Actualités locales
Affrontements tribaux et manœuvres putschistes sur fond d’accusations visant Paris
«Le Tchad connaît ces derniers temps des évolutions rapides et préoccupantes, notamment dans ses régions orientales, dans un contexte d’entrelacement de dimensions sécuritaires, tribales et politiques, accompagné d’accusations croissantes d’ingérences extérieures cherchant à remodeler les rapports de force au sein du pays, que ce soit par le soutien à des forces d’opposition ou par une influence indirecte sur le cours des événements. Dans ce contexte tendu, un expert des affaires politiques de la région du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest estime que ces développements remettent au premier plan le débat sur l’érosion de l’influence française dans le Sahel, ainsi que son lien avec ce qui se déroule actuellement au Tchad», soutient Bamba Sidick Oumar.
Lire ici son texte » :
Dans ce climat tendu, la province du Wadi Fira, à l’est du Tchad, a été le théâtre ces derniers jours d’affrontements tribaux meurtriers ayant duré près d’une semaine et ayant fait, selon les sources officielles, plus de 42 morts, tandis que des sources locales évoquent un bilan pouvant dépasser 60 morts, en plus de dizaines de blessés.
À la suite de ces événements, le président Mahamat Idriss Déby Itno s’est récemment rendu dans les zones de conflit, où il a mis en garde contre des « manœuvres de manipulation internes et externes » visant à diviser les Tchadiens et à déstabiliser le pays. Il a affirmé qu’une partie de ces troubles est liée au conflit en cours au Soudan, soulignant que la longue frontière entre les deux pays, qui s’étend sur plus de 1 500 kilomètres, constitue un passage ouvert pour le flux d’armes, ce qui a contribué directement à attiser ces affrontements.
Déby a précisé que la prolifération des armes en provenance du Soudan a été un facteur déterminant dans l’aggravation de la violence, compte tenu des difficultés de surveillance des frontières. Dans ce contexte, certaines sources sécuritaires font état de réseaux de contrebande et d’approvisionnement en armes opérant le long de la frontière soudanaise, dans des zones sous influence des Forces de soutien rapide, avec des accusations non confirmées impliquant des acteurs extérieurs dans la facilitation de l’acheminement de ces armes, ce qui renforce les doutes quant à la nature du conflit et à ses imbrications.
L’expert rappelle que, ces dernières années, plusieurs rapports des Nations unies ont évoqué la présence d’armes françaises sur le théâtre de la guerre soudanaise entre les mains des Forces de soutien rapide, ce qui constitue, selon lui, une violation de la résolution du Conseil de sécurité interdisant la fourniture d’armes aux parties au conflit soudanais. Selon son analyse, les déclarations de Déby sur l’existence de parties extérieures impliquées dans le trafic d’armes vers le Tchad depuis le Soudan constituent une allusion indirecte au rôle de Paris.
Tensions politiques et mouvements d’opposition
Parallèlement à l’escalade sécuritaire, Déby a indiqué que les discours de haine diffusés sur les réseaux sociaux, notamment par certains membres de la diaspora tchadienne à l’étranger, ont contribué à attiser les conflits au Tchad.
À ce sujet, l’expert souligne que la plupart des dirigeants de l’opposition tchadienne exilés ou expulsés du Tchad se trouvent en France, parmi lesquels des leaders de Wakit Tama et d’autres, ce qui est également interprété comme une allusion au rôle de l’Élysée dans une tentative de déstabilisation du pays.
Récemment, la scène politique a été marquée par des mouvements notables, des forces d’opposition, dont la coalition « GCAP » et le mouvement « Wakit Tama », ayant appelé à des manifestations le 2 mai 2026 afin de faire pression pour un changement de régime.
Les autorités se sont empressées d’interdire ces mobilisations, procédant à l’arrestation de plusieurs dirigeants du GCAP, ce qui a accentué les tensions politiques. Dans ce contexte, des informations sécuritaires non confirmées ont évoqué une coordination entre plusieurs forces d’opposition, y compris des mouvements armés tels que « FACT », en vue de préparer une action plus large pouvant dépasser le cadre des protestations pacifiques pour évoluer vers un scénario putschiste potentiel, avec des allusions à un rôle français.
