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Finances publiques : Quand le FMI souffle le chaud et le froid

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Finances publiques : Quand le FMI souffle le chaud et le froid
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Le 25 mars dernier, le Conseil d’administration du Fonds Monétaire International (FMI) a examiné les conclusions des consultations statutaires au titre de l’article IV qui se sont déroulées du 29 janvier au 12 février 2026. Ces conclusions assorties de recommandations sont contenues dans un rapport qui rend compte de la situation économique du Cameroun à court et moyen terme.

Ledit rapport peint un tableau en clair-obscur qui laisse entrevoir une zone de lumière tout en laissant transparaitre de manière voilée des faiblesses structurelles qui augurent d’un horizon brumeux voire orageux si des réformes hardies et courageuses ne sont pas mises en œuvre sans délai.

Selon le rapport, le Cameroun a mis en place des politiques budgétaires généralement saines, mais se heurte à des défis structurels et politiques qui freinent sa croissance économique. Les lacunes en matière d’infrastructures et la faiblesse du secteur financier constituent les principaux obstacles à la croissance, aggravés par un vaste secteur d’entreprises publiques à la gouvernance déficiente et par des obstacles réglementaires. Si le budget 2026 vise à corriger certains des dérapages budgétaires liés aux élections de 2025, les efforts déployés pour accroître les dépenses d’investissement dans les infrastructures se heurtent à des contraintes de liquidités et au risque élevé de surendettement. Par ailleurs, l’augmentation des investissements publics exige des améliorations dans la gestion des investissements publics, qui souffre d’une planification et d’une mise en œuvre des projets lentes, inefficaces et inefficientes.

D’entrée de jeu, et comme si la résilience était un objectif de politiques publiques, le FMI « se félicite de la remarquable résilience économique du Cameroun face aux chocs externes de ces dernières années et note les perspectives globalement favorables à moyen terme, soutenues pat les investissements dans les secteurs minier et électrique ». Avec une croissance estimée à 3,1% en 2025 contre 3,5% en 2024, le FMI entrevoit un « redressement » en 2026 avec un taux de croissance de 3,3%.

Ce qui a priori semble être un satisfecit ou une convenance langagière du FMI, aurait pu et dû être mis en perspective par rapport au potentiel réel du Cameroun et aux ambitions du Gouvernement contenues dans la SND30 et qui anticipent un taux de croissance de 8,1% entre 2020 et 2030.

Le tableau ci-dessous reprends des indicateurs de l’économie camerounaise selon les calculs et les projections du FMI, indicateurs dont l’analyse permet de mieux cerner les risques auxquels est confronté le Cameroun.

La croissance molle qui oscille autour de 3% pourrait confiner à une croissance appauvrissante dès lors qu’elle est rapportée un taux annuel moyen de croissance démographique//

La croissance molle qui oscille autour de 3% pourrait confiner à une croissance appauvrissante dès lors qu’elle est rapportée un taux annuel moyen de croissance démographique évalué à 2,8 % selon le Bureau central des recensements et des études des populations du Cameroun «BUCREP».

Par ailleurs, si l’inflation serait progressivement contenue pour se situer juste en dessous de la norme communautaire CEMAC qui prescrit un taux inférieur à 3%, les autres indicateurs décrivent une situation bien plus préoccupante.

Le solde primaire qui mesure la capacité de l’Etat à faire face à ses engagements hors les intérêts dus au titre du service de la dette, est tendanciellement voire structurellement négatif. De -2,6% en 2025, il enregistrerait une légère amélioration en 2026 (-1,7%) tout en conservant le même profil les années suivantes. En d’autres termes, les opérations financières de l’Etat ne dégagent pas assez de marge pour permettre le paiement des intérêts sur la dette publique à partir des ressources propres. Cette situation se traduit entre autres, par l’accumulation des arriérés particulièrement sur les créanciers nationaux.

//Sans le dire, l’institution de Bretton Woods agite le spectre d’une dévaluation du franc CFA à moyen terme, faute de mesures correctives immédiates//

S’agissant du solde courant de la balance de paiement, il serait de -5,3% en 2026 et garderait le même profil à moyen terme. Outre les effets conjugués avec le déficit budgétaire tout aussi persistant (effet amplificateur des déficits jumeaux), la dégradation des comptes extérieurs se traduit par une baisse des réserves de changes qui semble être une pathologie de toute la zone CEMAC. La sonnette d’alarme avait été tirée au sommet de Brazzaville du 22 janvier 2026, sommet dont l’objet était de prendre des mesures pour contrer une sévère crise économique et monétaire dont l’imminence est à redouter. Selon le journal en ligne Africa Intelligence, « les services du FMI redoutent une baisse des réserves de change, ce qui menacerait la pérennité de l’ancrage du régime de change. Sans le dire, l’institution de Bretton Woods agite le spectre d’une dévaluation du franc CFA à moyen terme, faute de mesures correctives immédiates ».

