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Hydrocarbures : vers l’indexation des prix du carburant sur les cours mondiaux

Le Fonds monétaire international (FMI) appelle le Cameroun à accélérer sans délai la réforme de sa politique de fixation des prix des carburants. Dans son rapport des services relatif aux consultations de 2026 au titre de l’Article IV, l’institution considère que la forte diminution des subventions observée ces dernières années constitue une avancée importante, mais insuffisante pour mettre définitivement les finances publiques à l’abri des fluctuations du marché pétrolier mondial.
Pour le FMI, le maintien de prix administrés continue d’exposer l’État à un risque financier potentiellement élevé en cas de remontée des cours internationaux du pétrole. « La réforme radicale des subventions aux carburants et la faiblesse des prix internationaux du pétrole ces dernières années ont permis de réduire les subventions, mais seul un mécanisme d’ajustement automatique des prix permettra d’atténuer les risques pour les finances publiques. Le coût budgétaire des subventions aux carburants est tombé d’environ 4 % du PIB en 2022 à moins de 1 % en 2024. La mise en place d’un mécanisme d’ajustement automatique des prix permettrait de réduire les risques budgétaires. Réduire l’écart entre les prix administrés et les prix assurant le recouvrement des coûts, tout en effectuant une revue approfondie du barème, sont des conditions préalables essentielles à la réforme. La réforme devrait tenir compte des contraintes opérationnelles et de gouvernance et garantir la transparence », souligne le FMI.
À travers cette recommandation, le Fonds défend un système dans lequel les prix à la pompe évolueraient en fonction des coûts réels d’approvisionnement, plutôt que d’être maintenus artificiellement à un niveau fixé par les autorités publiques.
UNE FACTURE BUDGÉTAIRE FORTEMENT RÉDUITE, MAIS ENCORE JUGÉE FRAGILE
Depuis 2023, les autorités ont procédé à deux relèvements successifs des prix à la pompe. D’après les données du ministère de l’Eau et de l’Énergie, le litre de super est passé de 630 FCFA à 840 FCFA entre janvier 2023 et février 2024. Sur la même période, le litre de gasoil est passé de 575 FCFA à 828 FCFA. Ces mesures ont contribué à alléger significativement la charge supportée par le budget de l’État.
Selon les documents budgétaires, les subventions aux carburants représentaient environ 1 000 milliards de FCFA en 2022. Elles sont ensuite retombées à 640 milliards de FCFA en 2023, puis à une prévision de 263,3 milliards de FCFA en 2024. La trajectoire de réduction s’est poursuivie dans la loi de finances 2025, qui ne prévoit plus que 15 milliards de FCFA de subventions aux carburants, contre 263,3 milliards un an auparavant, soit une baisse de plus de 94 %. Pour le FMI, ces résultats demeurent néanmoins réversibles tant que les prix intérieurs restent découplés des coûts réels du marché international.
LE RISQUE D’UN RETOUR DES SUBVENTIONS EN CAS DE CHOC PÉTROLIER
L’avertissement du Fonds trouve un écho particulier dans le contexte international actuel, marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les incertitudes qu’elles font peser sur l’évolution des cours du pétrole. Il rejoint également la position que défend de longue date l’institution de Bretton Woods en faveur d’une plus grande flexibilité des prix domestiques. Dans une analyse consacrée aux conséquences économiques des tensions entre les États-Unis, Israël et l’Iran, le ministère camerounais des Finances estime lui aussi qu’un maintien durable des cours du pétrole à des niveaux élevés aurait des effets significatifs sur les finances publiques.
Selon ce document, si le prix moyen du pétrole se maintient à 100 dollars le baril sur l’ensemble de l’année 2026, les recettes pétrolières supplémentaires pourraient atteindre environ 180 milliards de FCFA par rapport aux hypothèses retenues dans la loi de finances. Cette amélioration proviendrait principalement de la redevance versée par la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et de l’impôt acquitté par les sociétés pétrolières. Toutefois, cette hausse des prix internationaux présente un double visage pour le Cameroun.
