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Électricité : Eneo devient Socadel, société publique au capital de 43,9 milliards de FCFA

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Électricité : Eneo devient Socadel, société publique au capital de 43,9 milliards de FCFA
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(Investir au Cameroun) – Plus de deux mois après le règlement, le 10 février 2026, des 78 milliards de FCFA dus au fonds britannique Actis pour le rachat de ses 51 % de parts dans Eneo, le président de la République a signé, le 4 mai, le décret transformant l’électricien en société à capital public. Cette opération avait porté la part de l’État à 95 % du capital d’Eneo, les 5 % restants étant alors réservés aux employés, avant la bascule juridique vers la nouvelle entité.

Désormais, Eneo prend le nom de Société camerounaise d’électricité (Socadel) et a l’État pour actionnaire unique, selon le décret de transformation. Le texte précise également que la société est dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie financière. Son siège est fixé à Douala, avec possibilité de transfert sur le territoire national par décision du conseil d’administration approuvée par l’assemblée générale.

Les statuts approuvés le même jour fixent le capital social de la Socadel à 43 903 690 000 FCFA, soit 43,9 milliards de FCFA. Ils indiquent aussi qu’au 17 février 2026, l’État du Cameroun a racheté la totalité des actions détenues par Cameroon Power Holdings S.A. dans le capital d’Eneo. La société pourra, à terme, ouvrir son capital à d’autres actionnaires, publics ou privés.

De la renationalisation à la refondation juridique

Le décret prévoit en outre que la Socadel n’est pas assujettie au Code des marchés publics, tout en restant soumise aux dispositions communes applicables aux marchés des entreprises publiques. Sur le plan opérationnel, la nouvelle société sera constituée prioritairement du personnel de l’ex-Eneo. La convention de concession établie au profit d’Eneo est par ailleurs transférée à la Socadel, sous réserve de la prise en compte d’éléments nouveaux ou spécifiques.

Au-delà du changement de dénomination, cette transformation marque la fin, pour Eneo, de plus de deux décennies de coexistence entre l’État et des actionnaires privés dans le capital. Les statuts retracent en effet la trajectoire de l’entreprise : SONEL, ouverture à la privatisation, entrée d’AES Cameroon Holdings en 2001, changement de nom en Eneo en 2014, puis rachat des parts privées par l’État en 2026.

La portée de cette mutation est autant institutionnelle que politique. L’État ne se contente plus d’être majoritaire : il prend le contrôle intégral de l’ex-Eneo, désormais structurée comme une société à capital public. Cela ne signifie pas pour autant, à ce stade, un retour automatique à un « monopole public » de tout le secteur électrique. Les textes portent d’abord sur l’ex-Eneo, tandis que l’architecture sectorielle continue d’impliquer d’autres acteurs publics, notamment Sonatrel et EDC, représentés au sein du futur conseil d’administration.

L’État seul aux commandes, les défis restent entiers

La reconfiguration de la gouvernance a d’ailleurs commencé. Un autre décret signé le 4 mai nomme les membres du conseil d’administration de la Socadel pour trois ans renouvelables une fois. Y figurent notamment un représentant de la Présidence de la République, un représentant des Services du Premier ministre, des représentants des ministères en charge de l’électricité, des finances et de l’économie, ainsi que les directeurs généraux de Sonatrel et d’EDC. Le nom du représentant élu du personnel doit être communiqué ultérieurement.

Reste désormais la question centrale de l’exécution. Le changement de statut règle la question du contrôle capitalistique, mais pas, à lui seul, celle de la performance opérationnelle ni du financement des investissements. Or, l’entreprise évolue dans un environnement fragilisé : avant le rachat, Eneo faisait déjà face à un endettement massif et à des tensions structurelles dans la chaîne électrique, ce qui explique en partie l’enjeu stratégique attaché à sa reprise en main par l’État.

La direction générale constitue un autre point d’attention. Les statuts prévoient que le directeur général et son adjoint sont nommés par le conseil d’administration sur proposition de l’actionnaire majoritaire ou unique. Autrement dit, la transformation d’Eneo en Socadel ouvre aussi une nouvelle séquence sur le management de l’opérateur, au moment où l’État assume désormais seul la responsabilité actionnariale et stratégique de l’entreprise.

