Actualités locales
la déposition du colonel Otoulou ravive les débats au tribunal militaire de Yaoundé

La déposition du colonel Jean-Pierre Otoulou, 34ᵉ témoin de l’accusation dans l’affaire Martinez Zogo, s’est poursuivie ce 14 juillet 2026. Au moment des faits, en janvier 2023, il était commandant de la légion de gendarmerie du Centre.
Dès le début de son témoignage, le colonel Otoulou a rappelé qu’il avait suivi le dossier « du début jusqu’au déferrement » et qu’il occupait son poste depuis moins de six mois lorsque le journaliste Martinez Zogo a été enlevé.
« Lorsque j’apprends la disparition de Martinez Zogo, j’apprends également que cet enlèvement a eu lieu devant un poste de gendarmerie. Je me suis senti personnellement interpellé », a-t-il déclaré.
Avant même le fond de sa déposition, plusieurs avocats de la défense ont contesté sa comparution en qualité de témoin. Selon eux, le colonel Otoulou ne pouvait être entendu tant que le procès-verbal de l’enquête préliminaire n’était pas produit afin d’établir sa qualité d’officier de police judiciaire ayant participé à cette enquête.
Les conseils de Jean-Pierre Amougou Belinga, de Justin Danwe ainsi que Maître Claude Assira ont soutenu cette position, estimant qu’il appartenait au président du tribunal de vérifier officiellement cette qualité. À l’inverse, Maître Ashu s’est opposé à cette requête.
Le président du tribunal, se fondant sur l’article 317 du Code de procédure pénale, a rejeté ces objections. Il a indiqué qu’il ne fallait pas faire dire à la loi ce qu’elle ne prévoit pas et que le seul impératif du tribunal demeurait le respect des droits de la défense. Il a ainsi invité le témoin à poursuivre sa déposition.
Revenant sur ses premières constatations, le colonel Otoulou explique avoir immédiatement effectué une descente au poste de gendarmerie devant lequel s’était déroulé l’enlèvement.
« Il fallait que je sache ce qui s’était réellement passé dans ce poste pour rendre compte. La première chose a été de me transporter sur les lieux. »
Selon lui, la manière dont le véhicule de Martinez Zogo avait été percuté révélait une opération menée par des professionnels.
« Il a été percuté de manière à effectuer un tête-à-queue et à se retrouver face au portail de la gendarmerie. En voyant le poste, Martinez Zogo a tenté d’y entrer, mais la forte pente à l’entrée l’a empêché d’y accéder. Il a heurté le portail, a effectué une marche arrière, et c’est à ce moment-là que les individus sont descendus du Prado noir pour l’enlever. »
Le colonel souligne la rapidité de l’opération ainsi que le choix d’une zone dépourvue de caméras de surveillance.
« Qui peut avoir le courage d’enlever quelqu’un devant une unité de sécurité ? L’environnement ne disposait d’aucune vidéosurveillance. J’en ai conclu qu’il ne s’agissait pas de simples bandits, mais de spécialistes appartenant à une unité spéciale. »
Quelques jours plus tard, affirme-t-il, il apprend que le directeur des opérations de la DGRE avait auparavant demandé des renseignements sur Martinez Zogo.
Les enquêteurs exploitent alors les relevés téléphoniques et constatent que le téléphone du colonel Danwe a borné au niveau de Total Yannick, au même moment où le Prado noir traversait la zone.
Le directeur des opérations est entendu. Selon le témoin, celui-ci manipule son téléphone comme s’il supprimait des messages. Les enquêteurs confrontent ensuite les éléments de vidéosurveillance et Justin Danwe reconnaît avoir dirigé l’opération.
« Il nous a simplement dit : c’est moi qui ai fait l’opération. »
À la question de savoir avec qui il avait agi, Justin Danwe cite notamment l’adjudant-chef Ebo’o. Ce dernier, selon le témoin, l’aurait reconnu pour avoir déjà travaillé avec lui et aurait accepté de collaborer avec les enquêteurs.
