Un communiqué officiel, un sélectionneur qui l’apprend sur les réseaux sociaux, et une fédération qui se défausse. L’affaire Pagou révèle des tensions profondes au sein du football camerounais.
Un communiqué que Pagou n’a jamais validé
La Fédération Camerounaise de Football a publié un communiqué annonçant que David Pagou, sélectionneur des Lions Indomptables, « a décidé de ne pas programmer un regroupement ni de rencontre pour la Sélection Nationale Fanion Masculine durant la fenêtre FIFA du mois de juin 2026 », afin de « permettre aux joueurs internationaux camerounais, dont la plupart viennent d’achever une saison particulièrement exigeante au sein de leurs clubs respectifs, de bénéficier d’une période de récupération indispensable, tant sur le plan physique que mental. »
Jusque-là, rien d’inhabituel. Sauf que le principal intéressé n’était pas au courant.
Plusieurs proches du technicien, contactés par notre rédaction, confirment la même chose : David Pagou aurait découvert le contenu de ce communiqué via les réseaux sociaux, comme n’importe quel supporter lambda. Pas de concertation préalable. Pas de validation. Juste une décision présentée comme la sienne, sans qu’il en ait été informé.
La réaction de Pagou : une colère froide
On imagine sans peine la scène. Un sélectionneur national qui tombe sur un communiqué officiel le concernant en scrollant son téléphone. Ce n’est pas une rumeur de vestiaire : selon nos sources, Pagou serait depuis lors « très remonté » contre la fédération.
Et franchement, difficile de lui en vouloir.
La FECAFOOT a présenté une décision comme émanant du coach, alors qu’il n’en savait apparemment rien. Ce genre de procédé installe un sélectionneur dans une position inconfortable : soit il dément publiquement sa fédération, soit il endosse en silence une décision qu’il n’a pas prise. Les deux options sont mauvaises.
À y regarder de plus près, l’affaire soulève une question plus large : qui dirige vraiment la sélection nationale ?
Tony Franck Ndam lâche une phrase qui dit tout
La réaction de la FECAFOOT après la publication de Cfoot n’a pas tardé. La fédération aurait fait savoir à Pagou qu’elle n’avait pas apprécié cette sortie médiatique. Autrement dit, elle lui reproche la fuite, pas la méthode utilisée pour le court-circuiter.
C’est Tony Franck Ndam qui a formulé le plus clairement ce que beaucoup pensent tout bas : « La FECAFOOT a jeté David Pagou à la vindicte populaire. Aujourd’hui c’est lui qui prend les coups. »
La formule est lapidaire, mais elle résume bien le mécanisme à l’œuvre. En attribuant publiquement la décision de ne pas rassembler les Lions à Pagou, la fédération s’est protégée d’éventuelles critiques tout en exposant le sélectionneur. Si les supporters ou les observateurs trouvent à redire sur l’absence de regroupement en juin 2026, c’est le coach qui essuie les tirs, pas les dirigeants.
Ce type de manœuvre n’est pas propre au Cameroun, mais elle fragilise durablement la relation entre un staff technique et son institution. Un sélectionneur qui ne maîtrise pas sa propre communication officielle travaille sur des sables mouvants, quelle que soit sa compétence footballistique.