Pour ce qui est du taux d’investissement, il est un déterminant de la croissance économique. Comme la relève le Pr. Touna Mama (2008), « pour devenir pays émergent, il faut entre autres un taux de croissance à deux chiffres. Or une telle croissance implique, on le sait tant par la théorie économique que par expérience contemporaine des pays émergents d’Asie, un taux d’investissement de l’ordre de 25 à 30% »[1]. Et pourtant, comme l’indique le tableau ci-dessus, le taux d’investissement annuel moyen du Cameroun est de l’ordre de 19% dont 12% de l’investissement privé et 7% de l’investissement public. Ces chiffres sont suffisamment édifiants notamment sur ce qu’il y’a à faire de travail et d’effort pour mettre le Cameroun sur le chemin devant conduire à l’émergence.

En ce qui concerne l’allocation des ressources, le FMI pointe du doigt le sempiternel problème lié à l’efficacité des dépenses et de la gestion des investissements publics. Une abondante réflexion existe sur les déficiences de la gestion des investissements publics au Cameroun. Pratiquement tous les projets dits structurants lancés il y a une quinzaine d’années ont connus des fortunes diverses. Le port de Kribi malgré ses perspectives prometteuses, est encore enclavé. Cela peut paraitre anecdotique de parler d’un port enclavé et pourtant faute de route terrestre de desserte, les cargaisons débarqués ou embarqués au port de Kribi sont essentiellement acheminées par cabotage de ou vers Douala par voie maritime. L’autoroute Yaoundé-Douala dont les 60 premiers kilomètres réalisés en 8 ans s’achèvent au milieu de nulle part dans la forêt, est une illustration parfaite de l’inefficience de la programmation et de la gestion de l’investissement public. Que dire des infrastructures sportives de la CAN et leurs voies d’accès inachevées ou de la première phase de 11 km de la desserte de l’aéroport de Nsimalen à Yaoundé qui se termine en cul de sac après plus de 10 ans de travaux, ou encore du projet de mobilité urbaine de Douala dont les travaux n’ont toujours pas démarré alors que l’accord de financement de 420 millions de dollars (environ 250 milliards de F CFA) avait été approuvé par la Banque mondiale en juin 2022.

//Une hausse des prix à la pompe ne serait pas à exclure si la tendance haussière du marché des hydrocarbures se maintenait//

Le rapport du FMI remet au gout du jour « l’importance de l’achèvement des réformes des subventions aux carburant ». Ce sujet pourrait être exacerbé par la guerre au Moyen-Orient dont l’une des conséquences est la flambée des prix du pétrole et de ses dérivées, le Cameroun étant importateur des produits raffinés. Sept ans déjà que la reconstruction de la SONARA est attendue et au regard de la situation des finances publiques, une hausse des prix à la pompe ne serait pas à exclure si la tendance haussière du marché des hydrocarbures se maintenait. Dans cette perspective, le FMI « souligne la nécessité d’adopter un mécanisme de fixation automatique des prix des carburants ».

Pour ce qui est du secteur financier, le FMI « insiste sur la nécessité d’une vigilance constante dans le secteur financier, compte tenu du niveau élevé des créances douteuses et des liens entre l’Etat et les banques tout en appelant à la prudence face à l’emprise croissante de l’Etat sur le secteur bancaire ». Cette mise en garde du FMI confirme les préoccupations de nombreux analystes qui n’ont de cesse de décrier la forte exposition des banques aux titres publics au détriment des secteurs productifs. L’émission quasi hebdomadaire des Obligations et de Bons de trésor qui traduit une sévère crise de trésorerie de l’Etat en est une parfaite illustration.

En conclusion du rapport et dans un langage sibyllin, « les administrateurs du FMI se sont dits impatients de voir une collaboration étroite entre les autorités et le Fonds dans le cadre de l’évaluation post-financement ». En d’autres termes, il est urgent que le nouveau programme en gestation soit conclu. Nul doute que les Assemblées du Printemps du FMI et de la Banque mondiale qui s’ouvrent le 13 avril à Washington seront l’occasion d’accélérer les discussions en vue de la conclusion de ce nouveau programme.

