Actualités locales
7 ans après sa mort annoncée, sa famille réclame toujours sa dépouille et la vérité

Sept ans après la date à laquelle l’armée camerounaise affirme que le journaliste Samuel Ajiekah Abuwe, plus connu sous le nom de Samuel Wazizi, est décédé en détention, sa famille attend toujours sa dépouille et des réponses définitives sur les circonstances de sa mort.
Wazizi, journaliste et caméraman pour la chaîne Chillen Music Television (CMTV), basée à Buea, était connu pour ses reportages critiques sur la gestion de la crise anglophone par le gouvernement. Selon sa famille, son avocat et ses collègues, il a été arrêté à Buea, dans la région du Sud-Ouest, le 2 août 2019, accusé d’avoir des liens avec des combattants séparatistes, accusations qu’il a toujours niées. L’armée a par la suite donné une version différente, affirmant qu’il avait été arrêté le 3 août à Ekona.
Le 7 août 2019, Wazizi a été transféré de la garde à vue au 21ᵉ bataillon d’infanterie motorisée à Buea. Dès lors, sa famille, ses collègues et ses avocats ont perdu tout contact avec lui et n’ont reçu aucune information officielle sur son sort.
Son avocat, Edward Ewule, a déposé une requête d’habeas corpus auprès du tribunal de grande instance de Buea le 13 août, afin de contraindre les autorités à présenter Wazizi devant le tribunal et d’établir le fondement juridique de sa détention prolongée. L’affaire a continué d’être portée devant les tribunaux, bien que, selon la version des militaires publiée des mois plus tard, Wazizi soit déjà décédé.
L’armée affirme que Wazizi est mort le 17 août 2019 dans un hôpital militaire de Yaoundé des suites d’une « septicémie grave ». Elle nie toute torture ou mauvais traitement physique. Pourtant, ni ses avocats ni les membres de sa famille n’ont été officiellement informés de son décès à ce moment-là, d’après les témoignages qu’ils ont ultérieurement recueillis auprès d’organisations de défense de la liberté de la presse.
Son décès a été confirmé près de dix mois plus tard
Pendant près de dix mois après la date officielle du décès de Wazizi, sa famille et ses avocats ont continué de le rechercher.
La première demande d’habeas corpus a été rejetée pour vice de forme le 5 novembre 2019. Une seconde demande a suivi, mais la procédure a été ajournée à plusieurs reprises. Durant toute cette période, les autorités n’ont pas révélé publiquement le décès de Wazizi.
Ce n’est que le 2 juin 2020 qu’Equinoxe TV a annoncé la mort de Wazizi en détention dans un hôpital militaire de Yaoundé, citant une source militaire anonyme. Le lendemain, Denis Nkwebo, alors président du Syndicat des journalistes du Cameroun, a également annoncé son décès, affirmant tenir son information d’une source militaire.
Le 4 juin, le gouverneur du Sud-Ouest, Bernard Okalia Bilai, a déclaré aux journalistes en quête d’explications que Wazizi était en bonne santé lorsqu’il a quitté Buea et que seul le gouvernement central pouvait expliquer ce qui lui était arrivé par la suite.
Le lendemain, le 5 juin 2020, l’armée a officiellement confirmé le décès de Wazizi, survenu le 17 août 2019. Elle a affirmé que sa mort était due à une septicémie grave, a nié toute allégation de torture et a déclaré que sa famille avait été informée. Le communiqué précisait également que sa dépouille se trouvait à la morgue militaire d’Ekounou, à Yaoundé.
Les proches de Wazizi ont fermement contesté cette version. Sa belle-sœur, Metete Joan Njang, et son frère aîné, Harry Abuwe, ont déclaré au Comité pour la protection des journalistes que la famille avait appris son décès par le biais d’un reportage d’Equinoxe TV, et non par les autorités camerounaises.
Le même jour, l’ambassadeur de France au Cameroun de l’époque, Christophe Guilhou, a indiqué avoir évoqué la mort de Wazizi avec le président Paul Biya, qui aurait promis une enquête.
