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le Cameroun ne doit pas mourir

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le Cameroun ne doit pas mourir
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C’est un cri d’alarme que vient de lancer l’homme politique et chef traditionnel Célestin Bedzigui face à « l’immobilisme cadavérique observé après la dernière présidentielle ».

Dans une tribune, Célestin Bedzigui interpelle la classe politique, qui à son sens ne doit pas continuer à rester de mabre face à la situation que traverse le pays. « A la classe politique je dirai que le temps est à l’ ouverture d’une stratégie fondée sur une unification et une fusion des forces adossées sur un programme commun dont l’épine dorsale est de barrer la voie aux RDPC aux prochaines élections locales », écrit-il.

« LE CAMEROUN NE DOIT PAS MOURIR

Notre pays se meurt. Il donne tous les signes d »une mort cérébrale. La preuve est donnée par l’immobilisme cadavérique observé après la dernière présidentielle. Le message des frustrations exprimées dans le vote populaire est ignoré; s’ agirait- il d’ une manifestation d’ un mépris arrogant envers le peuple? Je voudrais ne pas le croire.

On a entendu à la prestation de serment la formule » union sacrée ». Rien n’ a suivi. On a parlé dans discours de fin d’ année de » nouveau gouvernement pour bientôt ». Silence.

Ces promesses faites de sa propre initiative par le CHEF SUPRÊME sont restées sans lendemains, ce qui conduit à la grave question : un CHEF qui ne tient pas ses promesses est- il en core habité par la flamme de la mystique de CHEF, une flamme qui l’ oblige à satisfaire les attentes de son peuple? C’est le Chef que je suis qui parle. Cela conduit à l’apophtègme » Y a- t- il un pilote à bord? » , en ces temps de turbulences.

La technostructure qui a conduit aux résultats désastreux sur le plan économique et social, bilan qu’un grand nombre d’ électeurs ont sanctionné lors de la dernière élection, cette technostructure est restée en place, intacte, inamovible, enivrée par son fastueux mirage.

Quand à la gouvernance, son outil a les formes d’ un fromage hollandais, rond à l’ extérieur avec des trous à l’ intérieur. L »illustration est donnée par ces institutions dirigées par des intérimaires permanents sans savoir s’ils sont en place pour la liquidation des affaires courantes ou pour un programme budgétisé.

Des exemples. On se demande si la formation professionnelle ou l’ industrie, après les départs de Tchiroma et de Doh, n’ ont pas une importance politique et stratégique suffisante pour mériter l’ attention minimale d’ être dotées de Ministres titulaires pour les conduire.

Plus questionnable est la situation de la SNH, poumon financier de l’ État, où l’ Administrateur Directeur Général étant depuis deux ans « indisponible » disons le ainsi, il se dit que la direction de ce fleuron de notre État est entre les mains… de son épouse, forte des introductions en haut lieu que la rumeur lui prête, un fait qui, s’ il était avéré, relèverait d’une hallucination pour le moins.

Le citoyen et l’ homme politique que je suis souscrit au devoir de tirer la sonnette d’ alarme car, la paralysie de la prise de décision qui s’observe conduit le Cameroun vers l’ abîme si nous n’ avons pas le courage de solliciter le réveil de celui là à qui le peuple a donné le pouvoir d’ animer le corps de l’ Etat. Nous devons l’ informer du profond désarroi de ce peuple qui lui a tant et tout donné et qui en retour mérite la prise en compte de ses angoisses. Je le fais ici.

Je pense à ce mot de Danton, révolutionnaire français qui à son procès avait dit au Tribunal : « les générations futures se demanderont quel genre d’hommes nous avons été ». Il sera condamné à mort. Je ne serai pas surpris que la présente prise de parole me vale une condamnation à mort sociale par le système politique. J’aurai fait mon devoir, en toute responsabilité politique.

A la classe politique je dirai que le temps est à l’ ouverture d’une stratégie fondée sur une unification et une fusion des forces adossées sur un programme commun dont l’ épine dorsale est de barrer la voie aux RDPC aux prochaines élections locales.

Il faut que beaucoup abandonnent l’ esprit de chapelle, l »ostracisation et la diabolisation de ceux qui ne pensent pas comme eux.

La classe politique doit se rassembler dans une dynamique unitaire. La léthargie actuelle est une réelle opportunité. Ne pas la saisir confirmera le jugement disant que « le Cameroun a l’ opposition la plus bête du monde ». Seule l’ Unité politique et l’ Unification stratégique peut lui donner la capacité de bâtir ce qu’ attend d’ elle peuple de ce pays: un Nouveau Cameroun.

Sa Majesté Célestin Bedzigui
Président du PAL
Commandeur de l’Ordre de la Valeur »

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Cameroun : une mission du FMI examine la situation macroéconomique et budgétaire

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »
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Le deuxième vice-président national du Social Democratic Front (SDF), Louis Marie Kakdeu, appelle la classe politique camerounaise à recentrer le débat sur les problèmes économiques et sociaux du pays, dénonçant une vie politique qu’il estime de plus en plus dominée par les querelles sur les réseaux sociaux.

Dans une tribune publiée samedi, intitulée « Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille », l’économiste et universitaire estime qu’une partie de l’opposition consacre désormais davantage d’énergie aux affrontements entre personnalités qu’aux propositions destinées à répondre aux difficultés quotidiennes des Camerounais.

« Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux », écrit-il.

Louis Marie Kakdeu cite notamment les difficultés liées aux infrastructures routières, aux approvisionnements en gaz, au coût de la vie et au chômage. Il déplore que ces sujets suscitent, selon lui, moins d’attention sur les réseaux sociaux que les polémiques entre responsables politiques.

Lire la tribune de Louis Marie Kakdeu :

« Cameroun : le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille

Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux. Le pouvoir n’a même plus besoin de se défendre. Les informations sur la mauvaise gouvernance du pays font beaucoup moins de bruit que la querelle de personnes. Ce n’est pas un accident. C’est un système. Et la néo-opposition dite « radicale » a pour mission d’aider le régime en place à distraire le peuple.

Une distraction regrettable

L’on met désormais 4 heures de temps en voiture entre Douala (Yassa) et Edéa (moins de 50 km), mais le citoyen qui est assis au fond d’un bus crasseux dans lequel il pleut ne se plaindra ni de la pluie qui tombe sur sa tête, ni de l’état de la route en dégradation avancée. Il cherche plutôt à sauver son téléphone et à se plaindre des problèmes de connexion internet qui l’empêchent de suivre en direct les clashes sur les réseaux sociaux : on y parle de tout sauf des milliers de Camerounais qui meurent sur les routes, de la pénurie de gaz, de la cherté du coût de la vie, du chômage massif, etc. On ne parle pas de ce qui accable le régime et qui concerne la vie quotidienne des citoyens. L’image de ce paradoxe camerounais est que les chômeurs ont voté le 12 octobre 2025 pour le ministre qui les a maintenus au chômage et qui leur a servi le bluff.

Le clash comme programme

Nous avons désormais une vie politique rythmée par des querelles, pas par des idées. Depuis la présidentielle d’octobre 2025, qu’a-t-on surtout débattu ? Des rumeurs de mœurs, des histoires d’argent, des « révélations » sans preuve et des audios « fuités ». Elles font cliquer, mais elles n’ont jamais produit un kilomètre de route ni un litre d’eau. Des procès en trahison sont le sport favori de certains. Il s’agit des débats sur la moralité des personnalités politiques comme s’il y avait un seul « saint » sur terre : « Que celui ou celle qui est saint(e) jette en premier la pierre sur l’autre ! ».

Vous voyez des gens dont les vies sont entièrement sales qui estiment que la vie des autres est sale. Un vrai paradoxe camerounais. On estime que la vie des personnalités politiques doit être « propre » comme si l’on était au ciel ou comme si l’on interdisait à certains d’être aussi « personnalités politiques » ou de le devenir pour monter le bon exemple. Une posture caractéristique d’un déficit criard d’engagement citoyen au Cameroun. Chaque jour, une part de l’énergie militante est dépensée à partager, commenter ou démentir des rumeurs.

Qui profite du bruit ?

La réponse est simple : le pouvoir en place. Un régime qui dure depuis plus de quarante ans n’a qu’un ennemi sérieux : le bilan. Tout débat sur les résultats l’oblige à répondre du délestage, du prix de l’eau, des chantiers inachevés, des budgets engloutis. Il n’a donc qu’un intérêt : que le débat porte sur autre chose. Chaque polémique entre néo-opposants lui offre ce cadeau. Avant les scrutins à venir, le régime affiche une retenue décrite comme de la discipline, pendant qu’une agitation désordonnée règne dans plusieurs camps de la néo-opposition. Le pouvoir peut se taire : la néo-opposition parle à sa place, et parle d’elle-même.

C’est le point le plus douloureux. Une partie de la néo-opposition qui se dit « radicale » a fait de la posture un projet : la dénonciation permanente, l’anathème contre ceux qui participent, le boycott érigé en principe, le « tout ou rien ». Elle vit du clash parce que le clash produit de l’audience, et l’audience passe pour une légitimité. Or, ni l’une ni l’autre ne remplacent une offre politique.

Le résultat est mécanique : Tant que « radical » signifie « celui qui hurle le plus fort », il n’y a ni programme chiffré, ni équipe prête à gouverner, ni ancrage local durable. Et le régime peut se présenter comme le seul acteur capable de gérer un État. On ne renverse pas un système avec des punchlines : on l’use par des propositions. Et c’est mon message principal aux citoyens camerounais. Je ne m’attends pas à être entendu ; je ne suis pas dupe. Mais je joue mon rôle.

À l’inverse, l’opposition authentique, celle qui fait le travail patient (élus locaux, programmes sur l’eau, l’énergie, la décentralisation, contre-budgets, contrôle de l’action gouvernementale), n’a ni les plateaux ni les partages. On dit de cette opposition qu’elle est invisible dans l’espace public qui récompense le scandale. Elle est pourtant la seule à préparer l’alternance et l’alternative pour de bon, celle qui permettra de gouverner ensuite et de gouverner utilement.

Le Cameroun n’a pas besoin d’un feuilleton de plus. Il a besoin d’eau, de courant, de routes, de caniveaux qui ne débordent pas. Tant que les acteurs politiques préféreront le buzz et le bluff, les Camerounais continueront de payer la note, et le régime dormira tranquille.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF

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