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Bourses d’études : Studely mise 60 000 euros sur les « Talents de demain » africains

(Investir au Cameroun) – A l’occasion de son dixième anniversaire, la start-up Studely, spécialisée dans l’accompagnement financier des étudiants africains en mobilité internationale, lance un programme de bourses destiné à soutenir les projets d’études en Europe. Baptisée « Talents de Demain », l’initiative met en jeu un total de 60 000 € (soit environ 39,4 millions de FCFA, calculés au taux indicatif de 1 € = 655,96 FCFA). Trois lauréats recevront chacun 20 000 € (environ 13,1 millions de FCFA) pour financer leur parcours académique.
Alors que le nombre d’étudiants africains en mobilité internationale progresse, les obstacles financiers demeurent un frein majeur. Studely inscrit ce programme à la fois dans un registre social et dans une stratégie de positionnement sur le marché des services financiers dédiés aux étudiants en mobilité.
Un concours d’excellence pour trois profils à haut potentiel
Avec « Talents de Demain », Studely cible trois profils jugés à haut potentiel. Chacun bénéficiera d’un financement de 20 000 €, censé couvrir l’essentiel des coûts liés à la poursuite d’études supérieures en Europe. L’entreprise annonce une prise en charge complète du cursus académique des lauréats.
Le dispositif est ouvert aux étudiants issus des pays africains où Studely est déjà implantée. Il prend la forme d’un concours d’excellence : les candidats doivent soumettre un projet professionnel structuré, détaillant le choix de la formation, la cohérence du parcours et la stratégie d’insertion sur le marché du travail. Les dossiers présélectionnés seront ensuite défendus à l’oral devant un jury.
La sélection s’appuiera sur plusieurs critères : pertinence du parcours envisagé, potentiel d’employabilité, ouverture internationale et capacités de leadership. L’ambition affichée est de retenir des candidats en mesure de s’insérer durablement sur le marché du travail, en Afrique comme à l’international, tout en incarnant le positionnement de la start-up sur la mobilité académique et professionnelle. Le nombre de bénéficiaires reste toutefois limité à trois lauréats, dans un contexte où la demande de financement étudiant est croissante.
Impact social et outil de responsabilité sociale
Pour les lauréats, Studely annonce une prise en charge intégrale du parcours académique, les fonds étant directement mobilisés pour couvrir les coûts des études en Europe. L’entreprise présente « Talents de Demain » comme un levier de sa politique de responsabilité sociale.
« Redonner, accompagner, ouvrir des portes ; c’est le sens de “Talents de Demain”. Nous voulons permettre à des étudiants prometteurs de concrétiser leurs ambitions académiques et professionnelles », souligne Duplex Kamgang (photo), CEO et co-fondateur de Studely.
En parallèle, la start-up prévoit le lancement d’une série de master classes gratuites à destination des étudiants et jeunes diplômés. Ces sessions porteront sur l’employabilité et les compétences professionnelles : préparation à l’entrée sur le marché du travail, codes de l’entreprise, développement des soft skills.
Elles sont conçues comme un complément non financier au dispositif de bourses, en travaillant sur les conditions d’insertion et les trajectoires de carrière. En combinant bourses d’études et accompagnement à l’employabilité, Studely cherche à consolider sa place dans l’écosystème de la mobilité académique africaine.
En finançant quelques parcours en Europe et en proposant des outils pour faciliter l’accès à l’emploi, la société entend contribuer à l’émergence d’une génération de jeunes diplômés africains formés aux standards internationaux, tout en renforçant sa visibilité sur un marché en pleine structuration.
Pari sur des « talents ambassadeurs »
Au-delà du soutien individuel accordé aux trois lauréats, le programme s’inscrit dans une logique de création de valeur à long terme : attractivité renforcée auprès des étudiants à haut potentiel, développement d’un réseau de « talents ambassadeurs » formés aux standards internationaux, et contribution visible à la dynamique de professionnalisation de la mobilité académique africaine.