Appels à une enquête indépendante
Le 9 juin 2020, un juge a rejeté la seconde demande d’habeas corpus de Wazizi au motif qu’il ne relevait plus de la juridiction du tribunal de grande instance de Buea au moment du dépôt de la requête. Ses avocats ont fait appel et annoncé leur intention de demander la création d’une commission d’enquête.
Les organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains ont par la suite intensifié leurs appels à une enquête indépendante sur la détention et la mort de Wazizi.
Reporters sans frontières (RSF) a déclaré avoir vu des photographies de Wazizi prises à Yaoundé le 13 août 2019, montrant de multiples blessures sur différentes parties de son corps. RSF a indiqué que ces blessures soulevaient de sérieuses inquiétudes quant à d’éventuelles tortures infligées à Wazizi en détention. Aucune autopsie indépendante n’a été pratiquée pour établir la cause et les circonstances de ces blessures.
RSF et ACAT-France ont rapporté par la suite que la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés du Cameroun leur avait indiqué qu’une enquête avait été menée par les services de renseignement militaire et que ses conclusions avaient été soumises au président Biya en octobre 2020. Cependant, ces conclusions n’ont jamais été rendues publiques, laissant des questions sans réponse quant à l’objet exact de l’enquête, aux personnes qui l’ont menée et à ses conclusions.
En janvier 2026, Media Defence a déclaré qu’aucune enquête transparente et indépendante, conforme aux normes internationales en matière de droits humains, n’avait été menée et qu’aucune autopsie n’avait été pratiquée.
Sept ans plus tard, la famille de Wazizi n’a toujours pas récupéré sa dépouille
L’un des aspects les plus troublants et non résolus de l’affaire Samuel Wazizi concerne le sort de sa dépouille. En juin 2020, l’armée a déclaré que le corps de Wazizi se trouvait à la morgue militaire d’Ekounou. Pourtant, il n’a jamais été remis à sa famille.
En octobre 2025, plus de six ans après la date de décès déclarée par l’armée, la dépouille de Wazizi n’avait toujours pas été restituée. Le CPJ a rapporté que le gouvernement avait également refusé d’autoriser un médecin légiste indépendant à pratiquer une autopsie.
En janvier 2026, Media Defence a indiqué que la famille de Wazizi s’était vu refuser à plusieurs reprises l’accès à sa dépouille et que l’on ignorait où elle se trouvait. L’organisation a également précisé qu’une tentative de ses avocats pour organiser une autopsie indépendante en 2021 avait échoué, l’expert médico-légal concerné n’ayant pu entrer au Cameroun.
L’absence du corps a donc empêché ses proches non seulement de procéder à un examen indépendant susceptible d’apporter des réponses sur les causes de son décès, mais aussi de l’inhumer sept ans après sa mort.
En novembre 2024, un représentant du ministère camerounais de la Justice a déclaré au Comité des Nations Unies contre la torture que l’affaire Wazizi avait été classée et le dossier classifié, selon des informations recueillies ultérieurement par le CPJ et Media Defence.
Mais la clôture du dossier n’a pas répondu aux questions centrales qui ont marqué cette affaire depuis 2019 : qu’est-il arrivé à Wazizi entre son transfert aux autorités militaires le 7 août et son décès, annoncé dix jours plus tard ? Quelles sont les causes des blessures visibles sur les photographies obtenues par RSF ? Une enquête a-t-elle été menée ? Si oui, quels en ont été les résultats ? Pourquoi ses proches et ses avocats n’ont-ils pas été informés de son décès pendant près de dix mois ? Et sept ans plus tard, pourquoi sa dépouille n’a-t-elle toujours pas été restituée à sa famille ?
L’affaire Samuel Wazizi portée devant la Commission africaine
Les tentatives de réparation au Cameroun n’ayant abouti à aucune solution définitive, l’affaire a été portée devant la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.
Media Defence a déposé une plainte contre le Cameroun auprès de la Commission en août 2024 et a présenté des arguments détaillés sur la recevabilité et le fond de l’affaire en juin 2025. L’organisation a rendu publique cette action en justice internationale dans une déclaration du 7 janvier 2026.
