Actualités locales
Charles Chacot démonte un faux débat qui détourne l’Afrique de ses vrais problèmes

Selon le journaliste, les problèmes de l’Afrique repose moins sur les religions étrangères et sont surtout le fruit de la mauvaise gestion de nos ressources, de la personnalisation du pouvoir et du sabotage de nos propres systèmes.
Dans une tribune reprise ci-dessous, le journaliste Charles Chacot Chime démonte l’idée répandue selon laquelle le sous développement de l’Afrique est la conséquence des religions « importées ».
«Le christianisme, l’islam comme les spiritualités traditionnelles peuvent inspirer des valeurs favorables au développement : discipline, solidarité, honnêteté, sens du devoir, justice. Le problème surgit lorsque les hommes instrumentalisent la religion pour justifier l’inaction, l’obscurantisme ou la résignation« , écrit-il.
Pour Charles Chacot Chime, «le vrai combat est contre la corruption qui détruit, l’incompétence qui bloque, les élites prédatrices qui pillent, et les systèes qui empêchent l’émergence du mérite. Tant que nous continuerons à expliquer nos retards par les croyances plutôt que par nos structures, nous traiterons les symptômes en ignorant la maladie« .
« Le faux procès des religions « importées » : quand l’Afrique cherche les mauvaises causes de son retard
Par Charles Chacot CHIME, journaliste de veille
Depuis quelque temps, une idée gagne du terrain dans certains débats africains : l’Afrique serait en retard parce qu’elle aurait abandonné ses religions traditionnelles au profit de religions dites « importées », notamment le christianisme et l’islam. Pendant ce temps, dit-on, la Chine, l’Inde, la paraît séduisant. Il flatte le besoin légitime de réhabilitation culturelle. Mais à y regarder de près, il repose sur une lecture simpliste de l’histoire, de la religion et surtout du développement.
Attribuer le retard de l’Afrique à l’adoption de religions venues d’ailleurs, c’est chercher un bouc émissaire commode au lieu d’affronter les véritables causes de nos difficultés. C’est déplacer le débat des responsabilités politiques, économiques et institutionnelles vers le terrain symbolique des croyances.
Car enfin, si la religion était la clé principale du développement ou du sous-développement, comment expliquer que des nations partageant les mêmes religions aient des trajectoires si différentes ?
Pourquoi certains pays majoritairement chrétiens prospèrent-ils quand d’autres stagnent ? Pourquoi certaines nations musulmanes sont puissantes économiquement alors que d’autres sont en crise ? Pourquoi des pays très sécularisés dominent-ils aussi l’économie mondiale ?
La réponse est simple : le développement ne dépend pas prioritairement de la religion, mais de la qualité des institutions, de la gouvernance, de l’éducation, de la discipline collective et de la vision politique.
La Chine n’est pas devenue une puissance parce qu’elle aurait protégé une religion locale. D’ailleurs, elle est officiellement un État athée. Son essor repose sur une stratégie industrielle, une planification rigoureuse et un investissement massif dans l’éducation et les infrastructures.
L’Inde ne doit pas sa croissance à l’hindouisme, mais à ses réformes économiques, à la valorisation du savoir et à son intégration progressive dans les chaînes de valeur mondiales.
La Corée du Sud n’a pas décollé grâce au bouddhisme ou au christianisme, mais grâce à des politiques industrielles audacieuses, à la rigueur et au patriotisme économique.
Autrement dit, les nations se développent moins par la nature de leur religion que par la manière dont elles organisent leur société.
En Afrique, accuser les religions importées revient souvent à masquer des problèmes autrement plus profonds : la mauvaise gouvernance, la corruption, la faiblesse des institutions, le déficit de leadership, la dépendance économique et le manque de vision stratégique.
Il est plus facile de dire : « nous sommes pauvres parce qu’on nous a imposé des religions étrangères », que d’admettre que nous souffrons surtout de la mauvaise gestion de nos ressources, de la personnalisation du pouvoir et du sabotage de nos propres systèmes.
La religion devient alors l’alibi parfait pour éviter l’autocritique.
Plus encore, ce discours oublie une vérité essentielle : aucune religion n’est, par essence, un obstacle au progrès.
Le christianisme, l’islam comme les spiritualités traditionnelles peuvent inspirer des valeurs favorables au développement : discipline, solidarité, honnêteté, sens du devoir, justice.
Le problème surgit lorsque les hommes instrumentalisent la religion pour justifier l’inaction, l’obscurantisme ou la résignation.
Le véritable défi africain n’est donc pas de savoir si nos ancêtres priaient selon des rites locaux ou selon des religions venues d’ailleurs. Le défi est de bâtir des institutions solides, de valoriser la compétence, de sanctifier le travail et de mettre fin à l’impunité.
Un peuple peut prier dans une mosquée, dans une église, dans un temple ou sous un arbre sacré : s’il n’organise pas la justice, l’éducation et la production, il restera pauvre.
En réalité, ce débat sur les religions « importées » révèle parfois une tentation dangereuse : chercher dans la culture des explications mystiques à des échecs qui relèvent avant tout de choix humains et politiques.
Or le développement n’est pas une affaire de religion dominante ; c’est une affaire de gouvernance.
Le vrai combat de l’Afrique n’est pas contre les religions venues d’ailleurs.
Le vrai combat est contre la corruption qui détruit, l’incompétence qui bloque, les élites prédatrices qui pillent, et les systèes qui empêchent l’émergence du mérite.
Tant que nous continuerons à expliquer nos retards par les croyances plutôt que par nos structures, nous traiterons les symptômes en ignorant la maladie.
Et pendant que nous accuserons la religion, les véritables responsables du sous-développement continueront à prospérer dans l’ombre ».
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le CERAC remet 16 000 tables-bancs aux écoles

