Actualités locales
Bouteilles de gaz : le Cameroun veut durcir les importations, une manne de 8 milliards FCFA en vue pour le marché local

(Investir au Cameroun) – Dans le projet de loi de finances 2026 soumis à l’examen des parlementaires, le gouvernement camerounais prévoit de durcir le régime applicable aux importations de bouteilles de gaz domestique vides, afin de favoriser les achats auprès des producteurs locaux. « Les bouteilles de gaz domestiques vides importées sont soumises au droit d’accises ad valorem au taux de 12,5 % », précise le texte transmis à l’Assemblée nationale le 26 novembre 2025.
Si elle est adoptée en l’état, cette disposition renchérira mécaniquement le coût des importations et devrait décourager les distributeurs de recourir au marché extérieur. Les industriels locaux seraient alors en position de capter un chiffre d’affaires annuel estimé à environ 8 milliards de FCFA. Selon des sources autorisées, ce montant correspond à la valeur des importations de bouteilles de gaz vides réalisées chaque année par les distributeurs, avant l’installation des premières unités de production au Cameroun.
Jusqu’en 2021, les bouteilles de gaz domestique utilisées dans le pays étaient intégralement importées. À partir de 2022, Prometal Groupe, leader de la transformation de l’acier en Afrique centrale, a mis sur le marché les premières bouteilles de gaz domestique « made in Cameroun », issues de son usine implantée dans la zone industrielle de Douala-Bassa. Cet investissement, estimé à 12 milliards de FCFA, s’accompagne d’une capacité de production de 600 000 bouteilles par an. Une fois satisfaite la demande nationale, qui oscille officiellement entre 450 000 et 500 000 bouteilles, l’unité affiche un potentiel d’exportation annuel d’au moins 100 000 bouteilles.
Import-substitution : une filière locale encore en montée en puissance
À côté de l’usine de Prometal Groupe, une autre unité de production chinoise se serait également implantée dans la zone industrielle de Bonabéri, à Douala, selon des sources autorisées. Début 2022, l’Agence de promotion des investissements (API) a par ailleurs signé avec la société Africa Cylinder Company Sarl une convention portant sur la construction, à Douala, d’une unité de production de bouteilles de gaz domestique et industriel, pour un montant de 4 milliards de FCFA. Aucune information n’a toutefois filtré depuis sur l’avancement de ce projet.
En 2021, la société Akeno SA avait annoncé l’arrivée sur le marché local des premières bouteilles de gaz domestique translucides, fabriquées dans son usine dont la construction a débuté en 2018 dans la banlieue de Yaoundé, la capitale. L’entreprise s’était engagée sur une capacité annuelle de 350 000 bouteilles. Quatre ans plus tard, ces volumes annoncés ne sont toujours pas visibles dans les points de distribution du gaz domestique à travers le pays.
Malgré ces trajectoires contrastées, l’option retenue par le gouvernement de durcir les importations de bouteilles de gaz s’inscrit clairement dans la stratégie d’import-substitution mise en œuvre depuis quelques années au Cameroun. Cette politique vise à réduire les achats à l’étranger en soutenant la montée en capacité de la production locale, via des mesures réglementaires et fiscales ciblées.
Les effets attendus sont multiples : création de valeur ajoutée et d’emplois à travers une offensive industrielle, réduction du déficit commercial, augmentation des recettes fiscales pour le Trésor public et ouverture de débouchés extérieurs grâce aux exportations.
Brice R. Mbodiam
Lire aussi:
| 14-03-2022 - Prometal investit 12 milliards de FCFA dans la construction d’une usine de production de 600 000 bouteilles de gaz par an |
| 08-04-2021 - Akeno SA met sur le marché camerounais les premières bouteilles de gaz translucides |
| 22-08-2018 - Une unité de production d’une capacité de 350 000 bouteilles de gaz par an, en gestation dans la région du Centre du Cameroun |
| 17-02-2022 - La société Africa Cylinder Company veut investir 4 milliards de FCFA dans une unité de production de bouteille de gaz |
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Actualités locales
Cabral Libii se dit indigné par les sorties “désobligeantes” et “récurrentes” de Mamadou Mota

Le président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), Cabral Libii, appelle les cadres de sa formation politique à faire preuve de « vigilance, de discipline et de hauteur », face aux prises de position répétées de Mamadou Mota, premier vice-président du MRC, à son encontre sur les réseaux sociaux.
« Par respect pour la fonction faitière qu’occupe Monsieur Mamadou Mota au sein de son parti politique, je me suis intéressé à ses publications répétées sur les réseaux sociaux, dont certaines sont étonnamment désobligeantes, au regard de son rang, à mon endroit et à l’égard de mes idées. La récurrence de ses sorties laisse clairement penser qu’il agit avec le mandat de son parti, dont il est un très haut dirigeant. Nous en prenons acte.
Je demande donc aux cadres du PCRN de ne réagir que lorsqu’il s’agit de contrefaçon, de dénaturation de nos idées, afin de préserver la bonne compréhension et la bonne réception de notre offre politique auprès de l’opinion. Nous sommes engagés dans la conquête de la majorité des suffrages du peuple. Cette ambition nous impose de neutraliser rapidement les brouillages qui peuvent affecter la lisibilité de notre message, sans jamais nous aligner sur les basses querelles.
Nous devrions, en principe, être désormais habitués à subir la double persécution du régime et de certains concurrents de l’opposition. Mais cette réalité commande davantage de vigilance, de discipline et de hauteur. Notre réponse doit rester politique. Notre méthode doit rester digne. Et notre cap doit rester inchangé : convaincre le peuple et construire l’alternative.
NB : les images en dessous sont celles de la réunion du PCRN en cours en ce moment à Mogode, ce 25 août 2026″, écrit Cabral Libii.
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Ajara Nchout Njoya dénonce la “vague tragique de féminicides” au Cameroun

