Dernières actualités
SND30 : les limites de l’import-substitution

Pour atteindre les objectifs de la Stratégie Nationale de Développement (SND30), trois orientations fondamentales ont été retenues dont la principale est le mix entre Import-Substitution et promotion des exportations en s’appuyant sur les avantages comparatifs de l’économie nationale. Cette orientation part du constat de la forte extraversion de l’économie camerounaise dont l’une des conséquences est le déficit quasi structurel de la balance commerciale. Dans ce contexte, l’import-substitution est annoncée comme étant le levier essentiel devant permettre la transformation structurelle de l’économie, principal pilier de la SND30.
L’IMPORT-SUBSTITUTION EST IMPERTINENTE AUX PLANS CONCEPTUEL, HISTORIQUE ET OPÉRATIONNEL
Si l’optique de réduction de la forte dépendance aux importations et de revitalisation de la production locale tant dans le secteur primaire que secondaire s’impose comme un impératif, l’import-substitution semble cependant impertinente tant au plan conceptuel, historique, qu’opérationnel, ce qui dilue sa portée stratégique. Au plan conceptuel, il convient de rappeler que l’Import-Substitution a fait l’objet de nombreux travaux intellectuels dont l’un des précurseurs est Friedrich List qui a développé dès le 19ième siècle le concept de « Protectionnisme éducateur ». Il préconise l’utilisation de barrières douanières par l’État pour protéger les industries naissantes. List a influencé des générations d’économistes dits de gauche. Les travaux les plus connus dans le contexte africain sont ceux de Samir Amin, éminent économiste, théoricien de l’Economie du Développement qui a inspiré pratiquement tous les pays dits du Tiers monde dans les années 60-70. Il est l’un des chantres de l’industrialisation par substitution aux importations (ISI). Ses travaux sur le Développement Inégal (1973) restent une référence en matière réflexion sur le développement économique des pays africains.
Pour Samir Amin, le développement n’est pas un processus universel, mais une conséquence du capitalisme mondial, qui crée un développement inégal en opposant des pays riches « centre » et des pays pauvres « périphérie ». Le fameux concept du centre et de la périphérie. Pour que les pays de la périphérie se développent réellement, Samir Amine préconise qu’ils doivent s’extraire de cette domination par un développement autocentré, géré par l’État et axé sur la souveraineté économique et la production locale, plutôt que sur l’intégration au marché mondial.
LES POLITIQUES DE SUBSTITUTION DES IMPORTATIONS MISES EN ŒUVRE DANS LES ANNÉES 60-70 SE SONT SOLDÉES PAR DES ÉCHECS
Au plan historique, les politiques de substitution des importations appliquées dans de nombreux pays sous-développées dans les années 60-70, notamment en Amérique Latine et en Afrique, ont connu un échec retentissant. Au Cameroun, le développement autocentré si cher au Président Ahidjo s’inspirait de l’import-substitution et constituait la trame des divers plans quinquennaux de développement. C’est dans ce contexte qu’est créée la SNI en 1963 dont les missions d’une extrême clairvoyance ont été plus tard dévoyées.
Grâce aux ressources tirées du cacao, du café et puis du pétrole, l’import-substitution s’est manifestée dans toute sa plénitude par la création d’entreprises publiques dont SOCAME (Société Camerounaise des Engrais), CERICAM (Céramiques Industrielles du Cameroun), CELLUCAM (Cellulose du Cameroun), CAMSUCO (Cameroon Sugar Company), SIPEC (Société Industrielle de Pêche du Cameroun), SODEBLE (Société de Développement du Blé), SOFIBEL (Société Forestière Industrielle de Belabo), COCAM (Contre-plaqués du Cameroun), CREVETCAM (les Crevettes du Cameroun), STPC (Société de Tanneries et Peausseries du Cameroun) etc. L’Etat à travers l’Office National de Commercialisation des Produits de Base (ONCPB) et la SNI, a financé sans discernement des entreprises dont certaines s’avèreront être de véritables éléphants blancs. Quand survient la crise économique au milieu des années 80, l’import-substitution a déjà montré toutes ses limites, le constat est amer.
