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Mobile money : Camtel prépare le lancement de Blue Money en 2026

(Investir au Cameroun) – Camtel s’apprête à faire son entrée officielle sur le marché camerounais du mobile money en 2026 avec sa solution Blue Money. L’annonce a été faite par la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, qui a inscrit ce projet parmi les chantiers majeurs de l’opérateur public pour les prochaines années. Une arrivée tardive sur un marché déjà dominé par MTN Mobile Money et Orange Money, mais en forte expansion.
Selon les documents juridiques consultés, la structure Blue Money est dotée d’un capital de 500 millions de FCFA. Son président du conseil d’administration (PCA) a déjà été nommé : Jean Marie Aimé Ottou est chargé de piloter la mise en place de ce nouvel acteur des services financiers mobiles.
Un marché largement dominé
Le lancement annoncé de Blue Money intervient dans un environnement déjà extrêmement concurrentiel. Depuis plusieurs années, le marché du mobile money au Cameroun est largement dominé par MTN Mobile Money et Orange Money, qui concentrent plus de 80 % des transactions électroniques.
Ce duopole est désormais bousculé par l’arrivée récente de la fintech américaine Wave. Forte d’un modèle économique fondé sur des dépôts et retraits gratuits et des transferts facturés à 1 %, cette plateforme a déjà profondément modifié l’écosystème du mobile money en Afrique de l’Ouest. Au Cameroun, Wave opère avec le soutien de Commercial Bank Cameroun (CBC), dispose d’un agrément de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (CObAC) et déploie progressivement ses services sur le territoire.
Dans ce paysage en recomposition, l’arrivée de Camtel avec Blue Money ouvre un nouvel épisode de la bataille pour le contrôle des usages numériques au Cameroun.
Atouts et défi de la compétitivité
Pour espérer trouver sa place parmi des acteurs bien installés, Camtel dispose d’un atout clé : son vaste réseau d’infrastructures télécoms. L’opérateur contrôle notamment le backbone national, un important maillage en fibre optique et bénéficie d’une présence historique dans plusieurs zones rurales, où le potentiel de bancarisation via le mobile reste significatif.
L’enjeu pour Blue Money sera de transformer cet avantage technique en avantage compétitif pour l’usager : politique tarifaire, simplicité d’usage, densité du réseau de distribution, fiabilité des services, innovation sur les usages (paiements marchands, règlement de factures, transferts, etc.). Dans un marché où les habitudes sont déjà bien ancrées, Camtel devra proposer une offre suffisamment différenciante pour convaincre les clients d’adopter un nouvel acteur.
Un marché à très fort potentiel
Si la concurrence est rude, le potentiel de croissance reste élevé. Selon un rapport de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) sur les services de paiement dans la zone Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA), le volume de transactions par mobile money au Cameroun a été multiplié par 3,6 entre 2019 et 2023. En valeur, les opérations ont été multipliées par 2,5 sur la même période.
Concrètement, les transactions de mobile money réalisées au Cameroun ont totalisé 22 137 milliards de FCFA en 2023, contre 8 812,1 milliards de FCFA en 2019. Cette hausse en valeur s’accompagne d’une explosion du nombre d’opérations : 2,2 milliards de transactions en 2023, contre 615 millions en 2019. La barre du milliard de transactions a été franchie pour la première fois en 2021, avant un nouveau bond en 2023, avec plus de 600 millions d’opérations supplémentaires en un an.
Le Cameroun s’impose ainsi comme le leader du mobile money dans la zone Cemac. Toujours selon la BEAC, le pays concentre à lui seul 62,11 % des comptes recensés, 63,58 % du volume des transactions et 76,57 % de la valeur des opérations de mobile money dans cet espace communautaire.
Dans ce contexte, l’entrée de Camtel n’est pas anodine : l’opérateur historique entend capter une part d’un marché devenu l’un des plus dynamiques du secteur financier camerounais. Reste à savoir si Blue Money parviendra à s’imposer face à des acteurs déjà solidement ancrés, tout en résistant à la pression tarifaire et à l’innovation portée par les fintechs.