Emmanuel Noubissie Ngankam
Analyste Economique
Ancien haut fonctionnaire de la Banque mondiale
enoubissie7897@gmail.com

[1] Touna Mama 2008. L’Economie Camerounaise : Pour un nouveau départ. Ed. Afrédit

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Moulvoudaye: deux sœurs tuées par la foudre

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Moulvoudaye: deux sœurs tuées par la foudre
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Soumaïda et Ngonaï, deux sœurs jumelles , ont perdu la vie dans le village Goumlaye, arrondissement de Moulvoudaye, département du Mayo-Kani, ce 22 septembre 2026. Les deux adolescentes de 18 ans ont été fauchées par une foudre qui les a coincées au champ, les obligeant à s’abriter sous un arbre, faute de mieux.
Selon des sources concordantes sur les réseaux sociaux, l’orage n’a pas donné le temps à ces filles allées travailler au champ, de s’échapper. Les habitations étant éloignées du champ, Soumaïda et Ngonaï, ignorant le danger que représente l’abri sous un arbre en peine averse, se sont livrées au premier coin pouvant leur permettre d’échapper à la pluie. Mal leur en a pris. La différence de potentiel de la décharge électrique que reçoit l’arbre de la foudre, entre les membres d’un humain, debout auprès de l’arbre, est de nature à anéantir toute vie. Ces deux élèves du lycée technique de Moulvoudaye ne le savaient pas. Elles ne retourneront plus jamais à l’école

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Positionnement: L’ancien préfet Jean Marie Tchakui rejoint le MRC

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Positionnement: L’ancien préfet Jean Marie Tchakui rejoint le MRC
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« Je partage entièrement la vision du MRC pour le Cameroun ». Jean Marie Tchakui Noundie ne fait pas que le clamer. L’administrateur civil à la retraite l’a manifesté en prenant sa carte à l’unité de Batchieu, dans l’arrondissement de Babouantou, département du Haut-Nkam, région de l’Ouest. Ce depuis 2023, après avoir pris sa retraite en 2022. Mais ce n’est que cette semaine que l’ancien sous-préfet de Douala 1er et Douala 5ème a officiellement déclaré cet engagement au sein du « train de la Renaissance » du Cameroun conduit par le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc).
Evacuer les suspicions
Dans une vidéo en circulation sur les réseaux sociaux, l’homme se présente aux « amis politiques », comme on s’appelle au Mrc, explique son engagement. Mais il faut au préalable à l’ancien haut fonctionnaire rassurer les militants de ce parti contre lequel se bat le ministre de l’Administration territoriale (Minat) depuis une quinzaine d’années, et avec plus de vigueur depuis 2025, quand Maurice Kamto, son ancien président, a fait douter Paul Biya à la présidentielle. Et c’est par son histoire que Jean Marie Tchakui commence son exposé. « Au sortir de Douala 5ème, il était question que je passe préfet, ça ne s’est pas fait. Je suis devenu du coup un problème entre les mains de ces gens-là. On me dit d’attendre qu’un poste se dégage. Entre temps, on me mute à Douala 1er ; il y a eu un jeu de chaises musicales : celui qui était à Douala 1er a été muté à Douala 5ème et on m’a muté à Douala 1er », raconte-t-il. Donnant l’impression d’un frustré qui, dépité, a rejoint l’opposition une fois libéré des contraintes administratives. Faux !, dément-il : « l’autorité administrative a ses convictions, et ceux qui m’ont connu ou côtoyé à Douala peuvent témoigner que j’ai toujours été une autorité administrative intègre. J’ai géré les élections dans la métropole économique du Cameroun, je n’ai jamais fait comme ça sur les résultats, et les gens peuvent témoigner (SIC). J’ai toujours veillé à ce que les résultats sortis des urnes soient respectés», assure-t-il, sous des applaudissements nourris des militants. « Quand j’étais sous-préfet dans le délicat département du Koupé-Manegouba, et c’est dans le Noso, quand on me demandait de faire certaines choses, je regardais mon supérieur, je lui disais, ‘’l’autre-ci, je ne peux pas faire’’», confie-t-il.
Engagé depuis 2023
Et d’ailleurs, « quand j’ai pris ma retraite en 2022, dès 2023, j’ai pris ma carte du MRC…Je le dis afin que nul n’e l’ignore ; parce que certains pensent que quand on est haut fonctionnaire, on est compromis avec ces gens-là», souligne-t-il. Pour contrarier d’éventuels sceptiques. L’homme a un autre argument de poids : « regardez comment je suis debout. Vous croyez que si j’étais avec eux, à mon âge, on m’aurait éjecté du système ?», demande-t-il. Argument convaincant pour beaucoup, dans un système de gérontocratie régnante. Le gouvernement actuel est en poste depuis le 4 janvier 2019, et malgré des décès au sein de l’équipe, il n’y a pas eu remaniement, malgré des annonces faites par le président Paul Biya lui-même.
Alors, passé ce moment de justification et de garanties, Jean Marie Tchakui Noundie propose son offre pour son nouveau parti. « Je suis au MRC pour donner le meilleur de moi-même. Dès janvier, je vais mettre sur pied avec le communal et le départemental un certain nombre de séminaires de formation », annonce-t-il. « Nous tendons vers les élections, et le Code électoral prévoit un certain nombre de commissions qui fonctionnent pendant la période pré-électorale et pendant les opérations électorales proprement dites. Il s’agit, pour ce qui est de la période électorale, de la commission locale de vote, de la commission communale de supervision, de la commission départementale de supervision, où nous avons des représentants. Ce sont eux qui font les résultats », rappelle-t-il. Alors « dans les prochaines semaines, nous allons mettre sur pieds des séminaires de formation pour renforcer les capacités de nos représentants afin qu’ils soient outillés pour nos ramener les résultats sorties des urnes, pour que le MRC puisse changer le visage du Cameroun», conclut-il.

