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Affaire des primes d’ancienneté : la justice ordonne un transport judiciaire dans les services comptables d’Orange

(Investir au Cameroun) – Le contentieux opposant le Syndicat national autonome des travailleurs des techniques de l’information et de la communication (SYNTIC) à Orange Cameroun SA connaît un nouveau développement devant le Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo. Selon un extrait du plumitif des audiences correctionnelles consulté par notre rédaction, la juridiction a ordonné un transport judiciaire dans les services comptables de l’opérateur, à Douala, au quartier Akwa.
La mesure a été décidée à l’audience du jeudi 16 janvier 2026. Le tribunal précise qu’elle vise à constater « l’état des machines des comptables » et à procéder aux auditions utiles à la manifestation de la vérité. Elle concerne les services de comptabilité d’Orange Cameroun SA situés au boulevard de la Liberté, à Akwa.
Le tribunal avait initialement fixé l’exécution de ce transport judiciaire au mardi 3 février 2026 à 10 heures, après versement au greffe d’une somme de 200 000 FCFA par la partie civile pour couvrir les charges liées à l’opération. La juridiction a également commis la formation de jugement pour y procéder, avec faculté de subdélégation.
Depuis cette décision, l’affaire a connu plusieurs renvois. À l’audience du 19 février 2026, la cause a été renvoyée au 19 mars pour les mêmes fins. Le 19 mars, elle a de nouveau été renvoyée au 21 mai, avec mention d’une exécution prévue le jeudi 26 mars 2026 à 10 heures. À l’audience du 21 mai, le tribunal a finalement renvoyé la cause au 18 juin 2026, pour exécution du transport judiciaire le 4 juin 2026 à 13 heures.
Une demande de report introduite par la défense
À la veille de cette opération, la défense d’Orange Cameroun SA et de son directeur général a sollicité un report auprès du président du Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo. Dans une correspondance datée du 2 juin 2026, le cabinet SCP Ngoulla Fotso & Associés, représentant la société et son dirigeant, demande le report du transport judiciaire prévu le 4 juin 2026 à 13 heures.
Selon cette correspondance, la défense invoque l’indisponibilité de responsables de l’entreprise, appelés à être absents de Douala à la date prévue. Elle sollicite en conséquence la reprogrammation de la mesure à une date ultérieure. Le sort réservé à cette demande n’était pas établi par les documents disponibles au moment de la rédaction.
Cette requête intervient alors que le transport judiciaire constitue une étape importante de la procédure. La mesure doit permettre au tribunal de recueillir des éléments matériels et des auditions dans les services comptables de l’entreprise, au cœur d’un litige portant sur le calcul des primes d’ancienneté.
Des qualifications pénales à manier avec prudence
Le plumitif mentionne une procédure correctionnelle visant Orange Cameroun SA et son directeur général. Il énumère notamment des qualifications d’abus de confiance spéciaux, entrave à la liberté de travail, coaction d’escroquerie et rétention sans droit de la chose d’autrui.
Ces qualifications relèvent toutefois de la procédure en cours. Elles ne constituent ni une condamnation ni une décision sur le fond. À ce stade, la juridiction n’a pas encore tranché la responsabilité des mis en cause ni le montant des droits réclamés par le SYNTIC.
Un différend né de la convention collective de 2010
Le litige trouve son origine dans l’interprétation et l’application de la convention collective des télécommunications de 2010. Selon le SYNTIC, ce texte prévoit le versement d’une prime d’ancienneté équivalente à 4 % du salaire de base après deux ans de service, puis une majoration de 2 % par année supplémentaire, sans plafond explicite.
D’après un article publié parInvestir au Camerounle 18 septembre 2025, le syndicat reproche à Orange Cameroun d’avoir calculé ces primes non pas sur le salaire de base individuel de chaque salarié, mais sur l’échelon salarial le plus bas de la grille. Cette méthode aurait, selon le SYNTIC, réduit les montants dus aux salariés concernés.
Le syndicat estime le préjudice à plus de 3 milliards de FCFA sur la période 2010-2019. Le dossier concernerait 157 anciens salariés ayant quitté Orange Cameroun avant 2019. Ces chiffres relèvent toutefois de l’estimation syndicale et n’ont pas encore été validés par la juridiction saisie.
Le même article rapporte qu’en 2017, le ministère du Travail aurait donné raison au syndicat sur le différend relatif au calcul des primes. Orange Cameroun aurait alors admis une « erreur d’appréciation » et procédé à un rappel partiel en octobre 2017. Pour le SYNTIC, ce rappel serait resté insuffisant, ce qui aurait conduit à la poursuite du contentieux.
Avant la procédure actuellement pendante devant le Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo, le SYNTIC affirme avoir saisi l’Inspection du travail de Douala pour une tentative de conciliation. Après l’établissement d’un procès-verbal de non-conciliation à la Direction régionale du Travail et de la Sécurité sociale du Littoral, le dossier aurait été porté devant la Chambre d’arbitrage, sans règlement définitif.
