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François BAMBOU : «l’impunité est un facteur d’aggravation du tribalisme et des discours de haine»

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François BAMBOU : «l’impunité est un facteur d’aggravation du tribalisme et des discours de haine»
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Défis Actuels : Monsieur le Président, le Chef de l’État a dénoncé avec une fermeté inédite la prolifération des discours de haine dans l’espace public. Comment analysez-vous cette prise de position ?

François BAMBOU : Nous assistons effectivement à un moment charnière. Pour la première fois avec une telle clarté, le tribalisme est nommé pour ce qu’il est réellement : non pas une simple dérive verbale ou un excès de langage, mais un dispositif méthodiquement mis en œuvre pour fracturer la société et pour affaiblir l’unité nationale.

Ces derniers temps, One Nation observe sur le terrain une montée constante des discours tribalistes, qu’ils se manifestent dans certains médias, sur les réseaux sociaux ou dans l’espace politique. Ces appels à la haine ne sont pas anodins : ils visent à dresser les Camerounais les uns contre les autres et à créer des lignes de fracture artificielles entre communautés. Les conséquences de cette propagation sont déjà tangibles : tensions au sein de la société, repli identitaire, méfiance accrue entre citoyens, et une augmentation des conflits locaux parfois mineurs mais révélateurs d’une fragilisation du lien social.

Si elle n’est pas endiguée, cette dynamique peut mener à des crises sociales plus graves et à la remise en cause du pacte républicain lui-même. Lorsque le Chef de l’État évoque les discours tribalistes et de haine comme une menace contre « les fondements mêmes de notre pays », il acte une réalité que beaucoup feignaient d’ignorer. Ces discours ne relèvent pas de la liberté d’opinion ; ils constituent une atteinte directe au vivre-ensemble et à la cohésion nationale. En ce sens, le Président de la République opère un changement de paradigme : la lutte contre la haine tribale devient une priorité nationale, et la tolérance est terminée pour les entrepreneurs de la division.

Défis Actuels : Le Chef de l’État établit un lien direct entre le désordre social et un sentiment d’impunité. En quoi cette impunité nourrit-elle spécifiquement le tribalisme au Cameroun ?

François BAMBOU : L’impunité est le carburant du tribalisme. Elle libère la parole toxique et banalise l’appel à la haine sur des bases ethniques ou régionales. Lorsqu’un individu peut insulter ou stigmatiser une communauté entière, ou même appeler à la violence, voire au meurtre sans jamais être inquiété par la justice, c’est l’autorité même de l’État qui est fragilisée. Ce laisser-faire a installé l’idée dangereuse que tout est permis ou, plus grave, que certains seraient au-dessus de la loi en raison de leur statut, de leurs lieux de résidence ou de leurs réseaux.

Les victimes, qui se recrutent dans toutes les communautés, ne se sentant plus protégées, se replient alors sur des solidarités identitaires, alimentant un cercle vicieux de méfiance, de radicalisation et de surenchère haineuse. Exactement l’effet recherché par les instigateurs des discours de haine. En annonçant une reprise en main vigoureuse et la fin de l’impunité, le Chef de l’État s’attaque à la racine du mal. Car, sans sanctions judiciaires systématiques, visibles, rapides et proportionnées contre les incitations à la haine, le vivre-ensemble demeure une incantation morale sans effet réel sur les comportements.

Les appels à la retenue et à la tolérance, aussi légitimes soient-ils, deviennent inopérants lorsqu’ils ne sont pas adossés à la force de dissuasion de la loi et de la jurisprudence. Dans ce contexte, l’absence de réponse judiciaire est interprétée comme une permission tacite, ce qui encourage la récidive. À l’inverse, la sanction exemplaire rappelle que la liberté d’expression trouve sa limite dans le respect de l’autre et la protection du vivre-ensemble. En sanctionnant les discours tribalistes, la République ne réprime pas une opinion ; elle protège l’ordre public et la paix civile.