La plainte conteste les circonstances de l’arrestation de M. Wazizi, sa détention au secret et son décès en détention, ainsi que le manquement de l’État à mener ce que Media Defence considère comme une enquête efficace et indépendante. Elle allègue des violations des droits protégés par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, notamment les droits à la vie, à la liberté et à la sécurité, ainsi que l’interdiction de la torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Sept années de questions sans réponse
Le 17 août 2026 marquera exactement sept ans depuis la date à laquelle l’armée camerounaise affirme que Samuel Wazizi est décédé en détention.
Sept ans plus tard, sa famille n’a toujours pas de corps à enterrer. Aucune autopsie indépendante n’a établi la cause de son décès, et aucune enquête indépendante rendue publique n’a permis de faire la lumière sur les circonstances de sa détention et de sa mort.
L’armée soutient que Wazizi est mort d’une septicémie grave et n’a pas été torturé. Sa famille conteste des points essentiels de la version officielle, notamment l’affirmation selon laquelle ses proches auraient été informés de son décès, tandis que les organisations de défense de la liberté de la presse continuent de s’interroger sur les blessures constatées sur son corps et sur l’absence d’enquête indépendante.
Pour la famille de Wazizi, ces sept années écoulées n’ont donc pas clos le dossier. Au contraire, l’absence persistante de sa dépouille et les questions sans réponse concernant ses derniers jours ont fait de sa mort un défi permanent pour la responsabilité, l’accès à la justice et la liberté de la presse au Cameroun.
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Actualités locales
Cameroun-Royaume-Uni : le commerce chute de 32 %, le stock d’IDE britanniques atteignait 75 milliards FCFA fin 2024

(Investir au Cameroun) – Les échanges commerciaux entre le Cameroun et le Royaume-Uni ont fortement reculé au cours des douze mois achevés en mars 2026. Ils se sont établis à 242 millions de livres sterling, soit environ 185 milliards de FCFA, en baisse de 32 %, ou 114 millions de livres, sur un an, selon la dernière fiche sur le commerce et l’investissement entre les deux pays, publiée le 31 juillet 2026 par le gouvernement britannique.
À titre de comparaison, sur l’ensemble de l’année civile 2025, le commerce bilatéral avait atteint 321 millions de livres, en hausse de 17,2 % par rapport à 2024. Ces deux périodes se chevauchent toutefois et ne constituent pas deux exercices successifs directement comparables.
Sur les douze mois à fin mars 2026, les exportations britanniques vers le Cameroun ont diminué de 23,7 %, à 87 millions de livres. Les importations britanniques en provenance du Cameroun ont reculé plus fortement, de 36 %, à 155 millions de livres. Le Royaume-Uni a ainsi enregistré un déficit commercial de 68 millions de livres avec le Cameroun, contre 128 millions un an plus tôt.
La contraction est presque entièrement concentrée sur les marchandises. Le commerce de biens a diminué de 111 millions de livres, soit 48,9 %, pour tomber à 116 millions. Les échanges de services n’ont reculé que de 3 millions, ou 2,3 %, à 126 millions. Les services représentaient ainsi 52,1 % du commerce bilatéral sur la période, contre 47,9 % pour les biens.
Les achats de pétrole camerounais chutent de 67,4 %
Dans le détail des échanges de marchandises, dont les données par produit sont publiées sur une base non désaisonnalisée, le recul le plus marqué concerne le pétrole brut. Sur les douze mois à fin mars 2026, les achats britanniques de brut camerounais ont atteint 37,2 millions de livres, soit environ 28,4 milliards de FCFA, en diminution de 67,4 % sur un an. Les importations de bois et liège ont également baissé de 18,1 %, à 20,9 millions de livres.
D’autres produits camerounais ont en revanche progressé. Les importations britanniques de fruits et légumes ont augmenté de 37 %, à 22,8 millions de livres. Celles de café, thé, cacao et produits assimilés ont progressé de 60,1 %, à 4,5 millions de livres. Les achats de caoutchouc brut ont augmenté de 49 %, à 1,4 million de livres.