La bataille des usages numériques s’annonce plus ouverte que jamais. La capacité de Camtel à proposer un service compétitif, crédible et bien distribué déterminera la place que Blue Money pourra occuper dans l’écosystème du mobile money au Cameroun.
Amina Malloum
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Chantal Biya reçoit le Prix du meilleur mécène pour son soutien à la culture camerounaise

Présente à la 15ᵉ édition des Canal 2’Or, organisée le samedi 31 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, la Première dame du Cameroun, Chantal Biya, a reçu le Prix du meilleur mécène. Une distinction qui vient saluer son soutien à la culture camerounaise et ses actions en faveur des personnes vulnérables.
La 15ᵉ édition des Canal 2’Or a réservé une distinction particulière à la Première dame du Cameroun. À l’occasion de cette cérémonie organisée au Palais des Congrès de Yaoundé, le samedi 31 octobre 2026, Chantal Biya a reçu le Prix du meilleur mécène, décerné par le comité d’organisation.
Cette récompense intervient dans le cadre d’une édition symbolique, marquant les vingt ans de cette cérémonie consacrée à la célébration et à la promotion des talents artistiques camerounais.
Un engagement culturel de longue date
À travers cette distinction, les organisateurs entendent reconnaître le soutien apporté par la Première dame à la culture camerounaise, ainsi que ses différentes initiatives caritatives en faveur des personnes vulnérables.
Ce prix fait également écho à une précédente reconnaissance. En 2015, lors de la dixième édition des Canal 2’Or, Chantal Biya avait déjà reçu le Prix spécial du mécénat de la culture.
Onze ans plus tard, cette nouvelle distinction vient ainsi rappeler les liens entretenus entre la Première dame et les organisateurs de cet événement culturel.
Les Canal 2’Or célèbrent vingt ans de talents camerounais
Au-delà des récompenses individuelles, cette édition anniversaire marque deux décennies de célébration de la création artistique nationale. Musique, audiovisuel et divertissement constituent autant de secteurs mis en lumière par cette cérémonie, devenue un rendez-vous du paysage culturel camerounais.
La distinction attribuée à Chantal Biya s’inscrit donc dans une soirée où la reconnaissance du talent artistique côtoie celle du mécénat et du soutien aux initiatives culturelles.
Source : Libre Opinion
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« le peuple camerounais existe bien avant 1650, 1961 et 1972 »

Dans un éditorial consacré à l’histoire et à l’identité du Cameroun, Le Capitaine de vaisseau Serge Atonfack Guemo défend l’idée d’un peuple camerounais dont les racines socioculturelles seraient antérieures à la colonisation. Il met en garde contre les discours qui, selon lui, réduisent l’identité nationale aux héritages linguistiques et aux découpages historiques issus de la période coloniale et postcoloniale.
Atonfack Guemo prend position dans le débat sur les origines et la construction de l’identité nationale camerounaise. Dans un texte intitulé « Le Cameroun : peuple d’origine, d’implantation et de mœurs immémoriales, réalité socio-tribale bien antérieure à 1650, à 1961 et à 1972 », il appelle à reconnaître l’ancienneté des communautés et des traditions qui composent le pays.
Le chef de la Division de la Communication au ministère délégué à la présidence de la République chargé de la Défense conteste les approches qui situent la naissance du Cameroun à des dates historiques précises, notamment janvier 1960, octobre 1961 ou encore la conférence de Foumban d’avril-mai 1972. Selon lui, ces repères ne sauraient résumer l’histoire des populations qui occupaient déjà le territoire avant l’arrivée des puissances étrangères.
Dans son argumentaire, Atonfack Guemo estime que les communautés camerounaises disposaient bien avant la colonisation de leurs propres espaces de peuplement, de leurs coutumes et de leurs formes de relations sociales. Il évoque notamment les liens de voisinage, les parentés et les similitudes entre les pratiques culturelles des différentes communautés.