Défis Actuels : Le Cameroun est souvent présenté comme une mosaïque culturelle exceptionnelle. Pourtant, cette diversité devient parfois source de tensions. Où se situe, selon vous, la véritable faille ?

François BAMBOU : Il faut d’abord partir d’un fait trop souvent occulté dans le débat public : au quotidien, les Camerounais vivent ensemble sans heurts majeurs. Dans les quartiers, les villages, les lieux de travail et à travers les mariages intercommunautaires, la coexistence pacifique est une réalité concrète et profondément enracinée. C’est ce que veut protéger le Chef de l’État en sonnant la fin de l’impunité, et c’est cette harmonie que veulent détruire les propagateurs de discours haineux.

La faille n’est donc ni culturelle ni naturelle, elle est creusée méthodiquement par des compatriotes qui espèrent en tirer quelques avantages, sans mesurer les risques auxquels ils exposent la nation. La diversité camerounaise ne produit pas spontanément la division ; elle est cyniquement exploitée par des acteurs de tous bords qui ont fait du repli identitaire un outil de conquête ou de conservation du pouvoir. Certains politiciens cherchent à se constituer des fiefs à bon marché en enfermant les citoyens dans des appartenances ethniques transformées en camps politiques. À cette instrumentalisation s’ajoutent les marchands de la haine qui prospèrent en abreuvant des compatriotes de discours xénophobes et en désignant des ennemis intérieurs.

Les réseaux sociaux ont enfin offert un terrain idéal à des activistes qui, à l’abri de l’anonymat numérique, s’emploient à attiser les tensions. One Nation le dit clairement : la diversité n’est pas le problème. Le problème, ce sont ceux qui la manipulent délibérément pour fracturer une société qui a déjà prouvé sa capacité à vivre unie.

Défis Actuels : Quelles mesures concrètes attendez-vous du gouvernement pour traduire cette lutte contre l’impunité en actions tangibles ?

François BAMBOU : Nous attendons une tolérance zéro réelle, structurée. L’arsenal juridique existe, notamment à travers le Code pénal et les lois relatives à la cybersécurité et à la cybercriminalité. Le véritable défi réside désormais dans l’effectivité de la réponse judiciaire. La justice doit être le pivot central : sans décision judiciaire ferme, aucune action répressive ne peut produire d’effet durable.

Concrètement, cela implique une implication résolue des parquets. Les procureurs de la République doivent s’autosaisir systématiquement des faits de discours tribalistes, sans attendre de plainte formelle, et sans considération de statut ou d’influence des auteurs. Les décisions de justice doivent être rapides et rendues publiques afin de produire un effet dissuasif réel. C’est dans ce cadre que la Police et la Gendarmerie nationales doivent être pleinement mobilisées comme premières lignes de détection et d’enquête, qu’il s’agisse de faits commis dans l’espace public ou sur les plateformes numériques.

L’ANTIC a, pour sa part, un rôle stratégique à jouer dans la veille numérique et la traçabilité des contenus haineux. La haine tribale en ligne ne doit plus être considérée comme un simple débordement, mais comme une infraction susceptible de troubler gravement l’ordre public. Enfin, la création d’un Observatoire national de lutte contre le tribalisme permettrait de structurer durablement cette action et d’en évaluer l’efficacité.

Défis Actuels : Le Chef de l’État annonce clairement la fin de la complaisance. Que doit changer concrètement cette nouvelle fermeté dans les comportements et dans l’espace public ?

François BAMBOU : Elle doit provoquer un choc salutaire. Chacun doit comprendre qu’en 2026, le discours tribaliste ou de haine n’est plus une opinion tolérée mais une infraction sanctionnée. Les auteurs de discours de haine doivent intégrer une réalité simple : leurs propos auront désormais des conséquences judiciaires.

Cette fermeté doit assécher l’écosystème de l’impunité. Les plateaux de télévision, les tribunes politiques et surtout les réseaux sociaux ne peuvent plus être des zones de non-droit où l’on insulte ou menace des communautés entières sans réponse de l’État. La loi doit s’appliquer avec la même rigueur à tous. Pour One Nation, la véritable pédagogie commence avec la sanction. Lorsque les discours tribalistes cesseront d’être rentables politiquement, médiatiquement ou symboliquement, ils reculeront. C’est à ce prix que l’espace public redeviendra un lieu de débat républicain, et non un champ de bataille identitaire.