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S.E. Jean Blaise Gwet remet la question des visas Africains au cœur du débat ,ce qui attire déjà l’intérêt national et international

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S.E. Jean Blaise Gwet remet la question des visas Africains au cœur du débat ,ce qui attire déjà l’intérêt national et international 
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Visas, souveraineté, économie : Jean Blaise Gwet veut changer le regard sur l’Afrique

Jean Blaise Gwet défend une vision fondée sur la souveraineté économique, l’intégration africaine et une nouvelle approche des relations entre l’Afrique et les puissances occidentales.

Pour Jean Blaise Gwet, la question des visas ne se résume pas à une procédure administrative. Elle renvoie également aux rapports entre l’Afrique et le reste du monde, mais aussi à la capacité du continent à renforcer son autonomie économique.

Le président du Mouvement Patriotique pour le Changement du Cameroun (MPCC) défend ainsi une approche articulée autour de plusieurs axes : souveraineté économique, transformation locale des ressources, développement de l’entrepreneuriat, intégration africaine et renforcement des opportunités pour la jeunesse.

Cette vision rejoint sur plusieurs aspects des objectifs déjà inscrits dans les politiques de l’Union africaine, notamment autour de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), de l’industrialisation et de la libre circulation des personnes.

 

Pour de nombreux Africains, obtenir un visa pour se rendre en Europe ou en Amérique du Nord peut représenter un parcours long et coûteux.

Dossier financier, justificatifs professionnels, réservation d’hébergement, assurance, lettre d’invitation ou encore rendez-vous consulaire : les exigences peuvent être nombreuses selon la destination et le profil du demandeur.

Dans ses prises de position, Jean Blaise Gwet utilise cette réalité pour poser une question plus large : quelle place l’Afrique occupe-t-elle dans les relations internationales et comment peut-elle réduire certaines formes de dépendance extérieure ?

Son approche consiste notamment à ne pas considérer l’ouverture des frontières occidentales comme l’unique perspective offerte aux populations africaines.

Pour le responsable politique, le développement du continent doit aussi permettre aux Africains de trouver davantage d’opportunités économiques sur leur propre territoire et de renforcer les échanges entre pays africains.

Cette réflexion s’inscrit dans une vision plus globale portée par le MPCC. Le mouvement affirme notamment défendre la libre entreprise, l’égalité des chances, la justice sociale, la sécurité, l’instruction, la protection de l’environnement et le rayonnement du Cameroun.

Derrière les visas, la question de la mobilité des Africains

Le débat sur les visas dépasse la seule question touristique.

La mobilité concerne également les étudiants, les entrepreneurs, les travailleurs, les chercheurs, les investisseurs et les familles.

