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« Le Cameroun ne peut être une prison. Il doit être une promesse »

De l’avis de l’homme politique et universitaire, « il y a un autre Cameroun, celui qui se recroqueville, qui se méfie de ses propres enfants, qui les enferme, les exile… »
Lire ici son analyse :
Je n’ai jamais douté du Cameroun éternel, celui qui se lève chaque matin avec la lumière des peuples fiers, celui qui marche avec la lenteur des sages et la vigueur des bâtisseurs. Ce Cameroun-là ne se laisse pas enfermer dans les calculs mesquins ni dans les peurs instrumentalisées. Il est plus grand que les rancunes, plus vaste que les ambitions personnelles. Il est ce chant profond qui unit les peuples du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, dans une même respiration, dans une même exigence de justice et de dignité.
Ce Cameroun est fait de mille visages, de mille langues, de mille mémoires. Il est forêt et savane, fleuve et montagne, palabre et silence. Il est cette diversité qui ne divise pas mais qui enrichit, qui ne fragmente pas mais qui féconde. Car la diversité, lorsqu’elle est assumée, lorsqu’elle est pensée comme une chance, devient le socle d’une nation forte, d’une nation debout, d’une nation capable de regarder l’avenir sans trembler.
Mais il y a un autre Cameroun, celui qui se recroqueville, qui se méfie de ses propres enfants, qui les enferme, les exile, les égorge dans la nuit comme s’ils étaient des intrus. Ce Cameroun-là est une trahison. Une trahison de l’histoire, une trahison des ancêtres, une trahison de l’espérance. Il est le fruit amer de la peur, de l’oubli, du renoncement.
Nous devons refuser cette dérive. Refuser le silence complice. Refuser l’indifférence. Refuser que la parole soit confisquée, que la pensée soit muselée, que la jeunesse soit sacrifiée. Car une nation qui tue ses poètes, ses journalistes, ses éveilleurs de conscience, est une nation qui se mutile elle-même.
Il est temps de retrouver le souffle. Le souffle de l’unité dans la diversité. Le souffle de la grandeur dans la simplicité. Le souffle de la paix dans la vérité. Il est temps de redonner à chaque Camerounais, où qu’il soit, la fierté d’appartenir à une nation qui protège, qui élève, qui rassemble.
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Maïs : le Cameroun cible une production de 6 millions de tonnes (+150%) dès 2030, grâce au FIDA et la Banque mondiale

(Investir au Cameroun) – La production du maïs au Cameroun est projetée à environ 6 millions de tonnes en 2030, selon les prévisions d’Agriconnect, initiative lancée le 21 octobre 2026 à Yaoundé par le gouvernement camerounais, en partenariat avec la Banque mondiale. Ce chiffre est contenu dans un communiqué publié par le Fonds international de développement agricole (FIDA), également partie prenante d’Agriconnect aux côtés du gouvernement et de l’institution de Bretton Woods.
Portée par la Banque mondiale, Agriconnect vise «à aider les petits producteurs et productrices agricoles à passer d’une agriculture de subsistance à une production générant des surplus commercialisables, notamment en renforçant les organisations de producteurs, l’accès aux marchés et au financement, les solutions numériques et la participation du secteur privé dans les systèmes alimentaires», explique le FIDA. L’initiative cible huit chaînes de valeur au total : le riz, le maïs, le manioc, le palmier à huile, le cacao, le soja, l’élevage laitier et l’aquaculture.
Avec un objectif de production annoncé à 6 millions de tonnes en 2030, le Cameroun vise une augmentation de sa production de maïs de 150% en cinq ans. En effet, selon les données du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, la production de cette céréale a atteint 2,4 millions de tonnes dans le pays, en hausse de près de 3,5% en glissement annuel.
Le maïs, une céréale stratégique au Cameroun
La demande nationale oscille officiellement tourne autour de 2,8 millions de tonnes chaque année. Le déficit est souvent comblé par les importations, effectuées généralement par les entreprises brassicoles et les unités agropastorales. Le maïs est une culture d’une importance stratégique au Cameroun : officiellement, six millions de personnes interviennent dans la chaîne de valeur, faisant de cette culture un gisement d’emplois. De plus, cette céréale est à la fois un produit de grande consommation, une matière première industrielle et agropastorale, ainsi qu’un produit d’exportation.