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Cameroun : Le Ministre des Finances gèle les salaires de 6 000 fonctionnaires établis à l’étranger

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Cameroun : Le Ministre des Finances gèle les salaires de 6 000 fonctionnaires établis à l’étranger
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Le ministre Camerounais des Finances Louis Paul Motaze engage une nouvelle opération d’assainissement du fichier solde. Quelque 5 971 agents publics identifiés comme ne résidant plus au Cameroun devront justifier leur situation avant le 31 octobre 2026, sous peine de voir leur rémunération suspendue. L’opération porte sur une masse salariale estimée à plus de 22 milliards de FCFA par an.

La détermination du ministre des Finances, Louis Paul Motaze, à assainir les finances publiques ne faiblit donc pas. Louis Paul Motaze resserre l’étau autour des agents publics irrégulièrement établis à l’étranger. Après l’audit des allocations familiales, le ministre des Finances ouvre un nouveau chantier de contrôle du fichier solde. Quelque 5 971 agents publics considérés comme ne résidant plus au Cameroun devront clarifier leur situation. Plus de 22 milliards de FCFA par an seraient en jeu.

Pour cette autre opération d’assainissement des finances publiques, le contrôle porte sur les mouvements des agents publics aux frontières du Cameroun. Le croisement des données collectées avec les informations fournies par les administrations utilisatrices, indique le ministère des Finances, a permis d’identifier 5 971 agents toujours considérés comme ne résidant plus sur le territoire national.

L’enjeu financier est considérable : leurs rémunérations représenteraient plus de 22 milliards de FCFA par an. Une importante ponction sur les ressources publiques, alors que l’État doit financer les services essentiels, les infrastructures et les politiques sociales. La récupération des sommes indûment versées constitue donc un impératif de bonne gouvernance et de responsabilité budgétaire, précise le Minfi.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

Au-delà des 22 milliards de FCFA potentiellement en jeu chaque année, c’est la crédibilité de l’État dans la gestion de ses effectifs et de ses dépenses qui se joue. Opération après opération, une ligne se précise : fermer les niches de fraude, éliminer les dépenses indues et réorienter les économies réalisées vers les véritables priorités nationales, fait savoir le Minfi.

UNE MESURE CONSERVATOIRE MISE EN PLACE

Au Minfi, l’on se veut néanmoins rassurant : le dispositif retenu ne constitue pas une condamnation collective. À titre conservatoire, les rémunérations des agents concernés seront assignées à la Trésorerie-Paierie générale de Yaoundé I durant les mois de septembre et octobre 2026.

Chaque agent devra se présenter à la Direction de la dépense de personnel et des pensions, muni d’une photocopie de son passeport, du justificatif du motif de son voyage à l’étranger et d’une attestation de présence effective au poste datant de moins de trois mois. Après examen, l’agent en situation régulière pourra obtenir le quitus nécessaire au paiement de sa rémunération.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

En revanche, les personnes qui n’auront pas clarifié leur situation au plus tard le 31 octobre 2026 seront considérées comme ayant abandonné leur poste. Leur rémunération sera alors suspendue du fichier solde de l’État.

Pour le Minfi, cette opération s’inscrit dans une démarche plus large de sécurisation de la dépense publique : audit des allocations familiales, contrôle des effectifs, lutte contre les agents fictifs et vérification de la présence effective au poste. Tous ces chantiers répondent à une même exigence : mettre fin aux paiements injustifiés.

Le message de Louis Paul Motaze est clair : chaque franc public dépensé doit correspondre à un droit établi, à une situation administrative régulière et à un service effectivement rendu.

