Actualités locales
ce que la crise du scanning au port de Douala a révélé

La crise autour du contrat de scanning opposant SGS, le Port autonome de Douala, le ministère des Finances et la Primature a occupé le débat public. Mais elle a surtout révélé un problème plus grave : pendant près de sept ans, un outil clé de sécurité et de mobilisation des recettes a fonctionné avec de sérieux angles morts. Les conséquences sont concrètes : pertes financières, risques sécuritaires et, au final, un coût direct pour les citoyens.
Lire l’analyse de Charles Menye, Président du Comité Citoyen de Vigilance Financière Cemac (CVFC) :
Un clash institutionnel qui cache l’essentiel
À première vue, le dossier du scanning au Port de Douala ressemble à un conflit classique entre administrations et opérateurs, autour de contrats et de compétences. Ce type de situation n’est pas nouveau.
Mais en se concentrant uniquement sur ce *face-à-face institutionnel*, le débat public a manqué l’essentiel.
Le vrai problème n’est pas de savoir qui a juridiquement raison, mais de constater qu’un dispositif stratégique est resté partiellement opérationnel pendant près de sept ans, sans explication claire sur les causes et les conséquences de ce retard.
Sept ans de retard, des coûts bien réels
Ce retard n’est pas théorique. Il a eu des effets mesurables. En 2025, le trafic portuaire du Cameroun a atteint environ 23,7 millions de tonnes, avec Douala comme principal point de passage. Les recettes douanières dépassent 1 000 milliards de FCFA par an.
Pendant ces années, le port a fonctionné avec un système de contrôle incomplet. Résultat :
– des conteneurs bloqués plus longtemps,
– des délais de sortie allongés,
– des coûts logistiques supplémentaires.
Pour une PME importatrice, quelques jours de blocage peuvent suffire à *transformer un bénéfice en perte*. Ces surcoûts sont ensuite intégrés dans les prix.
Le citoyen les retrouve dans le coût des produits de base : alimentation, médicaments, matériaux de construction.
Le retard du scanning a donc contribué à renchérir le coût de la vie et donc appauvrir les citoyens.
Sécurité : des angles morts qui fragilisent tout le système
Le scanning n’est pas qu’un outil fiscal. Il sert aussi à *protéger le pays*. Il permet de détecter des produits dangereux, des cargaisons suspectes et de limiter certains trafics.
Quand le système est incomplet ou mal utilisé, le contrôle devient sélectif. Des marchandises peuvent passer avec une *vérification insuffisante*, notamment sur des flux jugés moins prioritaires.
Dans un port qui traite plus de 20 millions de tonnes par an, même une petite part de flux mal contrôlés représente *un risque sérieux.*
Pour le citoyen, cela signifie une exposition accrue à des produits dangereux ou contrefaits et une *pression supplémentaire sur les forces de sécurité*. La sécurité nationale commence aux points d’entrée.
Recettes publiques : des milliards qui échappent encore
La question des recettes est centrale. À l’échelle nationale, les Douanes estiment que la fraude et la contrebande font perdre entre 200 et 250 milliards de FCFA par an à l’État. Douala concentre environ 85 % du commerce extérieur, ce qui en fait un point clé de cette problématique.
Même sans chercher à tout récupérer, une amélioration prudente du contrôle des recettes douanières — représenterait des dizaines voire des centaines de milliards par an.
Ces montants pourraient financer des centres de santé, des écoles ou l’entretien de routes. À l’inverse, quand ces recettes ne sont pas sécurisées, l’État s’endette davantage, et le citoyen paie deux fois : par la dette et par l’insuffisance des services publics.
On ne peut pas emprunter toujours plus tout en laissant filer des recettes évitables.
CDEC : l’opacité financière en arrière-plan
Les angles morts ne concernent pas seulement les conteneurs. Ils concernent aussi l’argent lié à l’activité portuaire : cautions douanières, consignations, dépôts administratifs.
Ces fonds devraient être centralisés à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDEC) pour être sécurisés et tracés. Or, sur environ 400 milliards de FCFA identifiés comme transférables, seule une partie a été effectivement centralisée.
Le maintien de certaines cautions hors du périmètre de la CDEC prolonge des zones d’opacité. Là encore, le résultat est simple : moins de transparence, moins de ressources disponibles, et moins de bénéfices visibles pour les citoyens.
Responsabilités : comprendre pour ne pas répéter
Le problème n’est pas qu’il y ait eu des contraintes techniques ou institutionnelles. Le vrai problème est l’absence d’explication publique claire.
– Qui devait faire quoi ?
– Qu’est-ce qui n’a pas été fait à temps ?
– Pourquoi ?
– Et avec quelles conséquences financières et sécuritaires ?
Les responsabilités sont partagées : administration, prestataire, autorités de tutelle. Tant que ces responsabilités ne sont pas clarifiées, les mêmes erreurs risquent de se reproduire sur d’autres projets stratégiques.
Le rôle du Parlement : passer du débat à la correction
La sortie par le haut est institutionnelle. Elle passe par le Parlement. Non pour désigner des coupables, mais pour établir les faits et corriger les failles.
Des auditions ciblées peuvent permettre de reconstituer le calendrier réel, d’estimer le manque à gagner lié aux retards et de proposer des règles plus strictes : suivi renforcé des contrats, pénalités en cas de dérive, mécanismes d’alerte précoce.
Des indicateurs simples pour un vrai suivi citoyen
La transparence n’a de sens que si elle est mesurable. Quelques indicateurs suffisent :
– délais moyens de sortie des conteneurs,
– taux réel de scanning,
– montants transférés à la CDEC,
– recettes sécurisées grâce au dispositif.
Publiés régulièrement, ces chiffres permettraient aux citoyens, aux médias et aux parlementaires de juger sur pièces.
Remettre le citoyen au centre
La crise du scanning au port de Douala a révélé bien plus qu’un conflit institutionnel. Elle a mis en évidence une faiblesse dans la gestion de la sécurité et des finances publiques.
Si cette crise conduit à plus de clarté, à une meilleure sécurisation des recettes et à un suivi public des résultats, elle aura servi à quelque chose d’essentiel : améliorer concrètement la vie des citoyens. La transparence n’est pas un slogan. Elle n’a de valeur que lorsqu’elle produit des résultats visibles.
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
Joseph Espoir Biyong célèbre Pierre Emmanuel Binyam