Du côté britannique, les principales catégories de marchandises exportées vers le Cameroun restent de faible montant. Les ventes de boissons et tabac ont atteint 3,5 millions de livres, en hausse de 82,5 %. Les exportations de voitures se sont établies à 3 millions de livres, en progression de 4,6 %, tandis que les machines industrielles générales ont représenté 2,2 millions de livres, en baisse de 1,8 %.
La part britannique dans les importations camerounaises tombe à 1,1 %
Le recul récent des échanges intervient après une forte diminution de la part du Royaume-Uni dans les importations camerounaises. Selon les données compilées par le Department for Business and Trade à partir de l’ONS et de la Cnuced, la part britannique dans les importations totales de biens et services du Cameroun est passée de 2,7 % en 2023 à 1,1 % en 2024.
La baisse a été particulièrement marquée dans les services, où cette part est tombée de 8,5 % à 3 %. Pour les marchandises, elle a reculé de 0,8 % à 0,5 %. Ces données portent sur 2024 et ne doivent donc pas être directement assimilées à la contraction du commerce observée sur les douze mois à fin mars 2026.
La relation commerciale reste par ailleurs marginale à l’échelle du Royaume-Uni. Sur les douze mois à fin mars 2026, le Cameroun était son 128e partenaire commercial et représentait moins de 0,1 % de ses échanges totaux.
En 2025, environ 300 entreprises britanniques enregistrées à la TVA avaient exporté des marchandises vers le Cameroun et environ 100 en avaient importé. Ces chiffres sont arrondis à la centaine et excluent notamment les opérateurs dont les déclarations se situent sous les seuils statistiques douaniers retenus par HM Revenue & Customs.
Le stock d’IDE britanniques atteint 98 millions de livres fin 2024
Le recul récent du commerce contraste avec l’évolution du stock d’investissements directs britanniques au Cameroun. À fin 2024, celui-ci atteignait 98 millions de livres, soit environ 75 milliards de FCFA, en progression de 10,1 %, ou 9 millions de livres, par rapport à fin 2023.
Il s’agit du stock accumulé d’investissements directs à cette date, et non du montant de nouveaux investissements réalisés pendant l’année. Le Department for Business and Trade définit ce stock comme la valeur cumulée des investissements antérieurs, nette des désinvestissements.
À l’inverse, le stock d’investissements directs camerounais au Royaume-Uni atteignait 3 millions de livres à fin 2024, soit environ 2,3 milliards de FCFA. Sa variation par rapport à 2023 était nulle ou inférieure à 500 000 livres. Le stock britannique au Cameroun était ainsi près de 33 fois supérieur.
La fiche britannique ne détaille ni les entreprises ni les secteurs à l’origine de la hausse de 9 millions de livres du stock d’IDE entre fin 2023 et fin 2024. Elle ne permet pas non plus d’établir si cette progression s’est poursuivie en 2025 ou en 2026.
Amina Malloum
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la Banque mondiale salue les avancées du Cameroun

En visite au Cameroun, l’administrateur du groupe Afrique II de la Banque mondiale, Harold Tavares, a salué les progrès réalisés dans le secteur de l’électricité. Sa visite de la centrale hydroélectrique de Nachtigal, suivie d’une audience avec le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a permis de faire le point sur les défis liés à l’accès universel à l’électricité.
Le 7 septembre 2026, Harold Tavares a visité l’aménagement hydroélectrique de Nachtigal, d’une capacité installée de 420 MW et qui fournit environ 2 970 GWh par an. La centrale contribue à près de 30 % de la production du Réseau interconnecté Sud. Le responsable de la Banque mondiale s’est également félicité de l’impact du projet sur l’emploi, avec 95 % des employés de la centrale de nationalité camerounaise.
Au cours de son entretien avec Gaston Eloundou Essomba, les échanges ont porté sur l’augmentation des capacités de production, la modernisation des réseaux de transport et de distribution et la mobilisation des financements pour étendre l’accès à l’électricité.
Le Cameroun ambitionne ainsi de raccorder huit millions de personnes supplémentaires d’ici 2030, dans le cadre du Compact énergétique national et de l’initiative Mission 300. Harold Tavares a réaffirmé la disponibilité de la Banque mondiale à accompagner cet objectif, alors que le taux national d’accès à l’électricité est actuellement estimé entre 63 et 65 %.
