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Finances publiques : Quand le FMI souffle le chaud et le froid

Le 25 mars dernier, le Conseil d’administration du Fonds Monétaire International (FMI) a examiné les conclusions des consultations statutaires au titre de l’article IV qui se sont déroulées du 29 janvier au 12 février 2026. Ces conclusions assorties de recommandations sont contenues dans un rapport qui rend compte de la situation économique du Cameroun à court et moyen terme.
Ledit rapport peint un tableau en clair-obscur qui laisse entrevoir une zone de lumière tout en laissant transparaitre de manière voilée des faiblesses structurelles qui augurent d’un horizon brumeux voire orageux si des réformes hardies et courageuses ne sont pas mises en œuvre sans délai.
Selon le rapport, le Cameroun a mis en place des politiques budgétaires généralement saines, mais se heurte à des défis structurels et politiques qui freinent sa croissance économique. Les lacunes en matière d’infrastructures et la faiblesse du secteur financier constituent les principaux obstacles à la croissance, aggravés par un vaste secteur d’entreprises publiques à la gouvernance déficiente et par des obstacles réglementaires. Si le budget 2026 vise à corriger certains des dérapages budgétaires liés aux élections de 2025, les efforts déployés pour accroître les dépenses d’investissement dans les infrastructures se heurtent à des contraintes de liquidités et au risque élevé de surendettement. Par ailleurs, l’augmentation des investissements publics exige des améliorations dans la gestion des investissements publics, qui souffre d’une planification et d’une mise en œuvre des projets lentes, inefficaces et inefficientes.
D’entrée de jeu, et comme si la résilience était un objectif de politiques publiques, le FMI « se félicite de la remarquable résilience économique du Cameroun face aux chocs externes de ces dernières années et note les perspectives globalement favorables à moyen terme, soutenues pat les investissements dans les secteurs minier et électrique ». Avec une croissance estimée à 3,1% en 2025 contre 3,5% en 2024, le FMI entrevoit un « redressement » en 2026 avec un taux de croissance de 3,3%.
Ce qui a priori semble être un satisfecit ou une convenance langagière du FMI, aurait pu et dû être mis en perspective par rapport au potentiel réel du Cameroun et aux ambitions du Gouvernement contenues dans la SND30 et qui anticipent un taux de croissance de 8,1% entre 2020 et 2030.
Le tableau ci-dessous reprends des indicateurs de l’économie camerounaise selon les calculs et les projections du FMI, indicateurs dont l’analyse permet de mieux cerner les risques auxquels est confronté le Cameroun.
La croissance molle qui oscille autour de 3% pourrait confiner à une croissance appauvrissante dès lors qu’elle est rapportée un taux annuel moyen de croissance démographique//
La croissance molle qui oscille autour de 3% pourrait confiner à une croissance appauvrissante dès lors qu’elle est rapportée un taux annuel moyen de croissance démographique évalué à 2,8 % selon le Bureau central des recensements et des études des populations du Cameroun «BUCREP».
Par ailleurs, si l’inflation serait progressivement contenue pour se situer juste en dessous de la norme communautaire CEMAC qui prescrit un taux inférieur à 3%, les autres indicateurs décrivent une situation bien plus préoccupante.
Le solde primaire qui mesure la capacité de l’Etat à faire face à ses engagements hors les intérêts dus au titre du service de la dette, est tendanciellement voire structurellement négatif. De -2,6% en 2025, il enregistrerait une légère amélioration en 2026 (-1,7%) tout en conservant le même profil les années suivantes. En d’autres termes, les opérations financières de l’Etat ne dégagent pas assez de marge pour permettre le paiement des intérêts sur la dette publique à partir des ressources propres. Cette situation se traduit entre autres, par l’accumulation des arriérés particulièrement sur les créanciers nationaux.
