Actualités locales
chronique d’un divorce moral au sommet de l’État

«Quand Ousmane Sonko parle, ce n’est jamais un simple discours. C’est souvent une grenade philosophique dégoupillée au milieu d’une classe politique habituée aux slogans en plastique, aux sourires amidonnés et aux accolades de circonstance. Et dans cette investiture historique, il y avait un passage qui sentait la poudre intellectuelle, le règlement de comptes feutré et la gifle morale administrée avec des gants blancs», explique Malick BA.
Lire ici son texte :
Car enfin, lorsque Ousmane Sonko évoque les « divergences profondes au sommet de l’État » avec Bassirou Diomaye Faye, il ne parle pas de querelles de couloir, de jalousies de palais ou de batailles de fauteuils climatisés. Non. Il parle d’un duel autrement plus dangereux : la confrontation brutale entre la morale et la politique. Entre la vertu et les combines. Entre le serment et les arrangements. Entre la parole donnée au peuple et les parfums anesthésiants du pouvoir.
Et là, le Sénégal découvre un spectacle rarissime en Afrique : deux hommes arrivés ensemble au sommet, mais déjà séparés par la vitesse à laquelle le pouvoir digère les consciences.
Dans les républiques bananières classiques, les divergences au sommet se règlent autour d’un thiéboudiène diplomatique, d’un partage de postes ou d’un gros marché discrètement emballé dans un sac noir. Mais ici, Sonko débarque avec Aristote sous le bras pendant que les vieux crocodiles politiques cherchaient encore la télécommande de Machiavel.
Quel choc thermique !
Imaginez la scène : des politiciens professionnels, élevés au lait du protocole et nourris aux petits fours de la compromission, entendent soudain un dirigeant parler de vertu, d’éthique et de bien commun. Certains ont dû avaler leur café de travers. D’autres ont probablement appelé leur conseiller pour demander : « Mais c’est qui encore ce Aristote ? Un nouveau ministre ? »
Parce que le vrai séisme est là : Ousmane Sonko vient de dire publiquement ce que beaucoup murmurent dans les couloirs capitonnés du pouvoir : le danger n’est pas l’opposition. Le danger, c’est la lente contamination morale que produit le palais. Cette machine infernale qui transforme parfois les révolutionnaires en collectionneurs de privilèges, les patriotes en bureaucrates parfumés et les résistants en gestionnaires du confort.
Sonko semble dire : “Le problème n’est pas de conquérir le pouvoir. Le problème, c’est de ne pas devenir ce qu’on combattait hier.”
Et cette phrase-là vaut mille conférences politiques.
Car derrière cette référence à Aristote, il y avait un missile téléguidé contre toute une culture politique sénégalaise bâtie sur l’hypocrisie institutionnelle. Une culture où l’on parle de souveraineté dans les meetings avant de courir vers les chancelleries pour demander la permission de respirer. Une culture où certains responsables publics récitent le Coran le matin avant de signer des contrats obscurs l’après-midi. Une culture où la morale sert souvent de décoration murale pendant que la politique se transforme en foire commerciale.
Le plus ironique dans cette affaire, c’est que beaucoup de commentateurs continuent à analyser cette tension comme un simple conflit d’ego entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Comme si l’histoire du Sénégal se résumait à une dispute de voisinage entre deux colocataires du pouvoir.
Quelle paresse intellectuelle !
Ce qui se joue est beaucoup plus profond : c’est le combat entre la politique comme mission et la politique comme installation. Entre ceux qui voient l’État comme un outil de transformation et ceux qui commencent déjà à le considérer comme une résidence administrative avec chauffeur, tapis rouge et climatisation centrale.
Et Sonko, fidèle à sa méthode, n’a pas choisi l’insulte frontale. Il a préféré l’arme la plus redoutable : la hauteur intellectuelle. Pendant que certains attendaient des noms, des attaques personnelles ou des règlements de comptes de quartier politique, lui cite Aristote. C’est une manière élégante de dire : “Le problème dépasse vos petites cuisines.”
