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Filière cacao : les femmes ne contrôlent que 20 à 30 % des revenus au Cameroun (étude)

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Filière cacao : les femmes ne contrôlent que 20 à 30 % des revenus au Cameroun (étude)
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(Investir au Cameroun) – Le Centre pour l’environnement et le développement (CED) et l’ONG Fern ont publié, le 29 janvier, une étude sur la place des femmes – y compris des femmes autochtones – dans la filière cacao au Cameroun. Menée dans dix localités des régions du Centre, du Sud et de l’Est, l’enquête met en lumière un paradoxe : les femmes constituent une main-d’œuvre centrale, mais restent marginalisées dans l’accès à la terre, la gouvernance des coopératives et le contrôle des revenus.

Selon le rapport, les femmes participent à l’essentiel des opérations : travail de la terre, entretien des plantations, récolte, écabossage, transformation et organisation de la main-d’œuvre. Pourtant, elles demeurent « invisibles » dans plusieurs espaces clés : registres fonciers, instances de coopératives, contrats commerciaux et, surtout, répartition des gains.

Le CED et Fern estiment ainsi que, même lorsqu’elles assurent une part majeure du travail, les femmes ne contrôlent souvent que 20 à 30 % de l’argent du cacao, une part généralement orientée vers les dépenses domestiques. Les décisions d’investissement, la constitution de patrimoine et la participation aux coopératives resteraient, elles, majoritairement du ressort des hommes.

Insécurité foncière : 87 % des productrices concernées, selon le CED

L’étude pointe une insécurité foncière largement répandue, avec un effet plus marqué chez les femmes. Sur 191 productrices interrogées, 13 % disent disposer d’un titre foncier, tandis que 38 % n’ont aucun document attestant la propriété des terres qu’elles exploitent. Au total, le rapport conclut que 87 % des productrices se trouvent en situation d’insécurité foncière, y compris lorsque l’accès à la parcelle repose sur des arrangements familiaux ou coutumiers jugés fragiles face aux conflits, héritages ou ventes.

Le document insiste sur la situation des femmes autochtones, notamment les Baka. Doublement marginalisées – en tant que femmes et en tant qu’autochtones – elles se situeraient « en bas de la hiérarchie sociale et économique ». L’étude indique qu’elles travaillent fréquemment dans des plantations appartenant à des tiers, avec peu ou pas de contrôle sur leurs revenus, et une exposition accrue aux violences et discriminations.

Autre constat : une féminisation progressive de la production, particulièrement chez les 25–45 ans, que le rapport décrit comme le « noyau actif » de la filière dans les zones étudiées, y compris sur des plantations qui ne leur appartiennent pas. L’étude affirme également que certaines femmes contrôlent directement des superficies plantées de plus en plus importantes, tout en continuant d’assumer l’essentiel des tâches domestiques.

RDUE : une réforme lointaine pour beaucoup de productrices

Cette publication intervient dans un contexte d’évolution des règles d’accès au marché européen. Le rapport souligne que le Règlement européen contre la déforestation et la dégradation des forêts (RDUE), qui impose notamment la traçabilité jusqu’à la parcelle et des exigences de conformité, a vu son application repoussée. Dans les villages étudiés, l’étude relève aussi une méconnaissance du RDUE : 68 % des femmes interrogées déclarent n’en avoir jamais entendu parler, et celles qui en ont entendu parler l’associent souvent à un message général de protection des forêts, sans connaître les obligations concrètes (géolocalisation, preuve de légalité foncière, gestion des risques).

Pour les auteurs, ces exigences peuvent accroître la pression sur les maillons les plus fragiles de la chaîne si des mesures d’accompagnement ne sont pas mises en place, notamment sur l’accès des femmes à la terre et à l’information.

