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Carburants : Dangote renforce l’approvisionnement du Cameroun en pleine crise pétrolière

Au moment où les routes maritimes traditionnelles se tendent et où les cargaisons en provenance d’Europe et du MoyenOrient se raréfient, une nouvelle trajectoire s’impose progressivement dans l’approvisionnement du Cameroun en carburants. Elle passe désormais par Lagos, où la raffinerie du groupe Dangote reconfigure en profondeur les équilibres d’un marché longtemps dépendant des importations extra-africaines.
Selon Reuters, le Cameroun figure déjà parmi les premiers débouchés de cette montée en puissance. S’appuyant sur des données de Kpler une société spécialisée dans l’analyse de données sur les marchés des matières premières et sur des sources proches du marché, l’agence fait état de douze cargaisons d’essence, soit environ 456 000 tonnes métriques, expédiées vers plusieurs pays africains, dont le Cameroun.
« Ces ventes constituent les premières exportations d’essence de Dangote depuis que l’installation a atteint sa pleine capacité en février », souligne Reuters. Le positionnement du Cameroun dans cette première vague de clients ne relève toutefois pas du hasard. Il apparaît plutôt comme l’aboutissement d’un faisceau d’initiatives, publiques et privées, engagées en amont. Du 23 au 26 janvier 2026, une délégation de la Société nationale de raffinage (Sonara) s’est rendue à Lagos pour des échanges avec les responsables de la raffinerie Dangote.
À l’issue de cette mission, l’entreprise publique a révélé que « l’objectif de ce déplacement visait à poser les bases d’une collaboration durable sur le plan technique et commercial, afin de sécuriser les approvisionnements du Cameroun, garantir une consommation locale satisfaisante et œuvrer à l’indépendance énergétique nationale ». Sans lien formel explicitement établi, ces démarches offrent néanmoins une grille de lecture cohérente du positionnement rapide du Cameroun parmi les premiers clients. Dans le même temps, le terrain avait déjà été préparé par certains opérateurs privés. Dès le lancement des activités de la raffinerie en 2024, des distributeurs locaux avaient pris attache avec le groupe nigérian. En décembre 2024, Neptune Oil, dirigé par Antoine Ndzengue, concrétisait cette dynamique à travers une première opération portant sur 60 000 tonnes d’essence à destination du Cameroun.
Cette transaction, présentée à l’époque comme un levier de sécurisation de l’approvisionnement national, apparaît rétrospectivement comme l’un des jalons ayant facilité l’intégration du marché camerounais dans les flux de Dangote Refinery. Ce mouvement se lit enfin dans les volumes globaux. D’après Reuters, les exportations nigérianes de produits raffinés atteignent environ 214 000 barils par jour depuis le début du mois de mars, contre près de 100 000 un mois plus tôt. Sur le seul marché africain, les livraisons ont plus que doublé, passant de 38 000 à 90 000 barils quotidiens. Au-delà de la progression des chiffres, c’est bien une recomposition progressive des flux énergétiques qui s’opère, avec un recentrage vers des circuits régionaux dans lesquels le Cameroun occupe désormais une place tangible.
UNE SOLUTION RÉGIONALE ENCORE SOUS CONTRAINTE
Cette montée en puissance dessine une piste sérieuse, sans pour autant lever toutes les incertitudes. Car derrière l’essor des exportations, la raffinerie Dangote reste confrontée à ses propres limites. L’accès au brut constitue le principal point de tension. Malgré une capacité de 650 000 barils par jour, l’installation ne reçoit qu’un volume limité de cargaisons de la compagnie publique nigériane, selon Bloomberg cité par Reuters, ce qui l’oblige à se tourner vers les marchés internationaux. Cette dépendance aux achats extérieurs expose directement la raffinerie à la volatilité actuelle. La hausse rapide des prix du brut, combinée à l’augmentation des coûts logistiques, se répercute sur les prix de sortie. En l’état, les volumes de brut actuellement disponibles restent nettement en deçà des capacités de traitement de l’installation, qui pourrait en absorber plus du double. Cette insuffisance d’alimentation freine son rendement et oblige l’opérateur à se tourner vers des approvisionnements extérieurs, avec pour corollaire une exposition accrue aux fluctuations des prix internationaux. C’est sur ce point précis que le groupe cherche désormais à infléchir la situation. Dangote Group a multiplié les échanges avec les autorités nigérianes pour obtenir un accès plus important au brut produit localement. L’enjeu est clair : privilégier des achats domestiques, libellés en monnaie nationale, afin de réduire les coûts associés aux intermédiaires, à la logistique et aux variations de change. Une orientation d’autant plus stratégique que, selon des informations rapportées par Bloomberg, les prix du pétrole, les coûts de transport maritime et les primes d’assurance ont connu une hausse marquée en l’espace de quelques jours, dans un contexte de tensions liées à la crise iranienne.
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Comment le Cameroun tente de convertir son potentiel agricole en levier d’industrialisation

