des mesures d’hygiène. Le dépistage précoce, notamment par la prise systématique de la température, la prévention et le contrôle des infections (PCI), ainsi que la disponibilité des équipements de protection individuelle sont également essentiels.
LA RÉPONSE EXIGE SURTOUT UNE MOBILISATION COLLECTIVE
L’équipe de terrain de l’UAAP à Bunia travaille ainsi avec les autorités pénitentiaires, les autorités sanitaires et plusieurs partenaires techniques, parmi lesquels l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et la Zone de santé de Bunia.
Des formations sur la prévention et le contrôle des infections ont notamment été organisées au bénéfice d’une quinzaine de membres du personnel pénitentiaire et d’une cinquantaine de détenus. Des campagnes de sensibilisation et des actions de plaidoyer ont également été menées afin de faciliter l’accès aux équipements de protection individuelle et au matériel d’hygiène.
Un centre de transit destiné à la prise en charge des cas suspects d’Ebola a par ailleurs été mis en place au sein de la Prison centrale de Bunia avec l’appui de l’OMS.
QUAND l’urgence SANITAIRE DEVIENT AUSSI UN ENJEU SÉCURITAIRE
L’un des épisodes qui a le plus marqué Rosine Flore MBOULE est précisément lié aux premiers cas suspects d’Ebola signalés dans la prison. Cinq détenus avaient été identifiés comme suspects. Dans un établissement déjà confronté à une forte surpopulation, l’annonce a immédiatement suscité des inquiétudes.
Le risque n’était pas uniquement médical. Une épidémie dans un milieu carcéral peut également provoquer des tensions, alimenter les rumeurs et fragiliser l’équilibre sécuritaire de l’établissement. Dans cette situation, l’UAAP-Bunia a joué un rôle de facilitation et de coordination entre l’administration pénitentiaire, les autorités sanitaires et les acteurs engagés dans la riposte contre Ebola.
L’alerte rapide des acteurs compétents a permis l’évaluation des cas suspects, leur transfert vers les structures appropriées et la mise en œuvre des mesures de prévention nécessaires au sein de la prison. Cette expérience a surtout montré qu’une crise sanitaire en milieu carcéral ne peut être traitée sous le seul angle médical.
« La prise en charge des personnes privées de liberté dans un contexte d’épidémie ne peut se limiter aux aspects médicaux », observe Rosine Flore MBOULE. Elle doit également intégrer les risques sécuritaires, la prévention des rumeurs et le maintien de la stabilité de l’établissement.
LA DIGNITÉ, UNE COMPOSANTE DE LA SÉCURITÉ
Cette expérience a renforcé chez elle une conviction : la sécurité pénitentiaire et la dignité humaine ne sont pas deux objectifs contradictoires. Au contraire, elles sont étroitement liées. Pour Rosine Flore MBOULE, les prisons ne sont pas des espaces coupés de la société. Elles constituent un maillon essentiel de la chaîne pénale et de l’État de droit. La justice ne s’arrête donc pas au moment où une personne est condamnée. La manière dont les personnes privées de liberté sont prises en charge peut avoir des conséquences bien au-delà des murs de la prison.
Une détention respectueuse des droits fondamentaux, associée à des programmes d’accompagnement et de réinsertion, peut favoriser le retour à la vie sociale. À l’inverse, des conditions de détention inadéquates peuvent contribuer à la marginalisation et augmenter les risques de récidive. La prison doit ainsi être pensée à la fois comme un espace de garde, de protection, mais aussi de transformation et de préparation à la réinsertion.
INVESTIR DANS LES PRISONS POUR RENFORCER LA SOCIÉTÉ
L’expérience de Bunia met en lumière une réalité souvent moins visible : améliorer les conditions de détention n’est pas seulement une question humanitaire. C’est également une question de sécurité publique et de santé collective.