Selon ce qui est alors la Mission de réhabilitation des entreprises publiques, au cours de l’année fiscale 1986/87, les 147 entreprises publiques non financières (dont la majorité est du portefeuille de la SNI) dégagent un déficit de financement de 151 milliards de F CFA (soit environ 6% du PIB du Cameroun à l’époque) et leur endettement est deux fois et demie le montant de leurs fonds propres. En somme une situation de faillite longtemps masquée par la santé relative des finances publiques et les subventions qui se sont avérées ruineuses pour l’ensemble de la collectivité. En Amérique latine, c’est la même bérézina. L’exemple du Brésil souvent cité comme une réussite de l’Industrialisation par Substitution aux Importations est singulier. Fautil le rappeler, le Brésil est le sixième pays le plus vaste du monde (8,6 millions de Km2), plus de 200 millions d’habitants donc un marché, des frontières avec plus de 10 pays en Amérique du Sud etc. Au plan opérationnel, l’import-substitution suppose la mise en application d’un certain nombre de mesures permettant de protéger l’espace économique national et faciliter par des incitations diverses la production et la consommation locales au mépris de la compétitivité des entreprises.
Ces mesures peuvent prendre plusieurs formes notamment :
• Les protections tarifaires à travers l’imposition des droits de douanes prohibitifs qui renchérissaient le prix des produits importés ;
• Les protections non-tarifaires de tous ordres (contingentement, quotas, normes, autorisations préalables, licences d’importation etc.) ;
• Les subventions et incitations de l’Etat qui offrirait des facilités financières et des avantages fiscaux à des entreprises afin de leur garantir artificiellement une protection.
L’IMPORT-SUBSTITUTION EST UN ANACHRONISME AU REGARD DES RÈGLES DE L’OMC
Au regard de l’opérationnalisation de ces pratiques, l’import-substitution est un véritable anachronisme. Depuis les accords de Marrakech de 1994 qui consacrent l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), le crédo est l’ouverture tous azimut des frontières et le bannissement de toutes entraves au commerce. Les accords de l’OMC auxquels le Cameroun est partie, proscrivent toutes les mesures tarifaires et non-tarifaires pouvant entraver la libre circulation des biens et services. La libéralisation du commerce qui est le principe de base de l’OMC engage les membres à supprimer les barrières commerciales, comme les droits de douane, les quotas et les subventions à l’exportation, l’objectif étant de rendre le commerce plus libre, tout en évitant les effets secondaires indésirables, pour contribuer au développement économique. Dans un tel contexte, une application stricte des règles de l’OMC rendrait les principes de base de l’import-substitution désuets.
Plus concrètement, un des points de friction voire de controverse de l’import-substitution est la signature en 2014 de l’Accord de Partenariat Economique (APE) entre le Cameroun et l’Union Européenne, accord entré en vigueur en 2016. Cet accord permet au Cameroun d’exporter sans droits de douane ni quotas vers l’UE. En retour, à l’échéance de 2029, le Cameroun devrait progressivement démanteler et éliminer les droits de douane sur plus de 80% des produits importés de l’Union Européenne. Ce démantèlement tarifaire consacre une ouverture totale de l’espace économique camerounais, une béance pour les produits manufacturés d’origine européenne au détriment de la l’industrie locale peu compétitive.