//Sans le dire, l’institution de Bretton Woods agite le spectre d’une dévaluation du franc CFA à moyen terme, faute de mesures correctives immédiates//
S’agissant du solde courant de la balance de paiement, il serait de -5,3% en 2026 et garderait le même profil à moyen terme. Outre les effets conjugués avec le déficit budgétaire tout aussi persistant (effet amplificateur des déficits jumeaux), la dégradation des comptes extérieurs se traduit par une baisse des réserves de changes qui semble être une pathologie de toute la zone CEMAC. La sonnette d’alarme avait été tirée au sommet de Brazzaville du 22 janvier 2026, sommet dont l’objet était de prendre des mesures pour contrer une sévère crise économique et monétaire dont l’imminence est à redouter. Selon le journal en ligne Africa Intelligence, « les services du FMI redoutent une baisse des réserves de change, ce qui menacerait la pérennité de l’ancrage du régime de change. Sans le dire, l’institution de Bretton Woods agite le spectre d’une dévaluation du franc CFA à moyen terme, faute de mesures correctives immédiates ».
Pour ce qui est du taux d’investissement, il est un déterminant de la croissance économique. Comme la relève le Pr. Touna Mama (2008), « pour devenir pays émergent, il faut entre autres un taux de croissance à deux chiffres. Or une telle croissance implique, on le sait tant par la théorie économique que par expérience contemporaine des pays émergents d’Asie, un taux d’investissement de l’ordre de 25 à 30% »[1]. Et pourtant, comme l’indique le tableau ci-dessus, le taux d’investissement annuel moyen du Cameroun est de l’ordre de 19% dont 12% de l’investissement privé et 7% de l’investissement public. Ces chiffres sont suffisamment édifiants notamment sur ce qu’il y’a à faire de travail et d’effort pour mettre le Cameroun sur le chemin devant conduire à l’émergence.
En ce qui concerne l’allocation des ressources, le FMI pointe du doigt le sempiternel problème lié à l’efficacité des dépenses et de la gestion des investissements publics. Une abondante réflexion existe sur les déficiences de la gestion des investissements publics au Cameroun. Pratiquement tous les projets dits structurants lancés il y a une quinzaine d’années ont connus des fortunes diverses. Le port de Kribi malgré ses perspectives prometteuses, est encore enclavé. Cela peut paraitre anecdotique de parler d’un port enclavé et pourtant faute de route terrestre de desserte, les cargaisons débarqués ou embarqués au port de Kribi sont essentiellement acheminées par cabotage de ou vers Douala par voie maritime. L’autoroute Yaoundé-Douala dont les 60 premiers kilomètres réalisés en 8 ans s’achèvent au milieu de nulle part dans la forêt, est une illustration parfaite de l’inefficience de la programmation et de la gestion de l’investissement public. Que dire des infrastructures sportives de la CAN et leurs voies d’accès inachevées ou de la première phase de 11 km de la desserte de l’aéroport de Nsimalen à Yaoundé qui se termine en cul de sac après plus de 10 ans de travaux, ou encore du projet de mobilité urbaine de Douala dont les travaux n’ont toujours pas démarré alors que l’accord de financement de 420 millions de dollars (environ 250 milliards de F CFA) avait été approuvé par la Banque mondiale en juin 2022.
//Une hausse des prix à la pompe ne serait pas à exclure si la tendance haussière du marché des hydrocarbures se maintenait//
Le rapport du FMI remet au gout du jour « l’importance de l’achèvement des réformes des subventions aux carburant ». Ce sujet pourrait être exacerbé par la guerre au Moyen-Orient dont l’une des conséquences est la flambée des prix du pétrole et de ses dérivées, le Cameroun étant importateur des produits raffinés. Sept ans déjà que la reconstruction de la SONARA est attendue et au regard de la situation des finances publiques, une hausse des prix à la pompe ne serait pas à exclure si la tendance haussière du marché des hydrocarbures se maintenait. Dans cette perspective, le FMI « souligne la nécessité d’adopter un mécanisme de fixation automatique des prix des carburants ».
