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Raffinage : le Cameroun vise 7 millions de tonnes/an avec la relance progressive de la Sonara

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Raffinage : le Cameroun vise 7 millions de tonnes/an avec la relance progressive de la Sonara
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(Investir au Cameroun) – Six ans après l’incendie qui a entraîné l’arrêt de l’unique raffinerie du pays, l’État camerounais a arrêté une trajectoire de relance de la Société nationale de raffinage (Sonara) avec un objectif de doublement de capacité, de 3,5 à 7 millions de tonnes de brut par an. En application d’une recommandation de l’Assemblée générale du 24 juillet 2025, le Conseil d’administration a adopté, le 13 août 2025, une mise à jour du Plan d’actions de restructuration et de réhabilitation/reconstruction, sur la base des conclusions du cabinet français EKIUM. Selon cette étude, la réhabilitation progressive du site de Limbé est techniquement et économiquement réalisable.

La solution retenue, dite « option 3 », repose sur un redémarrage graduel de la raffinerie, adossé au projet d’extension « Sonara 2010 » et à une modernisation conforme aux normes internationales récentes sur les carburants. Une note interne précise que ce schéma privilégie une remise en service progressive des installations existantes, la montée en capacité étant prévue dans une phase ultérieure. Sur le plan financier, il s’agit de reprendre l’activité avant la mise en œuvre des investissements les plus lourds, dans un contexte de forte contrainte d’endettement pour l’entreprise.

Parras 24 : retrouver la configuration de 2019 d’ici 2027

La première phase, programmée entre janvier 2026 et décembre 2027, constitue le cœur du Plan d’accélération de la restructuration et de la réhabilitation de la Sonara, dénommé Parras 24. Elle cible le retour de la raffinerie à sa configuration opérationnelle de mai 2019. L’audit conduit par EKIUM conclut qu’une part significative des équipements endommagés demeure récupérable.

Un document interne de la Sonara fait état d’« un taux d’équipements réutilisables dans la zone sinistrée de 75 % minimum contre 8 % à démanteler/rebuter ; 17 % potentiellement récupérables sous réserve d’une inspection approfondie ; une préservation des équipements des zones non sinistrées globalement acceptable ». Cette première étape couvre la réhabilitation des unités sinistrées, l’achèvement des unités de la phase 1 du projet « Sonara 2010 » et la remise à niveau des installations non touchées.

L’utilisation d’équipements réutilisables est intégrée dans le dimensionnement des délais et des coûts, sous réserve des résultats des inspections approfondies prévues sur les 17 % d’équipements classés « potentiellement récupérables ».

Structuration financière et recours envisagé au PPP

En parallèle, la Sonara conduit avec le cabinet AXENS les études d’Avant-Projet Sommaire (APS), nécessaires à la structuration financière du projet. D’après l’équipe de Hadj Bako Harounaes, le DG de la Sonara, ces travaux doivent permettre de préparer un recours à un partenariat public-privé (PPP) pour les phases ultérieures. Selon le calendrier interne, si ces études sont finalisées courant 2026 et si la raffinerie redevient opérationnelle en 2027, le dossier pourra être soumis au Comité d’agrément des partenariats public-privé (CARPA) pour examen de son éligibilité au PPP.

Lors d’une réunion tenue en octobre 2025, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a exprimé des préoccupations relatives au mode de financement envisagé. Selon la Sonara, la BEAC a exigé que les modalités de mobilisation des ressources soient clarifiées. « Dans ce cadre, la mise en œuvre des phases 2 et 3 demeure conditionnée à la finalisation de l’architecture financière et à l’appréciation de la bancabilité du projet », explique-t-on.

Modernisation industrielle : hydrocraqueur et second train

La deuxième phase, programmée entre 2028 et 2030, correspond à la finalisation du projet « SONARA 2010 » avec l’installation d’un hydrocraqueur et de nouvelles unités de traitement. Elle doit permettre d’aligner la production sur les standards AFRI 5/6 et MARPOL et d’accroître la part de produits à plus forte valeur ajoutée. Dans ce schéma, le VGO, fraction lourde obtenue lors de la distillation sous vide du brut, ne serait plus vendu à l’état brut mais transformé en produits blancs, ce qui modifierait la structure de la production et des marges de la raffinerie.

Le rapport HYDRAC/CLS précise que ces travaux pourront être réalisés alors que la raffinerie est déjà en exploitation.

La troisième phase, prévue entre 2031 et 2035, porte sur la construction d’un second train de raffinage. Elle doit permettre de porter la capacité de la Sonara de 3,5 à 7 millions de tonnes de brut par an. Selon la trajectoire présentée, cette augmentation de capacité vise une couverture durable de la demande nationale à l’horizon 2050 et une réduction des importations de carburants, sous réserve de l’évolution de la demande, de l’environnement concurrentiel et des conditions de financement sur la période considérée.