Le Cercle des amis du Cameroun (CERAC) a remis samedi 16 000 tables-bancs aux écoles primaires publiques du département du Mayo-Louti, dans la région du Nord, ainsi que des intrants agricoles, du matériel de production et divers appuis au Centre de promotion de la femme et de la famille de Guider.
La cérémonie s’est tenue dans la cour de l’école publique de Sanguéré, en présence notamment du gouverneur de la région du Nord, Jean Abate Edi’i, du ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobé, et du préfet du Mayo-Louti, Tam Likeng Richard Marcel.
La délégation du CERAC était conduite par le Dr Grace Dion Ngute, représentante personnelle de la Première Dame Chantal Biya, présidente fondatrice de l’organisation.
Au-delà des tables-bancs destinés aux établissements scolaires, l’appui comprenait notamment des intrants agricoles et du matériel de production. Des aides multiformes ont également été accordées au Centre de promotion de la femme et de la famille de Guider.
La cérémonie a été ponctuée de danses, de prestations culturelles et de sketchs présentés par les bénéficiaires. Plusieurs intervenants ont salué une initiative qui, selon eux, répond à des besoins particulièrement importants dans le département.
Les bénéficiaires ont exprimé leur gratitude à la Première Dame pour ces différents appuis, présentés comme un soutien aux communautés locales, notamment dans les domaines de l’éducation, de l’agriculture et de l’autonomisation des femmes.
La rencontre s’est déroulée en présence des autorités administratives, traditionnelles et religieuses ainsi que de plusieurs élites du Mayo-Louti.
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Affaire lynchage supposé de Samuel Eto’o au MRC : Mamadou Mota annonce une plainte contre Salomon Beas
Mamadou Mota, ancien vice-président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a annoncé une plainte contre Salomon Beas, ancien militant du parti. Sur sa […]
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335 millions FCFA du Cameroun bloqués au Qatar

Yaoundé veut récupérer 660 000 dollars US versés dans le cadre d’une opération liée à la maintenance d’un hélicoptère présidentiel. Mais au Qatar, la procédure engagée pour récupérer ces fonds est momentanément stoppée par une exigence judiciaire sur le mandat de l’avocat du Cameroun.
L’affaire oppose désormais l’État camerounais à la procédure de liquidation de Horizon Crescent Wealth LLC (HCW), société établie au Qatar Financial Centre. Au cœur du dossier : 660 000 dollars, soit environ 335 millions de FCFA, dont Yaoundé revendique la restitution.
L’affaire remonte à une transaction conclue en janvier 2018 pour la maintenance et la réparation d’un hélicoptère destiné à la présidence de la République. Les fonds, initialement engagés auprès d’une filiale appelée à achever les prestations, auraient finalement été transférés à la société mère HCW. Quelques semaines plus tard, les comptes de cette dernière ont fait l’objet d’un gel conservatoire dans le cadre d’une enquête réglementaire.
L’argent s’est alors retrouvé immobilisé parmi les avoirs de la société, désormais placée dans une procédure de liquidation. Le Cameroun a saisi la Cour civile et commerciale du Qatar Financial Centre le 21 janvier 2025 pour tenter d’en obtenir la restitution. Mais le 24 février 2025, la juridiction qatarie a exigé une clarification formelle du pouvoir de représentation de l’avocat genevois Jean Orso, mandaté pour agir au nom de l’État camerounais.
Ce n’est donc pas encore le fond du dossier qui est en jeu, mais une pièce essentielle de la bataille judiciaire : le mandat permettant à l’avocat de représenter valablement le Cameroun. La justice qatarie n’a, à ce stade, ni ordonné la restitution des 660 000 dollars ni définitivement rejeté la prétention camerounaise. Yaoundé défend une position particulièrement stratégique : il ne demande pas simplement à figurer parmi les créanciers de HCW, mais soutient que ces 660 000 dollars constituent des fonds lui appartenant directement, qui devraient être retirés de la masse des actifs de la liquidation.
Reste désormais au Cameroun à régulariser la représentation de son conseil et à démontrer, pièces à l’appui, la traçabilité des fonds. En attendant, 335 millions de FCFA revendiqués par l’État camerounais demeurent immobilisés au Qatar, au cœur d’un contentieux international dont l’issue reste incertaine. Tant que ces éléments ne sont pas établis devant la juridiction qatarie, les 335 millions de FCFA restent hors de portée immédiate des caisses publiques.
Au-delà du contentieux commercial, l’affaire pose donc une question de gestion des deniers publics : quelles garanties ont entouré le versement de cette somme en 2018, quel suivi a été effectué après le transfert des fonds et quelles mesures ont été prises pour préserver les intérêts financiers de l’État ? La justice qatarie n’a pas encore tranché la propriété de l’argent. Mais elle impose désormais à Yaoundé de produire les preuves et les habilitations nécessaires pour espérer récupérer ces fonds.
Source : Esbi Media
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