À travers ce dispositif, Studely affirme son ambition de devenir un partenaire de référence pour les jeunes Africains désireux de construire un projet d’études et de carrière à l’international.
Amina Malloum
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Industrie : le savon de ménage entre dans le top 10 des exportations du Cameroun avec des ventes de 53 milliards en 2025

(Investir au Cameroun) – Le savon de ménage s’est hissé en 2025 au 9e rang des principaux produits d’exportation du Cameroun, devant le caoutchouc brut. Selon le Rapport sur l’état de la compétitivité de l’économie camerounaise en 2025, récemment publié par le Comité de compétitivité, les savons de ménage en morceaux ont représenté 1,7 % des recettes d’exportation du pays au cours de l’année.
Le produit intègre ainsi un groupe encore largement dominé par les matières premières et les produits issus de leur première transformation. Selon le Comité de compétitivité, le cacao brut en fèves a représenté 25,8 % des recettes d’exportation en 2025, devant les huiles brutes de pétrole (22,5 %), le gaz naturel liquéfié (11,6 %), la pâte de cacao (8,3 %), les bois sciés (5,3 %), le coton brut (4 %), le beurre de cacao (3,7 %) et la banane (2,2 %). Le savon de ménage arrive ensuite avec 1,7 %, devant le caoutchouc brut, crédité de 1,4 %. Selon le rapport, ces dix produits ont généré près de 86,4 % des recettes d’exportation du Cameroun.
Les données de l’Institut national de la statistique (INS) permettent de mesurer la progression du savon. Le Cameroun en a exporté 74 208 tonnes en 2025, contre 56 624 tonnes en 2024, soit une hausse de 17 584 tonnes ou 31,1 %. Dans le même temps, la valeur de ces exportations est passée de 34,286 milliards à 52,938 milliards de FCFA, en augmentation de 54,4 %.
La valeur des exportations a donc augmenté beaucoup plus rapidement que les volumes. Rapportée aux quantités expédiées, la valeur moyenne ressort à environ 713 400 FCFA la tonne en 2025, contre 605 500 FCFA l’année précédente, soit une progression de près de 17,8 %. Les statistiques disponibles ne permettent pas de déterminer dans quelle mesure cette évolution provient des prix de vente, de la composition des produits exportés ou de changements dans les marchés de destination.
Le Nigeria, débouché important
Les données détaillées les plus récentes disponibles par destination remontent notamment à 2023. Cette année-là, le Cameroun avait exporté pour 27 milliards de FCFA de savons vers le Nigeria, sur des ventes totales de 39,5 milliards de FCFA vers ce pays. Le savon représentait ainsi 68 % des exportations camerounaises à destination du marché nigérian.
Rapportés aux 51,57 milliards de FCFA de savons exportés par le Cameroun dans le monde en 2023, les 27 milliards expédiés vers le Nigeria représentaient environ 52 % des recettes d’exportation de ce produit cette année-là. Les données disponibles ne permettent pas d’établir si cette proportion s’est maintenue en 2025.
La progression du savon place ainsi parmi les dix premiers produits d’exportation camerounais un bien issu d’une transformation industrielle locale. Mais cette industrie dépend fortement de l’approvisionnement des raffineries et savonneries en huile de palme.
Des capacités de transformation encore sous-utilisées
Cette contrainte reste importante. Fin 2025, Tarek Daoud, directeur général d’Opalm, évaluait le déficit national d’huile de palme à environ 300 000 tonnes. De son côté, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, estimait à 1,2 million de tonnes les capacités de raffinage des oléagineux installées au Cameroun. Faute de matière première suffisante, les unités de transformation n’utiliseraient généralement que 40 à 50 % de ces capacités.
Le gouvernement avait déjà autorisé en 2023 l’importation de 200 000 tonnes d’huile de palme pour approvisionner les raffineries et savonneries, contre 143 000 tonnes initialement prévues. Les performances à l’exportation du savon coexistent donc avec une dépendance persistante de l’industrie à des approvisionnements extérieurs en matière première.
Brice R. Mbodiam
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