Actualités locales
l’homme de la situation ?
Le président Paul Biya vient de porter son choix sur Antoine Ntsimi pour présider le Conseil d’administration de la toute nouvelle société publique camerounaise de l’électricité, née de la nationalisation d’Eneo. Un choix qui ne surprend pas les fins observateurs de la scène politico-économique camerounaise, mais qui suscite déjà des interrogations légitimes.
Lire l’analyse de Anicet Duprix Mani :
Antoine Ntsimi, surnommé dans sa jeunesse “Chicago Boy” en raison de son long séjour aux États-Unis et de son style affirmé, est un technocrate camerounais né le 31 mars 1955. Diplômé et aguerri, il a bâti sa réputation sur sa maîtrise des questions économiques et financières les plus complexes du continent.
C’est lui, en sa qualité de ministre de l’Économie et des Finances du Cameroun (1990–1995), qui s’est retrouvé au cœur de l’un des moments les plus douloureux de l’histoire économique africaine : la dévaluation du franc CFA du 12 janvier 1994 à Dakar. Sous la pression conjuguée de la France et du FMI, c’est Antoine Ntsimi qui annonce au monde entier cette décision historique au nom des quatorze États de la zone franc. Un acte d’une grande responsabilité, assumé publiquement sans flancher, qui révèle un homme capable de porter des décisions impopulaires la tête haute.
Il rebondira ensuite sur la scène régionale en devenant, à partir de mai 2007, Président de la Commission de la CEMAC la plus haute fonction exécutive de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale. Une consécration pour celui que certains surnommeront alors, non sans ironie, “le président des présidents”.
Un profil solide… mais pas sans zones d’ombre
Son parcours impressionne : économiste aguerri, négociateur international, gestionnaire d’institutions sous-régionales. Sur le papier, présider le CA d’une société stratégique dans le secteur de l’énergie semble être dans ses cordes.
Mais l’homme traîne aussi une réputation de personnalité clivante. Son passage à la CEMAC avait été marqué par des tensions avec plusieurs chefs d’État de la sous-région, qui lui reprochaient publiquement une gestion jugée nonchalante et une arrogance impétueuse peu compatible avec l’esprit collégial que requiert la conduite d’une institution communautaire. Des accusations qu’il a toujours contestées.
Ce que personne ne peut lui retirer cependant, c’est une connaissance profonde des rouages économiques et financiers africains, une expérience internationale rare et une capacité éprouvée à naviguer dans les eaux troubles de la diplomatie économique.
Le vrai défi : le tandem Ntsimi – DG à nommer
La nomination d’Antoine Ntsimi n’est qu’une moitié de l’équation. Le vrai test sera dans le choix du Directeur Général qui reste à nommer. Car dans une société aussi stratégique, le CA fixe les orientations, mais c’est le DG qui opère au quotidien, sur le terrain, au contact des réalités d’un réseau électrique vieillissant et d’une demande en forte croissance.
Pour que cette nouvelle société tienne ses promesses, le DG devra être à la fois technicien de l’énergie, manager de terrain et visionnaire capable d’attirer les financements nécessaires à la modernisation du réseau. Le tandem Ntsimi–DG sera le vrai thermomètre de la volonté politique de faire de cette nationalisation une rupture réelle — et non un simple changement d’enseigne.
L’électricité : nerf de l’émergence
On ne le répétera jamais assez : pas d’émergence sans électricité. Le Cameroun dispose d’un potentiel hydroélectrique parmi les plus importants d’Afrique subsaharienne, mais paradoxalement, ses ménages et ses PME souffrent quotidiennement de coupures intempestives qui plombent la productivité, découragent les investisseurs et appauvrissent les populations.
La nationalisation d’ENEO et la création de cette nouvelle entité publique constituent une opportunité historique de tourner la page. Mais les Camerounais ont trop souffert pour se contenter d’annonces. Ils veulent des résultats concrets : de l’électricité stable, accessible et abordable, de Douala à Maroua, de Yaoundé à Bertoua.
En conclusion
Antoine Ntsimi a le profil d’un grand commis de l’État, rompu aux enjeux macroéconomiques. Mais la présidence d’un CA n’est pas un titre honorifique : c’est une responsabilité opérationnelle et morale envers 28 millions de Camerounais qui attendent, depuis trop longtemps, que la lumière soit.
Le succès de cette nouvelle société dépendra de la qualité du tandem qui sera constitué, de la volonté politique réelle de soustraire la gestion de l’énergie aux logiques de prédation, et de la capacité à placer les compétences avant les allégeances dans le choix du DG.
Le Cameroun a les ressources. Il a les hommes. Il lui faut maintenant la gouvernance à la hauteur de l’ambition. Et vous, pensez-vous qu’Antoine Ntsimi est l’homme de la situation ? Dites-le en commentaire ! Antoine TSIMI, ministre de l’économie et des finances camerounais, l’annonce de la dévaluation du FCFA à Dakar, le 12 janvier 1994
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le gouvernement envisage de reporter le scrutin

Le calendrier électoral camerounais pourrait une nouvelle fois être bouleversé. Selon Africa Intelligence, l’exécutif étudie actuellement le scénario d’un nouveau décalage des élections législatives et municipales, prévues en février 2027.