L’APE ENTRE LE CAMEROUN ET L’UNION EUROPÉENNE S’APPARENTE À DE L’AIDE À LA RECOLONISATION
Au-delà de l’incompatibilité entre l’import-substitution et les APE et au regard de la structure de ses exportations constituée essentiellement de matières premières, notamment les hydrocarbures (pétrole brut et gaz naturel), le cacao en fèves et ses produits dérivés, le bois (scié et placage), ainsi que la banane fraîche, une autre question de fond est la capacité du Cameroun à tirer avantage de l’ouverture des frontières d’un marché de près de 450 millions de consommateurs de l’Union Européenne dans le cadre d’un accord inégalitaire qui fait dire de l’APE qu’il confine à de l’aide à la recolonisation pour paraphraser Tibor Mende (1972). Bien plus, l’environnement international est davantage marqué par une guerre économique sans précédent et la reconfiguration des échanges internationaux qui consacrent plus que jamais le compétitivité, gage de la montée en gamme industrielle. Trois événements majeurs qui pourraient davantage marginaliser les pays africains et singulièrement le Cameroun illustrent cette tendance.
Le premier est la dérive hégémonique de l’administration américaine qui, de manière unilatérale et en violation des règles de l’OMC, impose des droits de douane prohibitifs à tous ses partenaires afin de rééquilibrer sa balance commerciale structurellement déficitaire. Le second événement est l’accord de libre-échange entre l’Union Européenne et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, et le Venezuela) signé le 17 janvier 2026 et qui vise à créer un marché de plus 780 millions de consommateurs avec la suppression de 90% des droits de douane.
Cet accord pourrait davantage marginaliser les pays africains et le Cameroun en particulier dont le retard de compétitivité par rapport aux pays d’Amérique Latine les marginaliserait sur le marché européen. Le troisième évènement est l’accord de libre-échange qualifié d’historique entre l’Europe et l’Inde signé le 27 janvier 2026 créant un marché de près de 2 milliards de consommateurs, le plus grand du monde. Ce pacte majeur vise à réduire ou supprimer les droits de douane sur plus de 95 % des marchandises, notamment pour les secteurs automobile, chimique et agroalimentaire, tout en libéralisant les services et en renforçant l’autonomie stratégique face à la Chine et les Etats Unis.
A ces événements, il faudrait ajouter la domination et la compétitivité de la Chine dont la balance commerciale en 2025 a enregistré un excédent historique, dépassant pour la première fois la barre des 1 000 milliards de dollars pour atteindre environ 1 200 milliards de dollars, dopé par la croissance vertigineuse de ses exportations malgré les tensions commerciales et géopolitiques. Dans un tel contexte, l’enjeu majeur pour le Cameroun n’est pas de s’enfermer de manière obstinée dans un marché intérieur étroit caractérisé par une faible productivité des unités industrielles de petite taille.
Dès lors, l’import-substitution est une impasse voire un simple slogan auquel devrait se substituer (sans jeu de mot) la quête inlassable de la compétitivité et de la promotion des exportations. L’illustration parfaite des limites de l’import-substitution est le bilan extrêmement mitigé (pour ne pas en dire plus) du Plan Intégré d’Import-Substitution Agro-pastoral et Halieutique (PIISAH), programme triennal 2024-2026 d’un coût initial estimé à près de 1371 milliards de F CFA visant à réduire le déficit de la balance commerciale en substituant les denrées importées par une production locale accrue de bétail, de lait, de riz, de maïs, de blé, de mil, de sorgho, de soja, de poisson et d’huile de palme.
UNE NOUVELLE ORIENTATION STRATÉGIQUE : RENFORCEMENT DE LA COMPÉTITIVITÉ ET PROMOTION DES EXPORTATIONS
S’agissant particulièrement de la substitution au blé importé par des farines panifiables à base de manioc, banane plantain et patate douce, les conclusions d’une excellente étude menée par Eric Joël Fofiri Nzossié de l’Université de Ngaoundéré et Ludovic Temple du CIRAD (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agricole pour le Développement (Montpelier), sont sans appel : « La production du manioc, de la banane plantain et de la patate douce dégage encore peu d’excédents pour répondre aux besoins de production de farines locales panifiables. De fait, une politique d’import-substitution, même partielle, impose d’interroger la capacité de l’agriculture à approvisionner simultanément le marché du frais (intérieur et transfrontalier en Afrique centrale) et le marché d’une industrie à la recherche d’économies d’échelles, et donc de massification des approvisionnements en matières premières à bas coût. Une polarisation sur un objectif strict de substitution à la farine importée apparaît en soi trop réductrice par rapport aux réalités structurelles de transformation du modèle alimentaire et aux opportunités de développement que structure sa diversité ».