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une enseignante battue à mort, son mari recherché

Une enseignante, rentrée à Yaoundé il y a seulement quatre jours après un séjour à Bamunkumbit, dans la localité de Ndop, a été battue à mort par son mari, a-t-on appris ce mardi 8 septembre 2026. La femme était rentrée dans la capitale pour reprendre son poste d’enseignante après avoir passé du temps avec son mari à Bamunkumbit, dans la région du Nord-Ouest du Cameroun.
Son mari, ancien chauffeur et plus récemment gérant d’un bar à Bamunkumbit, a pris la fuite après sa mort et est activement recherché. Un voisin, parmi les dernières personnes à l’avoir vue vivante, a livré un récit détaillé des heures précédant son décès.
Il a expliqué s’être rendu au domicile du couple dans la nuit du lundi 7 septembre, inquiet de ce qui s’y passait. « Quand j’ai frappé, son mari m’a dit que tout allait bien », a-t-il déclaré.
Le voisin a ajouté avoir insisté pour qu’on lui ouvre la porte, mais que le mari avait d’abord refusé. « J’ai insisté. Je lui ai dit que je devrais forcer la porte. Il est alors venu et l’a ouverte », a-t-il raconté.
Même après avoir ouvert la porte, le mari a refusé de le laisser entrer. C’est alors que la femme du voisin a été autorisée à entrer pour prendre des nouvelles de la victime. Une fois à l’intérieur, la femme lui a dit qu’elle allait bien.
« La défunte a dit à ma femme qu’elle allait bien, alors elle est sortie », a déclaré le voisin. Il a ajouté que le mari avait expliqué plus tard que sa femme était rentrée après avoir bu et qu’ils s’étaient disputés à ce sujet.
Le voisin est finalement rentré chez lui car il était déjà tard. Vers 1 h du matin, cependant, le mari est revenu frapper à sa porte. Cette fois, il a demandé à la femme du voisin de revenir voir comment allait sa femme. La victime était encore capable de parler et a de nouveau dit à la femme qu’elle allait bien, cette fois dans leur langue locale.
Au matin, son état s’était gravement détérioré. Le voisin a dit qu’il s’apprêtait à partir travailler lorsque le mari l’a rappelé. « À mon arrivée, j’ai vu la femme allongée sur le lit, la tête plongée dans un seau. Elle vomissait », a-t-il déclaré. Comprenant qu’elle avait besoin de soins médicaux urgents, il s’est précipité dehors pour trouver une moto.
« Je l’ai portée moi-même. Nous l’avons installée sur la moto », a-t-il ajouté. Le mari est ensuite parti avec sa femme pour l’hôpital. Lorsque le voisin est arrivé peu après, on lui a annoncé son décès.
C’est à l’hôpital qu’il a pu constater plus clairement ses blessures. « Elle avait des marques au visage », a-t-il dit. Le voisin a décrit ce qui semblait être des marques de coups, notamment des empreintes ressemblant à des doigts sur son visage.
Il a expliqué qu’il n’avait pas immédiatement réalisé, pendant la nuit, qu’elle était battue car il n’avait entendu ni cris ni bruits suspects qui auraient pu l’alerter sur une agression violente.
Ce témoignage vient corroborer les récits recueillis auprès de personnes proches du couple, qui ont confirmé que la femme avait été battue par son mari avant de mourir. La nouvelle du meurtre s’est également répandue dans les cercles communautaires et les associations de quartier de Bamunkumbit, où le couple était bien connu.
Ils avaient quitté Bamunkumbit pour Yaoundé quatre jours seulement avant le décès de la femme, car celle-ci devait reprendre son travail d’enseignante.
Ce qui s’est passé après leur arrivée à Yaoundé s’est soldé par la mort de la femme et la fuite de son mari. Ce meurtre porte à un nouveau chapitre le nombre de féminicides au Cameroun et ravive l’indignation face à la violence conjugale. Des efforts sont déployés pour retrouver le mari et l’arrêter.
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