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Un proche de Roger Betala raconte les circonstances de son décès

L’ancien journaliste économique de la Crtv, est décédé le mardi du 21 avril 2026 après une opération qui a mal tourné. Selon certains proches, il était en bonne santé avant de subir une chute qui lui a déboîté le genou lundi.
Emmené dans une clinique pour un traitement, il a subi une opération qui a entraîné une complication grave. Les soignants lui ont sectionné une veine par erreur. Malgré son transfert dans un hôpital de référence à Yaoundé, les efforts pour le sauver ont été vains.
Lire ici les explications d’un proche :
Roger s’est réveillé ce lundi 20 avril 2026 et est allé assister, comme tous les jours, à la messe de 6h à l’église de Messamendongo non loin de son domicile. De retour de la messe, il a pris son petit déjeuner et est parti au bureau à Bastos, tout en indiquant au passage à son vigile qu’il avait un peu mal à la tête.
A son arrivée à Bastos, il a trébuché sur la marche d’entrée et est tombé à la reverse, de dos. Quand on est venu le relever, il se plaignait du mal du genou. Interrogé comment il a vu Roger trébucher sans lui venir en aide, le vigile de la guérite a répondu qu’il s’était déplacé. Au vu du gonflement du genou et du degré de ses gémissements, le Staff du projet de la Banque mondiale où il était Consultant l’a conduit à la Clinique du Palais située à Bastos.
Celle-ci s’est déclarée incompétente. Le Staff du projet de la Banque mondiale s’est rappelé qu’il avait un contrat de prise en charge à la Clinique Le Jourdain et a décidé de l’y emmener. Chemin faisant, Roger a appelé son épouse Cécile pour lui dire qu’il a eu un malaise au bureau et qu’on est en train de l’emmener à la clinique Le Jourdain.
Il était 10h00, Cécile est arrivée à la clinique, a trouvé que son mari était dans la salle d’attente se tordant de douleurs. On attendait un traumatologue qui tardait à arriver. Entre temps on a administré la morphine à Roger sans effet sur la douleur atroce. La radiologie effectuée a démontré qu’il n’y avait aucun déboitement, tous les os étaient en place.
A l’arrivée du traumatologue, il a prescrit une autre IRM qui a démontré qu’il y avait un problème au niveau des ligaments sous le genou et des caillots de sang s’étaient déjà formés. Il fallait donc opérer pour évacuer ce mauvais sang. Arrivé au Jourdain à 10h00, c’est à 15h que Roger est entré au bloc opératoire.
La prise en charge n’ayant pas été préalablement signée par le chef du projet, il a été demandé à la famille de préfinancer les soins dont les frais s’élevaient à près de 900 000 FCFA. Au sortir du bloc, l’équipe médicale a prescrit de transférer le malade à l’hôpital général de Yaoundé pour la réparation des viscères endommagées. Au prétexte que le Jourdain n’avait pas de neurologue. Au moment du transfert, quelle ne fut la surprise de Cécile s’entendre dire que l’ambulance ne peut pas bouger sans le paiement préalable de frais de l’ équipe médicale du bloc qui a opéré Roger. 274 000 fcfa à débourser là là là en plus des 900 000 déjà dépensés.
Prise en otage, Cécile a appelé son fils à Douala qui lui a fait un dépôt en deux tranches de 100 000 et de 174 000 FCFA. C’est ainsi que l’ambulance a été libérée pour l’hôpital général. A 3h du matin, donc mardi 21 avril 2026, les médecins du bloc opératoire ont informé du transfert de Roger Betala à la réanimation. C’est à 7h que Cécile et sa sœur ont été autorisées à entrer en réanimation pour constater que Roger était sous oxygène mais avec des yeux scotchés au sparadrap.
Il a fallu que Cécile appelle sa nièce médecin à l’hôpital général de Yaoundé pour qu’elle sache que Rogers est passé de vie à trépas et ce depuis 5h10mn. Le corps a été placé à la morgue de l’HGY dans une housse bleue, les draps exigés étaient imbibés de sang. Cécile compte aller régler les factures demain jeudi 23 avril 2026.
Adieu Rogers.
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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »

Le deuxième vice-président national du Social Democratic Front (SDF), Louis Marie Kakdeu, appelle la classe politique camerounaise à recentrer le débat sur les problèmes économiques et sociaux du pays, dénonçant une vie politique qu’il estime de plus en plus dominée par les querelles sur les réseaux sociaux.
Dans une tribune publiée samedi, intitulée « Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille », l’économiste et universitaire estime qu’une partie de l’opposition consacre désormais davantage d’énergie aux affrontements entre personnalités qu’aux propositions destinées à répondre aux difficultés quotidiennes des Camerounais.
« Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux », écrit-il.
Louis Marie Kakdeu cite notamment les difficultés liées aux infrastructures routières, aux approvisionnements en gaz, au coût de la vie et au chômage. Il déplore que ces sujets suscitent, selon lui, moins d’attention sur les réseaux sociaux que les polémiques entre responsables politiques.