Toujours selon le colonel Otoulou, Ebo’o lui aurait expliqué que le commando était organisé en deux équipes : la première, composée notamment de Tongue Nana et Daouda, chargée de la surveillance de la cible ; la seconde, constituée de l’adjudant-chef Ebo’o et Godjé, Lenoir, chargée de procéder à l’enlèvement. Le commando disposait également de deux véhicules.
Le colonel affirme que Justin Danwe lui aurait expliqué avoir agi « pour faire plaisir à son chef », tout en précisant qu’à cette étape de l’enquête, la commission mixte n’avait pas encore été mise en place.
Il indique ensuite avoir sollicité l’audition du directeur général de la DGRE, Maxime Eko Eko.
Selon le témoin, ce dernier aurait déclaré : « Vous me dérangez même pourquoi allez demander à Danwe et à Amougou Belinga ce qu’ils ont fait ? »
Pour le colonel Otoulou, cette déclaration démontrait que le directeur général de la DGRE connaissait déjà les faits.
Il ajoute que Maxime Eko Eko lui aurait remis un support audio dans lequel un certain Bidjongo échange avec Jean-Pierre Amougou Belinga. À l’exploitation de cet enregistrement, les enquêteurs auraient entendu Amougou Belinga déclarer que « même Eko Eko est ma personne ».
Le témoin explique que plusieurs éléments ont conduit les enquêteurs vers Jean-Pierre Amougou Belinga, notamment cette déclaration du directeur général de la DGRE.
Lors de son audition, Amougou Belinga dit connaître Justin Danwe alors que de son côté Justin Danwe prétend ne pas le connaître.
Selon amougou belinga,
« Danwe est mon ami à la DGRE. Il m’aide souvent dans mes activités », aurait-il déclaré.
Le colonel Otoulou décide alors d’organiser une confrontation entre les deux hommes. Face à cette déclaration, Justin Danwe revient sur ses précédentes affirmations.
« Mon colonel, je change ma déclaration. Je connais très bien M. Amougou. »
Selon le témoin, Justin Danwe explique avoir sollicité l’aide d’Amougou Belinga afin d’obtenir une avance sur solde auprès du ministre des Finances. C’est au cours de cet échange qu’Amougou Belinga lui aurait demandé de « faire taire Martinez Zogo ».
Le colonel Otoulou insiste cependant sur les termes employés.
« Il a dit : faire taire. Je n’ai pas dit tuer. »
Toujours selon sa déposition, ces rencontres se seraient déroulées à la résidence d’Amougou Belinga au Club BEAC.
Justin Danwe aurait ensuite déclaré qu’après avoir commencé la planification de l’opération, Amougou Belinga lui avait remis environ 500 000 FCFA. Une seconde rencontre à l’immeuble Ekang aurait donné lieu à une nouvelle remise d’argent.
Le lendemain de l’enlèvement, Justin Danwe serait retourné informer Amougou Belinga du déroulement de l’opération. Ce dernier lui aurait encore remis de l’argent en déclarant : « J’attends de voir le résultat. »
Après la découverte du corps de Martinez Zogo, Justin Danwe serait revenu le voir pour l’en informer. Selon le témoin, ce serait la seule fois où il serait reparti sans recevoir d’argent.
Le colonel Otoulou explique avoir cherché à vérifier chacune de ces déclarations.
Les enquêteurs exploitent notamment les images de vidéosurveillance montrant, selon lui, Justin Danwe quitter son bureau, stationner son véhicule au parking de Playce situé en face du Palais des Sports, puis rejoindre à pied l’immeuble Ekang en empruntant différents itinéraires.
« Nous avons obtenu toutes ces vidéos. Il existe un léger décalage horaire entre les différentes caméras, mais il s’agit bien du prolongement du même déplacement. »
Abordant la question des téléphones, le témoin relève que le rapport d’expertise n’a exploité qu’environ 18 % des appareils saisis.
Il évoque également la disparition d’un iPhone qui aurait, selon certaines déclarations, été confié à une employée de maison avant d’être récupéré.
« Nous ne disposons toujours pas de ce téléphone aujourd’hui », affirme-t-il, estimant que cette disparition constitue un élément troublant.
Le colonel revient enfin sur la découverte du corps de Martinez Zogo.
