Actualités locales
bataille judiciaire autour de la déclaration des biens du chef de l’État
L’avocat au Barreau du Cameroun Fonka Tomnyuy fait des observations amicales sur la plainte de son confrère Me Ayang Lewis déposée contre le président Paul Biya au tribunal de grande instance du Fako et portant sur l’application de l’article 66 de la Constitution.
Me Ayang Lewis Forchealah, avocat au Barreau du Cameroun et du Rwanda, saisit le tribunal de grande instance du Fako contre le chef de l’État en décembre 2025 pour deux motifs. D’une part, l’homme de droit demande à la juridiction d’ordonner sans crainte ni complaisance au président de la République d’appliquer pleinement l’article 66 de la Constitution portant sur la déclaration des avoirs.
Il met en évidence cette prétention en accusant le chef de l’État Paul Biya d’avoir manqué à son devoir de respecter et de faire respecter cette exigence constitutionnelle depuis plus de 30 ans.
Aussi, une loi promulguée en 2006 sur la déclaration des biens crée une commission à cet effet qui n’a jamais été mise en place tout comme le décret d’application de la loi n’a pas été signé à date par le chef de l’État. Mais, l’avocat observe que depuis l’entrée en vigueur de la Constitution et de cette loi, le président de la République a « décidé avec véhémence et impunité de fermer les yeux » sur cet article, favorisant ainsi la corruption et le détournement des deniers publics au Cameroun.
D’autre part, l’avocat ajoute dans sa plainte le défaut de convocation du Conseil supérieur de la magistrature depuis cinq ans, la dernière convocation remontant à août 2020. Ce qui, pour lui, paralyse le traitement des affectations, des nominations, des promotions, des retraits et mesures disciplinaires au sein de l’appareil judiciaire national.
À titre illustratif, il invoque le fait que de nombreux magistrats ayant atteint l’âge de la retraite restent en fonction ; des contre-environ 897 magistrats restent en suspens ; le tribunal administratif du Sud-Ouest est paralysé depuis le décès de l’un de ses juges en 2023 et le défaut de son remplacement par le Conseil, entre autres. Au regard de l’omission de convoquer le Conseil supérieur de la magistrature depuis cinq ans, l’avocat demande à la Cour d’ordonner au président de la République de convoquer ce conseil sans délai.
Ayant pris connaissance de la plainte et des demandes de son confrère avocat, Me Fonka Tomnyuy Mofola relève des manquements tant sur la forme que dans le fond. Sur la forme, l’avocat se penche sur la compétence de la cour saisie, la capacité des parties ainsi que le mode de saisine de la juridiction. D’après lui, la juridiction compétente au regard de l’ordonnance de procédure civile de 1948 en Common Law, est celle du lieu de résidence du défendeur, celle du lieu où la cause de l’action est née ou celle du lieu de situation de l’objet du litige.
Or le tribunal de grande instance du Fako ne saurait répondre au premier critère, le président résidant à Yaoundé. Le département du Fako ne saurait non plus répondre aux deux autres critères. Sur la capacité des parties, Me Fonka soutient que son confrère ayant porté plainte contre le président de la République au lieu du président du Conseil supérieur de la magistrature a traîné la mauvaise personne devant la cour.
Sur le mode de saisine, l’avocat relève une irrégularité se rapportant à la procédure introductive d’instance. Pour lui, la requête doit être introduite par « Originating Motion et non par Motion on Notice ».
Sur le fond de la plainte, l’avocat relève que les prétentions de son confrère reposent non pas sur les faits, comme l’exigent les lois, mais sur les considérations juridiques. De plus, l’argument 13 qui indique que le décret d’application de l’article 66 de la Constitution reste attendu contredit la demande principale d’exiger l’application de cet article au chef de l’État. Le demandeur devait par conséquent demander l’édiction du décret au préalable.
Pour ces motifs et selon l’avocat, la plainte de son confrère est « non fondée, irrecevable, juridiquement inconsistante ». Il ne saurait avoir gain de cause devant cette juridiction.
Pour rappel, l’article 66 de la loi constitutionnelle du 18 janvier 1996 stipule que « le Président de la République, le Premier ministre, les membres du gouvernement et assimilés, le président et les membres du bureau de l’Assemblée nationale, le président et les membres du bureau du Sénat, les députés, les sénateurs, tout détenteur d’un mandat électif, les secrétaires généraux de ministères et assimilés, les directeurs des administrations centrales, les directeurs généraux des entreprises publiques et parapubliques, les magistrats, les personnels des administrations chargées de l’assiette, du recouvrement et du maniement des deniers publics, tout gestionnaire de crédits et de biens publics, sont tenus de faire une déclaration de leurs biens et avoirs au début et à la fin de leur mandat ou de leur fonction ».
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Actualités locales
Au Cameroun, le prix du kilogramme de cacao augmente de 150 FCFA à un mois de la fin de la saison 2025-2026

