Actualités locales
mieux comprendre «dans les prochains jours », de Paul Biya

Le Président de la République du Cameroun annonce, lors de son adresse à la nation du 31 janvier 2025, la formation d’un nouveau gouvernement. Près de 12 jours après, rien n’a été fait.
Lire ici l’analyse du journaliste de la Crtv Télesphore Mba Bizo :
C’est pour bientôt, incessamment, prochainement ou sous peu (de temps)
« C’est ce à quoi s’attèlera en priorité, le gouvernement que je mettrai en place dans les prochains jours ». Il s’agit d’un extrait du discours de fin d’année 2025 du Président de la République à la nation. D’aucuns n’y retiennent que la formule dite de « dans les prochains jours ». Les Camerounais font alors recours aux dictionnaires.
Celui de l’Académie française précise que « dans les prochains jours » est synonyme de bientôt. Quant à Littré, recommandation du Petit dictionnaire sonore, dans les prochains prend le sens d’imminent, de sous peu, d’incessamment ou de prochainement. Les prochains jours n’ont pas de frontière nette. Ils désignent un avenir proche sans en fixer une borne précise. L’expression relève d’un futur ouvert. Il est compatible aussi bien avec l’imminence qu’avec l’attente prolongée. Elle dit l’intention sans enfermer l’action dans un calendrier. C’est précisément là que réside sa force politique de l’expression présidentielle.
Ce n’est ni dans les tout prochains jours, ni tout prochainement, encore moins à l’immédiat
Mais d’aucuns y prescrivent des délais francs. Ils y voient deux ou trois jours d’écart avant la formation du gouvernement annoncé. Une confusion de sens semble agir ici. Le Président de la République (Paul Biya) a bien dit dans les prochains jours. Des Camerounais ont plutôt compris dans les tout prochains jours. Or, ajouter « tout » rend les prochains jours beaucoup plus immédiats. En d’autres termes, les tout prochains jours réduisent la marge d’interprétation. Ils signalent l’urgence, l’immédiateté, presque l’obligation d’agir le plus vite possible. Cette précision lie davantage la parole à l’acte.
Même la traduction officielle vers l’anglais, support de réception, rend sa copie avec la même prudence que le français, langue de départ
La traduction officielle du discours éclaire ce choix. En anglais, dans les prochains jours est rendu par in the coming days. La langue privilégie l’ouverture. Les services linguistiques de la Présidence de la République n’ont pas retenu in the very next days ni within the next few days qui sont des formulations plus contraignantes et plus engageantes. La traduction stabilise la prudence du propos initial.
Clash entre le temps officiel et les attentes populistes
Il y a comme un conflit de calendrier. Les populations veulent voir le gouvernement formé à l’immédiat. Elles comptent les jours, scrutent les annonces et espèrent une action concrète. Le temps officiel, lui, fonctionne autrement. Il agit en différé, mesure ses rythmes, ajuste ses préparatifs et laisse volontairement l’action glisser dans un futur proche et indéfini. La formation du gouvernement se vit comme un spectacle. Les gens attendent surtout le départ des ministres impopulaires, considérés comme inefficaces ou bloqués.
Mais ils ne disposent pas vraiment des critères indispensables dans l’évaluation du travail du gouvernement. La société veut les voir sortir. Mais elle ne sait rien des coulisses. Rabattre les cartes, renouveler les équipes et mettre fin à des cycles épuisés créent une nouvelle dynamique politique et sociale. La sanction, lorsqu’elle est officielle et assumée, n’est pas une vengeance : c’est un moyen de redonner vie à l’action publique et de montrer que le gouvernement peut toujours s’améliorer et rendre des comptes aux citoyens dans les prochains jours.
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9 maires convoqués d’urgence au Contrôle supérieur de l’État

Dans un communiqué en date du 17 septembre 2026, le ministre délégué à la présidence chargé du Contrôle supérieur de l’État, président du Conseil de discipline budgétaire et financière (CDBF), Mbah Acha Rose Fomundam, lance une convocation d’urgence.
Le contrôle supérieur de l’État passe à l’action. Et dans son viseur se trouvent des chefs d’exécutifs municipaux en fonction et un ancien. Ce jeudi, le ministre délégué à la présidence de la République chargé du Contrôle supérieur de l’État, président du Conseil de discipline budgétaire et financière (Cdbf), convoque certains chefs à la tête de certaines collectivités territoriales décentralisées. Ils ont l’obligation de se présenter dans ses services, au bâtiment B (deuxième étage, porte B 203), sis en face du parquet administratif, ‘’pour affaire très urgente les concernant ».
Ce que risquent les personnalités convoquées
La convocation du Conseil de discipline budgétaire et financière n’est pas un appel anodin. Cette instance est la juridiction administrative qui juge les fautes de gestion commises par les ordonnateurs du budget public. Une convocation « pour affaire très urgente » signifie en général que l’audit du Consupe a déjà bouclé son rapport et a détecté des irrégularités graves pouvant être la surfacturation, les marchés publics fictifs, les détournements, l’utilisation des fonds communaux à des fins personnelles, ou le non-reversement des recettes.
Les sanctions prévues par la loi vont de l’amende et du débet (obligation de rembourser) à l’interdiction d’exercer une fonction publique pendant plusieurs années, voire la transmission du dossier au Tribunal criminel spécial (TCS) si le montant est supérieur à 50 millions FCFA.
Cette action s’inscrit dans la grande opération d’assainissement de la gestion des CTD lancée depuis 2024 par la présidence, après plusieurs rapports accablants sur la gestion des fonds BIP et Feicom dans les mairies.
Les personnalités convoquées sont :
01 Dr NOAH Vincent de Paul, maire d’Okola (Centre)
02 IPOUA Robert Olivier maire de Campo (Sud)
03 ETO Romain Roland maire de Nanga Eboko (Centre)
04 AKONO ALINGA André Rémi maire d’Awae (Centre)
05 NJATOU NGADEP Nazaire Brolin ex-maire de Makenene (Centre)
06 EBWEA Pierre Honoré maire Mouanko (Littoral)
07 MANFO SONGONG Jean René maire Penja (Littoral)
08 NJOYA INOUSSA maire de Foumbot (Ouest)
09 MANFRED NJECACAL maire de Dibamba (Littoral)
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