Dans une étude relative au positionnement stratégique de la filière fabrication des produits à base de céréales au Cameroun, le Bureau de mise à niveau des entreprises (BMN) – dissout à la faveur de la réforme de la Société nationale d’investissements (SNI) – révèle que le maïs est la 3e denrée alimentaire produite au Cameroun, après le manioc et la banane plantain. Il est, en même temps, la céréale la plus consommée dans le pays, «loin devant le riz et le sorgho», apprend-on.
A en croire l’étude, les plus gros consommateurs de maïs se recrutent dans la partie septentrionale, où les céréales font partie des habitudes alimentaires. Dans le détail, chaque habitant des régions du Nord, de l’Extrême-Nord et de l’Adamaoua consomme en moyenne 80 kg de maïs par an en zone rurale, contre 60 kg en moyenne en zone urbaine. Le volume de consommation dans la partie méridionale – exception faite des régions du Nord-Ouest et de l’Ouest où la consommation atteint 50 kg par an et par habitant – du Cameroun oscille entre 6 et 8 kg par an et par habitant, selon l’étude du BMN.
Environ 58% de la production destinée à la consommation humaine
En plus de la consommation humaine qui capte environ 58% de la production nationale, selon le BMN, le maïs est une matière première pour l’industrie brassicole et l’alimentation animale. Ces deux activités consommeraient respectivement 2% et 16% de la production nationale. Le maïs permet notamment de produire le gritz de maïs, un intrant de production de la bière, et constitue 80% de la provende, aliment fabriqué industriellement pour nourrir les animaux d’élevage – volailles, porcs, lapins, bétail.
Par ailleurs, soutient l’étude du BMN, 23% de la production du maïs du Cameroun est exporté. Ces ventes à l’international sont concentrées dans la Cemac, espace économique regroupant le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad et la RCA. Les cinq autres pays de cette communauté captent jusqu’à 500 000 tonnes de maïs camerounais chaque année, apprend-on.
Au demeurant, alors qu’il exporte une bonne partie de sa production vers les pays voisins, le Cameroun – les agro-industries notamment – importe la même céréale à cause des coûts jugés plus attractifs. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS), les importations de maïs ont fortement progressé au Cameroun depuis l’année 2023. Cette année-là, les achats de cette céréale à l’international ont bondi de 229% en glissement annuel, s’établissant à 39 991 tonnes pour une dépense de 7,8 milliards de FCFA.
Les importations menacent la production locale
En 2024 et 2025, les achats de maïs à l’étranger ont été encore plus importants, selon le statisticien public : 81 233 tonnes pour une dépense d’un peu plus de 11 milliards de FCFA en 2024, avant un léger fléchissement à 72 586 tonnes pour des dépenses d’importation de 10,2 milliards de FCFA en 2025. Ce regain des importations survient dans un contexte marqué par le renforcement des initiatives gouvernementales de soutien à la production locale et la mise en service, en 2021, d’une maïserie de 18 milliards de FCFA construite par le groupe Castel. Cette unité de production de gritz de maïs est adossée à un programme d’encadrement des producteurs locaux visant à augmenter la production locale.
La montée en puissance des importations est non seulement source d’évasion de devises et de détérioration du déficit commercial du pays, mais aussi un frein à la commercialisation de la production locale, en raison du prix très compétitif du maïs importé. Illustration : dans une correspondance adressée le 8 mai 2026 à son homologue du ministère de l’Agriculture, Gabriel Mbairobe, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, plaide pour une suspension des importations de maïs par le Cameroun. Cette requête fait suite, apprend-on, aux plaintes des producteurs locaux dénonçant la mévente de leurs produits.
Brice R. Mbodiam
Lire aussi:
13-05-2026 – Maïs : Luc Magloire Mbarga Atangana plaide pour la suspension des importations face à la mévente de la production locale
25-11-2025 – La filière maïs sous pression, entre déficit structurel et coûts de production élevés
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