Actualités locales
« Je ne comprends pas que la Fecafoot ne puissent pas s’entendre avec l’État »

L’ancien gardien des Lions Indomptables lance un appel à la raison sur les rapports entre État et fédérations sportives en Afrique.
Dans une déclaration qui résonne comme un plaidoyer pour le réalisme politique, Joseph Antoine Bell, figure emblématique du football camerounais, a livré une analyse sans détour sur les relations complexes entre les fédérations sportives et les pouvoirs publics en Afrique.
L’ancien international camerounais, connu pour ne jamais mâcher ses mots, dresse un constat implacable : sur le continent africain, l’autonomie des fédérations sportives reste largement théorique. Selon lui, la dépendance vis-à-vis de l’État n’est pas une option, mais une réalité incontournable dont il faut tenir compte.
« En Afrique, neuf fois sur dix, pour ne pas dire dix fois sur dix, vous n’aurez pas de Fédération sans l’État », martèle Bell avec cette franchise qui le caractérise. Une affirmation qui souligne la fragilité structurelle des organisations sportives africaines, souvent démunies face aux défis logistiques et financiers que représente l’organisation d’activités sportives d’envergure.
L’ancien portier va plus loin en évoquant les conséquences pratiques de cette dépendance. Pour lui, toute fédération qui chercherait à s’émanciper totalement de la tutelle étatique se heurterait rapidement à des obstacles insurmontables. « Une Fédération qui décide d’avancer seule sera en difficulté dès la première activité », prévient-il, mettant en lumière l’équation impossible à laquelle font face les dirigeants sportifs africains.
Mais c’est par une métaphore particulièrement éloquente que Bell illustre son propos : « Je ne comprends pas qu’un homme d’affaires provoque son banquier ». Cette comparaison économique traduit une philosophie pragmatique des relations de pouvoir. Pour l’ancien gardien, affronter frontalement l’État lorsqu’on dépend de ses financements relève de l’irresponsabilité stratégique.
Le cas camerounais semble particulièrement préoccuper Bell, qui déplore ouvertement l’incapacité des fédérations locales à maintenir un dialogue constructif avec les autorités. « Je ne comprends pas non plus que les Fédérations, en tout cas au Cameroun, ne puissent pas s’entendre avec l’État et la finance », regrette-t-il.
Ces propos interviennent dans un contexte où les tensions entre fédérations sportives et gouvernements ne sont pas rares en Afrique, alimentées par des questions de gouvernance, de transparence financière et d’indépendance décisionnelle. Joseph Antoine Bell, en vieux routier du sport africain, semble plaider pour une approche plus diplomatique, fondée sur la négociation plutôt que sur la confrontation.
Son message est clair : dans l’écosystème sportif africain actuel, la survie des fédérations passe par leur capacité à composer avec les réalités politiques et financières du continent. Un appel au pragmatisme qui ne manquera pas de susciter le débat dans les milieux sportifs africains.
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AGL Cameroun : les effectifs progressent de près de 68 % depuis 2023, sur fond d’investissements

(Investir au Cameroun) – Africa Global Logistics (AGL) Cameroun et ses filiales Socopao et Plateforme polyvalente de Kribi (PPK) revendiquent désormais 1 240 employés, après avoir recruté plus de 500 personnes depuis 2023. Cette évolution correspond à une hausse proche de 68 % des effectifs en trois ans, dans un contexte d’investissements dans les infrastructures, les équipements et la modernisation des opérations logistiques.
Ces données ont été communiquées le 24 juillet 2026 à Douala, à l’occasion de la remise de médailles d’honneur du travail à 300 salariés du groupe. La cérémonie était présidée par le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona.
La progression annoncée place l’emploi au cœur de la stratégie de développement d’AGL au Cameroun. Elle devra toutefois être appréciée au regard de la nature des postes créés, de leur stabilité et de leur contribution à la montée en compétences de la filière logistique nationale.