Si elle soutient les recettes tirées des exportations d’hydrocarbures, elle renchérit simultanément les importations de produits pétroliers raffinés. Or, le pays demeure fortement dépendant des achats de carburants à l’étranger malgré son statut de producteur de pétrole brut. Le ministère des Finances souligne d’ailleurs que l’augmentation des revenus issus des exportations pétrolières s’accompagne mécaniquement d’une progression de la facture des importations de carburants et de lubrifiants. Dans un système où les prix à la pompe sont maintenus en dessous des coûts réels, cette situation pourrait se traduire par une hausse des compensations versées par l’État. L’expérience récente en fournit une illustration.
À la suite du choc provoqué par la guerre russo-ukrainienne, les dépenses de subventions avaient fortement augmenté avant d’amorcer leur recul grâce aux relèvements des prix domestiques. Selon les données du ministère des Finances, ces dépenses ont atteint 460 milliards de FCFA en 2023 avant de retomber à 231 milliards de FCFA en 2024, sous l’effet des ajustements tarifaires et des mesures d’accompagnement social mises en place par le gouvernement.
Le ministère anticipe d’ailleurs qu’en cas de maintien durable de cours élevés, les besoins de compensation pourraient à nouveau progresser, même si cette hausse resterait inférieure à celle des recettes pétrolières additionnelles. Dans ce scénario, le gain net pour les finances publiques demeurerait positif. C’est précisément pour éviter que le budget de l’État ne soit régulièrement exposé aux fluctuations du marché pétrolier que le FMI plaide aujourd’hui pour un changement de système.
L’institution estime qu’un mécanisme d’ajustement automatique des prix permettrait d’aligner davantage les tarifs domestiques sur les coûts réels d’approvisionnement, de limiter le risque de résurgence de subventions massives et de préserver les marges budgétaires nécessaires au financement d’autres priorités publiques.
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Marché des titres publics : 98 milliards FCFA levés sur 160 milliards attendus au 1er trimestre

Le Trésor camerounais a enregistré un début d’année en deçà de ses prévisions sur le marché des titres publics. Entre janvier et mars 2026, il a levé 98 milliards de FCFA contre un objectif trimestriel de 160 milliards de FCFA, soit un manque de 62 milliards de FCFA. D’après le Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) 2027-2029, le taux de réalisation s’est établi à 61,3 %.
Les ressources mobilisées proviennent de 50,3 milliards de FCFA d’Obligations du Trésor assimilables (OTA), utilisées pour le financement à moyen et long terme, et de 47,7 milliards de FCFA de Bons du Trésor assimilables (BTA) à 52 semaines, destinés aux besoins de trésorerie de l’État. Malgré cet écart par rapport à la programmation, le montant levé reste supérieur aux 84,4 milliards de FCFA collectés au premier trimestre 2025, soit une progression de 13,6 milliards de FCFA ou 16,2 %.
DES INVESTISSEURS PLUS EXIGEANTS
Cette contre-performance s’inscrit dans un environnement moins favorable sur le marché des titres publics de la Cemac. Les États continuent d’y rechercher des ressources importantes, mais les investisseurs demandent désormais des rendements plus élevés et privilégient les échéances courtes. Cette évolution avait déjà été relevée par le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, le 13 février 2025 à Douala.
Selon les données présentées à cette occasion, le Cameroun a levé 1 153,9 milliards de FCFA sur ce marché en 2024, en hausse de 20,4 % sur un an. Dans le même temps, le taux de rémunération des Bons du Trésor assimilables est passé de 2,67 % en 2020 à 6,33 % en 2024, tandis que le taux de couverture des besoins du Trésor est tombé de 206,9 % à 69 %.
Le Directeur général du Trésor et de la Coopération financière et monétaire, Sylvester Moh Tangongho, dresse le même constat dans un entretien accordé à Défis Actuels. « Nous faisons face au renchérissement du coût du financement de notre dette publique. Cette situation s’accompagne également d’un raccourcissement de la maturité moyenne des titres émis, les investisseurs privilégiant désormais des échéances plus courtes », explique-t-il.
