Pourquoi Sacha Boey n’a-t-il toujours pas rejoint les Lions indomptables ? Écarté une nouvelle fois par Didier Deschamps, le latéral franco-camerounais relance malgré lui un vieux débat au Cameroun : celui des binationaux qui hésitent trop longtemps. Entre choix du cœur, stratégie de carrière et regard de l’opinion publique, le dossier reste brûlant.
Sacha Boey encore absent chez les Bleus
Le nom de revient avec insistance depuis l’annonce de la liste de Didier Deschamps. Et pour cause : le défenseur n’a pas été retenu pour le prochain Mondial avec l’équipe de France. Une absence qui fait immédiatement renaître une question que beaucoup de supporters camerounais croyaient enterrée : les Lions indomptables doivent-ils encore attendre Sacha Boey ?
Le sujet n’est pas nouveau. Déjà avant la Coupe du monde 2022, l’ancien sélectionneur avait tenté d’attirer le joueur vers la sélection camerounaise. À l’époque, le latéral droit n’avait jamais fermé la porte. Mais il ne l’avait jamais vraiment ouverte non plus.
Cette hésitation continue aujourd’hui d’alimenter les débats, surtout au Cameroun où le rapport aux binationaux reste parfois passionnel. Il suffit d’écouter les discussions dans les bars de Yaoundé ou devant les écrans des call-box pour comprendre une chose : beaucoup voient désormais les Lions comme une option de secours pour certains joueurs.
Charles Douglas Ndemba charge les joueurs indécis
Le journaliste n’a d’ailleurs pas mâché ses mots. Dans une sortie largement relayée sur les réseaux sociaux, il critique frontalement les footballeurs qui tardent à choisir leur nationalité sportive.
Selon lui :
« Hésitant, dandineur, embarrassé finalement égaré et snobé. Sacha Boei fait partie de ces joueurs qui sont face au difficile choix de la nationalité sportive avec laquelle ils veulent s’afficher et s’assumer. Deux options s’offrent généralement à eux, évoluer avec leur pays d’origine (le plus souvent africain) ou évoluer avec le pays de naissance et d’adoption (le plus souvent occidental).
Quand la première option se fait attendre, le joueur est plongé dans une dichotomie essentiellement intéressée. Le joueur et son entourage, commencent des calculs opportunistes en fonction des intérêts sportifs et parfois financiers mais une chose est sûre c’est jamais un choix du cœur. Pour la simple raison que le cœur lui, il parle et il n’a qu’un seul choix, une seule option. C’est la raison pour laquelle le choix du cœur se fait assez tôt et on s’y tient peu importe les tournures. Cette partie est réservée aux vrais qui ont de la personnalité »
Le ton est dur. Presque brutal par moments. Mais il traduit aussi une lassitude grandissante autour de certains dossiers qui s’éternisent depuis des années dans le football africain.
Soyons honnêtes : le public camerounais accepte de moins en moins l’idée qu’un joueur attende d’être recalé chez les Bleus avant de regarder vers les Lions indomptables.
Le Cameroun doit-il encore attendre Sacha Boey ?
La vraie interrogation est là. Et Charles Douglas Ndemba la pose clairement.
Le journaliste rappelle que les discussions entre Sacha Boey et Rigobert Song avaient bel et bien existé avant le Mondial qatari. Pourtant, malgré l’intérêt affiché par la Fédération camerounaise, le joueur avait préféré temporiser.
« Sur le cas Sacha Boey, il avait bel et bien été contacté par Rigobert Song avant la coupe du monde 2022, le latéral droit avait demandé à l’ex capitaine des lions indomptables d’attendre. Et Song avait dit à la presse « nous n’avons pas tout le temps mais les portes restent ouvertes ». La question qu’on est en droit de se poser c’est est-ce que les portes des lions indomptables sont toujours ouvertes pour Sacha Boey qui vient une fois de plus d’être snobé par Didier Deschamps? Pagou semble avoir déjà son ossature.
Il devient donc Évident que Sacha Boei a 25 ans n’a qu’une seule option dans sa vie c’est l’équipe de France. Les lions indomptables apparaissent dès lors comme un choix par défaut. C’est précisément ici que les sélections et fédérations africaines doivent se faire respecter en mettant sur pieds une politique comme le Maroc l’a fait. La sélection commence par les sélections jeunes ou rien »
Ce passage résume parfaitement le malaise actuel. D’un côté, certains estiment qu’un talent comme Sacha Boey mérite toujours sa chance avec le Cameroun. Après tout, le football moderne regorge de trajectoires inattendues. Riyad Mahrez, Kalidou Koulibaly ou encore Achraf Hakimi ont eux aussi dû faire des choix complexes.
Mais à y regarder de plus près, le problème dépasse largement le cas Boey.
Le modèle marocain inspire de plus en plus en Afrique
Depuis quelques années, plusieurs fédérations africaines observent avec intérêt la stratégie du . Le Maroc a très tôt intégré ses jeunes binationaux dans ses équipes de jeunes, créant un sentiment d’appartenance avant même l’explosion médiatique des joueurs.
Résultat : beaucoup de talents choisissent rapidement les Lions de l’Atlas sans attendre une éventuelle convocation européenne.
Au Cameroun, ce modèle fait désormais école dans les discussions sportives. Certains dirigeants considèrent qu’il faut arrêter de courir derrière des joueurs déjà focalisés sur l’équipe de France. D’autres, au contraire, rappellent qu’un pays comme le Cameroun ne peut pas se permettre de fermer définitivement la porte à des profils de haut niveau.
Le cas de cristallise justement cette fracture.
D’autant que sportivement, le poste de latéral droit reste sensible chez les Lions indomptables. Même si David Pagou semble avancer avec une base déjà définie, les blessures, les méformes ou les changements tactiques peuvent encore rebattre les cartes dans les prochains mois.