Lire l’éditorial de Cyril Atonfack Guemo :
Le Cameroun : peuple d’origine, d’implantation et de mœurs immémoriales, réalité socio-tribale bien antérieure à 1960, à 1961 et à 1972
Une acception communément admise présente le fondamentalisme comme étant l’ensemble des radicalités qui défendent une conception rigoriste de la religion ou de la politique, au risque d’une confrontation avec la société environnante. Le fondamentalisme renvoie ainsi à une espèce de comparaison entre un état originel et ses évolutions. Ce qui peut donner de la matière pour une discussion constructive et mutuellement enrichissante, du moins pour des personnes bien intentionnées. Sinon de prêter à polémique, le fondamentalisme devient très vite polémologique, lorsqu’il se nourrit d’intransigeance, d’affabulations et de fausses allégations.
Ainsi en est-il du fait, pour certains, d’élever des techniques administratives apprises pendant l’occupation étrangère, en éléments culturels jouissant d’une légitimité égale à celle des fondements de l’écologie sociologique héritée de nos ancêtres. Il en va de même du travestissement d’autres pans de l’histoire de notre pays, qui consiste à faire croire que cette histoire ne commencerait qu’en janvier 1960 pour les uns, en octobre 1961 pour d’autres, ou après la conférence de Foumban d’avril-mai 1972 pour une autre mouvance. Autant d’aliénantes manipulations cognitives, autant d’enivrantes élégies qui engendrent le clivage, l’ostracisme, le déracinement et, au final, la violence.
Ces discours, tout ce qu’il y a de plus inepte, finissent par transformer de paisibles jeunes gens nourrissant des rêves d’un avenir radieux au sein de la cité Cameroun en de furieux désespérés animés d’une haine viscérale de leur propre pays, car se prenant pour les descendants de chimériques héros d’autrefois, intrépides défenseurs de royaumes qui n’ont pourtant jamais existé sous nos cieux.
Mais d’une manière qui ne serait autre que délibérée, tout semble mis en œuvre pour occulter, déformer, contrefaire l’irréfragable réalité selon laquelle nos divers sites de peuplement tribaux sont antérieurs à l’arrivée du colonisateur. Nos voisinages et consanguinités, nos divers us et coutumes ancestraux, qui entre eux partagent de très nombreux points de similarité, ont depuis toujours constitué des facteurs de fraternel rapprochement, voire d’inextricable intrication entre nos tribus.
Le peuple camerounais ne saurait donc être réduit à une addition, une juxtaposition, et encore moins à une superposition de tribalités sui generis, seulement liées par une communauté de langues étrangères d’un usage purement transactionnel. Le peuple camerounais est d’origine, d’implantation et de mœurs immémoriaux. L’occupation étrangère n’y aura d’ailleurs rien changé, contrairement aux malsaines intentions opportunistes qui veulent regrouper les Camerounais en fonction des langues apportées de l’extérieur, ou en rapport avec les points cardinaux. Pareille catégorisation est une source additionnelle de tracas dont on devrait résolument se passer.
Car ce qui importe avant et après tout, ce n’est ni la fidélité proclamée à tel ou tel idiome d’outre-mer, ni la tapageuse démonstration du désir de mimétisme avec tel ou tel peuple étranger. Ce qui importe avant et après tout, c’est la volonté des Camerounais de faire de cette binarité linguistique d’opportunité un précieux instrument devant servir au rapatriement des savoirs techniques et technologiques, un important atout d’attraction et de facilitation dans le contact avec d’autres peuplades de la scène planétaire. Tout en préservant, tout en pérennisant et tout en promouvant l’être et l’artefact qui fondent à la fois l’originalité et la singularité de notre personnalité. Vous parlez d’un fondamentalisme inclusif ?
Sachons rester vigilants,
Sachons rester patriotes,
Sachons aimer définitivement le Cameroun.
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