Lire la tribune de Louis Marie Kakdeu :
« Cameroun : le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille
Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux. Le pouvoir n’a même plus besoin de se défendre. Les informations sur la mauvaise gouvernance du pays font beaucoup moins de bruit que la querelle de personnes. Ce n’est pas un accident. C’est un système. Et la néo-opposition dite « radicale » a pour mission d’aider le régime en place à distraire le peuple.
Une distraction regrettable
L’on met désormais 4 heures de temps en voiture entre Douala (Yassa) et Edéa (moins de 50 km), mais le citoyen qui est assis au fond d’un bus crasseux dans lequel il pleut ne se plaindra ni de la pluie qui tombe sur sa tête, ni de l’état de la route en dégradation avancée. Il cherche plutôt à sauver son téléphone et à se plaindre des problèmes de connexion internet qui l’empêchent de suivre en direct les clashes sur les réseaux sociaux : on y parle de tout sauf des milliers de Camerounais qui meurent sur les routes, de la pénurie de gaz, de la cherté du coût de la vie, du chômage massif, etc. On ne parle pas de ce qui accable le régime et qui concerne la vie quotidienne des citoyens. L’image de ce paradoxe camerounais est que les chômeurs ont voté le 12 octobre 2025 pour le ministre qui les a maintenus au chômage et qui leur a servi le bluff.
Le clash comme programme
Nous avons désormais une vie politique rythmée par des querelles, pas par des idées. Depuis la présidentielle d’octobre 2025, qu’a-t-on surtout débattu ? Des rumeurs de mœurs, des histoires d’argent, des « révélations » sans preuve et des audios « fuités ». Elles font cliquer, mais elles n’ont jamais produit un kilomètre de route ni un litre d’eau. Des procès en trahison sont le sport favori de certains. Il s’agit des débats sur la moralité des personnalités politiques comme s’il y avait un seul « saint » sur terre : « Que celui ou celle qui est saint(e) jette en premier la pierre sur l’autre ! ».
Vous voyez des gens dont les vies sont entièrement sales qui estiment que la vie des autres est sale. Un vrai paradoxe camerounais. On estime que la vie des personnalités politiques doit être « propre » comme si l’on était au ciel ou comme si l’on interdisait à certains d’être aussi « personnalités politiques » ou de le devenir pour monter le bon exemple. Une posture caractéristique d’un déficit criard d’engagement citoyen au Cameroun. Chaque jour, une part de l’énergie militante est dépensée à partager, commenter ou démentir des rumeurs.
Qui profite du bruit ?
La réponse est simple : le pouvoir en place. Un régime qui dure depuis plus de quarante ans n’a qu’un ennemi sérieux : le bilan. Tout débat sur les résultats l’oblige à répondre du délestage, du prix de l’eau, des chantiers inachevés, des budgets engloutis. Il n’a donc qu’un intérêt : que le débat porte sur autre chose. Chaque polémique entre néo-opposants lui offre ce cadeau. Avant les scrutins à venir, le régime affiche une retenue décrite comme de la discipline, pendant qu’une agitation désordonnée règne dans plusieurs camps de la néo-opposition. Le pouvoir peut se taire : la néo-opposition parle à sa place, et parle d’elle-même.
C’est le point le plus douloureux. Une partie de la néo-opposition qui se dit « radicale » a fait de la posture un projet : la dénonciation permanente, l’anathème contre ceux qui participent, le boycott érigé en principe, le « tout ou rien ». Elle vit du clash parce que le clash produit de l’audience, et l’audience passe pour une légitimité. Or, ni l’une ni l’autre ne remplacent une offre politique.
Le résultat est mécanique : Tant que « radical » signifie « celui qui hurle le plus fort », il n’y a ni programme chiffré, ni équipe prête à gouverner, ni ancrage local durable. Et le régime peut se présenter comme le seul acteur capable de gérer un État. On ne renverse pas un système avec des punchlines : on l’use par des propositions. Et c’est mon message principal aux citoyens camerounais. Je ne m’attends pas à être entendu ; je ne suis pas dupe. Mais je joue mon rôle.
À l’inverse, l’opposition authentique, celle qui fait le travail patient (élus locaux, programmes sur l’eau, l’énergie, la décentralisation, contre-budgets, contrôle de l’action gouvernementale), n’a ni les plateaux ni les partages. On dit de cette opposition qu’elle est invisible dans l’espace public qui récompense le scandale. Elle est pourtant la seule à préparer l’alternance et l’alternative pour de bon, celle qui permettra de gouverner ensuite et de gouverner utilement.
Le Cameroun n’a pas besoin d’un feuilleton de plus. Il a besoin d’eau, de courant, de routes, de caniveaux qui ne débordent pas. Tant que les acteurs politiques préféreront le buzz et le bluff, les Camerounais continueront de payer la note, et le régime dormira tranquille.
Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF
CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com
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