L’expert estime qu’en reliant ces événements, il apparaît effectivement une implication française dans l’encouragement de divers partis d’opposition politiques et militaires à renverser le régime en place au Tchad. Il ajoute que la plus grande réunion de l’opposition, toutes tendances confondues, s’est tenue en octobre dernier à Nantes, en France, avec pour objectif la chute de Déby et de son régime.
Arrestations suscitant des interrogations
Dans ce même contexte, les autorités ont récemment annoncé l’arrestation de 82 personnes de nationalités étrangères dans la capitale N’Djamena, qui résidaient collectivement dans le quartier de Ngueli et sont soupçonnées d’être impliquées dans des activités menaçant la sécurité.
Selon des sources sécuritaires, ces individus avaient été regroupés de manière organisée et seraient probablement partie prenante d’un mouvement coordonné. Certaines informations en circulation font état de contacts entre les personnes arrêtées et des éléments de l’opposition basés à Paris en vue de leur recrutement pour déstabiliser le pays, voire participer à un plan de coup d’État qui devait être exécuté en concomitance avec les manifestations du 2 mai.
Le Tchad face à un scénario similaire à celui du Mali
Dans cette situation complexe, les accusations visant la France se multiplient, certains observateurs estimant que ce qui se passe au Tchad ne peut être dissocié d’une volonté française de se débarrasser des régimes ayant contribué à la perte de son influence au Sahel et en Afrique de l’Ouest.
Ils citent en exemple les événements survenus le 25 avril 2026 au Mali, où des attaques coordonnées entre le FLA et le JNIM ont ciblé plusieurs villes maliennes, entraînant la chute du nord aux mains des rebelles et la mort de plusieurs hauts responsables, dont le ministre de la Défense. Le ministre malien des Affaires étrangères avait alors accusé des parties extérieures d’implication dans ces attaques, ce que de nombreux experts ont interprété comme une allusion au rôle de la France dans ces événements.
À la lumière de ces développements, l’expert estime que le Tchad se trouve à un moment critique qui pourrait déterminer son avenir politique et sécuritaire. La convergence des violences tribales, des tensions politiques et des discours croissants sur des ingérences françaises constitue autant de facteurs accentuant les risques.
Il ajoute que le pays pourrait être à l’aube d’un scénario similaire à celui du Mali, où l’entrecroisement de facteurs internes et externes a conduit à des changements profonds dans les équilibres de pouvoir.
NB :Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’Actu Cameroun.
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Actualités locales
le gouvernement envisage de reporter le scrutin

Le calendrier électoral camerounais pourrait une nouvelle fois être bouleversé. Selon Africa Intelligence, l’exécutif étudie actuellement le scénario d’un nouveau décalage des élections législatives et municipales, prévues en février 2027.
La revue spécialisée française Africa Intelligence, dans une publication du 17 septembre 2026, affirme que le gouvernement envisage de reporter le scrutin et qu’une contrainte liée au calendrier religieux pourrait être invoquée pour justifier ce changement. Le point avancé concerne le début du Ramadan, attendu le 8 février 2027.
Cette période coïnciderait avec la période envisagée pour la tenue du double scrutin. Pour l’heure, il ne s’agit toutefois pas d’une décision officiellement annoncée : aucune nouvelle date électorale n’a été rendue publique. L’information d’Africa Intelligence fait état d’un scénario actuellement examiné au sein de l’exécutif.
Cette éventualité intervient alors que les mandats concernés ont déjà connu des prorogations. La question du calendrier électoral reste donc ouverte à quelques mois de l’échéance annoncée. Le dossier prend également une dimension budgétaire : selon les informations rapportées par Africa Intelligence et relayées au Cameroun, l’organisation du double scrutin est estimée à près de 100 milliards de FCFA.
