Que prépare Samuel Eto’o ? La convocation d’une nouvelle session du comité exécutif de la Fédération camerounaise de football alimente déjà toutes les discussions dans les couloirs du football camerounais. Entre polémiques autour de l’arbitrage, communication contestée et climat tendu autour des Lions Indomptables, cette réunion du Comex prévue le 3 juillet prochain au nouveau siège de Warda ne ressemble pas à une simple formalité administrative.
Le président de la Fécafoot, Samuel Eto’o Fils, a officiellement convoqué les membres du comité exécutif pour une session qui se tiendra dans les nouvelles installations de l’instance faîtière du football camerounais. Le communiqué, signé ce 28 mai, reste pourtant silencieux sur les sujets qui seront abordés. Un détail loin d’être anodin. L’ordre du jour sera communiqué ultérieurement, précise la fédération.
Une réunion du Comex dans un climat particulièrement lourd
Difficile de dissocier cette convocation du contexte explosif qui entoure actuellement la Fécafoot. Depuis plusieurs semaines, les critiques s’accumulent. Et, à y regarder de plus près, les fronts ouverts sont nombreux.
L’arbitrage, d’abord. Sujet sensible s’il en est. Les championnats Elite One et Elite Two traversent une zone de fortes turbulences. Plusieurs arbitres ont récemment été suspendus par la commission centrale des arbitres pour des manquements jugés graves. Une décision qui traduit, au passage, le malaise profond qui secoue le corps arbitral camerounais.
Dans certains stades, la tension devient presque habituelle. Contestations incessantes, accusations de favoritisme, erreurs qui alimentent les débats pendant des jours… Le football camerounais semble replonger dans de vieux travers que beaucoup pensaient derrière lui. Pourtant, le chantier de la crédibilité de l’arbitrage était présenté comme l’une des priorités de la gouvernance Eto’o.
Les Lions U17 entre satisfaction et frustration
Autre dossier brûlant : le parcours des Lions U17 lors de la dernière CAN au Maroc. L’élimination en quarts de finale a laissé un goût amer. Certains observateurs s’attendaient à voir cette génération aller beaucoup plus loin dans la compétition.
Mais tout n’est pas noir. L’équipe a tout de même décroché son billet pour la prochaine Coupe du monde de la catégorie. Un objectif majeur atteint, même si la manière continue de faire débat. C’est souvent le paradoxe du football camerounais : les résultats sont là, mais les discussions ne s’arrêtent jamais vraiment.
D’ailleurs, plusieurs anciens internationaux ont pointé du doigt certaines lacunes tactiques et organisationnelles aperçues durant le tournoi. Une critique qui vise indirectement l’encadrement technique mis en place ces derniers mois.
La sortie du SG de la Fécafoot fait encore polémique
Ce qui cristallise actuellement les tensions, c’est surtout la récente communication autour de la période FIFA de juin. Une affaire qui a rapidement pris une tournure médiatique inattendue.
Dans un communiqué largement relayé, le secrétaire général de la Fécafoot, Blaise Isaac Mandong, a annoncé qu’il n’y aurait finalement aucun regroupement des Lions Indomptables en juin. Une décision attribuée au sélectionneur David Pagou.
L’argument avancé ? Le besoin de repos pour les internationaux après une saison particulièrement éprouvante. Une justification qui n’a pas convaincu tout le monde. Loin de là.
Sur les plateaux télé et dans les émissions sportives, les réactions ont fusé. Certains y voient une gestion improvisée. D’autres parlent d’un simple problème de communication interne. Soyons honnêtes : au Cameroun, lorsqu’il s’agit des Lions Indomptables, chaque détail devient immédiatement une affaire nationale.
L’ancien Lion Indomptable Serge Branco n’a d’ailleurs pas caché son agacement après la publication du communiqué. Ses critiques envers David Pagou ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux, alimentant un débat déjà très électrique autour de la gestion de la sélection nationale.
Samuel Eto’o veut mettre en avant le nouveau siège de Warda
Au-delà des dossiers sportifs, cette session du comité exécutif possède aussi une forte portée symbolique. Et ce n’est probablement pas un hasard si Samuel Eto’o a choisi le nouveau siège de Warda pour accueillir cette réunion.
Depuis plusieurs semaines, les services de la fédération s’installent progressivement dans les nouveaux locaux. L’ancien siège, lui, change officiellement de statut et porte désormais le nom d’« Annexe de la Fécafoot ».
Le symbole est puissant. Presque politique, diront certains observateurs. Samuel Eto’o entend clairement associer son mandat à cette nouvelle infrastructure. Une manière de matérialiser son projet de modernisation de l’institution.
Ce qui frappe surtout, c’est la volonté assumée de marquer une rupture avec l’ancienne image de la fédération. Nouveau bâtiment, nouvelle organisation, nouveaux codes de communication… Le président de la Fécafoot veut installer son empreinte jusque dans les détails visuels de l’institution.
Reste désormais à savoir quels sujets seront réellement placés sur la table lors de ce Comex du 3 juillet. Car derrière les murs flambant neufs de Warda, les tensions, elles, restent bien réelles.
