Que se passe-t-il vraiment en coulisses chez les Lions Indomptables ? La question revient souvent, parfois à demi-mot. Cette fois, c’est qui remet le sujet sur la table avec des propos bruts, sans filtre, à son image.
L’ancien défenseur de a profité de son passage dans l’émission Colinterview d’Oh My Goal pour évoquer les réalités du football camerounais et les difficultés rencontrées par certains joueurs binationaux au sein de la sélection.
« Matip aime le foot » : une phrase qui en dit long
Fidèle à sa réputation de joueur atypique, Assou-Ekotto n’a pas cherché à arrondir les angles. En parlant de , l’ancien latéral gauche a surtout mis en avant un choc culturel et professionnel.
« Je ne suis pas un amoureux du football. Matip, lui, il aime le foot et c’est un joueur carré donc en venant au Cameroun, il y a tout un tas de choses qui ne collent pas avec lui. Moi, je suis beaucoup plus élastique. »
Cette déclaration, assez sèche au premier abord, raconte pourtant beaucoup de choses. D’un côté, un joueur formé dans la rigueur allemande, habitué à une organisation millimétrée. De l’autre, un environnement parfois plus imprévisible autour des Lions Indomptables. Ce décalage, plusieurs anciens internationaux l’ont déjà évoqué, souvent avec prudence. Assou-Ekotto, lui, n’a jamais vraiment aimé les détours.
Le malaise des binationaux avec la sélection camerounaise
Le cas de Joël Matip n’est pas isolé. Depuis des années, plusieurs joueurs nés ou formés en Europe ont eu du mal à trouver leurs repères avec la sélection camerounaise. Non pas à cause du terrain. Le problème se situe souvent ailleurs.
Organisation des déplacements, gestion interne, communication, logistique… Au fil du temps, les critiques se sont accumulées autour de la Fédération et de l’environnement de l’équipe nationale. Ce qui frappe surtout, c’est que ces témoignages reviennent régulièrement, quelle que soit la génération concernée.
À y regarder de plus près, Assou-Ekotto ne critique même pas directement le Cameroun. Il explique surtout pourquoi certains profils s’adaptent mieux que d’autres. Lui se décrit comme quelqu’un de détaché vis-à-vis du football, presque en retrait émotionnellement. Cette distance lui aurait permis d’encaisser plus facilement certaines situations jugées frustrantes par d’autres joueurs.
Benoît Assou-Ekotto, un personnage à part dans le football
Il faut dire que l’ancien défenseur n’a jamais ressemblé au footballeur classique. Durant sa carrière, il avait déjà surpris en affirmant qu’il considérait le football comme un travail plus qu’une passion. Une sortie devenue culte avec le temps.
Dans un milieu où les discours sont souvent calibrés, son franc-parler continue d’interpeller. Et parfois même de déranger. Soyons honnêtes : beaucoup d’anciens internationaux pensent probablement la même chose, mais peu osent l’exprimer publiquement.
Ce côté « anti-langue de bois » explique aussi pourquoi ses déclarations circulent autant sur les réseaux sociaux. Les supporters camerounais, eux, restent divisés. Certains saluent son honnêteté. D’autres estiment qu’il expose inutilement les failles internes du football camerounais.
Les Lions Indomptables face à leurs vieux démons
Le sujet dépasse largement le simple cas Matip. Depuis plusieurs décennies, les Lions Indomptables vivent régulièrement des épisodes tendus en dehors du terrain. Primes, conflits administratifs, problèmes d’organisation : l’histoire de la sélection est jalonnée de crises parfois improbables.
Pourtant, malgré ces turbulences, le Cameroun conserve une place à part dans le football africain. Peu de sélections possèdent une identité aussi forte. Entre les générations de , ou encore , les Lions ont construit une histoire qui dépasse le simple cadre sportif.
C’est justement ce contraste qui intrigue. Comment une sélection aussi mythique peut-elle encore être confrontée aux mêmes critiques année après année ? La question reste entière. Et les mots d’Assou-Ekotto viennent rappeler que, derrière l’image des Lions Indomptables, la réalité du vestiaire a parfois été bien plus complexe qu’on ne l’imagine depuis les tribunes.
