Actualités locales
Sonara démarche Dangote pour financer et sécuriser l’approvisionnement, sur fond de dette de 479 milliards de FCFA

(Investir au Cameroun) – Du 20 au 23 janvier 2026, une délégation de la Société nationale de raffinage (Sonara), conduite par son directeur général El Hadj Bako Harouna, s’est rendue à Lagos (Nigeria) pour rencontrer une équipe du pool managérial de la raffinerie Dangote. Objectif : identifier des opportunités de financement et d’appui technique dans le cadre de la relance de la Sonara.
Selon l’entreprise, cette mission visait à poser les bases d’une collaboration durable sur les volets technique et commercial afin de « sécuriser les approvisionnements du Cameroun, garantir une consommation locale satisfaisante et œuvrer à l’indépendance énergétique nationale, tout en étant à l’écoute des partenaires et en proposant une vision concrète ».
Approvisionnement et prêt : la piste Dangote au cœur de la relance
La Sonara veut, dans un premier temps, négocier l’approvisionnement du marché camerounais via la raffinerie Dangote et obtenir un prêt financier du groupe contrôlé par Aliko Dangote. Cette démarche s’inscrit dans le Plan d’accélération des mesures de restructuration et de réhabilitation pour la reprise du raffinage sous 24 mois (Parras 24), estimé à 291,9 milliards de FCFA par l’entreprise.
La première phase du projet est programmée sur 2026–2027, avec l’ambition de remettre l’outil en état après l’incendie de 2019. Mais l’intégration éventuelle de Dangote dans ce schéma reste conditionnée à l’avancement du processus de restructuration d’une dette de 479 milliards de FCFA envers banques et traders.
Depuis 2022, le remboursement de ces créances est assuré via un mécanisme d’État prélevant 47,8 FCFA sur chaque litre de carburant vendu à la pompe. L’objectif est de stabiliser le service de la dette. Le dispositif demeure en vigueur, dans l’attente du déploiement complet du plan de relance et des phases de modernisation associées.
Concurrence des financeurs et option BEAC : une équation de financement ouverte
Le dossier attire plusieurs pourvoyeurs de capitaux. L’Union de banques arabes et françaises (UBAF), la banque néerlandaise ING et la Mauritius Commercial Bank (MCB), ainsi que la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et le consortium Ariana/RCG, ont manifesté leur intérêt.
La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) se dit également disposée à activer son guichet B, « réservé au refinancement des crédits à moyen terme destinés à l’investissement productif ». L’institut d’émission des six pays de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad, RCA) ambitionne de mettre à disposition jusqu’à 60 % des financements nécessaires.
À court terme, Dangote pourrait surtout se positionner comme un acteur clé de l’approvisionnement du Cameroun. Faute de raffinerie opérationnelle, le pays importe la totalité de ses hydrocarbures. Selon la dernière note de conjoncture économique du ministère des Finances (Minfi), le Cameroun a importé pour 333,7 milliards de FCFA de carburants et lubrifiants — soit 899 millions de tonnes — au premier semestre 2025 pour alimenter le marché local.
Frédéric Nonos
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Ecobank Cameroun : le bilan se contracte de 25 milliards de FCFA en septembre, malgré la hausse des crédits

(Investir au Cameroun) – Ecobank Cameroun a enregistré une baisse de 25,121 milliards de FCFA de son total de bilan entre août et septembre 2026. Selon sa situation mensuelle provisoire arrêtée au 30 septembre, le total des actifs de la banque est passé de 622,710 milliards à 597,589 milliards de FCFA, soit un recul de 4 % en un mois. Cette contraction intervient alors que les crédits à la clientèle continuent de progresser légèrement.
Le mouvement le plus important concerne les titres de placement et valeurs assimilées. Leur encours recule de 271,423 milliards de FCFA à fin août à 249,447 milliards à fin septembre, soit une diminution de 21,976 milliards de FCFA (8,1 %). Ce poste regroupe les titres de placement ainsi que les valeurs reçues en pension ou achetées ferme.
Les opérations interbancaires et de trésorerie à vue reculent également. Leur encours passe de 76,447 milliards à 66,010 milliards de FCFA, soit une baisse de 10,437 milliards (13,7 %).
Les dépôts diminuent de 11,6 milliards de FCFA
Au passif, les dépôts de la clientèle s’établissent à 459,669 milliards de FCFA fin septembre, contre 471,229 milliards un mois auparavant. Le recul atteint 11,560 milliards, soit 2,5 %.
Cette évolution concerne principalement les comptes à vue, dont les encours diminuent de 22,356 milliards pour revenir à 320,618 milliards de FCFA.
À l’inverse, les dépôts à terme progressent de 17,975 milliards à 26,014 milliards de FCFA, soit une hausse de 44,7 %. Les comptes d’épargne augmentent également, passant de 110,280 milliards à 113,037 milliards. Ces progressions compensent partiellement la diminution des comptes à vue.
Les crédits progressent légèrement malgré le repli des dépôts
Les concours à la clientèle, calculés en additionnant les différentes catégories de crédits et les comptes débiteurs, atteignent 252,255 milliards de FCFA à fin septembre, contre 250,662 milliards un mois auparavant. L’augmentation est de 1,593 milliard de FCFA, soit 0,6 %.
Le rapport comptable entre les crédits et les dépôts passe ainsi de 53,2 % à fin août à 54,9 % à fin septembre. Cette évolution résulte de la progression modérée des crédits et de la diminution des dépôts. Cet indicateur ne doit toutefois pas être assimilé aux ratios prudentiels réglementaires de liquidité.
Autre évolution dans la structure du bilan : les crédits à la clientèle dépassent désormais légèrement le poste des titres de placement et valeurs assimilées, avec un écart de 2,808 milliards de FCFA. À fin août, les titres et valeurs assimilées excédaient encore les crédits de 20,761 milliards.
À fin septembre, le bilan d’Ecobank Cameroun se situe également 19,401 milliards de FCFA sous son niveau de fin décembre 2025, établi à 616,990 milliards.
Baudouin Enama
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07-05-2026 – Ecobank Cameroun porte son dividende à 24,5 milliards FCFA au titre de 2025
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Yaoundé lance les Rencontres du H2RIAC pour faire de la science un moteur régional