Un coût réévalué, une nouvelle concurrence et une dette élevée

Le coût du Parras 24 est actuellement estimé à 300 milliards de FCFA. Cette enveloppe est supérieure aux premières évaluations réalisées entre 2020 et 2021, qui oscillaient entre 111 et 278 milliards de FCFA. L’écart intègre l’actualisation des prix sur plus de cinq ans et l’élargissement du périmètre des travaux : réhabilitation des unités 15, 255 et 225, remise à niveau de certains bacs de stockage et mise en place d’une stratégie d’alimentation en énergie électrique pour achever la phase 1 du projet de modernisation « SONARA 2010 », en cours au moment de l’incendie de 2019.

Cette relance intervient alors que la SNH Tradex et Ariana Energy prévoient, sur une superficie de 250 hectares, la construction d’une raffinerie d’une capacité de traitement de 30 000 barils par jour, ainsi que d’un terminal de stockage de carburants offrant une capacité initiale comprise entre 250 000 et 300 000 m³. Ce projet introduit une nouvelle capacité potentielle dans le système national de raffinage et de stockage des produits pétroliers.

La Sonara présente par ailleurs un endettement élevé. Elle doit actuellement 261 milliards de FCFA aux banques, une dette rééchelonnée sur dix ans depuis 2021 avec un taux d’intérêt de 5,5 %. Elle est également redevable auprès de plusieurs traders pétroliers : 185 milliards de FCFA dus à Vitol, 8,5 milliards de FCFA à PSTV, 14 milliards de FCFA à Trafigura et 20 milliards de FCFA à Mercuria Energy.

Le remboursement de ces créances est assuré depuis 2022 grâce à un mécanisme d’État prélevant 47,8 FCFA sur chaque litre de carburant vendu à la pompe. Ce mécanisme est destiné à stabiliser le service de la dette et reste en vigueur à ce jour, dans l’attente de la mise en œuvre complète du plan de relance et des phases de modernisation associées.

Amina Malloum

Lire aussi :

09-12-2025 – Sonara : la récupération de 75 % des équipements pourrait alléger la facture de la réhabilitation

02-12-2025 – Sonara : le coût de la réhabilitation finalement porté à 300 milliards de FCFA, soit 50 milliards de FCFA en plus

06-11-2025 – Hydrocarbures : la SNH choisit BGFI Cameroun pour mobiliser 120 milliards de FCFA pour son projet de raffinerie de Kribi

30-09-2025 – Sonara : la BEAC disposée à activer son guichet B pour financer les travaux de réhabilitation à hauteur de 60%

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Canal 2’Or 2026 : Le Makossa est-il en train de perdre sa couronne ?

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Au sortir de la 15e édition des Canal 2’Or, célébrée en grande pompe le 31 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, un constat […]

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Chantal Biya reçoit le Prix du meilleur mécène pour son soutien à la culture camerounaise

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Chantal Biya reçoit le Prix du meilleur mécène pour son soutien à la culture camerounaise
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Présente à la 15ᵉ édition des Canal 2’Or, organisée le samedi 31 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, la Première dame du Cameroun, Chantal Biya, a reçu le Prix du meilleur mécène. Une distinction qui vient saluer son soutien à la culture camerounaise et ses actions en faveur des personnes vulnérables.

La 15ᵉ édition des Canal 2’Or a réservé une distinction particulière à la Première dame du Cameroun. À l’occasion de cette cérémonie organisée au Palais des Congrès de Yaoundé, le samedi 31 octobre 2026, Chantal Biya a reçu le Prix du meilleur mécène, décerné par le comité d’organisation.

Cette récompense intervient dans le cadre d’une édition symbolique, marquant les vingt ans de cette cérémonie consacrée à la célébration et à la promotion des talents artistiques camerounais.

Un engagement culturel de longue date

À travers cette distinction, les organisateurs entendent reconnaître le soutien apporté par la Première dame à la culture camerounaise, ainsi que ses différentes initiatives caritatives en faveur des personnes vulnérables.

Ce prix fait également écho à une précédente reconnaissance. En 2015, lors de la dixième édition des Canal 2’Or, Chantal Biya avait déjà reçu le Prix spécial du mécénat de la culture.

Onze ans plus tard, cette nouvelle distinction vient ainsi rappeler les liens entretenus entre la Première dame et les organisateurs de cet événement culturel.

Les Canal 2’Or célèbrent vingt ans de talents camerounais

Au-delà des récompenses individuelles, cette édition anniversaire marque deux décennies de célébration de la création artistique nationale. Musique, audiovisuel et divertissement constituent autant de secteurs mis en lumière par cette cérémonie, devenue un rendez-vous du paysage culturel camerounais.

La distinction attribuée à Chantal Biya s’inscrit donc dans une soirée où la reconnaissance du talent artistique côtoie celle du mécénat et du soutien aux initiatives culturelles.

Source : Libre Opinion

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« le peuple camerounais existe bien avant 1650, 1961 et 1972 »

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« le peuple camerounais existe bien avant 1650, 1961 et 1972 »
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Dans un éditorial consacré à l’histoire et à l’identité du Cameroun, Le Capitaine de vaisseau Serge Atonfack Guemo défend l’idée d’un peuple camerounais dont les racines socioculturelles seraient antérieures à la colonisation. Il met en garde contre les discours qui, selon lui, réduisent l’identité nationale aux héritages linguistiques et aux découpages historiques issus de la période coloniale et postcoloniale.