Le retrait de Pierre Emmanuel Binyam de la course à la présidence du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) continue de susciter des réactions. Dans une lettre ouverte adressée à celui qu’il présente comme son ancien ami, Joseph Espoir Biyong salue un choix qu’il interprète comme une décision en faveur de l’intérêt collectif et de la préservation de l’unité du parti.
Intitulé « Lettre ouverte à mon frère, Pierre Emmanuel Binyam », le texte rend hommage au parcours militant de l’ancien secrétaire général adjoint du MRC et à sa décision de retirer sa candidature à la veille de la convention extraordinaire du 17 octobre 2026.
« Tu n’as pas perdu une élection, au contraire tu as gagné du respect en choisissant de te sacrifier pour l’intérêt commun », écrit Joseph Espoir Biyong, qui considère ce retrait comme un geste susceptible de marquer durablement la vie politique du parti.
Lire la lettre ouverte de Joseph Espoir Biyong :
LETTRE OUVERTE À MON FRÈRE, PIERRE EMMANUEL BINYAM
Mon frère et mon Ami d’autrefois,
Aujourd’hui, il me vient à l’esprit de te célébrer pour avoir retenu mon attention depuis que j’ai entrepris mon chemin solitaire vers un destin que je découvre au fur et à mesure. Honnêtement, j’ai choisi de magnifier ton sens élevé de l’intérêt commun.
7 ans de responsabilités, de l’unité de base de Logbessou jusqu’au Secrétariat général, tu as gravi chaque marche à la sueur de ton front. Tu as incarné cette culture que le Professeur Maurice Kamto a voulue: celle où vous vous appelez « Amis Politiques » et non camarades, celle qui fabrique ses talents depuis la cellule.
On t’a vu, bien que cadre d’entreprise chez Orange, Huawei, Docteur en Administration des affaires, te proclamer toi-même « Taliban, et fier ». De manager, tu as choisi de n’être qu’un militant de terrain. C’est ça ta plus grande force: ton humilité légendaire. Tu n’as jamais eu honte du terrain.
Et quand le moment de la grande convention du 17 octobre 2026 est venu, tu as montré ce qu’est un vrai homme d’État.
Le Cameroun entier parle de toi aujourd’hui comme « candidat à la présidence du MRC », mais moi je choisis de parler d’un monsieur qui, par ses choix, sa mesure et ses ambitions politiques, a réussi à protéger le bien commun. Oui, tu viens de nous asséner un grand coup, un coup de maître.
Alors que beaucoup auraient tout cassé, toi tu as choisi de préserver la maison. Le 14 octobre, à 72 heures du scrutin, tu as annoncé ton retrait. Non pas par peur, mais par grandeur. Tu as écrit : « Fidèles à nos convictions et soucieux de préserver la dignité de notre engagement politique », pour éviter une crise post-électorale qui aurait fragilisé le parti à l’approche de 2027.
Tu as dénoncé un fichier « profondément vicié » avec courage, puis tu as eu l’élégance de féliciter ta sœur Tiriane Noah et de dire : « Mon nom n’est pas à vendre ». Tu as refusé que ton nom serve à régler des comptes contre ton propre parti politique.
Voilà ce qu’est la loyauté. Voilà ce qu’est le militantisme à promouvoir.
Tu n’as pas perdu une élection, au contraire tu as gagné du respect en choisissant de te sacrifier pour l’intérêt commun. Tu es devenu un modèle pour toute une génération, donc pour moi tu viens de gagner l’histoire. Comme Reagan en 1976 ou Mitterrand en 1965.
J’ai appris à me prosterner devant de grands esprits, alors reçois ta révérence.
CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com
Actualités locales
Cameroun : la CEA estime à 573 milliards FCFA la valeur ajoutée de la transformation des produits de la pêche