Informé par le procureur de Mfou qu’un corps venait d’être retrouvé, il se rend immédiatement sur les lieux.
« Lorsque je mène une enquête, je ne m’affole pas. Je cherche d’abord les éléments qui peuvent me permettre d’avancer. »
Il explique avoir immédiatement sollicité le médecin légiste, le docteur Mogue, puis demandé que la famille de la victime soit conduite sur les lieux pour procéder à une première identification.
« Dès que son épouse a reconnu les vêtements et les chaussures, elle était inconsolable. Le corps ainsi que le véhicule ont ensuite été transportés à l’Hôpital central pour les besoins de l’autopsie. »
À 17 h 10, le président du tribunal a renvoyé l’affaire aux 3 et 4 août 2026, à la demande de Maître Claude Assira, avocat de l’État du Cameroun et de la DGRE. Les débats reprendront avec la poursuite de la cross-examination du colonel Jean-Pierre Otoulou.
Sébastien OYEBE/Radio Balafon
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
Ivan Nana démarre fort avec Al Hilal SC : une première victoire pour marquer les esprits !
À peine arrivé à Al Hilal SC, Ivan Nana n’a pas tardé à se mettre en évidence. Quelques jours seulement après avoir officialisé son engagement […]
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
Blériot Nyemeck raconte comment Parfait Ayissi a perdu son poste de DG

Blériot Nyemeck est revenu sur les circonstances qui ont conduit au départ de Parfait Ayissi de la direction générale d’Info TV.
Invité de l’émission Obama Times ce dimanche 1ᵉʳ novembre 2026, diffusée sur A1 TV et présentée par Ernest Obama, il a notamment évoqué les sollicitations répétées du promoteur de la chaîne, Dieudonné Mveng, pour qu’il prenne la tête de la télévision, ainsi que l’incident survenu lors de la couverture de la Coupe André Onana à Oveng.
Selon son témoignage, Dieudonné Mveng lui aurait proposé de devenir directeur général d’Info TV environ six mois après son arrivée au sein de la chaîne. Une proposition qu’il affirme avoir refusée à plusieurs reprises, alors que Parfait Ayissi occupait déjà cette fonction.
« On est resté dans cette discussion pendant 18 mois », a déclaré Blériot Nyemeck, expliquant avoir finalement accepté après une longue période de réticence, en raison de difficultés de fonctionnement qu’il dit avoir observées au sein de la chaîne.
Cameroun Actuel vous propose cet extrait de l’interview de Blériot Nyemeck sur A1 TV :
Blériot Nyemeck : Six mois après mon arrivée à Info TV, M. Dieudonné Mveng me propose de devenir directeur général d’Info TV. Alors que Parfait Ayissi est directeur général, je lui dis non, ce n’est pas possible. Il me dit non, je lui dis ce n’est pas possible.
On est resté dans cette discussion pendant 18 mois. C’est au 18ᵉ mois, pour une raison que je vais évoquer ici, que j’ai fini par accepter.
Ernest Obama : Pourquoi vous avez accepté ?
Alors, Dieudonné Mveng décide chaque fois qu’il y a un problème, chaque fois qu’il y a un malentendu, avec Parfait Ayissi, il m’en parle et je lui dis : « Il faut en parler à Parfait. » Il me dit non, il s’en plaint, il se plaint de beaucoup de petites choses, mais notamment du fait que Parfait, dès que les émissions sont finies, il rentre directement, il quitte l’Info TV.
Ernest Obama : Mais est-ce qu’il travaille là-bas ?
Blériot Nyemeck : Non, il était directeur général.
Ernest Obama : Mais le directeur ne doit pas rester au bureau tout le temps ?
Blériot Nyemeck : Non, non, le directeur suit la télé. Je ne parle pas du CEO, à moins que… Moi, c’est mon directeur qui gère au quotidien.
Donc, Dieudonné Mveng a besoin d’un directeur général présent, opérationnel. Alors, Parfait fait cela et Dieudonné pense qu’il doit s’en séparer. Je lui dis non.
Un jour, même Parfait et moi, nous discutons, on est allé lui dire que Nyemeck est en train… Je lui dis non, il n’en est rien. Dieudonné m’a proposé, je n’ai pas accepté.