Amina Malloum

Lire aussi:

20-02-2026 – Renationalisation d’Eneo: l’État règle 78 milliards FCFA à Actis et monte à 95 % du capital, 5 % pour les employés

19-11-2025 – Électricité : l’État rachète les actions d’Actis dans Eneo pour 78 milliards de FCFA

24-10-2025 – Electricité : la stratégie du Cameroun pour mettre fin au casse-tête du non-paiement des factures des entités publiques

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Attaque meurtrière de Madegoua : le MRC dénonce le silence du président Paul Biya

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chronique d’un contentieux financier hérité du passé…

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chronique d’un contentieux financier hérité du passé…
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Alors que des voix s’élèvent pour imputer au top management de la Société nationale de raffinage (Sonara) la responsabilité de la sanction financière estimée à 42,8 milliards Fcfa qu’elle devra verser à Sahara Energy, une analyse chronologique rigoureuse de ce différend donne à voir les chiffres qui racontent une histoire plus nuancée que les slogans : environ 80 milliards Fcfa revendiqués, 42,8 milliards Fcfa reconnus, 37,2 milliards d’écart et surtout, une somme de 42,8 milliards qui reste à distinguer de tout paiement effectivement réalisé. Enquête !

De la fumée dans les pipes ! La nouvelle est dans l’ère du temps depuis quatre jours, et n’a pas fini de faire les gorges chaudes derrière les lambris dorés du Palais d’Etoudi et surtout dans les bureaux insonorisés de la Sonara dont les installations ont carbonisé depuis le 31 mai 2019. À l’heure où le gouvernement entend désormais s’activer à la reconstruction et la modernisation en profondeur, dans le cadre d’un projet évalué à 700 milliards de Fcfa, un coup dur et un uppercut financier viennent doucher cette dynamique : la Sonara a perdu son dernier recours judiciaire au Royaume-Uni. Conséquence, elle devra verser 42,8 milliards de Fcfa à la société nigériane Sahara Energy pour des cargaisons de pétrole non payées en totalité. À l’origine du contentieux entre le Cameroun et la société nigériane, on trouve des cargaisons de pétrole brut achetées à Sahara Energy entre 2013 et 2016. Un pétrole livré, consommé mais que la Sonara n’a pas entièrement payé.

La tête d’Harouna Bako mise à prix

On parle notamment des frais annexes, prévus dans le contrat signé par la Sonara, ce qu’on appelle les intérêts de financement et les pertes de change, dont le montant s’est envolé, parce qu’à l’époque l’entreprise nationale chargée de mettre à disposition sur le marché le butane, l’essence super, le jet, le pétrole lampant, le gasoil, le distillat et le fuel oil, a trop tardé à régler sa facture. De quoi susciter l’ire de certains experts financiers qui pointent sans coup férir un doigt accusateur sur le top management conduit par le Directeur général Harouna Bako et dont la tête est désormais mise à prix. Entre procès d’incompétence et mauvaise qualité de la trésorerie en passant par des incohérences dans la procédure et l’attentisme de la Sonara dans le règlement de ce différend, le DG en a pour son grade.

Toutefois, s’il est admis que cette condamnation constitue une onde de choc pour les finances publiques du Cameroun en ces temps de ramadan financier, il est tout aussi plausible de remarquer que derrière les quelque 42,8 milliards de Fcfa désormais reconnus au bénéfice de Sahara Energy, se trouve un contentieux commercial vieux de plus de dix ans, né des livraisons de pétrole brut effectuées entre 2013 et 2016. C’est-à-dire bien avant l’arrivée de l’équipe dirigeante actuelle. Surtout, « le résultat judiciaire est loin de correspondre à l’ensemble des prétentions financières formulées au cours de cette longue bataille », explique une source interne à la Sonara, réfutant toute accusation contre le top management qui a épuisé tous ses recours judiciaires face à la créance reconnue envers Sahara Energy.