Par Blaise NNANG
Défis Actuels du 20/09/2026

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INTERVIEW : « La fiscalité camerounaise est de plus en plus complexe » – Alain Symphorien NDZANA BILOA, Fiscaliste/Écrivain

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INTERVIEW : « La fiscalité camerounaise est de plus en plus complexe » – Alain Symphorien NDZANA BILOA, Fiscaliste/Écrivain
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Auteur de La fiscalité camerounaise au scalpel, son quatrième ouvrage d’analyse du système fiscal camerounais, dont la dédicace est prévue le 24 septembre 2026, Alain Symphorien Ndzana Biloa, Inspecteur principal des Impôts hors échelle, livre dans cet entretien sa lecture des réformes fiscales menées ces dernières années et justifie les propositions contenues dans son livre.

Quatrième ouvrage sur la fiscalité en dix ans : qu’est-ce qui manquait encore, selon vous, à l’analyse de la fiscalité camerounaise pour justifier ce nouveau titre ?

Notre aventure a commencé en 2015 avec la publication de l’ouvrage La fiscalité, levier pour l’émergence des pays africains de la zone franc : le cas du Cameroun. Elle s’est poursuivie par le tour du monde de la fiscalité avec la publication des ouvrages Sauvons l’impôt pour préserver l’État en 2018, et Un système fiscal international 3 G pour financer le développement durable en 2021.

Cette intense activité intellectuelle et cette abondante littérature ne m’ont cependant pas permis de couvrir tout le champ d’une fiscalité camerounaise de plus en plus complexe. Cet état des choses résulte du fait que la fiscalité est l’un des rares sujets, si ce n’est le seul, qui enregistre des réformes chaque année lors du vote de la loi de finances de l’année et parfois du collectif budgétaire.

Mes cibles (groupements professionnels, investisseurs, professionnels de la fiscalité, chercheurs et contribuables), je l’imagine, sont restées sur leur faim, au moment où ils sont de plus en plus confrontés à un quotidien fiscal exigeant. D’où la nécessité d’un ouvrage qui traite tous les pans de la fiscalité camerounaise. Pour le prochain, déjà en projet, le contrôle fiscal sera au menu.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

Comment avez-vous mené le recensement des 161 impôts et taxes ? Quelles ont été les principales difficultés méthodologiques ?

Le recensement des impôts, taxes et autres prélèvements obligatoires a été fait à travers l’exploitation des textes communautaires, du Code général des impôts, du Code des douanes, des lois de finances, des lois sectorielles et leurs textes d’application (décrets, arrêtés, décisions), des cahiers de charges, etc.

Les prélèvements obligatoires ont été classés par type (impôts sur les activités, sur le revenu, sur la dépense ou la consommation, fiscalité spécifique, parafiscalité, fiscalité sociale, etc.). Chaque prélèvement est présenté avec sa base légale, les évolutions éventuellement enregistrées, l’administration compétente pour mobiliser les recettes, l’entité publique bénéficiaire desdites recettes et le rendement sur les quatre derniers exercices fiscaux lorsque les données statistiques sont disponibles.

Bien qu’étant Inspecteur des Régies financières, la principale difficulté à laquelle j’ai été confronté dans mes recherches est celle relative à l’indisponibilité des textes et de certaines informations, ou à la réticence et parfois au refus de les donner lorsqu’elles existent. J’ai également rencontré des difficultés dans le classement de certains prélèvements obligatoires dont la nature peut prêter à équivoque.

En tant qu’Inspecteur des Impôts, comment avez-vous géré la tension entre votre position d’agent de l’administration et votre regard critique d’auteur ?

Il n’est facile pour personne de parler de la fiscalité. Il est encore plus difficile à l’agent du fisc que je suis. Pourtant, nous sommes tous des citoyens, à la fois contribuables et demandeurs des prestations de l’État et des autres entités publiques financées par l’impôt.

Mon premier objectif était la recherche dans le but d’approfondir ma propre connaissance de la fiscalité camerounaise. J’ai tellement appris moi-même en faisant ce travail, au point où je me suis parfois demandé si j’étais vraiment un Inspecteur des Impôts.