Sous la présidence de la ministre de la Recherche scientifique et de l’innovation, Dr Madeleine Tchuinte, les Rencontres du Hub régional de recherche et d’innovation d’Afrique centrale (H2RIAC) se sont ouvertes ce 22 octobre 2026. Ces assises réunissent les six États de la zone CEMAC autour d’une ambition commune, à savoir : transformer la recherche et l’innovation en levier concret d’intégration et de développement dans la sous-région.
Ouvertes à Yaoundé en présence de S. E. Sylvain Riquier, ambassadeur de France au Cameroun, les rencontres du hub régional de recherche et d’innovation en Afrique centrale apparaissent comme une réponse aux défis régionaux. Ces assises constituent un dispositif innovant et intégrateur, destiné à renforcer la coopération scientifique dans la sous-région. Son intérêt réside dans la mutualisation des ressources humaines, techniques et financières, la circulation des savoirs et la conception de programmes communs adaptés aux défis locaux : santé, environnement, climat, numérique, sécurité alimentaire ou transition verte.
Pour les pays de la CEMAC, l’enjeu est double. Il s’agit d’abord de donner davantage de visibilité à leurs chercheurs et institutions sur la scène internationale. Il s’agit ensuite de rapprocher la recherche des besoins réels des populations et des économies nationales, afin que l’innovation cesse d’être perçue comme une activité isolée pour devenir un instrument de politique publique. Le Cameroun y joue un rôle particulier de facilitateur. « Le H2RIAC sera ce que nous en ferons collectivement. Le Cameroun en sera le facilitateur résolu ; il ne prétend pas en être propriétaire », a déclaré Dr Madeleine Tchuinte, appelant les États à bâtir une gouvernance partagée et équitable.
Des objectifs précis
Les Rencontres visent à positionner le H2RIAC dans l’écosystème scientifique régional et à permettre son opérationnalisation. Plus concrètement, elles doivent capitaliser sur les acquis de programmes régionaux d’excellence, sensibiliser la communauté scientifique aux nouvelles orientations partenariales et aux opportunités de financement, définir les priorités du Hub, proposer son mode de gouvernance et préparer un plan d’actions collaboratif.
La première journée, consacrée aux panels et tables rondes, a permis de partager les résultats de programmes tels que ARISE, le programme Recherche et Innovation de l’OEACP, le PDTIV, le PRICNAC, ainsi que le plan de coopération du CNRS avec l’Afrique. Les échanges ont également porté sur le dialogue de haut niveau Union européenne–Union africaine sur la science, la technologie et l’innovation.
Vers des résultats concrets
À l’issue des travaux, les organisateurs attendent des orientations prioritaires clairement formulées, une proposition de gouvernance et un plan d’actions fédérateur. La seconde journée, organisée sous forme d’atelier restreint, doit permettre aux représentants des six États d’approfondir la structuration institutionnelle du Hub.
Un projet issu d’un long processus
Ces rencontres s’inscrivent dans la continuité de l’atelier de préfiguration du H2RIAC, organisé à Yaoundé le 18 juillet 2025 par le MINRESI, l’Ambassade de France et l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF). À ce moment, les représentants du Cameroun, du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale, de la République centrafricaine et du Tchad avaient déjà identifié les priorités scientifiques régionales, les opportunités de coopération et les mécanismes de mise en place d’un réseau scientifique intégré.
L’initiative trouve également son origine dans la Déclaration d’intention conjointe signée en 2023 entre le Cameroun et la France, lors de la Semaine de la science camerounaise en France. Elle répond à un constat partagé : l’Afrique centrale dispose de compétences et de potentialités scientifiques, mais souffre d’un déficit de financement, d’infrastructures et de coordination entre les institutions de recherche.
Ces rencontres s’achèvent ce 23 octobre 2026 à Yaoundé.
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