Cette sortie a surtout révélé une chose : au sommet de l’État, la cohabitation entre la morale et les réflexes classiques du pouvoir devient déjà électrique. Car la morale dérange. Toujours. Elle ralentit les combines. Elle bloque les arrangements. Elle pose des questions embarrassantes au milieu des applaudissements mécaniques.
La morale demande : “Pourquoi ?” La politique politicienne répond souvent : “Parce que c’est comme ça.”
Et dans cette guerre silencieuse, le peuple sénégalais observe. Fasciné. Inquiet. Curieux aussi. Parce qu’il comprend instinctivement qu’il ne s’agit plus simplement d’une divergence entre deux hommes, mais d’un test historique : peut-on gouverner un État africain sans être avalé par les habitudes du système ?
Voilà pourquoi cette séquence du discours restera probablement comme l’une des plus importantes. Parce qu’elle a déshabillé la politique sénégalaise devant le miroir brutal de l’éthique. Et le reflet n’est pas toujours flatteur.
Malick BA
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plus de deux millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë (ONU)

En République centrafricaine, près d’un tiers de la population centrafricaine continue de faire face à une insécurité alimentaire aiguë. Selon les agences des Nations Unies, plus de deux millions de personnes ont besoin d’une assistance urgente.
La République centrafricaine reste confrontée à une grave crise alimentaire. D’après la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), plus de 2 millions de personnes, soit près d’un habitant sur trois, vivent dans des conditions d’insécurité alimentaire aiguë nécessitant une intervention urgente. Parmi elles, 262 000 personnes sont en situation d’urgence (phase 4 de l’IPC) et 1,75 million en situation de crise (phase 3).
Les populations les plus touchées sont les déplacés internes, les réfugiés, les communautés hôtes et les ménages les plus pauvres dépendant principalement des marchés pour se nourrir. Dix-huit sous-préfectures enregistrent des niveaux particulièrement préoccupants, avec plus de la moitié de leur population confrontée à une insécurité alimentaire sévère.
Cette situation est alimentée par la hausse des prix des denrées alimentaires, la faiblesse du pouvoir d’achat, l’insécurité persistante, les déplacements de population ainsi que les chocs climatiques qui affectent la production agricole.
Toutefois, les Nations Unies relèvent une légère amélioration par rapport aux projections d’octobre 2025. Le nombre de personnes en situation de crise ou pire a diminué d’environ 288 000 personnes, grâce notamment à de meilleures perspectives agricoles, à des opportunités accrues de subsistance et à une aide humanitaire plus importante attendue entre avril et août 2026.
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les joueurs boycottent l’entraînement pour réclamer quatre mois de salaires

Le malaise est profond au sein de PWD de Bamenda. Le club camerounais traverse une crise interne majeure après que ses joueurs ont décidé de boycotter la séance d’entraînement prévue mardi matin afin de protester contre des arriérés financiers qui s’accumulent depuis plusieurs mois.
Selon les informations rapportées par le journaliste Afeseh Apong, les joueurs se sont présentés au stade de proximité de Bamenda comme prévu, mais ont refusé de prendre part aux exercices. Une action collective destinée à attirer l’attention de la direction sur leur situation. Les footballeurs réclament le paiement de quatre mois de salaires ainsi que trois primes de match toujours impayées.
La réaction du club ne s’est pas fait attendre. En réponse à ce mouvement de protestation, les joueurs se sont vu interdire l’accès au bus de l’équipe pour le trajet retour. Contraints de se débrouiller par leurs propres moyens, ils ont quitté les installations dans un climat particulièrement tendu, révélateur de la fracture grandissante entre l’effectif et les dirigeants.
