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le gouvernement s’attaque aux lenteurs qui plombent les projets routiers

Les travaux de la 10e session du Comité national de pilotage des programmes routiers intégrateurs et du transport multimodal se sont déroulés le 29 avril 2026 à Yaoundé. C’était sous la présidence du ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi.
Au cours des échanges entre les participants, plusieurs contraintes ont été relevées, parmi lesquelles : les lenteurs dans la mobilisation des financements, les délais dans la passation des marchés, les difficultés liées à la libération des emprises, ainsi que des insuffisances dans la gouvernance de certains projets.
Au cours de cette session, le MINTP précisé a ses priorités : accélérer l’exécution des projets, améliorer la qualité des infrastructures et garantir un meilleur service aux usagers. Le bilan présenté met en évidence les résultats concrets présentés par les agences d’exécution, que sont pour le volet routier, la Cellule des Projets routiers à financement conjoint et pour le volet aérien, la Cameroon Civil Aviation Authority.
Dans le secteur routier, entre 2020 et fin 2025, 2 450 km de routes ont été construits, 833 km réhabilités et plus de 2 290 mètres linéaires de ponts réalisés. Pour la seule année 2025, plusieurs projets ont enregistré des avancées, notamment sur les axes Matazem–Bamenda, Ndu–Nkambé, Ndjolé–Mankim et Mora–Tchakamari, avec en parallèle le démarrage de nouveaux projets structurants, en particulier dans la région de l’Extrême-nord.
Ces performances reposent en grande partie sur l’appui des partenaires techniques et financiers. Depuis 2001, plus de 2 076 milliards de FCFA ont été mobilisés pour le financement des projets routiers et aéroportuaires, avec la contribution de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement, de la Banque islamique de développement, de la JICA, de l’Agence française de développement, de la BDEAC et de l’Union européenne. À ce jour, 13 projets actifs sont en cours pour un volume d’engagement supérieur à 2 000 milliards de FCFA.
Pour l’année 2026, le MINTP table sur un niveau de décaissement de plus de 337 milliards de FCFA pour les projets routiers à financement conjoint. Cette enveloppe doit permettre d’intensifier les travaux sur des axes majeurs tels que Ngaoundéré-Garoua, Mora-Dabanga-Kousseri, Edéa-Kribi et Ngatt-Fébadi-Likok, tout en accélérant l’achèvement des chantiers en cours.
Dans le volet aérien, les actions se poursuivent avec un budget prévisionnel 2026 de plus de 3 milliards de FCFA dans le cadre du Projet de Développement du Secteur des Transports. Les interventions portent sur la modernisation des aéroports de Yaoundé-Nsimalen, Douala, Garoua et Maroua-Salak, avec un accent sur la sécurité, la sûreté, les équipements de maintenance et la finalisation des infrastructures engagées.
Au-delà de ce bilan, le Ministre des Travaux Publics a insisté sur les exigences immédiates qui sont d’accélérer les travaux, de finaliser les projets en phase avancée, lancer effectivement les nouveaux chantiers et renforcer la gouvernance du secteur. Cela passe par une meilleure coordination des acteurs, un suivi plus rigoureux des projets et le respect des engagements financiers.
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335 millions FCFA du Cameroun bloqués au Qatar

Yaoundé veut récupérer 660 000 dollars US versés dans le cadre d’une opération liée à la maintenance d’un hélicoptère présidentiel. Mais au Qatar, la procédure engagée pour récupérer ces fonds est momentanément stoppée par une exigence judiciaire sur le mandat de l’avocat du Cameroun.
L’affaire oppose désormais l’État camerounais à la procédure de liquidation de Horizon Crescent Wealth LLC (HCW), société établie au Qatar Financial Centre. Au cœur du dossier : 660 000 dollars, soit environ 335 millions de FCFA, dont Yaoundé revendique la restitution.
L’affaire remonte à une transaction conclue en janvier 2018 pour la maintenance et la réparation d’un hélicoptère destiné à la présidence de la République. Les fonds, initialement engagés auprès d’une filiale appelée à achever les prestations, auraient finalement été transférés à la société mère HCW. Quelques semaines plus tard, les comptes de cette dernière ont fait l’objet d’un gel conservatoire dans le cadre d’une enquête réglementaire.
L’argent s’est alors retrouvé immobilisé parmi les avoirs de la société, désormais placée dans une procédure de liquidation. Le Cameroun a saisi la Cour civile et commerciale du Qatar Financial Centre le 21 janvier 2025 pour tenter d’en obtenir la restitution. Mais le 24 février 2025, la juridiction qatarie a exigé une clarification formelle du pouvoir de représentation de l’avocat genevois Jean Orso, mandaté pour agir au nom de l’État camerounais.
Ce n’est donc pas encore le fond du dossier qui est en jeu, mais une pièce essentielle de la bataille judiciaire : le mandat permettant à l’avocat de représenter valablement le Cameroun. La justice qatarie n’a, à ce stade, ni ordonné la restitution des 660 000 dollars ni définitivement rejeté la prétention camerounaise. Yaoundé défend une position particulièrement stratégique : il ne demande pas simplement à figurer parmi les créanciers de HCW, mais soutient que ces 660 000 dollars constituent des fonds lui appartenant directement, qui devraient être retirés de la masse des actifs de la liquidation.
Reste désormais au Cameroun à régulariser la représentation de son conseil et à démontrer, pièces à l’appui, la traçabilité des fonds. En attendant, 335 millions de FCFA revendiqués par l’État camerounais demeurent immobilisés au Qatar, au cœur d’un contentieux international dont l’issue reste incertaine. Tant que ces éléments ne sont pas établis devant la juridiction qatarie, les 335 millions de FCFA restent hors de portée immédiate des caisses publiques.
Au-delà du contentieux commercial, l’affaire pose donc une question de gestion des deniers publics : quelles garanties ont entouré le versement de cette somme en 2018, quel suivi a été effectué après le transfert des fonds et quelles mesures ont été prises pour préserver les intérêts financiers de l’État ? La justice qatarie n’a pas encore tranché la propriété de l’argent. Mais elle impose désormais à Yaoundé de produire les preuves et les habilitations nécessaires pour espérer récupérer ces fonds.
Source : Esbi Media
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