Une prison surpeuplée et insuffisamment équipée est davantage exposée aux crises sanitaires, aux tensions et aux difficultés de gestion. À l’inverse, une administration soutenue, un personnel formé, des infrastructures adaptées et une meilleure coordination entre les différents acteurs contribuent à renforcer la stabilité de l’établissement et, au-delà, celle de la communauté.
C’est pourquoi Rosine Flore MBOULE plaide pour que le travail pénitentiaire soit mieux compris et davantage soutenu. « Les prisons ne sont pas uniquement des lieux de garde. Elles sont aussi des espaces de transformation et de réinsertion », rappelle-t-elle.
Son expérience à Bunia illustre ainsi une approche de la sécurité pénitentiaire qui dépasse les murs et les dispositifs de surveillance. Elle repose aussi sur la prévention, la santé, la formation, le dialogue, la dignité et la capacité à agir collectivement lorsqu’une crise survient.
Dans un contexte marqué par la surpopulation carcérale et les risques sanitaires, le message est clair : investir dans les prisons, c’est aussi investir dans une justice plus efficace, dans les droits humains et dans une société plus sûre.
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le Cameroun face à l’horreur des féminicides

L’effroi atteint son plus haut niveau à la suite des huit derniers cas de féminicides pointés en huit jours au Cameroun. Malgré la lutte contre le phénomène, les défis persistent. Les autorités sont une fois de plus interpellées.
Au moins huit femmes ont été tuées ces huit derniers jours au Cameroun, soit une femme par jour. Le dernier cas est survenu le mardi 25 août 2026 au quartier Fouda à Yaoundé. Un homme de 22 ans a poignardé à mort une femme de 44 ans, la nommée Créscence Merline, dans un hôtel. Il a tenté de s’enfuir. Rattrapé par les habitants du quartier, il est remis aux autorités. Sur lui, il a été retrouvé une corde de deux mètres et des cartes nationales d’identité d’autres femmes.
Suite à l’acte, le corps de la victime a été conduit à la morgue. Le présumé tueur est entre les mains des forces du maintien de l’ordre. L’hôtel est placé sous scellés. L’émotion et l’indignation collective continuent de réclamer justice. Tant pour ce cas que pour les centaines de cas précédents. Le phénomène de féminicides déjà décrié au sein de la société camerounaise depuis des années va en s’aggravant.
Pour les huit premiers mois de l’année 2026, plus de 60 femmes ont été tuées dans des conditions effroyables. Malgré les mesures gouvernementales prises et communiquées au public au cours d’une conférence de presse conjointe des membres du gouvernement en juin dernier, le mal continue de progresser. D’après les chiffres relevés par le gouvernement camerounais, le nombre de cas s’accroît au fil des ans. 50 femmes tuées en 2023, 67 en 2024, 77 en 2025 et déjà plus de 60 cas avant la fin du huitième mois de l’année 2026. Soit un total d’environ 254 femmes en presque quatre ans.
Aux mesures gouvernementales qui sont mises en œuvre sans toutefois être suivies de résultats durables, s’ajoutent les initiatives et actions de la société civile. Les organisations de la société civile et des féministes individuels s’activent pour lutter contre le phénomène à travers la sensibilisation, la formation, l’appui à l’autonomisation des femmes ainsi que la prise en charge des victimes de violences. Le premier forum national sur la lutte contre les féminicides a réuni plusieurs acteurs en mars dernier à Yaoundé. Des plaidoyers contenant des propositions de solutions à mettre en œuvre sont introduits auprès des autorités. Des solutions innovantes proposées se mêlent encore à de nombreux défis.
L’un des plus significatifs concerne la répression avec une législation considérée comme ne prenant pas en compte de manière spécifique les cas de féminicides. L’adoption du Code de la famille piétine, tout comme la criminalisation des féminicides reste une proposition des juristes féministes.
Tout compte fait, il est indéniable que la situation préoccupe la société entière. Une lutte collective mettant en avant le gouvernement et les autres entités publiques et privées peut accélérer l’action curative.
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