Pour ce qui est du secteur financier, le FMI « insiste sur la nécessité d’une vigilance constante dans le secteur financier, compte tenu du niveau élevé des créances douteuses et des liens entre l’Etat et les banques tout en appelant à la prudence face à l’emprise croissante de l’Etat sur le secteur bancaire ». Cette mise en garde du FMI confirme les préoccupations de nombreux analystes qui n’ont de cesse de décrier la forte exposition des banques aux titres publics au détriment des secteurs productifs. L’émission quasi hebdomadaire des Obligations et de Bons de trésor qui traduit une sévère crise de trésorerie de l’Etat en est une parfaite illustration.
En conclusion du rapport et dans un langage sibyllin, « les administrateurs du FMI se sont dits impatients de voir une collaboration étroite entre les autorités et le Fonds dans le cadre de l’évaluation post-financement ». En d’autres termes, il est urgent que le nouveau programme en gestation soit conclu. Nul doute que les Assemblées du Printemps du FMI et de la Banque mondiale qui s’ouvrent le 13 avril à Washington seront l’occasion d’accélérer les discussions en vue de la conclusion de ce nouveau programme.
Emmanuel Noubissie Ngankam
Analyste Economique
Ancien haut fonctionnaire de la Banque mondiale
enoubissie7897@gmail.com
[1] Touna Mama 2008. L’Economie Camerounaise : Pour un nouveau départ. Ed. Afrédit
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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun

Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la création de plusieurs centaines d’emplois et répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution au Cameroun.
La région de l’Ouest Cameroun, département des Haut-plateaux dans le village Badenkop va s’enrichir d’une usine de transformation des produits alimentaires.
Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la transformation du maïs et consacrera accessoirement des mini unités au développement des ressources telles que la pomme de terre, le plantain, la viande de porc, le sucre, avec l’ambition d’en faire à terme des unités autonomes, qui constitueront le complexe industriel qu’il est prévu de réaliser sur le même site.
Selon les prévisions, DENKY envisage de transformer chaque année : 500 tonnes de maïs ; 5 000 tonnes de sucre ; 300 tonnes de plantains et de pommes de terre ; 200 tonnes de fruits ; 200 tonnes de viande de porc. Le projet va générer 150 emplois directs et 200 emplois indirects. L’idée est de soutenir et de développer l’agriculture locale en encourageant des initiatives d’extension chez les agriculteurs locaux déjà actifs.
DENKY envisage également de fédérer les différents acteurs présents sur les chaines de valeurs des matières premières ciblées, pour garantir un fonctionnement régulier, et bien portant de ces différentes branches.
La cérémonie d’ouverture prévue vendredi 26 juin 2026 a pour objectif d’informer les acteurs du secteur agroindustriel de l’entrée d’une nouvelle unité dans la famille des transformations, présenter au gouvernement la réalisation d’un projet pour lequel ils ont été sollicités et présenter la vision qui fonde et accompagne cette réalisation.
Cet ouvrage vient répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution, en proposant des produits issus des terres camerounaises, sous des aboutissements qui tutoient valablement l’offre étrangère.
Portrait
Lisette Claudia Tame est à la tête d’African Processing Company, la quatrième usine de transformation de cacao au Cameroun. Elle a su imposer sa marque de chocolats haut de gamme, Ca’Oly , symbole d’innovation, de qualité et de respect de l’environnement.
Son parcours est marqué par la détermination et la résilience. Après plusieurs années passées en Europe, elle fait le choix de revenir au pays pour y investir et bâtir un projet porteur de sens. Un pari réussi : son entreprise génère aujourd’hui un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de FCFA et a permis la création de près de 200 emplois directs et indirects.
En janvier 2025, elle inaugure une usine de transformation de cacao à Okoa Maria, près de Mbankomo. Dotée d’une capacité de broyage annuelle de 4 000 tonnes, cette installation place APC SA parmi les cinq principaux acteurs nationaux du secteur, rivalisant désormais avec des poids lourds tels que Sic Cacaos et Chococam.
