Michaely Bihina a marqué la CAN féminine 2026 avec le Cameroun. Meilleure gardienne du tournoi, elle raconte aussi un pari lancé par Samuel Eto’o.
Et si le sacre des Lionnes Indomptables avait commencé trois ans et demi plus tôt ? À 22 ans, Michaely Bihina a été l’une des grandes figures de la CAN féminine 2026, au point de décrocher le titre de meilleure gardienne du tournoi.
Michaely Bihina, la gardienne qui a changé de dimension
Le Cameroun tient une nouvelle héroïne. À seulement 22 ans, Michaely Bihina s’est imposée comme l’un des visages du sacre des Lionnes Indomptables à la CAN féminine 2026.
Titulaire dans les cages camerounaises, la portière a enchaîné les prestations de haut niveau tout au long de la compétition. Son calme, ses réflexes et surtout sa capacité à répondre présente dans les moments chauds ont pesé lourd dans le parcours de la sélection.
Son couronnement individuel est venu confirmer cette impression. Bihina a été élue meilleure gardienne du tournoi, une récompense qui vient consacrer une CAN particulièrement réussie.
Mais derrière cette ascension, il existe une histoire moins connue. Celle d’un pari lancé plusieurs années auparavant par Samuel Eto’o.
Samuel Eto’o avait déjà repéré Michaely Bihina
Le président de la Fecafoot se souvient parfaitement de sa première conversation avec la jeune gardienne.
Trois ans et demi avant le sacre continental, Michaely Bihina aurait reçu plusieurs sollicitations. Elle ne s’attendait surtout pas à recevoir directement un appel du président de la Fédération camerounaise de football.
« Il y a trois ans et demi, j’ai passé mon premier coup de fil aux joueuses. Notre gardienne, qui avait reçu plusieurs offres, je l’ai appelée. Elle était surprise et, au départ, elle ne croyait même pas que c’était moi », a raconté Eto’o.
L’ancien capitaine des Lions Indomptables ne voulait pas seulement lui parler de football. Il souhaitait surtout lui transmettre une vision.
Et le message était simple : faire confiance au projet et accepter de patienter.
« Nous allons gagner » : la promesse faite à la gardienne
Samuel Eto’o aurait alors exposé à Michaely Bihina une ambition qui pouvait sembler lointaine à l’époque.
« Je suis convaincu que je peux te donner les outils pour gagner. Mais j’ai besoin que tu me fasses confiance. Cela peut prendre un mois, deux mois, deux ans ou trois ans, mais nous allons gagner. »
La suite ressemble presque à un scénario écrit à l’avance.
Trois ans et demi plus tard, le Cameroun a effectivement remporté la CAN féminine 2026. Et au cœur de cette conquête, Bihina a occupé une place prépondérante.
Neuf arrêts contre le Nigeria
Le quart de finale face au Nigeria restera probablement comme l’un de ses matchs références.
Opposées à l’une des grandes favorites de la compétition, les Camerounaises avaient besoin d’une gardienne capable de tenir la pression. Bihina a répondu présente avec neuf arrêts.
Neuf.
Dans une rencontre où la moindre erreur pouvait coûter très cher, la Camerounaise a multiplié les interventions décisives. Sa prestation a largement contribué à l’élimination du Nigeria et à la qualification du Cameroun pour le dernier carré.
Pour une gardienne, ce genre de match peut changer une perception. Bihina n’était plus simplement une jeune portière prometteuse. Elle devenait l’une des joueuses capables de faire basculer une rencontre.
Encore décisive face au Maroc
Quelques jours plus tard, le Cameroun devait franchir un autre obstacle de taille : le Maroc, en demi-finale.
Bihina a encore répondu aux attentes. Solide sur sa ligne et attentive dans les moments difficiles, elle s’est particulièrement distinguée lors de la séance des tirs au but.
Son total de penalties arrêtés au cours de la compétition a atteint quatre unités. Une statistique qui résume assez bien son influence dans les moments où la pression devient maximale.
Le Cameroun a ainsi décroché son billet pour la finale, porté par une gardienne devenue incontournable.
Le débat autour du titre de meilleure joueuse
Au fil des matchs, une question s’est naturellement posée : Bihina pouvait-elle prétendre au titre de meilleure joueuse de la CAN ?
Son influence était difficile à ignorer. Elle avait été décisive contre le Nigeria, puis face au Maroc. Surtout, ses interventions avaient directement contribué à maintenir les Lionnes dans des rencontres particulièrement serrées.
La CAF a finalement attribué cette distinction à Monique Ngock, autre joueuse importante du dispositif camerounais.
Le choix a suscité quelques discussions, compte tenu du poids de Bihina dans le parcours de la sélection. Mais la gardienne a tout de même quitté la compétition avec une récompense individuelle majeure : celle de meilleure gardienne.
Et surtout avec la médaille d’or autour du cou.
Le message de Samuel Eto’o après le sacre
Pour Samuel Eto’o, cette réussite possède forcément une dimension particulière. Trois ans et demi après son premier appel, la jeune gardienne a atteint l’objectif évoqué lors de leur échange.
Le président de la Fecafoot a tenu à lui adresser un message qui résume assez bien cette relation construite autour de la confiance.
« Aujourd’hui, je veux simplement lui dire : merci d’avoir cru en moi. »
Une phrase courte, mais qui prend une autre dimension lorsqu’on la replace dans le contexte de ces trois dernières années.
À l’époque, Bihina devait encore convaincre. Aujourd’hui, elle est championne d’Afrique avec le Cameroun et meilleure gardienne de la compétition. Son parcours durant cette CAN pourrait également lui ouvrir de nouvelles portes, alors que sa cote ne cesse de monter sur la scène du football féminin africain.