(Investir au Cameroun) – Bloqués entre 1500 et 1550 FCFA depuis le 22 mai 2026, les prix du kilogramme de cacao repartent à la hausse dans les bassins de production du Cameroun. Selon les données publiées par le Système d’information des filières (SIF) piloté par l’Office national du cacao et du café (ONCC), cette quantité de fèves se négociait entre 1650 FCFA et 1700 FCFA le 8 juin 2026, représentant une hausse de 150 FCFA.
Le SIF n’analyse pas les ressorts de cette hausse des prix. Mais l’embellie observée, en dépit de la saison des pluies généralement peu propice à l’augmentation des prix du fait de l’impraticabilité des voies d’accès aux bassins de production, peut traduire un dynamisme des achats à un mois de la clôture de la saison cacaoyère 2025-2026. Selon le calendrier agricole, cette fin de campagne est théoriquement prévue le 15 juillet 2026.
Au demeurant, les prix enregistrés sur le terrain depuis le lancement de la présente campagne restent largement en dessous des prévisions initiales. En effet, les autorités camerounaises tablaient sur des prix au producteur compris entre 3200 et 5400 FCFA/kg, dans le prolongement de l’embellie observée sur le marché local durant les deux campagnes précédentes. Or, à un mois de la fin de la saison, les prix bord champ n’ont toujours pas franchi le seuil des 2000 FCFA/kg.
D’après les analystes, cette situation est le reflet d’une conjoncture internationale moins favorable. Depuis le début de la saison cacaoyère 2025-2026, en effet, plusieurs analystes du marché des matières premières anticipent un retour à l’excédent de production sur le marché mondial, dans le prolongement du redressement amorcé lors de la campagne précédente, après trois saisons déficitaires.
Cette amélioration de l’offre serait notamment soutenue par l’Équateur. Selon les prévisionnistes, la production de ce pays latino-américain pourrait, dès cette saison, le hisser au rang de 2è producteur mondial, déclassant ainsi le Ghana. Cette hypothèse d’un marché international mieux approvisionné pèse sur les prix, aussi bien sur les places mondiales que dans les pays producteurs comme le Cameroun.
BRM
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André Noël Essian installe plus de 20 hauts responsables nommés par Théodore Datouo

À l’Assemblée nationale du Cameroun, le secrétaire général André Noël Essian a procédé à l’installation de plus de 20 responsables nommés par le président Théodore Datouo.
Après l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’année législative 2026, le secrétaire général André Noël Essian a présidé la cérémonie d’installation de plus de 20 hauts responsables nommés par le président Théodore Datouo.
En effet, ces hauts cadres ont été promus dans les services de la questure et du secrétariat général de l’Assemblée nationale. À l’issue de cette cérémonie, ils entrent officiellement dans leurs fonctions au sein de la représentation nationale.
Depuis son élection en mars à la présidence de l’Assemblée nationale, le député Théodore Datouo a procédé à de nombreuses nominations. Des nominations qui n’ont toutefois pas fait l’unanimité au sein de l’opinion. Il est reproché au successeur de Cavaye Yeguié Djibril de n’avoir pas tenu compte de l’équilibre régional.
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plus de deux millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë (ONU)

En République centrafricaine, près d’un tiers de la population centrafricaine continue de faire face à une insécurité alimentaire aiguë. Selon les agences des Nations Unies, plus de deux millions de personnes ont besoin d’une assistance urgente.
La République centrafricaine reste confrontée à une grave crise alimentaire. D’après la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), plus de 2 millions de personnes, soit près d’un habitant sur trois, vivent dans des conditions d’insécurité alimentaire aiguë nécessitant une intervention urgente. Parmi elles, 262 000 personnes sont en situation d’urgence (phase 4 de l’IPC) et 1,75 million en situation de crise (phase 3).
Les populations les plus touchées sont les déplacés internes, les réfugiés, les communautés hôtes et les ménages les plus pauvres dépendant principalement des marchés pour se nourrir. Dix-huit sous-préfectures enregistrent des niveaux particulièrement préoccupants, avec plus de la moitié de leur population confrontée à une insécurité alimentaire sévère.
Cette situation est alimentée par la hausse des prix des denrées alimentaires, la faiblesse du pouvoir d’achat, l’insécurité persistante, les déplacements de population ainsi que les chocs climatiques qui affectent la production agricole.
Toutefois, les Nations Unies relèvent une légère amélioration par rapport aux projections d’octobre 2025. Le nombre de personnes en situation de crise ou pire a diminué d’environ 288 000 personnes, grâce notamment à de meilleures perspectives agricoles, à des opportunités accrues de subsistance et à une aide humanitaire plus importante attendue entre avril et août 2026.
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