SelonInvestir au Cameroun, le syndicat a ensuite retenu la procédure de citation directe, qu’il présente comme l’aboutissement de ces démarches infructueuses. Cette séquence explique le basculement d’un différend social vers une procédure correctionnelle.
Un climat social sensible dans les filiales africaines d’Orange
Ce contentieux intervient dans un contexte social déjà sensible au sein du groupe Orange. Depuis plusieurs mois, des organisations syndicales de plusieurs filiales africaines contestent la décision du groupe d’accorder une prime de partage de la valeur comprise entre 1 000 et 1 400 euros aux salariés relevant d’Orange SA en France, sans extension automatique aux collaborateurs des filiales d’Afrique et du Moyen-Orient.
Cette revendication intervient alors que la zone Afrique et Moyen-Orient figure parmi les moteurs de croissance du groupe. Dans ses résultats annuels 2025, Orange indique que cette zone a enregistré une hausse de 12,2 % de ses revenus et un onzième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres au quatrième trimestre.
Pour Orange Cameroun, le dossier des primes d’ancienneté ajoute une dimension judiciaire à un climat social déjà tendu. Contacté par notre rédaction, le conseil de l’opérateur n’avait pas souhaité réagir au moment de la publication.
La suite de la procédure dépendra notamment de l’exécution effective du transport judiciaire, de la décision du tribunal sur les demandes de report et de la capacité des parties à produire ou contester les éléments de calcul des primes. À ce stade, la juridiction n’a pas statué sur le montant réclamé par le SYNTIC ni sur la responsabilité pénale des mis en cause.
Amina Malloum
Lire aussi :
18-09-2025 – Orange Cameroun : 157 ex-salariés assignent l’opérateur pour 3 milliards de FCFA de primes impayées
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Douala-Bangui / Douala-Ndjamena : le CNCC confie à Tradex les stations-service de ses centres de vie

(Investir au Cameroun) – Le Conseil national des chargeurs du Cameroun prépare l’intégration de stations-service dans ses centres de vie situés sur les corridors Douala-Bangui et Douala-Ndjamena. À l’issue d’une procédure de sélection ouverte à plusieurs opérateurs pétroliers, le CNCC a retenu Tradex SA comme partenaire pour le déploiement de ces infrastructures à Ngouletang, Garoua-Boulaï et Kousseri.
L’annonce a été faite par le directeur général du CNCC, Auguste Mbappe Penda, dans un communiqué portant résultat de la sélection d’un partenaire spécialisé pour la mise en place de stations-service dans les centres de vie de l’organisme public.
Tradex était en concurrence avec Ocean Petroleum, Petrolex, Gulfcam, Neptune Oil et MRS. L’entreprise, filiale de la Société nationale des hydrocarbures, a été retenue au terme de l’examen des offres. Le CNCC justifie ce choix par la « meilleure offre globale », combinant une solution technique jugée conforme aux normes environnementales, un modèle économique présenté comme équilibré et une expérience dans l’exploitation de stations-service sur les corridors camerounais.
Au-delà de la construction des infrastructures, l’opération porte sur l’aménagement de stations-service complètes, avec distribution de carburants, de lubrifiants et offre de services connexes. Le projet sera exécuté dans le cadre d’une convention de partenariat entre le CNCC et Tradex.
Pour le CNCC, l’enjeu dépasse la simple implantation de points de ravitaillement. Les centres de vie ont vocation à devenir des plateformes de services pour les transporteurs opérant sur les axes reliant le port de Douala à la République centrafricaine et au Tchad. L’objectif est de regrouper sur un même site le ravitaillement, la restauration, l’hébergement et d’autres services utiles au transport routier de marchandises.
Cette stratégie doit également permettre à l’organisme public de diversifier ses sources de revenus, dans un contexte où les corridors de transit constituent un levier important pour l’économie camerounaise et les échanges sous-régionaux.
Pour Tradex, l’opération représente une opportunité commerciale sur deux axes stratégiques du transport en Afrique centrale. En s’implantant dans les centres de vie du CNCC, l’entreprise renforce son maillage territorial au-delà des grands centres urbains et se positionne sur des flux réguliers de camions, de marchandises et de transporteurs.
Le projet pourrait aussi générer des emplois directs et indirects sur les sites concernés, notamment dans l’exploitation des stations, la maintenance, la restauration, la sécurité et les services associés. Le CNCC n’a toutefois pas communiqué, à ce stade, le montant de l’investissement, le calendrier de réalisation, la durée de la convention ni les modalités de partage des revenus entre les deux partenaires.
Frédéric Nonos
Lire aussi :
09-04-2026 – Corridors Douala-Bangui et Douala-Ndjamena : le CNCC veut installer des stations-service dans ses centres de vie
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