Le football féminin camerounais a franchi un nouveau cap. Après le sacre des Lionnes Indomptables à la CAN 2026, Joseph-Antoine Bell estime même que les femmes font désormais mieux que les hommes sur plusieurs aspects.
Joseph-Antoine Bell préfère le football féminin au Cameroun
Joseph-Antoine Bell n’est pas du genre à mâcher ses mots. L’ancien gardien des Lions Indomptables vient de livrer une analyse qui risque de faire parler dans le football camerounais.
Pour lui, le constat est assez clair : le football féminin a pris une longueur d’avance. « Le football féminin au Cameroun aujourd’hui est meilleur que le football masculin. Ce que je vois dans la Ligue féminine est meilleur que dans la Ligue masculine. Elles ont le programme de la saison, ce que les hommes n’ont pas », a-t-il déclaré à BBC Afrique.
Derrière cette comparaison, Bell ne parle pas uniquement de résultats sportifs. Il pointe surtout la question de l’organisation. À ses yeux, le championnat féminin dispose d’un calendrier plus lisible et d’une programmation plus régulière.
C’est un détail en apparence. Pourtant, dans un championnat professionnel, savoir où l’on va plusieurs mois à l’avance change beaucoup de choses.
Le sacre des Lionnes peut accélérer le développement
Le titre continental remporté par les Lionnes Indomptables donne évidemment du poids au discours de Joseph-Antoine Bell. Le Cameroun a remporté sa première CAN féminine en 2026, après sa victoire en finale contre le Malawi. Cette performance a renforcé l’intérêt autour de la sélection féminine.
Bell considère justement ce sacre comme une occasion à saisir. Le football féminin camerounais a encore des lacunes, mais sa progression devient difficile à ignorer.
L’ancien international reste d’ailleurs prudent lorsqu’il compare le Cameroun aux meilleures nations africaines.
« Ce n’est pas encore du niveau du Maroc ou de l’Égypte, mais ce qui est fait ici est déjà meilleur que pour les hommes », a-t-il poursuivi.
La comparaison avec le Maroc et l’Égypte n’est pas anodine. Ces deux pays ont investi dans leurs compétitions et leurs infrastructures féminines. Le Cameroun dispose donc encore d’une marge de progression importante.
Les mêmes primes pour les joueuses, un signal fort
Autre élément mis en avant par Joseph-Antoine Bell : la décision des autorités camerounaises d’accorder aux Lionnes les mêmes primes que celles versées aux hommes.
Pour l’ancien gardien, cette mesure représente une avancée symbolique forte. Elle intervient surtout dans un contexte où les joueuses camerounaises cherchent encore à obtenir davantage de reconnaissance et de visibilité.
« Je félicite vraiment l’État qui a décidé de leur donner les mêmes primes que les hommes. Ce qui n’était jamais arrivé ici et dans les autres pays. Je crois que désormais le football féminin au Cameroun aura plus de sponsors et de regards », a déclaré Bell.
Cette égalité dans les primes pourrait aussi avoir un effet au-delà des sélections nationales. Une meilleure exposition médiatique, des résultats internationaux et un championnat mieux structuré peuvent rendre le football féminin plus intéressant pour les entreprises.
Les sponsors désormais attendus autour des Lionnes
C’est peut-être là que se situe le prochain défi. Le titre continental offre une vitrine exceptionnelle aux joueuses camerounaises. Encore faut-il transformer cette visibilité en investissements durables.
Joseph-Antoine Bell croit justement à cet effet domino. Plus les Lionnes seront suivies, plus les partenaires pourraient se montrer intéressés. Et avec davantage de moyens, les clubs féminins pourraient améliorer leurs conditions de travail, leur encadrement et la préparation des joueuses.
Le changement ne se fera évidemment pas en quelques semaines. Mais le contexte est différent après ce sacre. Les performances de la sélection ont créé une dynamique que le football camerounais aurait intérêt à entretenir.
La question sera maintenant de savoir si cette réussite internationale peut se traduire durablement dans le championnat, les clubs et la formation des jeunes joueuses. C’est à ce niveau que le football féminin camerounais pourra réellement mesurer le chemin parcouru.