La pertinence, l’efficacité et l’impact de l’import-substitution étant extrêmement limités, l’étroitesse du marché intérieur et les contingences internationales commandent pour le Cameroun une nouvelle orientation stratégique qu’est le renforcement de la compétitivité et la promotion des exportations.
Emmanuel Noubissie Ngankam Analyste
Economique Ancien haut fonctionnaire de la Banque mondiale
enoubissie7897@gmail.com
Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Dernières actualités
Marché des titres publics : 98 milliards FCFA levés sur 160 milliards attendus au 1er trimestre

Le Trésor camerounais a enregistré un début d’année en deçà de ses prévisions sur le marché des titres publics. Entre janvier et mars 2026, il a levé 98 milliards de FCFA contre un objectif trimestriel de 160 milliards de FCFA, soit un manque de 62 milliards de FCFA. D’après le Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) 2027-2029, le taux de réalisation s’est établi à 61,3 %.
Les ressources mobilisées proviennent de 50,3 milliards de FCFA d’Obligations du Trésor assimilables (OTA), utilisées pour le financement à moyen et long terme, et de 47,7 milliards de FCFA de Bons du Trésor assimilables (BTA) à 52 semaines, destinés aux besoins de trésorerie de l’État. Malgré cet écart par rapport à la programmation, le montant levé reste supérieur aux 84,4 milliards de FCFA collectés au premier trimestre 2025, soit une progression de 13,6 milliards de FCFA ou 16,2 %.
DES INVESTISSEURS PLUS EXIGEANTS
Cette contre-performance s’inscrit dans un environnement moins favorable sur le marché des titres publics de la Cemac. Les États continuent d’y rechercher des ressources importantes, mais les investisseurs demandent désormais des rendements plus élevés et privilégient les échéances courtes. Cette évolution avait déjà été relevée par le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, le 13 février 2025 à Douala.
Selon les données présentées à cette occasion, le Cameroun a levé 1 153,9 milliards de FCFA sur ce marché en 2024, en hausse de 20,4 % sur un an. Dans le même temps, le taux de rémunération des Bons du Trésor assimilables est passé de 2,67 % en 2020 à 6,33 % en 2024, tandis que le taux de couverture des besoins du Trésor est tombé de 206,9 % à 69 %.
Le Directeur général du Trésor et de la Coopération financière et monétaire, Sylvester Moh Tangongho, dresse le même constat dans un entretien accordé à Défis Actuels. « Nous faisons face au renchérissement du coût du financement de notre dette publique. Cette situation s’accompagne également d’un raccourcissement de la maturité moyenne des titres émis, les investisseurs privilégiant désormais des échéances plus courtes », explique-t-il.
Pour élargir la base des souscripteurs, le Trésor envisage d’ouvrir davantage le marché aux particuliers par l’intermédiaire des plateformes numériques. « Les fintech pourraient agréger des milliers de souscriptions de faible montant et permettre ainsi à un plus grand nombre d’épargnants de participer au financement de l’État », indique le responsable. Il évoque également la possibilité de lancer des émissions liées à des projets identifiés. « Des emprunts pourraient être lancés pour financer une infrastructure bien identifiée, comme un pont ou un équipement local. Les souscripteurs sauraient alors précisément à quoi leur contribution est affectée », précise Sylvester Moh Tangongho.
Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Dernières actualités
SIARC 2026 : Le Cameroun juxtapose la tradition et la modernité pour stimuler l’innovation artisanale

Cet événement biennal prévu du 27 juillet au 05 août 2026 à Yaoundé, mettra en avant l’artisanat local par des expositions-ventes, des rencontres B2B, des ateliers de formation et des innovations.