La revue spécialisée française Africa Intelligence, dans une publication du 17 septembre 2026, affirme que le gouvernement envisage de reporter le scrutin et qu’une contrainte liée au calendrier religieux pourrait être invoquée pour justifier ce changement. Le point avancé concerne le début du Ramadan, attendu le 8 février 2027.
Cette période coïnciderait avec la période envisagée pour la tenue du double scrutin. Pour l’heure, il ne s’agit toutefois pas d’une décision officiellement annoncée : aucune nouvelle date électorale n’a été rendue publique. L’information d’Africa Intelligence fait état d’un scénario actuellement examiné au sein de l’exécutif.
Cette éventualité intervient alors que les mandats concernés ont déjà connu des prorogations. La question du calendrier électoral reste donc ouverte à quelques mois de l’échéance annoncée. Le dossier prend également une dimension budgétaire : selon les informations rapportées par Africa Intelligence et relayées au Cameroun, l’organisation du double scrutin est estimée à près de 100 milliards de FCFA.
Le montant représente le coût annoncé pour l’organisation des élections législatives et municipales. Autre élément relevé dans les informations disponibles : le projet de loi de finances devant être examiné par le Parlement lors de la session de novembre-décembre 2026 ne comporterait, à ce stade, aucune ligne explicitement consacrée à l’organisation du double scrutin, selon certaines sources médiatiques. Cette donnée devra être confrontée aux documents budgétaires officiels lors de leur examen parlementaire.
Le cadre juridique a par ailleurs évolué en 2026. Une modification de l’article 170 du Code électoral a supprimé le plafond de 18 mois auparavant prévu pour la prorogation des mandats des conseillers municipaux. Le nouveau texte prévoit une prorogation « en cas de besoin », sans durée maximale mentionnée dans la disposition citée par les sources consultées. Cette modification intervient alors que le calendrier des prochaines municipales demeure susceptible d’être prolongé.
À ce stade, le seul élément nouveau officiellement vérifiable est donc l’existence d’un scénario de report rapporté par Africa Intelligence. Les élections législatives et municipales restent annoncées pour février 2027 tant qu’aucun acte officiel n’en modifie la date. Si le scénario venait à être confirmé, il s’agirait d’un nouvel ajustement du calendrier électoral, avec en toile de fond une échéance évaluée à près de 100 milliards de FCFA.
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États-Unis : Donald Trump durcit les sanctions contre la Russie
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une femme condamnée à 10 ans de prison après le meurtre de son mari policier

Le tribunal de grande instance du Moungo, siégeant à Nkongsamba, a rendu le vendredi 18 septembre 2026 sa décision dans l’affaire opposant le ministère public à Mbezele Mbiti Virginie Laurette, poursuivie à la suite du décès de son époux, le gardien de la paix principal Bengono Mathurin.
La juridiction a condamné la prévenue à 10 ans d’emprisonnement ferme. Cette décision intervient au terme de la procédure judiciaire ouverte après les faits survenus le 9 mars 2026, au cours desquels le policier avait été mortellement blessé au torse par un coup de couteau. Selon les éléments exposés dans le cadre de la procédure, une altercation avait opposé les deux époux le jour des faits.
Au cours de cette dispute, Mbezele Mbiti Virginie Laurette avait utilisé un couteau de cuisine et porté un coup à Bengono Mathurin au niveau du torse. Les blessures occasionnées avaient conduit au décès du gardien de la paix principal. L’affaire avait dès lors été portée devant la juridiction compétente, appelée à examiner les circonstances du drame, les faits reprochés à la prévenue ainsi que leur qualification pénale. Le procès a permis à la juridiction de se prononcer sur la responsabilité pénale de l’accusée et sur la peine applicable.
Le contexte conjugal a également été évoqué dans le dossier. D’après les éléments rapportés, Bengono Mathurin reprochait à son épouse une infidélité présumée, des remontrances qui auraient précédé l’altercation ayant conduit au drame. Ces éléments constituent le contexte dans lequel les faits du 9 mars 2026 se sont produits, sans pour autant modifier le constat judiciaire établi à l’issue de la procédure : la mort du policier à la suite de la blessure occasionnée au cours de cette confrontation.
La décision du TGI du Moungo fixe ainsi à 10 années d’emprisonnement ferme la peine prononcée contre Mbezele Mbiti Virginie Laurette. Le dossier présente également une dimension familiale importante : la condamnée et la victime étaient les parents de deux enfants, âgés respectivement de 17 et 12 ans. Ces derniers se retrouvent désormais privés de leur père, tandis que leur mère est appelée à exécuter la peine prononcée par la juridiction.
Le jugement rendu ce vendredi constitue l’issue judiciaire de première instance de cette affaire, sous réserve des voies de recours éventuellement ouvertes aux parties.
Source : Esbi Media
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