Le différentiel qu’on refuse de dévoiler

À l’origine, les revendications financières de Sahara Energy se situaient autour de 80 milliards de Fcfa. Au terme des différentes étapes du dossier, ajoute-t-elle, « la somme reconnue au titre des créances finalement retenues est d’environ 76,97 millions de dollars, soit près de 42,8 milliards de Fcfa. L’écart est donc d’environ 37,2 milliards de Fcfa. Pour le management actuel de la Sonara, conduit par Harouna Bako, ce différentiel constitue un élément majeur à prendre en compte dans l’appréciation du traitement du dossier. Il ne s’agit pas d’une affaire créée par l’actuelle direction : Bako Harouna en a hérité et doit désormais gérer les conséquences d’un contentieux dont les origines remontent à 2013-2016 ».

La désillusion est d’autant plus importante pour Sahara Energy que toutes ses prétentions, apprend-on, n’ont pas été consacrées par la justice britannique. « La Cour d’appel a reconnu certaines créances, notamment les intérêts supplémentaires et les pertes de change, mais a rejeté la partie relative aux pénalités et frais bancaires. Sahara Energy a elle-même tenté de faire examiner cette question par la Cour suprême britannique, sans obtenir l’autorisation de poursuivre cette voie. Le dossier britannique ne peut donc pas être présenté comme une victoire financière intégrale de Sahara Energy : une partie substantielle de ses prétentions n’a pas été retenue », développe un expert financier proche du dossier.

Aux origines d’une créance

De son côté, la Sonara n’a certes pas obtenu l’annulation totale de la créance reconnue. Après la décision de la Cour d’appel du 6 février 2026, puis le refus, le 29 juin 2026, de la Cour suprême britannique d’autoriser un nouvel appel, la voie judiciaire britannique est désormais fermée sur ces questions. Mais là encore, parler de défaite totale de la Sonara serait réducteur. Sahara Energy n’obtient pas les quelque 80 milliards de Fcfa qu’elle revendiquait ; la Sonara, elle, reste confrontée à une créance d’environ 42,8 milliards de Fcfa. Les deux camps sont donc loin d’un scénario de victoire absolue.

C’est du moins l’argument que brandissent les experts pétroliers plaidant pour la Sonara. Eux qui invitent l’opinion publique très remontée contre le gap financier que l’affaire va coûter au Trésor, à éviter de verser dans une confusion fondamentale. En effet, soulignent-ils, « les 42,8 milliards de Fcfa ne signifient pas que cette somme a déjà été payée par la Sonara. Il s’agit du montant de la créance reconnue dans le cadre du contentieux. La question de son règlement effectif constitue une étape distincte. Le chiffre de 42,8 milliards ne doit donc pas être présenté comme un décaissement déjà réalisé ».

Bataille judiciaire perdue contre prétentions adverses rejetées

Sans doute un cinglant argument à la levée de boucliers contre l’équipe dirigeante de la Sonara dont le seul crime est d’avoir hérité d’un legs empoisonné, un passif à problèmes, si ce n’est un château de cartes. À la vérité, cette affaire révèle surtout le poids financier des contentieux hérités du passé. Charles Metouck et Jean Paul Njonou, anciens DG de la Sonara, ne sauraient le démentir. — Une demande d’environ 80 milliards de Fcfa, née d’opérations remontant à plus d’une décennie, aboutit aujourd’hui à une créance reconnue d’environ 42,8 milliards, tandis qu’une partie des prétentions supplémentaires de Sahara Energy a été écartée. 37,2 milliards de Fcfa séparent ainsi la revendication initiale du montant finalement reconnu —, se défend une source à la Sonara.

Après recoupements, Le Messager a appris que pour l’équipe actuelle de la Sonara, et particulièrement pour un manager au profil juridique de l’acabit d’Harouna Bako, « l’enjeu n’est pas de transformer ce dossier en récit triomphaliste, mais de démontrer comment un contentieux ancien peut être repris, défendu et contenu dans son impact financier ». Sahara Energy obtient une décision favorable sur une partie importante de ses demandes, mais n’obtient pas tout ce qu’elle réclamait. La Sonara perd une bataille judiciaire sur les créances reconnues, mais voit également une partie des prétentions adverses rejetée. À suivre !

Frank ESSOMBA / Le Messager

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Canon de Yaoundé : la direction fait le point et lève le voile sur les dossiers sensibles

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À l’approche de la nouvelle saison, le Canon Sportif de Yaoundé veut clarifier sa situation. Le directeur général du club, Aloys Etoundi, a tenu un […]

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