Atonfack Guemo prend position dans le débat sur les origines et la construction de l’identité nationale camerounaise. Dans un texte intitulé « Le Cameroun : peuple d’origine, d’implantation et de mœurs immémoriales, réalité socio-tribale bien antérieure à 1650, à 1961 et à 1972 », il appelle à reconnaître l’ancienneté des communautés et des traditions qui composent le pays.

Le chef de la Division de la Communication au ministère délégué à la présidence de la République chargé de la Défense conteste les approches qui situent la naissance du Cameroun à des dates historiques précises, notamment janvier 1960, octobre 1961 ou encore la conférence de Foumban d’avril-mai 1972. Selon lui, ces repères ne sauraient résumer l’histoire des populations qui occupaient déjà le territoire avant l’arrivée des puissances étrangères.

Dans son argumentaire, Atonfack Guemo estime que les communautés camerounaises disposaient bien avant la colonisation de leurs propres espaces de peuplement, de leurs coutumes et de leurs formes de relations sociales. Il évoque notamment les liens de voisinage, les parentés et les similitudes entre les pratiques culturelles des différentes communautés.

Lire l’éditorial de Cyril Atonfack Guemo :

Le Cameroun : peuple d’origine, d’implantation et de mœurs immémoriales, réalité socio-tribale bien antérieure à 1960, à 1961 et à 1972

Une acception communément admise présente le fondamentalisme comme étant l’ensemble des radicalités qui défendent une conception rigoriste de la religion ou de la politique, au risque d’une confrontation avec la société environnante. Le fondamentalisme renvoie ainsi à une espèce de comparaison entre un état originel et ses évolutions. Ce qui peut donner de la matière pour une discussion constructive et mutuellement enrichissante, du moins pour des personnes bien intentionnées. Sinon de prêter à polémique, le fondamentalisme devient très vite polémologique, lorsqu’il se nourrit d’intransigeance, d’affabulations et de fausses allégations.

Ainsi en est-il du fait, pour certains, d’élever des techniques administratives apprises pendant l’occupation étrangère, en éléments culturels jouissant d’une légitimité égale à celle des fondements de l’écologie sociologique héritée de nos ancêtres. Il en va de même du travestissement d’autres pans de l’histoire de notre pays, qui consiste à faire croire que cette histoire ne commencerait qu’en janvier 1960 pour les uns, en octobre 1961 pour d’autres, ou après la conférence de Foumban d’avril-mai 1972 pour une autre mouvance. Autant d’aliénantes manipulations cognitives, autant d’enivrantes élégies qui engendrent le clivage, l’ostracisme, le déracinement et, au final, la violence.

Ces discours, tout ce qu’il y a de plus inepte, finissent par transformer de paisibles jeunes gens nourrissant des rêves d’un avenir radieux au sein de la cité Cameroun en de furieux désespérés animés d’une haine viscérale de leur propre pays, car se prenant pour les descendants de chimériques héros d’autrefois, intrépides défenseurs de royaumes qui n’ont pourtant jamais existé sous nos cieux.

Mais d’une manière qui ne serait autre que délibérée, tout semble mis en œuvre pour occulter, déformer, contrefaire l’irréfragable réalité selon laquelle nos divers sites de peuplement tribaux sont antérieurs à l’arrivée du colonisateur. Nos voisinages et consanguinités, nos divers us et coutumes ancestraux, qui entre eux partagent de très nombreux points de similarité, ont depuis toujours constitué des facteurs de fraternel rapprochement, voire d’inextricable intrication entre nos tribus.

Le peuple camerounais ne saurait donc être réduit à une addition, une juxtaposition, et encore moins à une superposition de tribalités sui generis, seulement liées par une communauté de langues étrangères d’un usage purement transactionnel. Le peuple camerounais est d’origine, d’implantation et de mœurs immémoriaux. L’occupation étrangère n’y aura d’ailleurs rien changé, contrairement aux malsaines intentions opportunistes qui veulent regrouper les Camerounais en fonction des langues apportées de l’extérieur, ou en rapport avec les points cardinaux. Pareille catégorisation est une source additionnelle de tracas dont on devrait résolument se passer.

Car ce qui importe avant et après tout, ce n’est ni la fidélité proclamée à tel ou tel idiome d’outre-mer, ni la tapageuse démonstration du désir de mimétisme avec tel ou tel peuple étranger. Ce qui importe avant et après tout, c’est la volonté des Camerounais de faire de cette binarité linguistique d’opportunité un précieux instrument devant servir au rapatriement des savoirs techniques et technologiques, un important atout d’attraction et de facilitation dans le contact avec d’autres peuplades de la scène planétaire. Tout en préservant, tout en pérennisant et tout en promouvant l’être et l’artefact qui fondent à la fois l’originalité et la singularité de notre personnalité. Vous parlez d’un fondamentalisme inclusif ?

Sachons rester vigilants,
Sachons rester patriotes,
Sachons aimer définitivement le Cameroun.

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