L’intérêt de cet ouvrage tient d’abord à son approche historique. Les auteurs remontent aux politiques agricoles de la période postcoloniale pour montrer comment l’État a progressivement fait de l’agriculture un instrument de développement, de stabilisation sociale et de création de revenus. L’introduction rappelle que le secteur mobilise environ 70 % de la maind’œuvre active et qu’il a longtemps constitué un socle essentiel de l’économie nationale. Les cultures d’exportation — cacao, café, banane, huile de palme, coton — ont notamment participé à l’insertion du Cameroun dans les échanges internationaux.
Cette trajectoire n’est toutefois pas linéaire. À travers quatre chapitres répartis en deux grandes parties, l’ouvrage met en évidence les politiques publiques successives, leurs résultats et leurs limites. Les auteurs évoquent notamment les plans quinquennaux, les investissements publics, les Zones d’Actions Prioritaires Intégrées (ZAPI), le Programme de Développement Rural Participatif Décentralisé (PDRP) ou encore le Programme National de Développement Participatif (PNDP).
Cette rétrospective permet de mesurer la permanence d’un même enjeu : transformer les politiques agricoles en gains durables de productivité et de revenus ruraux. L’un des apports majeurs du livre réside dans l’identification des contraintes qui continuent de peser sur la compétitivité agricole. Les auteurs pointent l’insuffisance du financement, la faiblesse des infrastructures rurales, les difficultés d’accès aux marchés et aux facteurs de production, les problèmes de stockage et de transport, ainsi que les limites de la transformation locale. Ils soulignent également le déficit d’accès aux technologies de l’information et aux services permettant aux producteurs de mieux valoriser leur offre.
Le propos prend une dimension particulièrement économique lorsqu’il relie agriculture, industrialisation et souveraineté alimentaire. La production agricole ne constitue pas seulement une source d’emplois et de revenus : elle peut également réduire les importations, alimenter l’industrie agroalimentaire et élargir la base productive nationale. L’ouvrage rappelle ainsi que le développement agricole doit être pensé en articulation avec la transformation, le financement, les infrastructures et l’accès aux marchés.
La dernière partie ouvre précisément cette réflexion sur l’avenir. Les auteurs préconisent notamment davantage d’investissements, le développement des infrastructures de transformation, l’amélioration des transports et du désenclavement rural, ainsi qu’une implication accrue des collectivités territoriales. Ils insistent également sur la nécessité de sécuriser le foncier et de favoriser une agriculture respectueuse de l’environnement.
À travers cette lecture du Cameroun agricole, le livre pose finalement une question de politique économique : comment convertir le potentiel agricole du pays en croissance productive, en emplois et en réduction durable de la dépendance extérieure ? Son intérêt réside moins dans la célébration du potentiel agricole que dans l’examen des conditions économiques et institutionnelles nécessaires à sa transformation en véritable moteur de développement.
Fabrice BELOKO
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Patrimoine culturel : Le peuple Mvog Manga en quête d’une reconnaissance nationale de leur festival

Les conditions de cette inscription dans le répertoire national ont récemment été présentées par le ministère en charge des Arts et de la culture.
Pierre Ismaël Bidoung Kpwatt, ministre en charge des Arts et de la culture (Minac) a récemment reçu une délégation composée de quelques autorités traditionnelles venant de la communauté Mvog Manga, basée dans les régions du Centre et du Littoral. Ces membres de l’association Anyang Mvog Manga sont allés solliciter auprès du Minac, la reconnaissance nationale de leur festival qui se prépare.
Lors de l’audience, SM Serge Amougou qui était à la tête de la délégation a indiqué que «prendre en compte notre festival, c’est considérer la culture, c’est avoir une vision très poussée de ce que nous voulons faire pour pérenniser la culture ancestrale en pratiquant les rites, us et coutumes des Ekang en général, des Beti et des Mvog Manga en particulier. Nous voulons tenir à ce qu’il n’y ait pas la disparition des pratiques ancestrales. Notre identité culturelle doit être remarquée et remarquable ».
Cette reconnaissance nationale requiert plusieurs préalables. Marie Thierry Edjoa Akoa, directeur du patrimoine culturel au Minac a expliqué qu’il est nécessaire de disposer d’un ancrage historique culturel. La deuxième condition c’est la gouvernance communautaire. Il faut donc avoir une périodicité fixe connue, un comité d’organisation traditionnel légitime reconnu, une chefferie et la participation effective de toute la communauté.
Comme troisième critère, le festival doit être un concentré de patrimoine vivant avec des rites, danses, chants et savoir-faire originel d’art oratoire, la pharmacopée, la lutte traditionnelle, les contes en langue maternelle.
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Gaz domestique : 5 mesures gouvernementales pour rétablir l’approvisionnement

Dans une lettre circulaire signée le 23 septembre 2026, le ministre de l’Eau et de l’énergie, Gaston Eloundou Essomba fixe désormais des obligations précises aux différents acteurs, avec pour objectif de corriger les dysfonctionnements constatés et améliorer durablement la disponibilité du gaz domestique pour les consommateurs.
Gaston Eloundou Essomba, ministre en charge de l’Eau et de l’énergie (Minee) a publié le 23 septembre 2026, une lettre-circulaire fixant les prescriptions relatives à l’approvisionnement du marché national en gaz et pétrole liquéfié (GPL). Cette note ministérielle fait suite à de nombreux dysfonctionnements qui perturbe les approvisionnements depuis plusieurs semaines.
Pour mettre un terme à ces dysfonctionnements et garantir un approvisionnement régulier du marché national en GPL et assurer la disponibilité du produit dans les points de vente, le membre du gouvernement prescrits 5 mesures.
D’abord, le strict respect par les importateurs du calendrier prévisionnel des livraisons, tel qu’arrêté par le Comité mensuel de suivi du marché du GPL. Ensuite, le membre du gouvernement prescrit le paiement effectif des factures relatives aux importations du GPL dans le strict respect des délais contractuels.
La répartition des cargaisons de GPL par la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP), conformément aux parts de marché de chaque marketer et dans le respect des contrats commerciaux qui ont une prééminence sur les partes de marché. Le Minee recommande la priorisation de la réception des importations destinées aux pays voisins et enfin, Gaston Eloundou Essomba recommande l’obligation pour les sociétés agrées à l’exercice de distribution du GPL de disposer au préalable d’un parc d’au moins 10 000 bouteilles avant tout enlèvement dudit produit à destination des points consommateurs.
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