Pour élargir la base des souscripteurs, le Trésor envisage d’ouvrir davantage le marché aux particuliers par l’intermédiaire des plateformes numériques. « Les fintech pourraient agréger des milliers de souscriptions de faible montant et permettre ainsi à un plus grand nombre d’épargnants de participer au financement de l’État », indique le responsable. Il évoque également la possibilité de lancer des émissions liées à des projets identifiés. « Des emprunts pourraient être lancés pour financer une infrastructure bien identifiée, comme un pont ou un équipement local. Les souscripteurs sauraient alors précisément à quoi leur contribution est affectée », précise Sylvester Moh Tangongho.
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SIARC 2026 : Le Cameroun juxtapose la tradition et la modernité pour stimuler l’innovation artisanale

Cet événement biennal prévu du 27 juillet au 05 août 2026 à Yaoundé, mettra en avant l’artisanat local par des expositions-ventes, des rencontres B2B, des ateliers de formation et des innovations.
Promouvoir et stimuler l’innovation dans le secteur de l’artisanat camerounais, en créant une plateforme d’échanges fructueux entre les savoirs-faires traditionnels et les influences contemporaines, afin d’accroître sa compétitivité. C’est l’objectif général de la 9ème édition du Salon international de l’artisanat du Cameroun (SIARC), prévu du 27 juillet au 05 août 2026 au musée national de Yaoundé.
L’événement qui aura pour pays invités d’honneur la Côte d’Ivoire et le Cameroun et l’Algérie va se tenir sous le thème : «Entre tradition et modernité : comment stimuler l’innovation artisanale? ». Comme innovation de cette 9ème édition, le SIARC 2026 ambitionne des formations des artisans sur l’appropriation du processus de normalisation et de certification des produits artisanaux, l’ouverture d’une boutique souvenir SIAR 2026 et un atelier d’initiation des jeunes vulnérables aux métiers artisanaux.
Au cours du point de presse organisé hier jeudi 23 juillet 2026 à Yaoundé en prélude à l’événement, Achille Bassilekin III, ministre en charge des PME, de l’économie sociale et de l’artisanat (Minpmeesa) a expliqué que «l’artisanat demeure l’un des piliers de l’économie camerounaise. Selon les autorités, il mobilise près de 60 % de la population active, contribue significativement à la création de richesses, favorise l’insertion socio-économique et participe à la préservation de l’identité culturelle nationale».
Dans son allocution, le membre du gouvernement a rappelé que la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) fait de l’innovation, de la compétitivité et de la valorisation du secteur privé des instruments majeurs pour conduire le Cameroun vers l’émergence. L’artisanat y occupe une place de choix en tant que levier de création d’emplois, de promotion du « Made in Cameroon » et de développement des chaînes de valeur locales.
Achille Bassilekin III a indiqué que l’artisanat national dépasse le simple acte commercial. « Acheter un produit artisanal camerounais, c’est soutenir une famille, préserver un savoir-faire, contribuer à la création d’emplois et investir dans notre patrimoine culturel », a-t-il déclaré.
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Absence de Paul Biya : le SDF dénonce le black out total

«Qui gouverne ce pays ? Le chef de l’État est absent du territoire national depuis plus de six semaines (…). La vice-présidence, créée à la hâte en avril au nom de la continuité de l’État demeure vacante. L’État fonctionne par délégation de signature qu’aucun citoyen n’a jamais vue».Le coup de gueule est de Joshua Osih hier lors de la conférence de presse qu’l a donnée à Yaoundé. Le séjour prolongé du président de la République en Europe était le sujet phare abordé par le président du Social democratic front (SDF) à cette occasion où il présentait la position de son parti sur l’état de la nation. Joignant ainsi sa voix aux millions d’autres qui s’inquiètent du « court séjour » présidentiel devenu de plus en plus élastique. Déjà 45 jours que le peuple camerounais est sans nouvelles de Paul Biya son président, parti « en Europe » début juin dernier, et qui n’a plus donné signe de vie. Lui qui a fait l’objet de vifs débats sur son état de santé à l’occasion de la célébration de la Fête nationale le 20 mai dernier. Lui dont des sources annoncent une hospitalisation en Suisse. Une information qui avait été donnée par le magazine Jeune Afrique. Le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, avait démenti cette information, la déclarant « non fondée ». Le porte-parole du gouvernement indiquait que Paul Biya est au travail.