Mon deuxième objectif était de donner une vue d’ensemble de la fiscalité camerounaise au-delà des chambres et chapelles, afin qu’une information large et approfondie sur la fiscalité et ses évolutions soit mise à la disposition de l’ensemble des contribuables (article 2, alinéa 3 de la loi n°2018/011 du 11 juillet 2018 portant Code de transparence et de bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques au Cameroun).

Mon troisième objectif était d’analyser la fiscalité camerounaise avec un recul nécessaire afin d’identifier les points forts et les limites et suggérer des réformes. Je n’ai pas géré une tension particulière parce que je me suis, autant que faire se pouvait, débarrassé à chaque fois des oripeaux d’agent du fisc pour arborer ceux de la science afin de bien tenir le scalpel.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

Vous parlez d’un « état grippal » de l’administration fiscale et de « féodalités politico-bureaucratiques ». Pouvez-vous préciser ce que recouvre concrètement cette expression ?

Les recettes fiscales étant mobilisées par plusieurs administrations, chacune d’elles a tendance à vouloir s’enfermer sur elle-même et surtout à ne pas s’ouvrir aux autres, alors que toutes s’adressent aux mêmes contribuables. Cette situation impacte négativement la cohérence de l’ensemble du système fiscal.

Or, chacun devant être imposé en fonction de sa capacité contributive, le prélèvement fiscal doit être opéré de manière holistique, rationnelle, cohérente et en toute transparence.

Le non-remboursement des crédits de TVA revient plusieurs fois dans votre ouvrage comme facteur de défiance des entreprises. Quelle est l’ampleur réelle du problème et qui doit agir en premier : l’administration ou le législateur ? Quant aux 465 mesures d’exonérations fiscales dérogatoires recensées en 2024, contre 381 en 2020 : cette prolifération est-elle un choix économique assumé ou une dérive à corriger ?

Même si les montants des crédits de TVA peuvent paraître importants, il ne faut pas réduire le problème de restitution des trop-perçus d’impôts aux remboursements des crédits de TVA. Au-delà du mécanisme particulier de fonctionnement de la TVA, la fiscalité camerounaise repose essentiellement sur le système des retenues à la source, acomptes et précomptes, des garanties payées dans le cadre du contentieux fiscal qui génèrent des trop-perçus d’impôts dont le principe semble être le non-remboursement, au regard des conditionnalités définies par la loi.

Même pour les cas de remboursement prévus par la loi, l’administration fiscale ne procède pas toujours au remboursement des crédits validés par elle-même. Il revient au législateur de desserrer cet étau et à l’administration de respecter les règles, afin de renforcer la crédibilité de la fiscalité camerounaise.

Quant aux mesures d’exonération, il s’agit d’un choix économique assumé et régulièrement vanté. Ces mesures d’exonération sont pour l’essentiel prévues par les lois (Code général des impôts, lois de finances, lois sectorielles, lois fixant les incitations à l’investissement), et d’autres par des conventions d’établissement et autres. Sauf que cette orientation peut effectivement ouvrir la porte à des dérives avec la multiplication des niches fiscales.

Vous reliez la fiscalité au « sentiment de frustration » évoqué par le président de la République dans son message à la nation. En quoi la politique fiscale peut-elle, selon vous, restaurer ou au contraire aggraver cette frustration ? Comment concilier la nécessité pour l’État de mobiliser plus de recettes internes et le sentiment d’iniquité fiscale exprimé par une partie des contribuables ?

Je ne lie pas le sentiment de frustration évoqué par le Président de la République à la politique fiscale. Je signale qu’il m’est particulièrement difficile de parler de la fiscalité alors que les Camerounais sont frustrés du fait de la dégradation de la voirie, de l’insalubrité de nos villes, ainsi que du faible niveau de satisfaction des besoins des populations, dû à l’état de délabrement des infrastructures et des services sociaux de base, et qu’ils s’interrogent sur l’usage des fonds publics.