Le rapport propose plusieurs pistes : sécurisation des droits fonciers des femmes, accès dédié à l’information et à la formation, soutien à l’entrepreneuriat agricole féminin, et meilleure

Thierry Christophe Yamb

Lire aussi:

24-12-2025 – RDUE : le Cameroun affirme pouvoir produire du cacao sans déforestation grâce à 650 000 hectares

30-08-2024 – Cacao : le Cameroun adopte le partage des données de géolocalisation pour se conformer aux exigences européennes

23-02-2024 – Au Cameroun, l’UE prend des mesures pour contrer l’entrée du cacao issu de la déforestation sur son marché

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Une mère ligotée par son mari jaloux

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Une mère ligotée par son mari jaloux
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Oscar T., commerçant de 54 ans, s’est irrité samedi de ce que Dorcas reçoive seule de l’argent de leurs rejetons, aujourd’hui à l’étranger grâce à lui, relate Alliance Nyobia de Cameroon Tribune

Lire ici son texte :

Dorcas T., 44 ans, ménagère, a été secourue dimanche par une équipe des Esir (police). La dame était sur son lit, en sueur et en pleurs, ligotée comme un saucisson sec. La scène se passe au quartier Nkomba à Bonabéri, dans l’arrondissement de Douala IV.

Selon les informations obtenues par CT, tout part d’un problème d’argent au sein de ce couple dont le premier enfant naît quand Dorcas a à peine 18 ans. Après ce garçon, Oscar et son épouse en ont eu deux autres. Deux vivent et travaillent en Europe, la dernière finit ses études de médecine en Afrique du Sud, et gagne déjà des sous grâce à des jobs.

Mercredi dernier, un papier attire l’attention d’Oscar dans sa chambre : un bordereau de réception d’argent. Cinq mille euros (environ 3 277 000 F) envoyés d’Europe par un des enfants. Oscar est étonné. Dorcas ne lui en a rien dit. Sa curiosité piquée, il fouille le sac sur lequel il a trouvé le bordereau. Bingo ! Il en contient beaucoup d’autres. Le commerçant constate que son épouse reçoit de l’argent de leurs enfants – on ignore depuis quand. L’homme se fait une copie des documents.

Deux jours plus tard, il demande de l’argent à sa femme pour un voyage d’affaires à l’Est. Cinq cent mille F. « Je vais prendre où ? », dit Dorcas, qui assure qu’elle n’a que le reste d’argent de ration. « Sauf si tu veux que je te donne ça, et on reste sans manger », ajoute-t-elle.

Le lendemain samedi, Oscar remet ça : « Pourquoi tu ne me donnes pas l’argent ? ». Dorcas persiste : elle n’en a pas. « Sauf si je vais emprunter à notre réunion », dit la dame, en référence à l’association F2, soit « Femmes fidèles », dont elle est membre. Oscar ne dit rien.

En soirée le même samedi, il tente une dernière fois sa chance. Là, Dorcas s’irrite : « Tu commences à me déranger ! » Oscar fait son sac et attend l’heure pour son voyage de nuit. La dame dira plus tard à la police avoir le sommeil lourd. Elle n’a donc rien senti… Réveillée en pleine nuit, elle amorce un mouvement qu’elle sent entravé. Puis réalise la situation : elle est pieds et poings liés. Avec le genre d’élastique servant à fixer les bagages sur une moto. La dame appelle René, le neveu qu’elle héberge. Mais apparemment, le sommeil lourd est de famille. Dorcas se met alors à crier dans la nuit.

Lucien, un voisin, réveillé par les cris, appelle Oscar vers 4 h. Apprenant que ce dernier est en déplacement, il conclut : « On est en train d’agresser ta femme ». Réponse : « Elle n’est pas agressée, c’est une punition ». À son tour, Marguerite, épouse de Lucien, est réveillée. Elle appelle sa voisine. Dorcas voit l’appel, et hurle : « Je suis ligotée ! Je ne peux pas décrocher ! ». Marguerite, en service aux Affaires sociales, appelle la police.

La patrouille arrive, enfonce la porte centrale, ce qui réveille enfin René. Dorcas est hydratée, puis conduite dans une formation sanitaire. Joint au téléphone par l’inspecteur, Oscar ne nie rien. Et se dit scandalisé que les enfants pour lesquels il s’est battu n’envoient de l’argent qu’à leur mère, qu’il a par ailleurs accusée de « manger » cet argent « avec quelqu’un d’autre », sans toutefois prouver cette accusation contre une membre de l’association F2. Oscar est attendu mercredi à Douala.