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Commerce extérieur : les entreprises camerounaises mal préparées à l’accès sans droits de douane au marché chinois

L’ouverture totale du marché chinois aux produits africains constitue sans doute l’une des mesures commerciales les plus importantes de ces dernières années pour les économies du continent. Depuis le 1er mai 2026, la République populaire de Chine applique en effet une politique de tarif douanier zéro sur les importations en provenance des pays africains. Concrètement, les produits camerounais peuvent désormais accéder à l’un des plus vastes marchés du monde sans supporter les droits de douane qui réduisaient jusqu’ici leur compétitivité.
Une décision saluée par le gouvernement camerounais qui y voit une occasion exceptionnelle de renforcer les exportations nationales et de promouvoir le « Made in Cameroon » auprès de plus de 1,4 milliard de consommateurs. Dans un communiqué adressé aux opérateurs économiques, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a invité les entreprises concernées à accomplir les formalités nécessaires afin de bénéficier de ce nouveau régime préférentiel. Les filières du cacao, du café, du bois transformé, du coton, des fruits, des épices, des huiles végétales, des produits artisanaux ou encore des cornes séchées figurent parmi les principaux secteurs susceptibles de tirer profit de cette ouverture.
Pékin a par ailleurs mis en place des mécanismes de facilitation des exportations africaines, notamment à travers les « Corridors verts », destinés à fluidifier les échanges commerciaux et logistiques. Sur le papier, le Cameroun dispose pourtant de nombreux atouts pour profiter pleinement de cette nouvelle donne.
Le pays possède une diversité agroécologique rare en Afrique centrale, une production agricole abondante et des ressources forestières considérables. Du cacao aux fruits tropicaux, en passant par le café, le miel, les épices, le poivre de Penja, les huiles végétales ou les produits artisanaux, l’offre exportable existe bel et bien. À cela s’ajoute une position géographique stratégique qui fait du Cameroun une porte d’entrée naturelle vers les marchés de la sous-région.
Pourtant, entre le potentiel affiché et la capacité réelle des entreprises à exporter vers la Chine, le fossé demeure important. L’accès préférentiel au marché chinois ne garantit pas automatiquement une augmentation des exportations. Encore faut-il que les producteurs soient capables de satisfaire aux exigences de qualité, de traçabilité, de conditionnement et de certification imposées par les autorités chinoises. Or, sur ce terrain, beaucoup d’entreprises camerounaises restent insuffisamment préparées.
Les petites et moyennes entreprises, qui constituent l’essentiel du tissu productif national, manquent souvent des moyens techniques et financiers nécessaires pour franchir ces barrières. C’est précisément sur ce point que les limites de l’action publique apparaissent. Si l’annonce de l’ouverture du marché chinois a été largement relayée, les mesures concrètes d’accompagnement restent encore peu visibles. Les opérateurs ont besoin d’informations détaillées sur les procédures d’accès, de formations sur les normes exigées, d’un appui à la certification, d’infrastructures logistiques adaptées et surtout de mécanismes de financement dédiés à l’exportation. Sans cet écosystème d’accompagnement, seuls quelques grands groupes déjà structurés seront en mesure de saisir cette opportunité, laissant de côté une grande partie des producteurs locaux.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que les échanges entre Yaoundé et Pékin demeurent profondément déséquilibrés. Selon les données de l’Institut national de la statistique, les exportations camerounaises vers la Chine reposent encore essentiellement sur les matières premières brutes. Le pétrole, le gaz naturel liquéfié, le bois et le coton dominent largement les flux commerciaux. Cette spécialisation maintient le pays dans une position de fournisseur de ressources peu transformées, tandis que la plus grande partie de la valeur ajoutée est créée à l’étranger. L’exonération douanière décidée par la Chine offre donc au Cameroun une occasion rare de changer de modèle.
Mais pour transformer cette ouverture en véritable levier de développement industriel, il faudra aller bien au-delà des déclarations d’intention. L’État, les banques, les organisations patronales et les investisseurs privés sont appelés à construire un dispositif cohérent permettant aux entreprises nationales de conquérir durablement ce marché. Faute d’une telle mobilisation, le risque est grand de voir cette opportunité historique profiter à une poignée d’acteurs seulement, tandis que le pays continuera d’exporter principalement des matières premières, sans parvenir à réduire le déséquilibre de sa balance commerciale avec la deuxième puissance économique mondiale.