Mais cela fait déjà un mois et demi que l’homme en qui le peuple camerounais a confié son destin, est toujours sans nouvelles officielles. Amplifiant les rumeurs et débats sur sa santé. Et désormais sur la vacance à la tête de l’Etat. Convoquant l’article 6, alinéa 5 de la Constitution du 18 janvier 1996 modifiée en avril dernier. Lequel dispose que «en cas de vacance de la présidence de la République pour cause de décès ou de démission, ou en cas d’empêchement définitif dûment constaté par le Conseil constitutionnel, le vice-président achève le mandat du président de la République». Faux : «Affirmer que le pouvoir (exécutif) est ‘’vacant’’ au Cameroun relève d’un barbarisme juridique, voire politique oulogique », réagi Jacques Fame Ndongo, secrétaire à la communication du Rdpc, parti au pouvoir.
« République en pilotage automatique »
Sauf que la réalité à savoir la longue absence prolongée du président de la République, impose débats et conjectures lorsqu’après sa sortie, le patron de la communication du parti au pouvoir ne peut apporter une preuve que Paul Biya continue d’être le commandant de bord du bateau Cameroun. Le SDF par la voix de son président, est monté au créneau pour joindre sa voix à celles des autres Camerounais qui refusent d’assister en victimes résignées du sevrage brusque de leur président ; mais surtout, de sortir le débat des réseaux sociaux pour l’exposer dans les espaces conventionnels de gouvernance participative de la cité. «Nous comprenons, et nous l’avons dit, que d’un point de vue constitutionnel, cette vacance n’existe pas par voie d’absence», rejoint-il Fame Ndongo. «Nous respectons cela. Nous sommes des républicains et nous respectons les lois qui nous entourent. Mais nous disons, et nous insistons, que d’un point de vue politique et tout simplement de décence, la question reste sur la table : celle qui oblige le président de la République d’informer ses concitoyens. Tout comme il le fait quand il part, il a l’obligation de nous dire ce qu’il lui arrive», s’en éloigne-t-il. Jugeant l’absence de communication officielle comme «indécente et méprisante».
Le Chairman du SDF rappelle que le chef de l’Etat«est une institution». Insistant sur le fait que «nous devons savoir ce qui se passe avec le chef de l’Etat». Et «ce n’est pas une faveur que nous demandons». Et d’insister sur la notion de « court séjour », autre pan du débat. «Si court, chez lui, veut dire 45 jours, il faudrait qu’on revoie le curriculum scolaire au Cameroun, parce que, quand moi je suis allé à l’école, 45 jours n’étaient pas considérés comme un court séjour». Le successeur de Ni John Fru Ndi ne se contente plus du bavardage : «Quand nous disons que nous allons aviser, c’est tout simplement pour savoir : qu’il nous informe, de ce qui se passe. Parce que si, après tous ces appels des Camerounais pour savoir où il est, il ne répond pas, il faudra passer à la phase suivante : comprendre pourquoi il ne peut pas nous dire où il est», menace-t-il. D’autant plus que «le Cameroun est une République en pilotage automatique et l’on ne s’en remet pas à un pilotage automatique dans la tempête». Faisant allusion aux nombreuses questions et préoccupations des Camerounais à l’heure actuelle : la vie chère, la mise en œuvre de la réforme constitutionnelle d’avril 2026 qui institue la vice-présidence de la République, le problème du trafic illicite de l’or,…
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