(Investir au Cameroun) – La Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) estime à 573,4 milliards de FCFA la valeur ajoutée de la transformation et de la conservation des poissons, crustacés et mollusques au Cameroun. Elle attribue à cette branche 180 000 emplois, soit 60,44 % des emplois bleus estimés.
Le rapport a été officiellement remis au gouvernement le 13 octobre 2026 à Yaoundé, selon un communiqué publié par la CEA le 19 octobre. Ses premiers résultats avaient été présentés dès janvier : environ 5,8 % du PIB et près de 3 % des emplois nationaux.
La ventilation sectorielle permet d’identifier la place de la transformation : elle représente 33,25 % de la valeur ajoutée bleue évaluée, soit près d’un tiers. En amont, la pêche et l’aquaculture apportent 635,7 milliards de FCFA, soit 36,87 %. La capture et l’élevage des produits aquatiques sont ainsi distingués de leur traitement après production.
Cette transformation associe des unités artisanales et industrielles. Le rapport décrit principalement le salage, le séchage et le fumage du poisson, ainsi que le conditionnement des crevettes et d’autres produits destinés à l’exportation. Les emplois estimés couvrent cet ensemble d’activités.
L’évaluation mobilise des données de plusieurs années, notamment les comptes nationaux de 2023 et de 2024. La valeur ajoutée correspond à la richesse créée après déduction des biens et services consommés pour produire. Elle se distingue du chiffre d’affaires et du bénéfice des entreprises.
La couverture statistique reste inégale. Les auteurs signalent notamment une mesure incomplète de la pêche artisanale, des ports et du transport maritime. Selon eux, « l’économie portuaire et des transports maritimes n’apparaît pas à sa juste valeur ». La répartition obtenue porte donc sur les activités que les données disponibles permettent de mesurer.
Pour accroître les revenus dans les filières halieutiques, le rapport recommande de renforcer la transformation, la conservation et la commercialisation. La réduction des pertes et l’amélioration de l’accès aux marchés doivent, selon la CEA, permettre de mieux rémunérer les producteurs et les transformateurs. L’institution préconise aussi un portefeuille de projets assortis d’indicateurs d’impact et d’analyses des risques pour mobiliser des financements.
Baudouin Enama
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
Tchad : le président de l’Université de N’Djamena suspendu de ses fonctions
Au Tchad, le ministre de l’Enseignement supérieur a procédé à la suspension du président de l’université de N’Djamena pour insubordination notoire. Dans un arrêté signé […]
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Société2 years agoPrésidentielle 2025 au Cameroun: voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Dernières actualités2 years agoCameroun : Liste complète des 250 ethnies qui font la fierté de la nation

Politique2 years agoPrésidentielle 2025 : voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Politique2 years agoÉlections présidentielles 2025 au Cameroun : Quels candidats ont les meilleures chances de succès ?

Sports2 years agoA. Song ⁚ >

Actualités locales7 months agoThéodore Datouo élu président de l’Assemblée nationale du Cameroun !

Sports2 years agoCameroun ⁚ les clubs déjà sous pression
- Société2 years ago
Obtenez votre CNI en 48 heures : voici les 13 centres d’enrôlement au Cameroun