Promouvoir et stimuler l’innovation dans le secteur de l’artisanat camerounais, en créant une plateforme d’échanges fructueux entre les savoirs-faires traditionnels et les influences contemporaines, afin d’accroître sa compétitivité. C’est l’objectif général de la 9ème édition du Salon international de l’artisanat du Cameroun (SIARC), prévu du 27 juillet au 05 août 2026 au musée national de Yaoundé.
L’événement qui aura pour pays invités d’honneur la Côte d’Ivoire et le Cameroun et l’Algérie va se tenir sous le thème : «Entre tradition et modernité : comment stimuler l’innovation artisanale? ». Comme innovation de cette 9ème édition, le SIARC 2026 ambitionne des formations des artisans sur l’appropriation du processus de normalisation et de certification des produits artisanaux, l’ouverture d’une boutique souvenir SIAR 2026 et un atelier d’initiation des jeunes vulnérables aux métiers artisanaux.
Au cours du point de presse organisé hier jeudi 23 juillet 2026 à Yaoundé en prélude à l’événement, Achille Bassilekin III, ministre en charge des PME, de l’économie sociale et de l’artisanat (Minpmeesa) a expliqué que «l’artisanat demeure l’un des piliers de l’économie camerounaise. Selon les autorités, il mobilise près de 60 % de la population active, contribue significativement à la création de richesses, favorise l’insertion socio-économique et participe à la préservation de l’identité culturelle nationale».
Dans son allocution, le membre du gouvernement a rappelé que la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) fait de l’innovation, de la compétitivité et de la valorisation du secteur privé des instruments majeurs pour conduire le Cameroun vers l’émergence. L’artisanat y occupe une place de choix en tant que levier de création d’emplois, de promotion du « Made in Cameroon » et de développement des chaînes de valeur locales.
Achille Bassilekin III a indiqué que l’artisanat national dépasse le simple acte commercial. « Acheter un produit artisanal camerounais, c’est soutenir une famille, préserver un savoir-faire, contribuer à la création d’emplois et investir dans notre patrimoine culturel », a-t-il déclaré.
Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Dernières actualités
Absence de Paul Biya : le SDF dénonce le black out total

«Qui gouverne ce pays ? Le chef de l’État est absent du territoire national depuis plus de six semaines (…). La vice-présidence, créée à la hâte en avril au nom de la continuité de l’État demeure vacante. L’État fonctionne par délégation de signature qu’aucun citoyen n’a jamais vue».Le coup de gueule est de Joshua Osih hier lors de la conférence de presse qu’l a donnée à Yaoundé. Le séjour prolongé du président de la République en Europe était le sujet phare abordé par le président du Social democratic front (SDF) à cette occasion où il présentait la position de son parti sur l’état de la nation. Joignant ainsi sa voix aux millions d’autres qui s’inquiètent du « court séjour » présidentiel devenu de plus en plus élastique. Déjà 45 jours que le peuple camerounais est sans nouvelles de Paul Biya son président, parti « en Europe » début juin dernier, et qui n’a plus donné signe de vie. Lui qui a fait l’objet de vifs débats sur son état de santé à l’occasion de la célébration de la Fête nationale le 20 mai dernier. Lui dont des sources annoncent une hospitalisation en Suisse. Une information qui avait été donnée par le magazine Jeune Afrique. Le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, avait démenti cette information, la déclarant « non fondée ». Le porte-parole du gouvernement indiquait que Paul Biya est au travail.