Pour Jean Blaise Gwet, cette situation doit conduire à s’interroger sur la capacité des Africains à circuler davantage sur leur propre continent.

Cette question n’est d’ailleurs pas étrangère aux institutions africaines.

L’Union africaine a adopté en 2018 un protocole consacré à la libre circulation des personnes, au droit de résidence et au droit d’établissement. L’objectif affiché est de favoriser progressivement la mobilité des citoyens africains et de soutenir l’intégration du continent.

Plus récemment, l’Union africaine a encore présenté la libre circulation des personnes comme une composante importante du développement du marché continental, notamment pour les entrepreneurs, les commerçants, les professionnels, les étudiants et les travailleurs.

Le sujet des visas prend donc une dimension plus large : celle de la capacité de l’Afrique à faciliter la circulation de ses propres citoyens.

Souveraineté économique : transformer plutôt que simplement exporter

Le deuxième axe de la réflexion concerne les ressources naturelles.

L’Afrique dispose d’importantes ressources minières, énergétiques et agricoles. Pourtant, une partie importante de son potentiel économique reste liée à l’exportation de matières premières.

Jean Blaise Gwet défend une approche différente : développer davantage la transformation locale afin que la valeur créée par les ressources profite davantage aux économies africaines.

L’idée est relativement simple : ne pas se limiter à extraire et exporter, mais produire, transformer et commercialiser davantage sur place.

Cette logique peut créer plusieurs niveaux d’activité économique.

Une matière première transformée localement nécessite des infrastructures, de la main-d’œuvre, des compétences techniques, des services financiers, des entreprises de transport et des réseaux de distribution.

La transformation industrielle peut ainsi créer davantage de valeur autour d’une même ressource.

Cette orientation rejoint également les objectifs de l’Union africaine, qui cherche à faire évoluer le continent d’un modèle davantage centré sur les matières premières vers des économies capables de développer davantage de valeur ajoutée et de s’intégrer aux chaînes de valeur régionales et mondiales.

Pour Jean Blaise Gwet, l’Afrique doit produire davantage

La souveraineté économique ne signifie pas nécessairement couper les relations avec les partenaires étrangers.

Elle peut également être comprise comme la volonté de disposer de davantage de capacités de production, de financement et de négociation.

Dans une interview publiée par le MPCC, Jean Blaise Gwet mettait déjà en avant la nécessité d’encourager l’investissement privé et de renforcer l’économie camerounaise. Il évoquait également la possibilité d’une monnaie africaine.

Son discours économique repose ainsi sur plusieurs leviers : investissement, industrialisation, infrastructures, agriculture, emploi et entrepreneuriat.

Dans une autre présentation de son projet, le MPCC met notamment en avant le développement agricole, les infrastructures, la santé, l’éducation, l’industrie et la transformation économique.

L’enjeu consiste donc à faire évoluer progressivement l’économie d’un modèle davantage dépendant des importations et des exportations de produits bruts vers une économie produisant davantage de biens et de services à forte valeur ajoutée.

La ZLECAf au cœur de l’intégration économique africaine

Cette vision rejoint un autre chantier majeur du continent : la Zone de libre-échange continentale africaine.

La ZLECAf vise notamment à faciliter les échanges de biens et de services entre les pays africains, à stimuler les investissements et à développer les chaînes de valeur régionales.

Pour l’Union africaine, cette intégration doit permettre aux entreprises africaines d’accéder à un marché plus vaste et de produire à une échelle supérieure.

L’organisation continentale souligne toutefois que plusieurs obstacles restent à surmonter.

Les infrastructures, les réseaux de transport, l’énergie, les procédures commerciales et l’harmonisation des réglementations constituent notamment des conditions importantes pour faire fonctionner efficacement le marché continental.

L’intégration africaine ne peut donc pas se limiter à la suppression de certaines barrières douanières.

Elle nécessite également des routes, des ports, des chemins de fer, des réseaux énergétiques, des infrastructures numériques et des systèmes financiers capables d’accompagner les échanges.

La jeunesse au centre du projet économique

La question de la jeunesse occupe également une place importante dans le discours de Jean Blaise Gwet.

Dans ses prises de position, il présente les jeunes et les femmes comme des acteurs centraux du développement économique et politique du Cameroun. Il a notamment défendu la mise en place de programmes destinés à favoriser l’emploi des jeunes et des femmes.

Cette question rejoint directement le débat sur la mobilité internationale.