Cette crise suscite d’autant plus d’interrogations que le président de PWD de Bamenda, Pascal Abunde, occupe également le poste de quatrième vice-président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT). Une position qui rend cette affaire particulièrement sensible dans le paysage du football camerounais.
À quelques semaines de la reprise des compétitions et alors que le club cherche à retrouver de la stabilité sur le terrain, cette situation pourrait avoir de lourdes conséquences sur les performances sportives de l’équipe. Les supporters, eux, attendent désormais des réponses concrètes de la direction afin d’éviter que cette crise financière ne se transforme en véritable crise institutionnelle.
Le dossier est désormais suivi de près par les observateurs du football camerounais, qui s’interrogent sur la capacité du club à rétablir rapidement un climat serein au sein de son vestiaire.
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Camair-co à la traîne sur l’international, les compagnies étrangères captent plus de 1,3 million de passagers
La compagnie nationale Camair-Co peine à s’imposer sur les lignes internationales, où les transporteurs étrangers captent plus de 1,3 million de passagers au Cameroun. Le marché est fortement dominé par des géants comme Ethiopian Airlines et Air France, qui tirent profit de la croissance continue du trafic passager dans les aéroports du pays.
Près de 16 compagnies internationales régulières desservent les aéroports de Douala et Yaoundé. Des acteurs comme Ethiopian Airlines et Air France se partagent la part du lion. La position de Camair-Co, l’étoile du Cameroun se concentre principalement sur son réseau domestique et quelques lignes sous-régionales (Libreville, Brazzaville, Kinshasa, Cotonou).
D’après les données des Aéroports du Cameroun (ADC), dix compagnies aériennes ont concentré l’essentiel du trafic passagers et fret au Cameroun en 2024. Une particularité se dégage sur le classement, le maintien de l’Etoile du Cameroun comme acteur central du réseau domestique, et la domination des transporteurs européens et africains sur les liaisons internationales.
Ethiopian Airlines
Avec 11 606 mouvements et 549 303 passagers, la compagnie nationale reste le leader de la desserte intérieure. Néanmoins, l’optimisation du taux de remplissage demeure un défi récurrent, reflétant les fragilités structurelles de la compagnie nationale. Le classement est dominé par Ethiopian Airlines, qui a transporté 291 763 passagers, en hausse de 13,9 %, confirmant son statut de principal acteur du trafic international au Cameroun. Elle est suivie de Brussels Airlines avec 258 856 passagers (+1,0 %) et d’Air France malgré son mauvais service avec 258 711 passagers (-3,1 %).
Derrière ce trio de tête figurent Asky Airlines (157 104 passagers), Turkish Airlines (115 607), Royal Air Maroc (94 851), Air Côte d’Ivoire (79 698), RwandAir (78 416), Kenya Airways (30 291), mince, ils sont vraiment tombés et Cronos Airlines (8 109 passagers).
L’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale
«Les 1,37 million de passagers transportés par les dix compagnies étrangères représentent autant d’opportunités commerciales qui échappent à Camair-Co. Si la compagnie nationale disposait d’une flotte plus importante, d’une meilleure régularité opérationnelle et de dessertes internationales plus nombreuses, elle pourrait capter une partie significative de ce marché. L’exemple d’Ethiopian Airlines est particulièrement révélateur. La compagnie éthiopienne a bâti un puissant hub africain à Addis-Abeba et transporte à elle seule près de 292 000 passagers au Cameroun. Elle illustre comment une compagnie africaine bien structurée peut dominer le trafic régional et international», analyse Shance Lion.
Pour ce lanceur d’alerte, le défi pour Camair-Co n’est donc plus seulement de maintenir sa position sur le réseau domestique, mais de conquérir une partie du marché international. Tant que les liaisons vers l’Europe, l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et le Moyen-Orient resteront majoritairement exploitées par des compagnies étrangères, une grande partie de la valeur créée par le transport aérien camerounais continuera d’être captée hors du pays.
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