Mais cela fait déjà un mois et demi que l’homme en qui le peuple camerounais a confié son destin, est toujours sans nouvelles officielles. Amplifiant les rumeurs et débats sur sa santé. Et désormais sur la vacance à la tête de l’Etat. Convoquant l’article 6, alinéa 5 de la Constitution du 18 janvier 1996 modifiée en avril dernier. Lequel dispose que «en cas de vacance de la présidence de la République pour cause de décès ou de démission, ou en cas d’empêchement définitif dûment constaté par le Conseil constitutionnel, le vice-président achève le mandat du président de la République». Faux : «Affirmer que le pouvoir (exécutif) est ‘’vacant’’ au Cameroun relève d’un barbarisme juridique, voire politique oulogique », réagi Jacques Fame Ndongo, secrétaire à la communication du Rdpc, parti au pouvoir.
« République en pilotage automatique »
Sauf que la réalité à savoir la longue absence prolongée du président de la République, impose débats et conjectures lorsqu’après sa sortie, le patron de la communication du parti au pouvoir ne peut apporter une preuve que Paul Biya continue d’être le commandant de bord du bateau Cameroun. Le SDF par la voix de son président, est monté au créneau pour joindre sa voix à celles des autres Camerounais qui refusent d’assister en victimes résignées du sevrage brusque de leur président ; mais surtout, de sortir le débat des réseaux sociaux pour l’exposer dans les espaces conventionnels de gouvernance participative de la cité. «Nous comprenons, et nous l’avons dit, que d’un point de vue constitutionnel, cette vacance n’existe pas par voie d’absence», rejoint-il Fame Ndongo. «Nous respectons cela. Nous sommes des républicains et nous respectons les lois qui nous entourent. Mais nous disons, et nous insistons, que d’un point de vue politique et tout simplement de décence, la question reste sur la table : celle qui oblige le président de la République d’informer ses concitoyens. Tout comme il le fait quand il part, il a l’obligation de nous dire ce qu’il lui arrive», s’en éloigne-t-il. Jugeant l’absence de communication officielle comme «indécente et méprisante».
Le Chairman du SDF rappelle que le chef de l’Etat«est une institution». Insistant sur le fait que «nous devons savoir ce qui se passe avec le chef de l’Etat». Et «ce n’est pas une faveur que nous demandons». Et d’insister sur la notion de « court séjour », autre pan du débat. «Si court, chez lui, veut dire 45 jours, il faudrait qu’on revoie le curriculum scolaire au Cameroun, parce que, quand moi je suis allé à l’école, 45 jours n’étaient pas considérés comme un court séjour». Le successeur de Ni John Fru Ndi ne se contente plus du bavardage : «Quand nous disons que nous allons aviser, c’est tout simplement pour savoir : qu’il nous informe, de ce qui se passe. Parce que si, après tous ces appels des Camerounais pour savoir où il est, il ne répond pas, il faudra passer à la phase suivante : comprendre pourquoi il ne peut pas nous dire où il est», menace-t-il. D’autant plus que «le Cameroun est une République en pilotage automatique et l’on ne s’en remet pas à un pilotage automatique dans la tempête». Faisant allusion aux nombreuses questions et préoccupations des Camerounais à l’heure actuelle : la vie chère, la mise en œuvre de la réforme constitutionnelle d’avril 2026 qui institue la vice-présidence de la République, le problème du trafic illicite de l’or,…
Sur le même sujet
Séjour de Paul Biya : la leçon constitutionnelle de Fame Ndongo
Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Société2 years agoPrésidentielle 2025 au Cameroun: voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Dernières actualités2 years agoCameroun : Liste complète des 250 ethnies qui font la fierté de la nation

Politique2 years agoPrésidentielle 2025 : voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Politique2 years agoÉlections présidentielles 2025 au Cameroun : Quels candidats ont les meilleures chances de succès ?

Actualités locales4 months agoThéodore Datouo élu président de l’Assemblée nationale du Cameroun !
- Société1 year ago
Obtenez votre CNI en 48 heures : voici les 13 centres d’enrôlement au Cameroun

Faits divers2 years agoFrais de retrait Orange Money Cameroun : Tout ce que vous devez savoir

Société2 years agoVoici l’origine des noms de 20 quartiers de Yaoundé