La footballeuse internationale Ajara Nchout Njoya a dénoncé la vague tragique de féminicides qui secoue le Cameroun. L’attaquante camerounaise appelle à protéger les filles et les femmes.
Une nouvelle voix particulière rallie la mobilisation contre les féminicides au Cameroun. Ajara Nchout Njoya, star des Lionnes Indomptables du Cameroun, a haussé le ton. La joueuse a pris la parole sur les réseaux sociaux pour condamner, avec énergie, la vague tragique de féminicides qui secoue le Cameroun.
À l’en croire : « Être une femme au Cameroun ne devrait jamais être une prise de risque. Face à la vague tragique de féminicides qui frappe notre pays ces derniers jours, le silence est une complicité. Mes pensées et mes prières vont aux familles des victimes, mais aujourd’hui, les prières doivent s’accompagner d’actes et de justice. Pour nos sœurs, nos filles, nos mères : STOP AU FÉMINICIDE. La justice doit être ferme. La protection doit être réelle », a écrit l’ancienne buteuse de l’Atlético de Madrid.
Le Cameroun fait face à une recrudescence alarmante des féminicides, avec des dizaines de cas recensés chaque année malgré les initiatives des associations de défense des droits des femmes et du gouvernement. Selon les données rapportées par la société civile et les autorités, le nombre de femmes tuées par leur partenaire ou ex-partenaire ne cesse d’augmenter : environ 50 cas en 2023, 67 en 2024, et 77 en 2025. La tendance se confirme à un rythme élevé en 2026.
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217 millions FCFA investis, mais toujours aucun vol commercial à l’aéroport de Bamenda

Quatre mois après la visite du pape Léon XIV dans la région du Nord-Ouest du Cameroun, en proie à des troubles, l’aéroport de Bamenda reste fermé aux vols commerciaux, malgré les 217 millions de francs CFA dépensés par la municipalité pour sa réhabilitation et les travaux connexes, selon un reportage diffusé par la chaîne de télévision Equinoxe.
L’aéroport avait été modernisé en prévision de la visite du pape, suscitant l’espoir que ces travaux permettraient également le retour du trafic aérien commercial régulier à Bamenda, la capitale régionale.
Depuis le départ du pape le 16 avril, aucun vol commercial n’a atterri ni décollé de l’aéroport. Les chiffres des dépenses de la municipalité ont été présentés lors de son évaluation à mi-parcours et relayés par la chaîne Equinoxe. La municipalité a indiqué avoir dépensé 105 millions de francs CFA pour le nettoyage, le déblaiement et la désinfection de l’aéroport et des décharges avoisinantes.
Par ailleurs, 32 millions de francs CFA ont servi à couvrir les caniveaux de l’aéroport avec du bois, tandis que 45 millions de francs ont été utilisés pour fournir des outils de travail à la municipalité.
Trente-cinq millions de francs CFA supplémentaires ont été dépensés pour l’installation d’un éclairage décoratif le long de la route menant à l’aéroport et à l’intérieur de celui-ci. Le total des dépenses recensées s’élève à 217 millions de francs CFA, soit environ 380 000 dollars.
Le maire de la ville, Paul Achobong, a déclaré que ces travaux n’avaient pas été entrepris uniquement en prévision de la visite du Pape. « Nos efforts ne se sont pas limités à la seule venue du Pape, mais visaient à assurer la continuité des infrastructures et des services aéroportuaires », a-t-il affirmé.
Cependant, la reprise tant espérée des vols commerciaux ne s’est pas concrétisée. « Malheureusement, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Camair-Co avait pourtant promis une reprise immédiate des vols commerciaux », a ajouté le maire.
L’insécurité demeure un obstacle majeur
Camair-Co, la compagnie aérienne nationale camerounaise, a déjà invoqué l’insécurité pour justifier l’absence de vols réguliers vers Bamenda. La région du Nord-Ouest est touchée par un conflit armé séparatiste depuis 2016. Les combats, les attaques et les restrictions de circulation ont fortement perturbé les transports et l’activité économique, mais aucun avion n’a jamais été attaqué.
Pour les habitants et les entreprises, l’absence de liaisons aériennes les oblige à continuer de privilégier le transport routier, malgré le potentiel des vols directs pour réduire les temps de trajet et améliorer l’accès à la région. « C’est désolant de constater qu’après tous ces investissements, le Pape peut atterrir à Bamenda, mais pas nous, les habitants », déplore Marshall, une femme d’affaires de Bamenda.
Certains habitants voient également dans l’absence persistante de vols la preuve du désintérêt du gouvernement pour le Nord-Ouest, malgré l’importance politique de Bamenda et la présence d’une résidence présidentielle liée au président Paul Biya.
Investissements aéroportuaires, mais pas de vols
Les travaux de l’aéroport ont également soulevé des questions plus générales quant aux priorités de développement de la municipalité. La commission des Travaux publics et des Transports a salué les efforts de la municipalité, mais a constaté que moins de 25 % de son plan d’action avaient été mis en œuvre.
Pour les habitants de Bamenda, la question n’est plus seulement de savoir si l’aéroport a été nettoyé ou éclairé, mais quand il pourra à nouveau servir de porte d’entrée opérationnelle pour la région.
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