Même si certains pays s’en sortent mieux que d’autres, aucun pays ne dispose d’un système fiscal qui fait l’unanimité. Pour concilier la nécessité pour l’État de mobiliser plus de recettes internes et le sentiment d’iniquité fiscale, il faut poursuivre et affiner les réformes engagées.

Vous évoquez la piste d’une fusion des régies fiscales éparses. Est-ce une réforme réaliste à court terme au Cameroun, et par où commenceriez-vous ?

La fusion des régies fiscales éparses est l’aboutissement de l’interlocuteur fiscal unique dont on parle depuis plus d’une décennie mais qui lambine. Elle ne saurait être une réforme à réaliser à court ou à moyen terme. Il faut déjà choisir le modèle qui nous conviendrait entre les autorités autonomes ou semi-autonomes après un benchmark dans les pays qui ont une expérience de ce type d’organisation.

Quel bilan tirez-vous de la digitalisation des procédures fiscales engagée ces dernières années ? Est-elle à la hauteur des ambitions annoncées ? Si vous deviez proposer trois réformes prioritaires et immédiatement applicables au ministre des Finances, lesquelles seraient-elles ?

Du côté de l’administration fiscale, la digitalisation des opérations engagée vise la modernisation de la gestion de l’impôt, le renforcement du civisme fiscal des contribuables, l’optimisation de la mobilisation et de la sécurisation des recettes, la lutte contre la corruption à travers la réduction des contacts physiques.

Elle est également bénéfique au contribuable à travers la simplification des procédures et la réduction de la paperasse, la réduction du temps consacré et des coûts liés à l’accomplissement des obligations fiscales, l’amélioration de la transparence et de l’accès aux informations et documents fiscaux.

Les fruits de la productivité de l’impôt n’ont pas encore tenu la promesse des fleurs de cette digitalisation. En plus, selon les résultats de l’enquête de satisfaction auprès des contribuables sur les services de la DGI au Cameroun réalisée par la GIZ et la DGI, et publiée en mars 2025, 28 % des contribuables sont satisfaits de la qualité des services numériques offerts par la DGI sur le territoire national.

Les réformes prioritaires doivent porter à la fois sur l’administration de l’impôt et la politique fiscale. Pour ce qui est des réformes d’administration de l’impôt, nous avons déjà parlé de la fusion des différentes régies fiscales dans une seule structure afin de parachever le processus de l’interlocuteur fiscal unique. On pourrait également y associer le renforcement de la digitalisation et la rationalisation des contrôles fiscaux.

Pour ce qui est de la politique fiscale, une révision du Code général des impôts du 19 avril 2002 s’impose déjà.

L’élargissement de l’assiette devra viser la réduction des niches fiscales, l’adaptation aux nouveaux modèles économiques imposés par la numérisation de l’économie.

Vous consacrez des développements à l’évasion fiscale internationale et aux rapports de force Nord-Sud. En quoi ce contexte international contraint-il les marges de manœuvre fiscales du Cameroun ?

Le contexte international, notamment la mondialisation et ses externalités, réduit considérablement les marges de manœuvre fiscales du Cameroun. La valeur ajoutée déclarée, déjà faible, s’évapore en plus avec les transferts indirects des bénéfices hors du pays.

Ce qui fait que le Cameroun se contente de minables recettes fiscales prélevées sur des entreprises peu rentables, de maigres salaires et dividendes, et une consommation correspondant au faible pouvoir d’achat.

La fiscalité camerounaise vous semble-t-elle en avance, dans la norme, ou en retard par rapport à ses voisins de la CEMAC ?

Le plus important n’est pas de savoir si la fiscalité camerounaise est en avance ou en retard par rapport aux pays voisins de la CEMAC. La question est de savoir si la fiscalité camerounaise est alignée sur les standards internationaux de transparence, d’équité, d’efficacité économique et de sécurité juridique.

Il y a certes des acquis à préserver, mais beaucoup encore à faire.