Chaque année, des jeunes Africains cherchent à étudier, travailler ou entreprendre à l’étranger. Mais une autre réponse peut également consister à créer davantage d’opportunités économiques sur le continent.

Formation professionnelle, financement des petites entreprises, accès au marché, industrialisation et développement agricole deviennent alors des éléments essentiels.

L’objectif ne serait pas de supprimer la mobilité internationale, mais de permettre à davantage de jeunes de considérer le départ comme une possibilité parmi d’autres plutôt que comme l’unique perspective économique.

Un projet politique qui dépasse la seule question économique

Le programme du MPCC ne se limite pas aux questions de souveraineté et d’intégration économique.

Le mouvement affirme également défendre la dignité de la personne, la diffusion de la culture et de l’instruction, la libre entreprise, l’État de droit, la justice sociale, le dialogue social et l’égalité des chances.

Il met également en avant la sécurité des personnes et des biens, la protection de l’environnement, l’épanouissement de la famille et la libre administration des collectivités locales.

Jean Blaise Gwet présente ainsi son projet comme une transformation plus large du fonctionnement de l’État et de l’économie camerounaise.

La question centrale devient alors celle de la traduction de ces orientations en politiques publiques concrètes : financement, budgets, infrastructures, formation, administration et mécanismes de suivi.

Le Cameroun comme point d’ancrage d’une ambition africaine

Dans cette vision, le Cameroun occupe une place particulière.

Le pays dispose d’un important potentiel agricole, énergétique et minier, ainsi que d’un marché qui pourrait jouer un rôle dans le développement des échanges en Afrique centrale.

Mais disposer de ressources ne suffit pas à garantir leur transformation en richesse durable.

Il faut également des infrastructures adaptées, de l’électricité, des financements, des compétences, un environnement favorable aux entreprises et des débouchés commerciaux.

C’est précisément sur ces différents leviers que le projet économique présenté par Jean Blaise Gwet insiste.

Le MPCC met notamment en avant la production, la transformation, l’industrialisation et le développement des infrastructures comme moyens de renforcer l’économie et de favoriser la création d’emplois.

De la souveraineté aux résultats : le véritable défi

Le discours sur la souveraineté économique pose des objectifs qui nécessitent des transformations importantes.

Construire des industries suppose de disposer d’une énergie suffisante. Développer les entreprises nécessite des financements. Accroître la production agricole demande des infrastructures, des équipements et des marchés. Exporter davantage de produits transformés exige des réseaux logistiques performants.

Le même défi se retrouve à l’échelle continentale.

L’Union africaine reconnaît elle-même que le processus d’intégration reste confronté à des contraintes structurelles, notamment en matière d’infrastructures, de financement et de libre circulation.

La question n’est donc plus seulement de définir une ambition.

Elle consiste à déterminer comment cette ambition peut être transformée en résultats mesurables pour les citoyens.

Une Afrique plus intégrée comme nouvelle perspective

Au-delà du débat sur les relations avec l’Europe ou l’Amérique du Nord, le message porté par Jean Blaise Gwet place donc l’Afrique elle-même au centre de la réflexion.

L’objectif consiste à renforcer les échanges intra-africains, développer la production locale, transformer davantage les ressources, soutenir les entreprises et faciliter progressivement la circulation des personnes.

Cette orientation correspond également à plusieurs objectifs institutionnels de l’Union africaine.

L’organisation continentale considère la libre circulation, l’intégration économique et la ZLECAf comme des instruments importants pour renforcer les échanges, les investissements et le développement régional.

Le débat sur les visas prend alors une autre dimension.

Derrière la difficulté pour un Africain de se rendre dans certaines destinations internationales se pose aussi une question fondamentale : dans quelle mesure les Africains peuvent-ils circuler, travailler, investir et entreprendre plus facilement sur leur propre continent ?

C’est sur cette articulation entre mobilité, souveraineté économique, industrialisation et intégration africaine que Jean Blaise Gwet cherche à inscrire son discours.

Pour le président du MPCC, l’enjeu est finalement de construire un Cameroun capable de mieux valoriser ses ressources et de s’inscrire dans une Afrique davantage intégrée, productive et connectée à ses propres marchés.

Le débat reste ouvert. Mais une chose est certaine : la question des visas ne peut plus être dissociée des problématiques plus larges de mobilité, d’emploi, de développement économique et de place de l’Afrique dans les échanges internationaux.

 

*Bonne Nouvelle*
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