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Steve Fah demande au RDPC de se faire représenter aux obsèques d’Anicet Ekane

Le blogueur Steve Fah pense qu’au vu, de ce que représente Anicet Ekane, le parti au pouvoir devrait faire preuve de maturité politique.
Ce 03 mars 2026, a eu lieu la levée du corps du défunt président du Manidem Anicet Ekane. On a observé à la cérémonie la présence des personnalités de l’opposition comme Me Akere Muna, Maurice Kamto. Réagissant à cela, le blogueur Steve Fah pense qu’il serait bien que le parti au pouvoir le RDPC enterre la hache de guerre contre un adversaire pour lui rendre l’hommage qu’il mérite.
« Chers dignitaires du RDPC, la maturité politique se mesure aussi dans l’hommage rendu à l’adversaire. Aujourd’hui, avec la levée de corps de Anicet Ekane, notre pays est entré dans un moment de recueillement et de mémoire. Au-delà des clivages, au-delà des partis, au-delà des divergences parfois profondes, c’est un homme qui s’en va. Un homme de convictions. Un homme qui, durant de longues années, a porté une voix, une vision, un idéal pour le Cameroun. Un parti politique, par définition, est une organisation dont la vocation est de conquérir et d’exercer le pouvoir. C’est sa nature. Mais la démocratie ne se réduit pas à une compétition permanente. Elle est aussi et surtout un espace de confrontation pacifique, de respect mutuel et de reconnaissance réciproque », écrit-il.
Pour Steve Fah, la présence de représentants du RDPC aux obsèques d’Anicet Ekane, montrerait que le Cameroun est dans une démocratie apaisée.
«Dans une démocratie apaisée, on peut être adversaires sans être ennemis. On peut s’opposer fermement sur les idées, tout en se respectant profondément en tant qu’êtres humains. On peut se battre politiquement… et se retrouver dans la dignité lorsque l’un des nôtres disparaît. Le Cameroun a aujourd’hui rendez-vous avec sa maturité démocratique. Il serait juste, il serait grand, il serait digne que des hauts responsables du RDPC soient officiellement représentés pour lui rendre hommage. Ce ne serait pas un acte partisan. Ce serait un acte républicain. Ce serait reconnaître qu’avant d’être opposant, Anicet Ekane fut un fils de la Nation. Qu’avant d’être contradicteur, il fut un acteur engagé de la vie publique. Qu’avant d’être une voix dissidente, il fut un citoyen profondément attaché à son pays», écrit-il.
Allant plus loin, Steve Fah plaide pour une distinction honorifique car avant toute chose et les partis politiques, Anicet Ekane a été un fils du Cameroun.
« Il serait également hautement symbolique que le Président de la République délègue un représentant officiel afin d’honorer sa mémoire. Un tel geste élèverait le débat, apaiserait les cœurs et enverrait un message fort aux générations présentes et futures : au Cameroun, la République est plus grande que les partis. Et pourquoi ne pas envisager, à titre posthume, une distinction honorifique pour cet illustre homme politique ? Non pour ses positions, qui pouvaient être discutées. Mais pour sa constance, son engagement et sa fidélité à ses convictions. La grandeur d’une Nation se mesure aussi à la manière dont elle honore ceux qui ont pensé autrement. Aujourd’hui, nous ne devons pas voir un camp face à un autre. Nous devons voir un homme que la Nation accompagne. Nous devons honorer l’engagement. Nous devons honorer la démocratie», a écrit le blogueur.
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335 millions FCFA du Cameroun bloqués au Qatar

Yaoundé veut récupérer 660 000 dollars US versés dans le cadre d’une opération liée à la maintenance d’un hélicoptère présidentiel. Mais au Qatar, la procédure engagée pour récupérer ces fonds est momentanément stoppée par une exigence judiciaire sur le mandat de l’avocat du Cameroun.
L’affaire oppose désormais l’État camerounais à la procédure de liquidation de Horizon Crescent Wealth LLC (HCW), société établie au Qatar Financial Centre. Au cœur du dossier : 660 000 dollars, soit environ 335 millions de FCFA, dont Yaoundé revendique la restitution.
L’affaire remonte à une transaction conclue en janvier 2018 pour la maintenance et la réparation d’un hélicoptère destiné à la présidence de la République. Les fonds, initialement engagés auprès d’une filiale appelée à achever les prestations, auraient finalement été transférés à la société mère HCW. Quelques semaines plus tard, les comptes de cette dernière ont fait l’objet d’un gel conservatoire dans le cadre d’une enquête réglementaire.
L’argent s’est alors retrouvé immobilisé parmi les avoirs de la société, désormais placée dans une procédure de liquidation. Le Cameroun a saisi la Cour civile et commerciale du Qatar Financial Centre le 21 janvier 2025 pour tenter d’en obtenir la restitution. Mais le 24 février 2025, la juridiction qatarie a exigé une clarification formelle du pouvoir de représentation de l’avocat genevois Jean Orso, mandaté pour agir au nom de l’État camerounais.
Ce n’est donc pas encore le fond du dossier qui est en jeu, mais une pièce essentielle de la bataille judiciaire : le mandat permettant à l’avocat de représenter valablement le Cameroun. La justice qatarie n’a, à ce stade, ni ordonné la restitution des 660 000 dollars ni définitivement rejeté la prétention camerounaise. Yaoundé défend une position particulièrement stratégique : il ne demande pas simplement à figurer parmi les créanciers de HCW, mais soutient que ces 660 000 dollars constituent des fonds lui appartenant directement, qui devraient être retirés de la masse des actifs de la liquidation.
Reste désormais au Cameroun à régulariser la représentation de son conseil et à démontrer, pièces à l’appui, la traçabilité des fonds. En attendant, 335 millions de FCFA revendiqués par l’État camerounais demeurent immobilisés au Qatar, au cœur d’un contentieux international dont l’issue reste incertaine. Tant que ces éléments ne sont pas établis devant la juridiction qatarie, les 335 millions de FCFA restent hors de portée immédiate des caisses publiques.
Au-delà du contentieux commercial, l’affaire pose donc une question de gestion des deniers publics : quelles garanties ont entouré le versement de cette somme en 2018, quel suivi a été effectué après le transfert des fonds et quelles mesures ont été prises pour préserver les intérêts financiers de l’État ? La justice qatarie n’a pas encore tranché la propriété de l’argent. Mais elle impose désormais à Yaoundé de produire les preuves et les habilitations nécessaires pour espérer récupérer ces fonds.
Source : Esbi Media
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