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un collectif appelle à démanteler le réseau de recrutements de Camerounais envoyés combattre en Ukraine

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un collectif appelle à démanteler le réseau de recrutements de Camerounais envoyés combattre en Ukraine
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Des acteurs de la société civile camerounaise ont lancé lundi à Yaoundé le mouvement « Ramenez Nos Fils Et Nos Frères » pour dénoncer le recrutement présumé de jeunes Camerounais envoyés combattre aux côtés des forces russes en Ukraine et demander des réponses sur le sort de plusieurs d’entre eux.

Le collectif affirme être en contact avec une dizaine de familles dont les proches auraient été recrutés, parfois sur la base de promesses d’emploi, de formation ou de rémunération, avant d’être envoyés sur le front russo-ukrainien.

« Certaines sont sans nouvelles de leurs proches depuis des mois. D’autres ont appris leur décès (…) sans informations précises sur les circonstances de la mort ni sur le rapatriement des dépouilles », affirme le mouvement dans un communiqué transmis à la presse.

Les témoignages recueillis par le collectif soulèvent, selon ses promoteurs, des interrogations sur les conditions de recrutement et le niveau d’information des personnes concernées sur la nature des engagements proposés et les risques liés à leur participation au conflit.

« Notre démarche vise à attirer l’attention de l’opinion publique sur un phénomène préoccupant et encore insuffisamment documenté », a déclaré Yannick Elessa, juriste et cofondateur du mouvement. Il appelle les pouvoirs publics à « exercer pleinement leur mission de protection de la jeunesse ».

Le collectif dit vouloir documenter les cas signalés, identifier les éventuelles responsabilités et prévenir de nouveaux recrutements qu’il qualifie de frauduleux. Il demande également un accompagnement des familles ainsi que le rapatriement des dépouilles des Camerounais décédés.

« Nous sommes déjà en contact avec une dizaine de familles éprouvées qui souhaitent s’organiser et obtenir des réponses », a indiqué Paul Silver Yede, autre cofondateur du mouvement.

Le phénomène du recrutement d’étrangers pour combattre aux côtés des forces russes en Ukraine a fait l’objet de plusieurs signalements internationaux. Les circonstances précises dans lesquelles des Camerounais auraient été recrutés et envoyés sur le front, ainsi que leur nombre, restent toutefois à établir.

Créé en août 2026, le mouvement « Ramenez Nos Fils Et Nos Frères » entend notamment obtenir des informations sur les personnes portées disparues ou décédées, accompagner leurs familles et plaider pour le démantèlement des réseaux de recrutement opérant, selon lui, depuis le Cameroun.

Le collectif appelle enfin les autorités camerounaises à enquêter sur ces recrutements et à prendre des mesures afin d’éviter que d’autres jeunes ne soient exposés au conflit en Ukraine.

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Paul Biya adresse ses vœux de paix à l’Ukraine à l’occasion de sa fête nationale

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Paul Biya adresse ses vœux de paix à l’Ukraine à l’occasion de sa fête nationale
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À l’occasion de la fête nationale de l’Ukraine, célébrée le 24 août, le président Paul Biya a adressé un message de félicitations à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky. Le Chef de l’État camerounais y formule également des vœux de paix, de concorde et d’unité pour la nation ukrainienne.

Dans un télégramme daté du 19 août 2026, depuis Yaoundé, le président de la République du Cameroun, Paul Biya, a adressé ses « vives et chaleureuses félicitations » au président ukrainien Volodymyr Zelensky à l’occasion de la célébration de la fête nationale de l’Ukraine, le 24 août.

Dans son message, le locataire du Palais d’Etoudi associe à ses félicitations des vœux de « paix, de concorde et d’unité » pour la nation ukrainienne. Une formulation qui intervient alors que l’Ukraine reste confrontée aux conséquences de la guerre sur son territoire.

Paul Biya a par ailleurs renouvelé à Volodymyr Zelensky les assurances de sa « très haute considération », réaffirmant ainsi les relations diplomatiques entre Yaoundé et Kyiv.

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