Plus de 45 milliards de FCFA mobilisés ou programmés depuis 2023
Selon le directeur général d’AGL Cameroun, Thibaut Lamé, l’augmentation des effectifs accompagne un cycle d’investissements soutenus. Entre 2023 et 2025, le logisticien affirme avoir mobilisé plus de 25 milliards de FCFA pour l’extension du terminal à conteneurs du port de Kribi et l’acquisition de nouveaux équipements, notamment des véhicules et du matériel de manutention.
Pour 2026, l’entreprise a relevé son objectif d’investissement à plus de 20 milliards de FCFA, destinés à soutenir l’expansion de ses activités au Cameroun. Au total, les montants investis entre 2023 et 2025 et ceux programmés pour 2026 dépasseraient ainsi 45 milliards de FCFA.
AGL associe les recrutements à la modernisation de ses infrastructures, à la digitalisation de ses processus et à l’amélioration de la qualité des services. L’entreprise présente donc la hausse de ses effectifs comme l’une des conséquences de la transformation de son modèle opérationnel, dans un secteur portuaire et logistique marqué par l’augmentation des capacités du port de Kribi et la modernisation des chaînes de transport.
Cette évolution ne signifie pas nécessairement que les effectifs progresseront au même rythme que les investissements. La digitalisation et l’acquisition d’équipements plus performants peuvent accroître les besoins en techniciens qualifiés, tout en réduisant ceux liés à certaines tâches manuelles ou répétitives.
300 salariés décorés pour leur ancienneté
La communication sur les recrutements est intervenue lors d’une cérémonie au cours de laquelle 300 salariés ont reçu des médailles d’honneur du travail. Cette distinction récompense traditionnellement l’ancienneté et la continuité du service.
En rapprochant ces deux données — plus de 500 recrutements depuis 2023 et 300 salariés décorés — AGL cherche à présenter une entreprise capable à la fois de créer de nouveaux emplois et de conserver une partie de ses collaborateurs sur le long terme.
La comparaison doit néanmoins être maniée avec prudence. Les médailles témoignent de la durée de service des salariés concernés, mais ne permettent pas, à elles seules, de mesurer le taux de fidélisation, le niveau de rotation du personnel ou la qualité générale des emplois au sein des différentes entités du groupe.
Le gouvernement appelle à accompagner la croissance par le dialogue social
Pour le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, la progression des effectifs ne suffit pas à garantir un climat professionnel durablement apaisé. Grégoire Owona a appelé les partenaires sociaux et les services de l’inspection du travail à veiller à ce que l’expansion des activités s’accompagne d’un dialogue social de qualité.
Cet appel intervient dans un secteur où l’évolution des métiers, les exigences de productivité, les horaires opérationnels et l’automatisation peuvent modifier les conditions de travail. La croissance des investissements pose ainsi la question de la formation continue, de la sécurité au travail et de l’adaptation des compétences aux nouveaux équipements.
L’enjeu est particulièrement important dans les métiers portuaires, qui nécessitent des qualifications spécifiques en manutention, maintenance, conduite d’engins, informatique, sûreté et gestion des flux.
L’objectif de 50 milliards de FCFA d’ici 2030 à l’épreuve de l’emploi
AGL Cameroun affiche un objectif de 50 milliards de FCFA d’investissements à l’horizon 2030. La poursuite de ce programme pourrait générer de nouveaux besoins en personnel, notamment dans les métiers techniques associés aux équipements portuaires, aux plateformes logistiques et aux systèmes numériques.
La question centrale sera désormais de savoir si cette dynamique se traduit durablement par des emplois qualifiés, stables et créateurs de valeur pour l’économie camerounaise. Les prochains indicateurs devront notamment permettre d’évaluer la répartition des recrutements entre les différentes filiales, la proportion de contrats permanents, les niveaux de qualification et les investissements consacrés à la formation.
Avec 1 240 employés revendiqués et plus de 500 recrutements depuis 2023, AGL présente déjà l’emploi comme l’un des principaux effets de son expansion. La solidité de ce bilan dépendra toutefois de la capacité du groupe à maintenir cette progression au-delà de la phase actuelle d’investissement et à faire émerger des compétences locales adaptées à la transformation du secteur logistique.
Frédéric Nonos
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