Par François BAMBOU
Défis Actuels du 21/09/2026

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Presley Gerber, le fils de Cindy Crawford, est mort à 27 ans

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Presley Gerber, le fils de Cindy Crawford, est mort à 27 ans
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Le monde de la mode est en deuil. Presley Gerber, fils de la célèbre mannequin Cindy Crawford et du businessman Rande Gerber, est mort dimanche 20 septembre à l’âge de 27 ans. Les circonstances exactes de son décès restent pour l’heure inconnues.

Presley Gerber est mort dans un centre de soins

La nouvelle a été confirmée par un représentant de la famille auprès de plusieurs médias américains. Selon les informations du Los Angeles County Medical Examiner, Presley Gerber est décédé dans un établissement de réhabilitation à Los Angeles.

À ce stade, aucune cause officielle de décès n’a été communiquée. Une autopsie doit notamment permettre aux autorités de déterminer les circonstances précises de sa mort.

Allie Jenkins, représentante de Cindy Crawford et de Rande Gerber, a demandé le respect de l’intimité de la famille. « La famille demande de l’intimité pendant cette période très difficile et douloureuse », a-t-elle déclaré, selon CBS et l’Associated Press.

Presley était le seul fils du couple Cindy Crawford-Rande Gerber. Sa sœur cadette, Kaia Gerber, est elle aussi devenue mannequin et actrice.

Une carrière dans la mode, dans les pas de Cindy Crawford

Presley Gerber avait grandi sous les projecteurs, avec une mère considérée comme l’une des grandes figures du mannequinat des années 1990.

Il avait lui-même choisi de travailler dans la mode. Repéré très jeune par l’agence IMG Models, il avait fait ses débuts sur les podiums à seulement 16 ans, notamment lors d’un défilé Moschino.

Au fil des années, son visage est apparu dans plusieurs campagnes et défilés de grandes maisons. Calvin Klein, Dolce & Gabbana, Burberry, Bottega Veneta, Celine, Ralph Lauren et Tommy Hilfiger figurent parmi les marques avec lesquelles il a travaillé.

En 2018, Presley avait également posé avec sa sœur Kaia pour une campagne Calvin Klein.

La même année, il avait partagé l’écran avec sa mère dans une publicité Pepsi diffusée à l’occasion du Super Bowl. Le spot faisait écho à la célèbre publicité Pepsi de Cindy Crawford datant de 1992.

Presley Gerber avait parlé publiquement de ses difficultés

Ces dernières années, Presley Gerber avait choisi de parler ouvertement de ses problèmes de santé mentale et de ses difficultés liées à l’addiction.

En 2025, il avait notamment lancé sur les réseaux sociaux une série baptisée « Mental Health Mondays », destinée à encourager les discussions autour de la santé mentale. Reuters rappelle qu’il souhaitait utiliser son expérience pour aider d’autres personnes confrontées à des difficultés similaires.

Sa sœur Kaia avait également évoqué les problèmes rencontrés par son frère dans une interview accordée à Vogue en août 2026.

Elle expliquait notamment que les difficultés liées à l’addiction avaient profondément touché l’ensemble de la famille. Kaia disait aussi être fière de la manière dont son frère avait accepté de parler publiquement de son parcours.

Presley avait lui-même livré un témoignage similaire lors du podcast Studio 22, expliquant qu’après avoir connu des périodes difficiles liées notamment à la dépression et à sa santé mentale, il espérait pouvoir aider au moins une autre personne à sortir d’une situation comparable.

Cindy Crawford lui avait rendu hommage quelques semaines avant sa mort

Le décès de Presley intervient quelques semaines seulement après son 27e anniversaire.

En juillet, Cindy Crawford avait publié plusieurs photos de son fils lorsqu’il était enfant sur Instagram pour marquer cette journée particulière. Elle lui avait alors adressé un message affectueux, exprimant sa fierté face à l’homme qu’il était devenu tout en disant qu’elle continuerait toujours à voir en lui son « petit garçon ».

La disparition de Presley Gerber laisse aujourd’hui sa famille et ses proches face à une immense épreuve. Alors que les autorités poursuivent leurs démarches pour établir la cause du décès, ses proches demandent avant tout que leur intimité soit respectée.

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