Il se produit un événement un jour, lors de la coupe André Onana, à Oveng. Aristide Manda, je cite les contemporains, vient voir Parfait Ayissi. Il lui dit : Je veux que Info TV vienne couvrir l’événement.
Ils s’entendent et puis Aristide Manda verse ce qu’il faut pour la couverture. Il lui dit : « Mais je veux aussi que Blériot et toi soyez là, à mon nom. » Il donne à Parfait son carburant et il dit à Parfait : « Bon, tu remets ceci à Blériot. »
Parfait Ayissi me remet mon carburant, on va à Oveng. Quand l’équipe d’Info TV va à Oveng et à la fin de la cérémonie, l’équipe d’Info TV a des problèmes pour rentrer parce qu’on ne leur a pas donné leur argent de transport.
Ernest Obama : Qui n’a pas donné ?
Blériot Nyemeck : Parfait Ayissi ne leur a pas donné l’argent de transport. Et l’un des beaux-frères de Parfait est de la délégation, son beau-frère, le cousin à sa femme. Donc, les gars,
Ernest Obama : Est-ce qu’il avait vraiment reçu les frais de transport ?
Blériot Nyemeck : Il les avait reçus. Peut-être qu’il n’a jamais su.
Ernest Obama : Peut-être qu’il a oublié…
Blériot Nyemeck : J’ai dit à Dieudonné, tu aurais dû lui dire pourquoi tu l’as enlevé DG. Donc, alors, les gars, finalement, Aristide leur donne 10 000. Ils rentrent.
Quand ils arrivent, Dieudonné Mveng il décide que l’élément ne va pas passer. Aristide, qui a des accords avec André Onana, se rend compte. Il essaie d’appeler Dieudonné Mveng, Dieudonné Mveng ne le prend pas au téléphone.
Il est dépité. Il me joint. Il me dit Mais voici ce qui s’est passé. Tu sais, maintenant, le PDG m’insulte. Il dit que j’ai méprisé ses collaborateurs…
Je demande au PDG d’écouter Aristide ? Aristide Manda lui explique ce qui s’est passé et Dieudonné Mveng m’appelle et il me dit : je vais licencier Parfait Ayissi et je vais le relever de ses fonctions ce soir.
J’essaie encore de faire la médiation. Rien. […] Et Dieudonné, me dit : « Tu deviens DG. » Jamais de la vie, je ne peux pas remplacer Parfait Ayissi.
Et je lui suggère quelqu’un qui devrait le remplacer, puisqu’il est déjà décidé. Je lui suggère une femme qui avait été DGA. Il me dit non. Et lui-même propose une certaine Ilouga Hermine qu’il nomme.
Alors Parfait me reproche le fait que je ne l’ai pas prévenu des échanges que j’avais eus avec Dieudonné Mveng, sachant qu’on allait le relever de ses fonctions.
Mais je lui dis non, je ne pouvais pas revenir te dire que même si je te l’avais dit, qu’est-ce que cela aurait changé ? Parfait est donc relevé de ses fonctions de DG.
CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com
Actualités locales
L’Espérance de Tunis passe à l’offensive pour David Roy Nyengue
L’Espérance de Tunis accélère sur le dossier David Roy Nyengue. Selon les informations d’Africafoot, le club de la capitale tunisienne a transmis une offre officielle […]
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Société2 years agoPrésidentielle 2025 au Cameroun: voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Dernières actualités2 years agoCameroun : Liste complète des 250 ethnies qui font la fierté de la nation

Politique2 years agoPrésidentielle 2025 : voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Politique2 years agoÉlections présidentielles 2025 au Cameroun : Quels candidats ont les meilleures chances de succès ?

Sports2 years agoA. Song ⁚ >

Actualités locales8 months agoThéodore Datouo élu président de l’Assemblée nationale du Cameroun !

Sports2 years agoCameroun ⁚ les clubs déjà sous pression
- Société2 years ago
Obtenez votre CNI en 48 heures : voici les 13 centres d’enrôlement au Cameroun