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Infrastructures routières : 240 milliards FCFA pour la reconstruction du corridor Douala-Bangui

Selon le document d’évaluation du projet (PAD) rendu public le 12 juin 2026, le Cameroun bénéficiera d’un financement de 240,4 milliards de FCFA (425 millions de dollars), composé d’un prêt de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) de 230,3 milliards de FCFA (407 millions de dollars) et d’un crédit de l’Association internationale de développement (IDA) de 10,1 milliards de FCFA (18 millions de dollars).
Cette enveloppe représente l’essentiel du financement de la première phase du Programme de corridor économique Douala-Bangui, dont le coût total s’élève à 297,05 milliards de FCFA (525 millions de dollars). La République centrafricaine recevra un don IDA de 51 milliards de FCFA (90 millions de dollars), tandis que la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) bénéficiera d’un don de 5,6 milliards de FCFA (10 millions de dollars) pour soutenir les réformes régionales de facilitation du commerce et du transport.
L’approbation du financement par le Conseil d’administration de la Banque mondiale le 12 juin dernier marque le passage du projet de la phase de préparation à celle de mise en œuvre. Cette validation autorise désormais la signature des accords de financement et le démarrage des activités prévues. Quelques jours avant cette échéance, le ministère camerounais des Travaux publics (Mintp) indiquait déjà que toutes les conditions préalables avaient été remplies.
Dans un compte rendu publié à l’issue d’une réunion tenue le 10 juin 2026 entre le ministre des Travaux publics et une délégation de la Banque mondiale conduite par Anne-Cécile Souhaid, directrice de la division Afrique de l’Ouest et du Centre, le département ministériel soulignait que « toutes les conditions préliminaires ont été satisfaites par le Cameroun pour mobiliser les ressources nécessaires à la reconstruction des axes du corridor Douala-Bangui ». Réhabiliter les principaux axes du corridor.
Ce financement s’inscrit dans une approche programmatique multiphase (MPA) dont l’enveloppe globale est estimée à plus de 600 milliards de FCFA (1,2 milliard de dollars). L’objectif est de renforcer la compétitivité du principal corridor commercial reliant le port de Douala à la République centrafricaine.
La première phase prévoit notamment la réhabilitation de la section Edéa-Yaoundé (164 km) au Cameroun et de la route Baoro-Bossemptélé en République centrafricaine. Des interventions ciblées sont également programmées sur les axes Ayos-Bertoua-Garoua-Boulaï (environ 575 km) et Bangui-Bossemptélé afin d’assurer la continuité du trafic. Le projet intègre également des mesures de sécurité routière fondées sur l’approche « Safe System », incluant l’amélioration des infrastructures critiques, le contrôle de la vitesse et le renforcement de la prise en charge post-accident.
UN PROJET À VOCATION ÉCONOMIQUE ET RÉGIONALE
Au-delà de la réhabilitation des routes, le programme vise à stimuler l’activité économique le long du corridor. Des études seront réalisées pour plusieurs projets structurants, dont la zone industrielle et la plateforme logistique d’Edéa, le complexe économique et touristique Mouanko-Yoyo, la Zone économique spéciale du bois de Bertoua, ainsi que le port sec de Béloko et la Zone économique spéciale de Boali en République centrafricaine.
Le projet prévoit également des investissements sociaux, notamment dans les écoles, les centres de santé, les centres de formation professionnelle et les marchés, avec une attention particulière à l’entrepreneuriat féminin. Enfin, une composante régionale mise en œuvre avec l’appui de la CEMAC doit permettre de fluidifier le commerce sur le corridor grâce à la numérisation des procédures, à l’extension du guichet unique, à la mise en place de plateformes logistiques numériques et au renforcement de la coordination entre les États concernés. L’objectif est de réduire les coûts et les délais de transport sur l’un des axes commerciaux les plus stratégiques d’Afrique centrale.
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