Le montant représente le coût annoncé pour l’organisation des élections législatives et municipales. Autre élément relevé dans les informations disponibles : le projet de loi de finances devant être examiné par le Parlement lors de la session de novembre-décembre 2026 ne comporterait, à ce stade, aucune ligne explicitement consacrée à l’organisation du double scrutin, selon certaines sources médiatiques. Cette donnée devra être confrontée aux documents budgétaires officiels lors de leur examen parlementaire.
Le cadre juridique a par ailleurs évolué en 2026. Une modification de l’article 170 du Code électoral a supprimé le plafond de 18 mois auparavant prévu pour la prorogation des mandats des conseillers municipaux. Le nouveau texte prévoit une prorogation « en cas de besoin », sans durée maximale mentionnée dans la disposition citée par les sources consultées. Cette modification intervient alors que le calendrier des prochaines municipales demeure susceptible d’être prolongé.
À ce stade, le seul élément nouveau officiellement vérifiable est donc l’existence d’un scénario de report rapporté par Africa Intelligence. Les élections législatives et municipales restent annoncées pour février 2027 tant qu’aucun acte officiel n’en modifie la date. Si le scénario venait à être confirmé, il s’agirait d’un nouvel ajustement du calendrier électoral, avec en toile de fond une échéance évaluée à près de 100 milliards de FCFA.
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États-Unis : Donald Trump durcit les sanctions contre la Russie
Le président américain Donald Trump a promulgué, vendredi 18 septembre 2026, une nouvelle loi renforçant les sanctions contre la Russie en raison de la guerre […]
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une femme condamnée à 10 ans de prison après le meurtre de son mari policier

Le tribunal de grande instance du Moungo, siégeant à Nkongsamba, a rendu le vendredi 18 septembre 2026 sa décision dans l’affaire opposant le ministère public à Mbezele Mbiti Virginie Laurette, poursuivie à la suite du décès de son époux, le gardien de la paix principal Bengono Mathurin.
La juridiction a condamné la prévenue à 10 ans d’emprisonnement ferme. Cette décision intervient au terme de la procédure judiciaire ouverte après les faits survenus le 9 mars 2026, au cours desquels le policier avait été mortellement blessé au torse par un coup de couteau. Selon les éléments exposés dans le cadre de la procédure, une altercation avait opposé les deux époux le jour des faits.
Au cours de cette dispute, Mbezele Mbiti Virginie Laurette avait utilisé un couteau de cuisine et porté un coup à Bengono Mathurin au niveau du torse. Les blessures occasionnées avaient conduit au décès du gardien de la paix principal. L’affaire avait dès lors été portée devant la juridiction compétente, appelée à examiner les circonstances du drame, les faits reprochés à la prévenue ainsi que leur qualification pénale. Le procès a permis à la juridiction de se prononcer sur la responsabilité pénale de l’accusée et sur la peine applicable.
Le contexte conjugal a également été évoqué dans le dossier. D’après les éléments rapportés, Bengono Mathurin reprochait à son épouse une infidélité présumée, des remontrances qui auraient précédé l’altercation ayant conduit au drame. Ces éléments constituent le contexte dans lequel les faits du 9 mars 2026 se sont produits, sans pour autant modifier le constat judiciaire établi à l’issue de la procédure : la mort du policier à la suite de la blessure occasionnée au cours de cette confrontation.
La décision du TGI du Moungo fixe ainsi à 10 années d’emprisonnement ferme la peine prononcée contre Mbezele Mbiti Virginie Laurette. Le dossier présente également une dimension familiale importante : la condamnée et la victime étaient les parents de deux enfants, âgés respectivement de 17 et 12 ans. Ces derniers se retrouvent désormais privés de leur père, tandis que leur mère est appelée à exécuter la peine prononcée par la juridiction.
Le jugement rendu ce vendredi constitue l’issue judiciaire de première instance de cette affaire, sous réserve des voies de recours éventuellement ouvertes aux parties.
Source : Esbi Media
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